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EAN : 9782702448038
Éditeur : Le Masque (04/09/2019)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 29 notes)
Résumé :
Au centre, il y a Philippe. Philippe qui vit dans une cité et passe ses journées à traîner, fumer et piquer des bières au centre commercial. Philippe, entouré d'une mère qui le déteste ouvertement, d’un père effacé qui a renoncé depuis longtemps et d’un frère aussi beau que bête.À côté, il y a Bruno, son pote baroudeur et destroy. Bruno qui raconte qu'il a fait le tour du monde, a connu les plus belles femmes, qu'il n'est là que de passage, avant son prochain voyage... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
La_Bibliotheque_de_Juju
  06 décembre 2019
La fumée.
Celle qui embrume le regard. Celle qui bouche des horizons. Celle qui voile tout.
Elle est partout dans ce roman.
Elle empêche de voir, de se voir. Elle salit tout autour d'elle. Elle embrume les cerveaux. Elle brûle dans les yeux de cette femme à genou …
A peine si on distingue Philippe, anti-héros malgré lui d'une fable cruelle et moderne. Perdu entre les tours de cette ville tentaculaire, de ces quartiers oubliés.
Philippe a dix-huit ans et à l'âge de tous les possibles, tout lui semble bouché. Il traîne en bas des tours, une certaine forme de désespoir mais une envie d'accomplir quelque chose. Même s'il ne sait pas exactement quoi.
Il traîne. Au fil des pages. Au milieu d'une galerie de personnages étranges et pourtant si quotidiens. le lecteur s'arrête et regarde enfin vers ces endroits où il a plutôt l'habitude de détourner les yeux.
C'est dur. Lorsque personne ne semble tendre la main. Lorsque la famille tourne le dos. Que la société vous ignore. le béton à en perdre la vue …
C'est un roman sur l'absurde ironie d'exister. Sur les détresses invisibles.
J'ai aimé ma lecture. Elle pique un peu. Elle étonne et détonne dans le paysage littéraire. Ni tout à fait roman noir, ni tout à fait critique sociale. Doux amer. Un roman désenchanté qui laisse un goût amer. Celui de l'échec d'une certaine humanité.
Nathalie Sauvagnac laisse entendre une voix originale, singulière et percutante, pleine de vérité. Un regard sur ceux qu'on ne voit pas, perdus dans les volutes de ces quartiers oubliés.

Lien : https://labibliothequedejuju..
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Julitlesmots
  16 novembre 2019
Un roman bien sombre que voilà ! L'auteure ne ménage pas son personnage, dont la vie ordinaire et sordide, ne lui laisse aucune porte de sortie. Ce n'est pas faute de vouloir s'en sortir, mais il a beau avoir une famille, personne ne fait attention à lui, ses amis n'en sont pas vraiment, avec lesquels il ne partage que les beuveries… Il est seul, sans travail, sans avenir, sans aucune lumière à l'horizon…
Philippe, va perdre pied… Il ne maîtrise plus rien. Alors que l'auteur maîtrise son intrigue, avec une symbiose déconcertante entre elle et son personnage qu'elle incarne à travers une violence, doublée d'une grande sensibilité. le tragique côtoie la souffrance. Un roman sombre, qui perd de sa vigueur vers la fin, sans pouvoir mettre en valeur le final inattendu.
Un roman, qui porte un regard sombre sur les cités, sur ces jeunes qui tentent de trouver leur place sans parfois pouvoir atteindre leur rêves. Les bars d'immeuble, le béton servent de décor pour sublimer ce bouquin atypique.
Une première version de ce livre est parue en autoédition chez Librinova le 21/09/2018.
