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EAN : 9782213595474
210 pages
Fayard (01/11/1995)
2.77/5   13 notes
Résumé :
Il a la haine, ce flic. Qui ne l'éprouverait à sa place ?
La rage au ventre, il stoppera net ce ballet mortel.
Et chacun en aura pour son argent.
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Après avoir découvert sans déplaisir le Prix du Quai des Orfèvres 2016, « le crime était signé » de Lionel Olivier, voilà que je poursuis ma découverte des lauréats de ce prix, mais en plongeant 20 ans dans le passé avec « Rage de Flic » de Gilbert Schlogel, récompensé en 1996.

Que dire à propos des romans ayant reçu ce prix ? Que j'ai rarement été convaincu par ceux-ci et encore moins souvent enthousiasmé.

Sera-ce le roman qui va me réconcilier avec le fameux prix ?

L'auteur, Gilbert Schlogel, né en 1932, est un ancien chirurgien reconverti dans l'écriture de romans policiers, se déroulant souvent dans le milieu médical.

Sylvio Dotti, inspecteur à Marseille, serait bien resté au lit ce matin-là, tant il est amoindri par une grippe carabinée. Mais Sylvio ne se soigne qu'à coup d'aspirine : il déteste les médecins.

Aussi, quand son commissaire lui demande de mener une brève enquête dans la mort considérée naturelle, de la femme du docteur Dupuech, suite à la réception d'une lettre anonyme accusant le brave docteur d'avoir abrégé les souffrances de son épouse terrassée par un cancer, Sylvio sent-il là un moyen de faire passer sa rage. D'autant que le docteur Dupuech, sous des allures de grand médecin s'avère antipathique ou possible…

La première question que je me pose en lisant ce roman est : Mais pourquoi m'évertuais-je à lire des lauréats récents de ce prix (récent étant une notion subjective, mais qui pour moi veut dire « de moins de 50 ans ») alors que ce prix existe depuis 1956 et qu'il a récompensé par le passé des auteurs dont j'apprécie le travail comme Maurice Dekobra, Francis Didelot ou Louis Thomas Cervoni ?

Je ne saurais dire.

La seconde question que je me pose souvent après lecture d'un lauréat c'est : Mais qui a bien pu accorder un prix à ce roman ? Les autres participants devaient être décidément bien mauvais…

Ne nous le cachons pas, le Prix du Quai des Orfèvres est souvent bien plus prestigieux par son titre que par ses lauréats.

Ce sentiment ne sera pas atténué par la lecture de « Rage de Flic » un petit roman qui, s'il n'est pas indigent, le doit principalement à sa taille réduite.

Car, n'allons pas par quatre chemins. Que voici un roman mineur pour un tel prix.

Mineur par le style.

Mineur par les personnages.

Mineur par l'intrigue.

De style il n'y en a guère, du moins, aucun qui saute aux yeux. Une écriture passe-partout même pas relevée, comme dans les romans écrits par d'anciens policiers, d'une ambiance bien « policière ». Pas de procédures, d'attitudes, de descriptions qui rendent l'ensemble plus vrai et qui évitent de constater la faiblesse de la prose.

Les personnages ? Caricaturaux, sans charisme, sans grand intérêt.

Le méchant, le docteur Dupuech, qui n'a même pas l'aura d'un grand médecin apprécié de tous.

Le héros, un policier qui déteste les médecins pour une raison qui ne tient pas la route. Sa mère est morte en couche à sa naissance parce que le médecin était trop occupé à tringler l'infirmière ??? Sérieux ? le médecin est venu s'excuser auprès du père, à l'époque, pour lui dire qu'il était occupé à besogner l'infirmière ? le directeur de l'hôpital a avancé cette excuse ?? Et quand bien même, serait-ce une excuse après tout ce temps pour détester tous les médecins ?

Les motivations du méchant ? Basées sur les simples cupidités et concupiscences ???

Le plan du méchant ? Faire de si grandes études pour manigancer un plan aussi pourri !!!

La façon dont le policier résout l'affaire ??? Non, mais ! dans un lauréat du Prix du Quai des Orfèvres, résoudre une enquête de cette manière ??? Quelqu'un a vraiment lu ce livre avant de le récompenser ????

Que dire de plus si ce n'est que ce roman n'a pour lui que sa concision qui évite de perdre trop de temps dans sa lecture ? Cependant, vous pouvez en gagner plus en évitant de le lire, vous ne raterez rien.

Au final, un Prix du Quai des Orfèvres qui ne fait ni honneur à la profession de policier ni à la littérature.
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Livre récompensé par le prix du quai des Orfèvres en 1996. Donc une certaine reconnaissance par le milieu concerné.
Au début du roman, j'ai relevé cette remarque, qui me paraît dangereuse pour l'écrivain : « Il eut un regard méprisant pour la copie du David de Michel-Ange qui orne le carrefour du Prado. Dans une ville qui a donné naissance à Pierre Puget, un des plus grands sculpteurs du XVIIe siècle, comment avait-on pu mettre là une aussi grossière reproduction du maître de Florence ? » Allez donc dire à un Marseillais (sans être muni d'une arme appropriée) que son DAVID est une copie moche de celle de Florence, d'abord il vous soutiendra avec une certaine mauvaise foi propre aux gens d'ici, qu'il ne savait même pas qu'il y avait un David à Florence puis que s'il y en a un, c'est celui de Florence qui est la copie (moche) du marseillais (et je suis prêt à me joindre au choeur).
Une cité fondée vers 600 av.J.C. (C'est même écrit sur le port !), qui a la plus belle avenue du monde, la Canebière, et enfin qui a gagné la coupe de France en 1993 ne PEUT avoir chez elle de copies minables.
Pour en revenir au livre, j'ai trouvé qu'il y avait de bonnes descriptions des personnages, rapides, l'auteur sachant relever le trait particulier de chacun.
Quant à l'histoire, elle n'est pas d'une grande originalité, mais se suit sans déplaisir. Ce n'est pas une grande cuvée, même si le cadre a été bien choisi !

