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EAN : 9782709665230
Éditeur : J.-C. Lattès (21/08/2019)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 47 notes)
Résumé :
Que répondre à un homme qui vous met au défi de l'empêcher de se suicider le soir du réveillon ?
Que vous allez l'aider, bien sûr, à changer d'avis.
Surtout si, hasard ou prédestination, vois avez déjà été confronté à la même sommation trente ans plus tôt par votre propre père.
Marionnettiste célèbre, Lucie Paugham va ainsi commettre l'imprudence de faire entrer un inconnu dans sa vie. Au risque de mettre en danger tout ce qu'elle a construit.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
Harioutz
  11 décembre 2019
Je vais aller un peu à contre-courant des autres critiques, et j'en suis navrée pour ceux qui l'ont adoré .... Mais ce roman a été une lecture agréable, sans plus.
Certains éléments de l'histoire ont réussi à me retenir jusqu'à la dernière page (le chantage au suicide, le couple « de vitrine » qui choisit de vivre dans le mensonge, les enfants « mutualisés » entre les deux soeurs, le bégaiement d'enfance qui resurgit lors d'un choc psychologique, etc.), et j'ai reproduit ici les passages que j'ai estimé les plus marquants ou savoureux (je souris encore de la description du rapport mère-fille, emprunt d'une profonde haine réciproque).
Pour le reste, je reconnais qu'il m'est arrivé, à plusieurs reprises, de survoler, voire même sauter, des passages qui me paraissaient secondaires …
Donc si vous avez déjà une PAL conséquente, ne l'alourdissez pas davantage !
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Kittiwake
  26 août 2019
Court et brillant roman, original pour ses personnages et son histoire.
Le monde des marionnettistes est, comme le stipule l'auteur, un monde méconnu, la contraignant à rétablir des vérités de base à chaque fois qu'elle l'évoque :
non elle n'officie pas derrière un théâtre de guignol
non ce ne sont pas des spectacles pour enfant
non elle n'est pas ventriloque.
Ces malentendus maintes fois corrigés, elle doit une fois de plus les lever pour Alexandre, assis devant elle, et à qui elle propose un emploi de récitant pour son spectacle. L'homme recèle une part de mystère, les circonstances de leur rencontre sont plutôt inattendues (alors qu'ils assistaient seuls à la projection d'un film dans un cinéma, ce parfait inconnu menaça de se suicider lorsqu'ils durent se séparer).
Il n'est pas utile d'être fin psychologue, pour soupçonner que cet homme est psychopathe, pas dangereux sans doute, mais sûrement pas fiable. Elle l'embauche cependant. Parce qu'il l'a émue? Parce qu'il a une voix d'or, parfaite pour le job? Parce que le père de la narratrice des années plus tôt avait mis sa menace à exécution en se pendant dans le garage?

Grain de sable dans le rouage, l'irruption de cet homme va faire voler en éclat l'équilibre instable sur lequel s'organise sa vie.
C'est vif, mis en valeur par une écriture dynamique, des dialogues authentiques. Malgré le sujet plutôt grave, l'humour (parfois un peu noir) allège le propos et rend la lecture jubilatoire.
Une très belle découverte pour cette rentrée littéraire 2019.
#LePlusFouDesDeux #NetGalleyFrance
Lien : https://kittylamouette.blogs..
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Cannetille
  09 février 2020
Le père de la narratrice s'est donné la mort lorsqu'elle avait quinze ans. Des décennies plus tard, le drame, douloureusement enseveli par la famille sous une chape de silence, refait soudain surface, lorsque, devenue marionnettiste et auteur de spectacles reconnus, Lucie se sent obligée de venir en aide à un inconnu qui menace de se suicider. Cette intrusion du passé et d'un homme profondément ébranlé dans le fragile équilibre que s'est construit Lucie, aura des répercussions auxquelles personne ne s'attendait.

Un je ne sais quoi d'originalité agrémente ce récit qui entraîne le lecteur, charmé et curieux, dans l'univers très personnel de Lucie. Les thèmes abordés sont nombreux : entre le poids de la culpabilité suscitée par le suicide d'un proche et le travail de sape du déni et des secrets, la difficulté de se construire dans une relation parentale sclérosante à vie, les réflexions sur la création artistique et la découverte de l'art de la marionnette, l'intérêt rebondit sans jamais fléchir, savamment entretenu par une intrigue riche en surprises. La plume affûtée de Sophie Bassignac a l'art du mot juste et nous dessine des personnages tout en nuances et contrastes, évoqués avec tant de vérité qu'ils en crèvent les pages.