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Root
  19 octobre 2019
C'est un mec ordinaire, qu'on remarque à peine. Encore moins dans la cité où il vivote, où seuls les caïds en BM ont droit de… cité. Il s'appelle Philippe, mais ça n'a pas d'importance. Il stagne dans l'ombre de son frère, et ses parents sont des cons qui pourraient le laisser passer l'arme à gauche au milieu du salon sans lever les yeux sur lui – ils se contenteraient de l'enjamber comme quelque chose qui gêne. Son pote Bruno, c'est l'inverse. Bruno a tout vu, tout fait, Bruno parlerait à un tas de cailloux, toujours en quête d'un auditoire à saouler avec ses tours du monde et ses aventures exotiques. Pas qu'on le prenne au sérieux, non, c'est un divertissement, un baba-beauf pas méchant. Mais il n'est pas très malin non plus, et il va vraiment se fourrer dans de beaux draps… le cercle d'amis de chacun se limitant à l'autre, Philippe se sent obligé de lui venir en aide. Pour ça, il faudrait qu'il retrouve Bruno, qui s'est évaporé dans la nature. Qu'il le retrouve vite, parce que cette fois, c'est grave. Ce n'est ni un petit larcin ni une querelle entre gangs de pacotille dans laquelle il aurait fourré son nez. Cette fois, Bruno a balancé une grenade, et ça ne va pas tarder à péter.
Entre crasse et béton, désespoir et perdition, on s'englue dès les premiers chapitres dans la triste existence d'un héros qui n'en a pas l'étoffe. Philippe n'est pas armé pour réussir dans la vie, et les parasites qui lui gravitent autour sapent sa moindre tentative de relever la tête. J'ai éprouvé de la sympathie pour ce jeune homme paumé qui voudrait parfois mieux faire sans savoir comment. On sent d'emblée qu'on ne le tirera pas de ses galères, trop familières pour ne pas susciter un certain malaise, et l'on n'a pas d'autre choix que de le suivre, et d'accepter qu'il se recueille. La frontière entre auteur et personnage se fait de plus en plus ténue, jusqu'à ce que les deux se confondent et qu'on en oublie qui parle. Nathalie Sauvagnac m'a donné l'impression d'incarner Philippe, dans un style dépouillé, nerveux, réaliste, offrant un beau premier rôle à un anonyme né pour le rester. Un très bon point. Mais dans le dernier tiers de l'histoire, je me suis laissé gagner par son oisiveté, et je regrette que la tension n'ait pas continué de croître, que le potentiel pressenti n'ai pas été suffisamment exploité à mon sens, pour mettre en valeur le final inattendu.
Le mot de la fin : avis nuancé tendance « positif ». Un roman bien fichu tout de même, qui poisse les doigts.

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Waterlyly
  10 septembre 2019
Philippe, jeune homme de dix-huit ans, passe son quotidien dans la cité qui l'a vu naître. Entre une mère qui le délaisse complètement au profit de son frère aîné, un père totalement effacé, et toute une panoplie d'amis particuliers, Philippe devra tout faire pour s'en sortir. Sans travail, sans but, il déambulera jusqu'au drame qui bouleversera tout.
Ce roman est tout simplement un petit bijou, livré brut et sans fioriture par l'auteure. Une véritable petite pépite de noirceur que j'ai dévorée quasiment d'une traite. Ici, c'est la psychologie qui est mise en avant et pas tant l'action. Cela ne va pas à toute vitesse mais happe plutôt le lecteur dans un univers rude, sans quartier et noir.
Nathalie Sauvagnac a réussi à m'immerger totalement dans la cité où évolue Philippe. C'est d'une grande densité psychologique et émotionnelle. Au travers des yeux de Philippe, on ressent tout son mal-être d'être tant à l'étroit, ses envies de liberté, d'évoluer. J'ai avancé dans ce roman en apnée, tant je sentait que la tension montait crescendo.
Le personnage de Philippe va longtemps me rester en tête. L'auteure a su créer un personnage qui va porter à lui tout seul l'intrigue. le choix de narration de la première personne est plus que judicieux, puisqu'il permet une immersion totale dans le microcosme proposé par Nathalie Sauvagnac.
La plume de l'auteure est d'une fluidité incroyable. Les pages ont défilé. le style est très épuré, mais riche, et surtout l'émotion transparaît au travers des mots, ce qui n'est pas chose aisée.
