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ISBN : 2917084766
Éditeur : Attila (25/07/2013)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 30 notes)
Résumé :
L’Université de Rebibbia est le récit du séjour que fit Goliarda Sapienza dans une prison en 1980. Moment critique dans la vie de l’auteur: après s’être consacrée de 1967 à 1976 à l’écriture du monumental roman L’Art de la joie et avoir fait face à un refus général des éditeurs italiens, c’est une femme moralement épuisée qui intègre l’univers carcéral de Rebibbia, la plus grande prison de femmes du pays. Pour un vol de bijoux qu’il est difficile d’interpréter : ave... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  10 août 2014
Je suis toujours un peu hésitante, lorsque déjà, des chroniques épatantes d'un texte ont été faites... ce qui est le cas pour ce livre autobiographique... mais cette fois, j'ai des éléments que j'ai envie de rajouter....sur l'éditeur, sur la présentation du texte , en lui-même…sur le parcours de l'auteure.
Un long moment que je souhaite lire « l'Art de la joie »… et finalement mon premier texte de cette écrivaine aura été ce récit autobiographique, qui a été un vrai coup de coeur. le mérite de ce texte est de transformer la « détention » de G. Sapienza, en une pause positive, qui lui ouvre les yeux sur certaines réalités sociales et humaines. Une expérience si enrichissante qu'elle nomme « la prison », « Université »…Un mélange de réflexions, de dialogues avec les autres détenues….
La maquette de ce récit personnel est très réussi, expressif et sobre à la fois. En couverture, un portrait « gris et blanc » de l'auteur…et à la fin de ce récit, l'éditeur a eu l'excellente idée de proposer un livret « biographique », avec des photos de la vie de l'auteure… la présentation très personnalisée de son parcours, nous apprend des choses incroyables… des parents socialistes , très engagés, dans la misère…des épreuves… dont l'arrêt très prématuré des études pour Goliarda Sapienza, le théâtre, ses interprétations des pièces de Pirandello, son travail d'assistante auprès de L. Visconti, plusieurs crises profondes et tentatives de suicide, une hospitalisation et une série d'électrochocs.
Goliarda Sapienza meurt dans l'anonymat, en 1996.Elle ne trouve la reconnaissance qu'après sa mort, avec le succès en 2005 de la traduction de « L'Art de la joie » aux éditions Viviane Hamy. L'importance de son oeuvre est subitement reconnue et donne lieu à un extraordinaire succès tant critique que public.. .
Les éditions « le Tripode » exprime le projet d'entreprendre désormais la publication de ses oeuvres complètes…
Ce récit autobiographique rend compte d'un épisode fâcheux survenu à l'auteure : après un vol, elle fut détenue dans une prison de Rome, qualifiée par Goliarda Sapienza d' »Université de Rebibbia » tant cette expérience lui a fait rencontrer des femmes de tous les horizons, de toutes les classes sociales…une certaine solidarité, complicité…la confortent
« Je voulais seulement, en entrant ici, prendre le pouls de notre pays, savoir à quel point en sont les choses. La prison a toujours été et sera toujours la fièvre qui révèle la maladie du corps social (…)
Et aucune télévision ou radio installée dans chaque cellule ne peut effacer l'horreur d'être expulsé de la société humaine et laissé à moisir dans ces lieux que dehors on croit conçus seulement pour quelques repris de justice, et que, quand on est dedans, on découvre être de vrais grandes villes, ou camps de concentration, si le mot n'impressionne pas trop. "(p.178)
Il est aussi question de la vie communautaire, de ses inconvénients, comme de ses côtés constructifs… où des femmes trop isolées, à l'extérieur, retrouvent des liens, des camaraderies qui les aident à se reconstruire, à tel point, que dans certains cas, la « sortie »… n'est pas aussi attendue que cela…
« Moi aussi, maintenant, j'ai tellement hâte de sortir parce que ça fait un an que je suis dedans, mais au bout de deux ou trois mois de liberté dans l'anonymat- liberté qui a pour seul avantage qu'on vous laisse mourir seul-je sais que me reprendra le désir d'ici. Il n'y a pas de vie sans communauté, on le sait bien: ici on en a la contre-épreuve, il n'y a pas de vie sans le miroir des autres.. ».(p.220)
Dans la lancée de cet enthousiasme, je viens de débuter un recueil de deux autres textes personnels, "Le Fil d'une vie" (Viviane Hamy, 2008), comprenant "Lettre ouverte" et "Le fil de midi"....