Eclairé par une pointe d'humour décalé et parfois cruel, pimenté d'observations percutantes et rédigé dans un style dynamique, voici un roman très attachant, doté d'une singulière personnalité et d'une vraie authenticité. Une très jolie surprise et un très gros coup de coeur.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Annette55
  10 novembre 2019
Qui tire les ficelles de la marionnette ?
Qui va être la marionnette de l'autre ? Qui manipule qui?
Voici un roman hors norme, original qui nous dévoile un monde méconnu : celui des marionnettistes, un ART ignoré et mal compris.
Lucie Paugham célèbre marionnettiste, exerce un métier millimétré qui exclut tout forme d'amateurisme , sa créature « Théodora » est une star .
La désinvolture peut la renvoyer à une scandaleuse condition d'objet.
Lucie dotée du sens aigu de la discipline et de l'aptitude précieuse à s'extraire de tout ce qui la dérange , d'un humour pétri d'humanité rencontre lors d'une projection dans un cinéma, Alexandre Lannier, un homme mystérieux qui menace de se suicider , plombé par un tas de clichés , aux gestes de refus minuscules, aux hochement de tête discordants qui suggèrent des non - dits inquiétants et / ou douloureux donnant l'impression qu'il cherche à se débarrasser de lui - même , complexe, inconséquent——- la peur était au centre de sa vie——
Lucie lui propose de devenir son assistant , de lui tendre la main ....au risque de mettre en danger tout ce qu'elle a construit méticuleusement après le suicide de son propre père quelques jours avant ses quinze ans ,....Il y a plus de trente ans ...
Alexandre viendrait - il à point nommé lorsque la tranquillité se mettait à enliser Lucie?
Quand elle commençait à se trouver si ennuyeuse?
Je n'en dirai pas plus.
C'est un roman très bien écrit , à l'écriture dynamique ,qui parle de l'enfance et du deuil, d'ILLUSION, de magie et de MANIPULATION , de création obsessionnelle, de non - dits , sujets tabous et suicides au ton décalé , à l'humour noir , jalousie , folie , remises en question, désir de vengeance , et surtout essentiellement une réflexion Intelligente , lucide , à propos de la PLACE de l'art , de la passion, de la vie d'artiste, de la créativité , des artistes en mal de muse,.
«  Notre art est un vase clos. »
«  L'artiste ne connaît pas la nostalgie parce que pour lui, rien ne meurt . Il n'est jamais vraiment triste et s'il se tue c'est parce ce qu'il a tout dit , comme s'il s'était vidé de sa substance . »
«  Je suis une artiste et la vérité n'est pas mon fort . »
C'est aussi l'autoportrait d'une noirceur jubilatoire et sans concession d'une artiste totale livrée à des passions qui la dépassent .
Un suspense psychologique qui tient en haleine le lecteur....
Je ne connais pas l'auteur, roman emprunté, intriguée , à cause du titre à la médiathèque .
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Bazart
  26 août 2019
Marionnettiste célèbre, Lucie Paugham ne se remet pas de ne pas avoir réussi à sauver son père d'un suicide qu'il avait annoncé il y a trente ans.
Alors, lorsqu'un inconnu l'aborde dans un cinéma un 31 décembre, en la mettant au défi de lui trouver une seule raison de ne pas passer à l'acte, Lucie va sentir les affres de la culpabilité remonter à la surface et va se croire obligée de veiller sur ce candidat au suicide.
Elle décide alors de l'embaucher comme voix de sa marionnette fétiche lors de son prochain spectacle, décision qui va faire s'écrouler tout son édifice professionnel et familial.