Un roman d'une rare densité psychologique, servi par un personnage principal fort et très bien dépeint. Ne cherchez pas l'action dans ces pages, mais plutôt l'émotion. Un roman auquel je vais beaucoup repenser. Une pépite.
Lien : https://mavoixauchapitre.hom..
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LauraLesmotsdesautres
  11 septembre 2019
La couverture du nouveau roman de Nathalie Sauvagnac, Les yeux fumés aux Editions du Masque m'a tout de suite fait penser au film La Haine, à cette fameuse scène culte montrant un Vincent Cassel remonté face à son miroir, tentant de se donner une contenance de circonstance avec son célèbre « C'est à moi que tu parles ?! ». La première du livre en noir et blanc -comme le long métrage de Mathieu Kassovitz – reprend d'ailleurs le symbole du flingue mimé avec la main. Une référence cinématographique d'envergure qui campe d'emblée le décor.
Une errance immobile entre crasse et rouille
Ce roman est d'une tristesse écoeurante et mordante. N'y voyez rien de péjoratif bien au contraire. Nous suivons les pérégrinations de Philippe, un jeune homme qui ne trouve sa place nul part. Nathalie Sauvagnac nous offre les tableaux d'une existence rongée par la poussière, l'acide, la rouille, la crasse, le dégoût, la violence, l'oisiveté et l'odeur nauséabonde d'un fond de poubelle. L'autrice offre à nos papilles une amertume néfaste et réussit à nous plonger dans un monde en éveillant nos sens.
Au fil de la lecture, j'ai eu la sensation d'entendre un pare brise qu'on pulvérise, la porte d'une cave qui grince, le ramdam d'un ascenseur trop étroit, de sentir le goût du mauvais shit, l'odeur du tabac froid imprégnant un canapé rongé par les mites, celle d'un parfum bas gamme pulvérisé à outrance pour dissimuler les effluves de sueur, de marcher sur les restes de canettes, de trébucher sur les racines d'un arbre qui tente de sortir de son étreinte de béton pour retrouver la clarté … Les yeux fumés est le roman de la nervosité, celle de l'urgence, l'urgence de sortir d'un contexte néfaste à commencer par celui de la famille. Philippe est un fantôme qui passe de son lit au sofa sans qu'aucun membre ne se soucie de lui, pas même sa mère qui n'a d'yeux que pour son frère aîné et sa « réussite ». Il cherche alors un semblant de réconfort chez Flora autour d'une tasse de thé, symbole réconfortant qui ne dure que quelques minutes.
Noir c'est noir
Pour sortir ce personnage d'un cadre gris et étouffant, Nathalie Sauvagnac lui offre un compagnon de bar et de banc : Bruno. Elle lui prête des aventures rocambolesques, celles d'un Don Quichotte, d'un menteur, d'un usurpateur. Il représente le paradis perdu, celui que Philippe n'atteindra jamais. Bruno est le divertissement de son univers, cette pointe folie qui y ramène de la couleur. Elle multiplie d'ailleurs les dialogues entre eux comme pour mieux nous faire saisir l'extravagance de ce personnage. Mais là encore l'autrice persiste à noircir le tableau et fait de cette touche de couleur une tâche de sang, la « marque du mal », le symbole de l'emprise d'une cité sur les individus qui y gravitent. Bruno commet l'irréparable, l'acte sexuel non consenti au milieu de détritus. Et c'est à ce moment là que tout bascule. Les moindres petites choses qui permettaient encore à Philippe de sortir la tête hors de l'eau s'enlisent elles aussi dans la tourmente.
L'écriture de Nathalie Sauvagnac est le reflet de cette histoire : brut, cassante, violente, familière et acérée. La lecture est rapide et rappelle l'urgence de la situation de Philippe, celle de quitter ces lieux. Elle donne la sensation d'avoir les mains sales, le coeur lacéré et l'esprit enfumé.