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krzysvanco
  15 mars 2015
J'avais adoré L'art de la joie, que j'ai relu récemment avec le même plaisir. Cette fois-ci j'ai lu, en langue originale, ce récit autobiographique. Sans atteindre la qualité et la profondeur de de son roman, ce livre m'a néanmoins enthousiasmé.
Goliarda vit cette expérience à fond, elle fait preuve d'une faculté d'adaptation assez extraordinaire, aidée par un sens aigu de l'observation.
On retrouve plusieurs de ses thèmes de prédilection : la condition des femmes qui, ici, dans ces circonstances, les aide à supporter l'enfermement, les réflexions sociales et politiques,...
Elle nous décrit une série de personnages parfois pittoresques, souvent attachants, la vie dans cet univers avec ses difficultés mais aussi ses joies.
Et l'on comprend qu'il s'est agit pour elle d'une école de vie.
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mireille.lefustec
  29 avril 2014
Les livres de Goliarda Sapienza ont été pour moi une très heureuse découverte.
Il m'est difficile de trouver les mots pour présenter celui-ci.
Tant de femmes différentes dans ce milieu fermé qu'est une prison, fût-elle modèle;
Modèle après la réforme carcérale: les portes des cellules restent ouvertes dans la journée , les prisonnières peuvent se rencontrer, s'inviter .
Pour Goliarda, la prison a été une école de vie d'où son titre "l'università"
"On y trouve des types et des comportements qui depuis des siècles, depuis des millénaires, n'ont pas changé d'un pouce."
Ici,pas de faux-fuyants, de tentative de paraître. C'est la vraie nature qui se dévoile.
la prison enseigne, sans les illusions et les hypocrisies de la vie courante, la dure et authentique dimension de la société humaine.
Les femmes supportent mieux l'incarcération que les hommes car elles ont été façonnées par la famille, le collège, la maison...Elles savent s'occuper.
Le regard de Goliarda est lucide et pénétrant.
Elle est plus curieuse que souffrante, elle observe tout et toutes.
Elle a une capacité d'adaptation, une façon d'apprendre, de trouver des valeurs, de se faire des amies, d'être appréciée, admirée, peut-être aimée.
Ce témoignage nous offre une analyse sociale et politique de la situation.
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zazy
  04 mai 2015
Goliarda Sapienza, dans les années 80, est emprisonnée pour vol, sorte de « suicide » pour se sortir d'un cercle bobo-infernal. Il y a de moins dure sortie que celle-ci !
J'ai scindé le livre en trois « actes »
Goliarda entame son incarcération par une période d'isolement, seule dans sa cellule. Une entrée brutale où ce qui la terrorise est « l'anormalité de leur silence » où l'imagination est une ennemie « Il faut que je parvienne à arrêter mon imagination et que je m'en tienne seulement aux gestes et aux pensées qui peuvent m'aide »r à tout dépasser avec le minimum de souffrance. ». « Ne pas se plonger dans la souffrance, autre tentation presque voluptueuse en comparaison de la solitude qu'on sent autour de soi. ».
La violence, la dureté des gardiennes ne l'atteint plus, ne l'humilie plus. « Cette violence blesse mon visage comme une gifle mais ne m'humilie pas. Je m'en étonne, tandis que m'alarme le soupçon atroce que cette non-humiliation soit due au fait que je me sens « condamnable », racaille désormais digne de n'importe quelle insulte de quiconque est en règle avec la loi. » Elle lutte contre toutes « les sirènes carcérales », l'apitoiement sur soi, la non-humiliation… pour résister et rester un être vivant. Il faut tenir mentalement.
La seconde partie est consacrée à son déplacement dans les « camerotti », où elle partage avec une cellule avec deux codétenues. L'une, espèce eunuque féminin et la seconde une droguée, dépressive, droits communs comme elle. Dans ce milieu fermé mais dont les cellules sont ouvertes toute la journée, c'est un va et vient continue. Goliarda est une éponge. Tous sens ouverts, elle découvre « les politiques », les réunions, les discussions, les petits repas improvisés à partir des colis de la famille, l'entraide et finit pas changer de cellule et se retrouver avec des intellos comme elle.