"Le plus fou des deux "de Sophie Bassignac ( qui nous avait déjà séduit avec son précédent roman, "Séduire Isabelle A") est un roman étonnant, au ton singulier et déroutant, qui intrigue déjà par le métier du personnage principal, celui de marionnettiste loin ici de l'image traditionnelle du spectacle de Guignol. ( et évidemment loin de l'image dressée par Pierre Bachelet dans la chanson éponyme)
Ici, la romancière choisit une profession qui n'a rien d'anodin puisqu'il est abondamment fait question de manipulation et de savoir en fait qui tire les ficelles dans un jeu de chat et de la souris.
Lucie, l'héroïne du roman de Sophie Bassignac, est un personnage aussi complexe que peu sympathique, dont la culpabilité et les réactions étranges suite à l'irruption de ce personnage pasolinien en diable qu'est Alexandre Lanier va l'amener dans une spirale aussi infernale qu'homérique.
Un portrait d'une femme attachante, malgré ( grâce à ) ses maladresses et ses défauts , et une description toute en finesse d'un milieu peu usité par la fiction. Un ton mi décalé, mi cruel, et une jolie découverte de cette rentrée littéraire.
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Citations et extraits (57) Voir plus Ajouter une citation
HarioutzHarioutz   06 décembre 2019
Depuis quelques mois, la donne a changé et j'ignore dans quel sens évoluera notre couple. La vérité finissant toujours par se savoir, autant dire les choses franchement. Et puis, cela évitera à certains de se vanter de l'avoir « toujours su ».
Il y a une dizaine d'années, Philippe a eu un gros coup de mou. Je lui ai offert un voyage au Maroc pour lui changer les idées et c'est là-bas, dans les ruines de Volubilis, qu'il m'a avoué qu'il y avait quelqu'un d'autre.

Ma première réaction a été de lui crier « ne me raconte pas », comme on se bouche les oreilles à l'approche de la sirène hurlante d'une voiture de police.
Il m'a raconté quand même.
C'était une vieille histoire, une histoire d'adolescence dans un pensionnat de province qu'il avait essayé d'oublier.
Nos désirs sont pugnaces. Nous les chassons par la porte et ils reviennent, tôt ou tard, par la fenêtre. Il avait rompu une semaine plus tôt avec cette femme ressurgie du passé.
Mais Philippe savait, m'a-t-il dit, qu'il recommencerait, avec une autre.

Ainsi, sous le ciel chargé de Volubilis, notre mariage est devenu un contrat dont nous avons rédigé ensemble toutes les clauses.
Philippe ne voulait pas me quitter, il ne voulait pas que les enfants sachent qu'il avait une double vie, ni ma sœur ni tous ceux qui gravitent autour de nous.
Il avait beaucoup d'exigences, mais au fond, c'était à moi de décider.

Pendant qu'il parlait, je regardais les nuages filer dans le ciel à toute allure, comme ma vie. Je n'avais pas le courage de subir une catastrophe de plus, de supporter des larmes, des cris et une autre disparition. Alors j'ai accepté. J'ai accepté de rester avec un homme différent de celui que j'avais épousé.

J'aurais pu lui en vouloir de m'avoir rendue complice de ses pas de côté. Il n'était pas obligé de tout me raconter. Il l'a fait, je crois, parce qu'il avait besoin d'en parler à quelqu'un et que j'étais la seule à qui il pouvait se confier.
Tous ses amis sont aussi les miens et sa réputation de sérieux dans le marigot où il baigne exclut toute forme de légèreté affichée.
Peut-être avait-il besoin que je lui dise « oui, tu peux le faire, ce n'est pas un drame » ?
En effet, avec d'autres mots, je lui ai donné mon accord.

De retour à Paris, nous avons senti que l'enfer nous guettait. Nous avions deux enfants que nous ne voulions ni l'un ni l'autre entraîner dans cette folie. Comme une langue dont on mémorise d'abord les rudiments avant d'en acquérir les subtilités, nous avons appris à devenir des amis.
Bravant ma tristesse et mes doutes, Philippe et peu à peu parvenu à instaurer cet ordre dont il avait rêvé.
Le temps est l'allié des amis, pas des amants. Philippe et moi sommes devenus les meilleurs amis du monde et c'est pourquoi, sans doute, nous sommes encore ensemble aujourd'hui.