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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
EthanAliEthanAli   10 octobre 2018
Elle tire un paquet froissé de sa poche, en extrait une
cigarette qu’elle allume.
— Ça fait longtemps.
— Tu dormais ?
— Tu veux du thé ?
— Si t’as que ça.
Elle traîne ses savates jusqu’au camping-gaz posé sur
une table basse, bancale envahie de paquets divers, pâtes, purée, lait, sucre, thé. Elle allume le feu sous la casserole et s’appuie contre le mur en tirant sur sa cigarette.
— Qu’est-ce que tu deviens ?
Je retire mon blouson et m’assois sur le bord du matelas
défait, je pousse du pied des vêtements féminins ; une
culotte, des collants.
— Oh, la routine ! T’as une clope ?
J’allume la cigarette qu’elle m’a envoyée. J’aime venir
chez Flora. C’est sombre et doux comme un ventre de
femme. Elle n’ouvre jamais ses volets parce qu’elle habite
au rez-de-chaussée.
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Christophe_bjChristophe_bj   05 octobre 2019
Je ne dérange personne, ça on peut pas dire, mais que je sois là ou pas ça ne change rien au monde. Il y a des tas de mecs qui rêvent de faire de grandes choses, et, même si ça n’arrivera jamais, qui croient que l’avenir sera rose – pas moi. Je rêve de rien. Qu’on me foute la paix. Je ne me construis aucun souvenir, je ne serai pas différent dans vingt ans, ni même le jour où je mourrai. Rien ne changera ce jour-là, pour personne. Je n’aurai simplement terminé une vie, un corps cessera de respirer et c’est tout. Pas besoin d’en faire un roman ; je ne suis pas un héros. J’aurai pas d’enfant, pas de descendance à cette vie de chiotte, personne ne me pleurera. Je ne veux embarrasser personne le jour où je crèverai.
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BoulibooksBoulibooks   02 octobre 2019
Il y a des tas de chats sauvages par ici. Tellement esquintés qu'on se demande comment ils font encore pour exister. Moi, je n'aime pas trop qu'on martyrise les animaux. Les gosses les appâtent avec de la bouffe, puis les enferment dans des boîtes à chaussures dans lesquelles ils glissent des pétards. C'est vrai que ça passe le temps, mais c'est pas une raison.
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Chloe55Chloe55   12 septembre 2019
Tu sais ce qu'il y a, ici, qui tue à petit feu ? C'est le vertical. Tout est vertical quand tu regardes autour de toi. Y a plus d'horizontal. Ils ont bouffé l'horizon ici.
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celine17celine17   28 septembre 2019
J'ai cassé des vitres au début, comme tout le monde, puis ça m'a lassé. ça n'empêchait pas les mastodontes de grandir. Il y a eu le foyer Sonacotra - une barre toute rose appelée "les Rosiers". Les Rosiers se sont fanés très vite et la cité rose a rejoint dans la grisaille ces aînées. La grande rue change de place quand une tour est terminée, pour aller en tricoter une autre plus petite pour "ne pas uniformiser le regard.
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Videos de Nathalie Sauvagnac (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nathalie Sauvagnac
Découvrez le deuxième épisode du tout nouveau podcast des éditions du Masque : Conversation dans le noir. Chaque jeudi, nous vous proposons une conversation téléphonique entre éditrice et auteure, à écouter sur l'ensemble de nos réseaux sociaux. Dans cet épisode, Nathalie Sauvagnac se livre dans une conversation très touchante autour de la norme, des marges, mais aussi de son roman Les Yeux fumés et de la littérature en temps de confinement. Nous vous souhaitons une bonne écoute !
Extrait lu : https://www.editions-jclattes.fr/sites/default/files/webmaster/lyf.pdf Oeuvres citées : Colette Philippe Djian Virginie Despentes Claire Castillon Charles Bukowski Salinger Boris Vian Kate Tempest
CRÉDITS : Conversation dans le noir est un podcast des éditions du Masque. Réalisation : Paul Sanfourche. Générique : Longing - Joachim Karud.
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