La scène finale et dernier acte, est comme un grand feu d'artifice avec cette gigantesque empoignade à coups de pieds et de poings entre taulardes et gardiens mâles suite à la tentative de suicide d'une détenue.
Dans sa note, l'éditeur précise les conditions pénitentiaires de l'époque avec sa cohorte de suicides et de révoltes Je n'ai pas ressenti cela dans l'université de Rebibbia. Est-ce dû à l'écriture de Goliarda Sapienza ? Pourtant l'auteur raconte la saleté, la promiscuité, la peur et j'y ai trouvé de l'amour, de la solidarité. Elle parle de cette période avec une drôlerie un peu féroce à l'image de la condition carcérale, sorte de comedia dell'arte où les masques tombent, l'humanité de dévoile.
Goliarda Sapienza écrit avec ses tripes, mais sans en rajouter avec juste l'ironie et les saillies nécessaires pour retranscrire ces vies. Elle met en scène son séjour carcéral, ce cours accéléré de la vie. Aussi bizarre que cela puisse me paraître, elle y a trouvé une certaine sérénité. Il faut faire attention à ne pas devenir comme d'autres détenues qui demande à sortir à cors et à cris et, sitôt dehors, se dépêche de faire la connerie qui leur permettra de retourner en cellule retrouver le petit cocon qu'elles se sont fabriquées à l'abri du monde extérieur.
Un superbe bouquin, où les scènes décrites sont très visuelles, où les odeurs, les couleurs sont omniprésentes. Un grand coup de coeur pour cet auteur si longtemps méconnue. J'avais eu également tant aimé « Moi, Jean Gabin ». « L'art de la joie » m'attend sagement sur son étagère.
Je remercie Lucie et les éditions « le Tripode » pour ce livre que je referme avec regret
Petit plus, l'intérieur de la couverture où sont photographiés quelques feuillets du tapuscrit. Sur la couverture, Goliarda nous regarde fumant sa clope avec son regard ailleurs.

Lien : http://zazymut.over-blog.com..
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kathel
  13 avril 2015
S'il est bien un cas où le livre apporte une expérience qu'on n'aura pas dans la « vraie vie », qu'on ne souhaite pas le moins du monde avoir (quoique cela puisse arriver à tout un chacun) c'est bien le cas d'un récit d'incarcération… Après le bruit des trousseaux de Philippe Claudel, voici cette fois un témoignage de première main, et féminin qui plus est, sur la plus grande prison romaine pour femmes… lu justement au retour de Rome !
Dans ce témoignage intéressant à plus d'un titre, Goliarda analyse ses propres réactions à l'arrivée dans l'univers carcéral, et scrute aussi ses différentes compagnes d'incarcération. Les remarques qu'elle fait sur cet univers, venant d'une femme qui a dépassé la cinquantaine, qui de surcroît est arrêtée pour raisons pénales, et non politiques, donnent à voir des aspects qu'on n'imagine pas de la prison. Cet épisode se situe en 1980, peu de temps après que l'Italie ait procédé à une réforme des prisons, les droits des détenues sont alors mieux pris en considération, mais l'aspect peu ragoûtant des lieux, la promiscuité, le poids des barrières sociales, l'agressivité des codétenues, restent réels. Arriver en prison, c'est surtout apprendre le plus vite possible un grand nombre de codes, et ne pas tomber dans le piège de certaines erreurs fatales. Goliarda Sapienza remarque vite que son sens de l'humour doit absolument rester invisible dans ces murs, qu'il existe une façon incongrue et une autre convenable de marcher à la promenade, qu'il ne faut jamais penser à l'avenir. Son regard de féministe remarque des choses qu'une autre ne verrait pas, son intelligence lui fait échafauder des théories sur les relations humaines entre prisonnières.