Philippe vit sa vie en voyage. J'ignore qu'il voit et qui sont les femmes qu'il côtoie. Son environnement pullule de filles aussi belles que les joyaux qu'elles manipulent ou portent au poignet. Je sais que le désir est un subtil mélange de réalité brutale, physique et non négociable. Je sais que lorsqu'il fait une rencontre, Philippe m'oublie.
Il a besoin de trouver ailleurs des signes, des émotions enfouies profondément en lui et qui lui parlent d'idéal.
La plupart du temps, je n'y pense pas.
Son intimité m'est désormais étrangère et il ne cherche pas à connaître la mienne.
Il y a cinq ans, j'ai eu l'intuition qu'il allait partir. Il y a eu un flottement de quelques semaines, sans paroles définitives et sans crise.
Et puis tout est rentré dans l'ordre. Peut-être partira-t-il un jour. Quand les enfants auront quitté la maison, au moment où , dans les couples classiques, les hommes rentrent chez eux et prennent leurs femmes pour leurs mères.
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HarioutzHarioutz   08 décembre 2019
J'ai passé ma vie à ne pas vouloir ressembler à ma mère. Aujourd'hui encore, je reste vigilante même si mon existence et aux antipodes de la sienne. Pourtant, quand je lui rends visite, deux ou trois fois par an, notre ressemblance physique me brise le moral à la manière d'une mauvaise habitude qu'aucun effort ne pourra jamais corriger.
Je me vois dans trente ans et ce que je constate me déplaît souverainement.
J'imagine que mes rondeurs deviendront son embonpoint, que ma peau aura la tremblotante mollesse de ses bajoues de cocker et que mon cul plat s'évasera comme le sien.
Ma mère nous a donné sa laideur en héritage. Je n'y peux pas grand-chose.
En revanche, je me battrai jusqu'au bout contre cette aigreur donc elle a fait un art de vivre.
Après la mort de mon père, cette femme bilieuse a mené une existence minable, entre son intérieur momifié et la mairie où elle a, jusqu'à sa retraite, occupé le bureau de l'état-civil. Livrée à son seul pouvoir, j'ai dû me battre pour ne pas reproduire sa médiocrité. Une frontière invisible s'impose dès l'enfance pour nous dissuader de faire mieux que nos parents. Avoir des ambitions, c'est trahir la religion dans laquelle on a grandi. Faire mieux que ma mère, c'était la trahir, refuser son aigreur, c'était la renier.
Ma sœur a dû se déshabiller devant un examinateur pour casser la malédiction. Elle a dû retourner sa violence contre elle-même pour pouvoir exprimer son désaccord et préserver son entourage. Je n'ai pas sa grandeur d'âme.
La froideur est la seule arme que ma mère reconnaisse. Froideur contre froideur, comme dans un duel on choisit ensemble les pistolets pour s'entre-tuer. C'est tout ce que j'accepte de partager avec elle.
Mes enfants sont au courant de tout. Agnès essaie dans mon dos de reconstruire avec l'autel familial ce que je détruis sans scrupule, je m'en fous.
Elle me dit :  « Tu t'en mordras les doigts le jour où elle disparaîtra. »
Franchement, j'en doute.
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HarioutzHarioutz   02 décembre 2019
Clara, Paul et moi sommes habitués à travailler dans une atmosphère studieuse. Nous parlons peu et l'atelier est en général très silencieux.
La voix vibrante d'Alexandre Lanier a tout changé.
Après une semaine de répétitions et par sa seule présence, il avait désorganisé notre routine et imposé sa musique.
Son corps émettait sans cesse des signaux, de détresse, d'agacement, de désir aussi. Sa respiration sifflante était entrecoupée de longs soupirs bruyants.
Incapable de se faire oublier, il marchait pour réfléchir et parlait dès qu'il avait quelque chose à dire. Ça ne pouvait pas attendre. Il se libérait d'une nervosité qui le ravageait en accomplissant une multitude de gestes inutiles.
Ses chemises toujours blanches étaient immaculées, ses pantalons de velours parfaitement repassés, et ses grosses chaussures anglaises semblaient avoir été cirées avec entrain.
Aussi rigides qu'un uniforme, ses vêtements avaient l'air d'empêcher ses membres de s'éparpiller dans la pièce.
Tout en lui contribuait à rendre chaque jour l'ambiance un peu plus électrique que la veille.
Clara était mutique et son regard lançait des éclairs de haine dès qu'il approchait. Quant à Paul, il faisait au sens propre le dos rond et ne s'adressait jamais à lui directement.
J'assistais, inquiète, à ce psychodrame sans cris.
Avec le recul, je me demande comment j'ai pu laisser Alexandre prendre le pouvoir chez moi sans intervenir pour le remettre à sa place.