Le style, qui doit d'ailleurs aussi beaucoup à une très bonne traduction, rend cette expérience riche et passionnante, évoquant avec autant de réussite les compagnes de cellules, que les attitudes des gardiennes, rendant aussi bien les dialogues où l'incompréhension domine, que les privations sensorielles de la prisonnière. J'avais déjà beaucoup apprécié Moi, Jean Gabin, les souvenirs de l'enfance sicilienne de Goliarda Sapienza, je suis maintenant totalement conquise et avide de poursuivre ma découverte !
Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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critiques presse (2)
Telerama   23 octobre 2013
On ne referme pas ce livre. On le laisse ouvert, les deux pans de la couverture apparents, pour que se déploie entièrement le portrait de Goliarda Sapienza, vigie au regard abyssal, où l'ironie le dispute à l'intelligence.
Lire la critique sur le site : Telerama
Lexpress   27 septembre 2013
De son expérience carcérale dans l'italie des années de plomb, Goliarda Sapienza a tiré un fascinant "cours accéléré de vie"
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   30 juillet 2014
Dès que j'ai été dehors[Temps de la promenade], au lieu de voir qui il y avait et qui il n'y avait pas, je me suis jetée dans une exaltation poétique comme une forcenée, et j'ai marché, le menton levé, à la façon d'une personne qui se délecte toute seule d'une promenade au milieu des champs. Ce n'est pas l'endroit...Ici le réel est tellement puissant, les douleurs de chacun tellement à la limite du supportable, qu'il suffit d'une attitude de sérénité excessive pour vous rendre incongru et suspect. (p.31)
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fanfanouche24fanfanouche24   28 juillet 2014
Voilà ce qui est terrorisant dans cet ensemble de cellules: l'anormalité de leur silence.
Nous désirons souvent le silence, mais celui de la vie est toujours sonore, même à la campagne, à la mer, même lorsque nous sommes enfermés dans notre chambre. Là où je me trouve, le non-bruit a été conçu pour terroriser l'esprit, qui se sent recouvert de sable comme dans un sépulcre. (p.16)
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fanfanouche24fanfanouche24   08 août 2014
Moi aussi, maintenant, j'ai tellement hâte de sortir parce que ça fait un an que je suis dedans, mais au bout de deux ou trois mois de liberté dans l'anonymat- liberté qui a pour seul avantage qu'on vous laisse mourir seul-je sais que me reprendra le désir d'ici. Il n'y a pas de vie sans communauté, on le sait bien: ici on en a la contre-épreuve, il n'y a pas de vie sans le miroir des autres...(p.220)
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fanfanouche24fanfanouche24   01 août 2014
Ici les échelles de valeur de chacun se manifestent avec une clarté absolue, et il n'y a pas moyen de cacher aux autres, et encore moins à nous-mêmes, notre nature. Cela m'éclaire enfin sur la vraie raison de la terreur que nous avons tous de la prison: nous savons ataviquement que là-dedans il ne nous sera plus possible de faire tenir debout la "construction idéale" que nous-mêmes, aidés par la culture, l'argent, les bonnes manières, nous nous sommes soigneusement édifiée dehors. Ici revient en vigueur, souveraine, la sélection naturelle. (p.132-133)
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fanfanouche24fanfanouche24   02 août 2014
La petite chinoise me connaît déjà. Comme toutes celles qui sont là, elle est parvenue au langage profond et simple des émotions, de telle sorte que langues, dialectes, différences de classes et d'éducation ont été balayés comme d'inutiles camouflages des vraies forces (et exigences) des profondeurs: cela fait de Rebibbia une grande université cosmopolite où chacun, s'il le veut, peut apprendre le -langage premier. (p.147)
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Videos de Goliarda Sapienza (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Goliarda Sapienza
http://www.librairiedialogues.fr/ Delphine de la librairie Dialogues nous propose ses coups de c?ur du rayon Littérature étrangère : "Rendez-vous à Positano" de Goliarda Sapienza (Le Tripode), "Seul le grenadier" de Sinan Antoon (Actes Sud) et "Quand monte le flot sombre" de Margaret Drabble (Bourgois). Réalisation : Ronan Loup. Questions posées par : Élise le Fourn.
Retrouvez nous aussi sur : Facebook : https://www.facebook.com/librairie.dialogues/ Twitter : https://twitter.com/dialogues Instagram : https://www.instagram.com/librairiedialogues/
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