Son talent de comédien, sans doute, qui l'avait rendu irremplaçable.
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HarioutzHarioutz   09 décembre 2019
Alexandre ne se suicidera jamais, dit-elle en secouant sa lourde chevelure brune. J'en suis convaincue. Hélas, une fois que la menace a été proférée, on ne s'en défait plus. Ça devient une dépendance. Tout est empoisonné, tout est perverti. On sursaute dès que le téléphone sonne. Le courrier arrive et on hésite à ouvrir les enveloppes manuscrites. Une sirène hurle dans la nuit et on se dit que c'est pour nous. Quelqu'un frappe à la porte et les conversations s'arrêtent. Il n'y a plus de hasard. Tout est touché et prend des airs de dernière fois. Même si on ne croit pas à la menace, elle est quand même là. On ne peut jamais en rire. Alexandre vous a mené en bateau comme il le fait avec nous depuis toujours. C'est sa manière à lui de se faire aimer, par la panique et par la frousse.
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CannetilleCannetille   09 février 2020
Philippe avait la grippe. Il avait repoussé son voyage en Afrique du Sud et traînait sa misère à la maison. Nous vivons ensemble depuis vingt ans mais notre appartement ressemble plus à une gare de transit qu’à un lieu où nous nous posons. Philippe malade et moi coincée dans mon sas pré-spectacle, nous imitions une vie de couple ordinaire et faisions l’expérience de la promiscuité. Assommé par la fièvre, Philippe ressemblait à ces jouets mécaniques qui, arrêtés dans leur course par un obstacle, cherchent en brûlant l’énergie de leur pile comment se retourner pour reprendre leur course en sens inverse. Incapable de se concentrer, il ouvrait des livres qu’il abandonnait sur le canapé, son habituel enthousiasme en berne et son humeur maussade. Souffrants, les hommes sont des enfants qui veulent qu’on leur prépare les coquillettes que leur faisaient leurs mères. Sa présence prolongée à la maison s’apparentait à une expérience périlleuse. Perturbée, notre habitude de n’en avoir aucune se déréglait exactement comme son opposée chez les autres.
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Vidéo de Sophie Bassignac
Chaque vendredi matin, Valérie Expert vous donne rendez-vous avec Gérard Collard, Rosa Tandjaoui et Lydie Zannini pour leurs coups de c?ur... Voici les références des livres présentés dans l'émission du 06 septembre 2019 :
Orléans: roman de Yann Moix aux éditions Grasset https://www.lagriffenoire.com/1012078-romans--orleans---roman.html
Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon de Jean-paul Dubois aux éditions de l?Olivier https://www.lagriffenoire.com/1010673-divers-litterature-tous-les-hommes-n-habitent-pas-le-monde-de-la-memefacon.html
On ne meurt pas d'amour de Géraldine Dalban-Moreynas aux éditions Plon https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=1014259&id_rubrique=1
Les guerres intérieures de Tong Cuong aux éditions J-C Lattès https://www.lagriffenoire.com/1011746-romans--les-guerres-interieures.html
Le plus fou des deux de Sophie Bassignac aux éditions J-C Lattès 9782709665230
Rien n'est noir de Claire Berest aux éditions Stock https://www.lagriffenoire.com/1011542-romans--rien-n-est-noir.html
Les petits de Décembre de Kaouther Adimi aux éditions Seuil https://www.lagriffenoire.com/1010618-divers-litterature-les-petits-de-decembre.html
La Grande escapade (Littérature française) de Jean-Philippe Blondel aux éditions Buchet-Chastel https://www.lagriffenoire.com/1010927-romans--la-grande-escapade.html
Juke-Box de Jean-Philippe Blondel aux éditions Pocket (PAS DE COUVERTURE) https://www.lagriffenoire.com/21556-poche-juke-box.html
Passage du gué de Jean-Philippe Blondel aux éditions Pocket 978-2266172707
Le Baby-sitter de Jean-Philippe Blondel aux éditions Pocket https://www.lagriffenoire.com/96993-article_recherche-le-baby-sitter.html
Mariages de saison de Jean-Philippe Blondel aux éditions Pocket https://www.lagriffenoire.com/65467-divers-litterature-mariages-de-saison.html
06h41 de Jean-Philippe Blondel aux éditions Pocket https://www.lagriffenoire.com/21687-divers-litterature-06-h-41.html
Le grand Elysium Hôtel de Timothy Findley aux éditions 10-18 https://www.lagriffenoire.com/?fond=recherche
La vie en chantier de Pete Fromm et Juliane Nivelt aux éditions Gallmeister 9782351781968
Mon année de rep
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