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C'est le matin. Sylvio Dotti, inspecteur principal, n'a guère envie de bouger de chez lui. Il a attrapé une bonne crève ! Et pourtant, il faut y aller ! Son patron, le commissaire principal Caillol l'a appelé d'urgence. le motif : une lettre anonyme a été adressée au docteur Dupuech, l'accusant d'avoir aidé sa femme à mourir. Mais le patron connaît Dupuech, cette lettre c'est uniquement pour jeter de l'huile sur le feu. de toute façon, le docteur Dupuech a un alibi inattaquable : il rendait visite à une de ses patientes quand Mme Dupuech a tiré sa révérence.
Mais alors Mme Dupuech est-elle morte de mort naturelle ou l'a-t-on aidée à passer de vie à trépas ?
L'enquête va être rapidement bouclée : le frère de Mme Dupuech, Marius, est incontestablement l'assassin et l'auteur de la lettre anonyme. Mais l'inspecteur Dotti, c'est un coriace. Il ne se laisse pas mener en bateau, et en catimini Dotti poursuit l'enquête...
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Étonnant de replonger dans ces romans de gare. En 20 ans, l'ambiance a bien changé... et l'écriture aussi. Ici, on trouve un roman court, ramassé, a la façon d'Agatha Christie ou d'Exbrayat, des flics fatigués, des malfrats identifiables au premier regard et des vars louches.
L'intrigue est loin d'être inoubliable et les personnages auraient mérités d'être un brin étoffé mais le grand plaisir réside ailleurs, dans le décor, Marseille, magnifiquement brossé. Et elle, n'a pas changé d'un iota depuis 50 ans.
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A Marseille, la femme du Dr Dupuech est morte ? A t elle été assassinée ? Par son mari, son masseur, son frère, sa secrétaire, etc...? Intrigue pas trop complexe mais qui se tient bien. Il est sympa de lire un livre écrit il y a presque 25 ans, dans lequel l'enquête ne peut se baser sur les communications des téléphones portables ou réseaux sociaux. Ce roman. L'écriture est fluide et facile à lire en 2 à 3h. Cette fois ci l'auteur n'est pas de la "maison" du quai des orfèvres mais ancien chirurgien, et passe très bien.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
Quand l'inspecteur principal Sylvio Dotti sortit de chez lui ce matin-là, il était de fort méchante humeur. S'il n'avait pas été appelé d'urgence chez le patron, il serait bien resté au lit tant il se sentait mal fichu. Un début de grippe minait son moral. Il s'était réveillé avec un mal de crâne lancinant et la gorge douloureuse. Conséquence de la précédente nuit de traque sous la pluie sans doute !
Il s'arrêta une seconde devant la porte de l'immeuble : il faisait froid et humide. « La ville de Marseille n'est pas faite pour le mauvais temps », pensa-t-il avec amertume.
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Le commissaire principal Caillol était un bel homme d'une quarantaine d'années, jovial et sûr de lui. Il devait sa jolie réussite à des qualités professionnelles indéniables et à un entregent que ses collègues lui enviaient. Il souriait volontiers et dissimulait derrière une façade parfaitement affable une autorité que personne n'osait discuter.
Sylvio se sentait à l'aise avec lui, car il le connaissait depuis longtemps et appréciait sa solide expérience, ses excellents conseils. Pourtant, il avait toujours un peu honte de son air de chien efflanqué comparé à l'allure bourgeoise de son supérieur. L'inspecteur avait trente-cinq ans. Il était long et maigre avec des cheveux noirs et drus qui lui retombaient sur le front. Son nez busqué, ses pommettes saillantes, ses yeux vifs enfoncés dans des orbites profondes trahissaient ses origines transalpines. L'ensemble aurait pu être sinistre si l'éclat bleu du regard n'avait ajouté au visage une note piémontaise souvent joyeuse. Peu soucieux de la mode, il s'habillait toujours d'un jean et d'un polo noirs sous son éternelle veste « reporter » en toile imperméabilisée, dont les multiples poches contenaient tout son attirail professionnel : la radio, les menottes, une lampe électrique, des carnets...
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- Salut, Sylvio ! Le patron t'a parlé de la lettre anonyme ?
- Oui ! Je sors de son bureau. Tu es allé voir sur place ?
- J'en reviens. C'est tout près d'ici. Je me suis borné à interroger la tenancière du bistrot d'en face, en prenant un café.
Il expliqua que le médecin était bien connu dans le quartier où il exerçait depuis plus de vingt ans. Sympathique, compétent et apprécié de tous, il avait une femme malade de longue date. Il s'en occupait lui-même, avec secrétaire, infirmière, masseur, etc. Pas d'enfants. Elle était morte subitement la veille, mais tout le monde s'y attendait. Ce décès n'avait rien d'étonnant.
- J'ai le nom et l'adresse des gens qui travaillent chez lui. Qu'est-ce qu'on fait?
L'inspecteur principal hésita.
- Moi, je hais les médecins, bougonna-t-il.
- Pourtant tu ferais bien d'en consulter un. De nos jours, les trucs efficaces contre la grippe ne manquent pas.
- Justement ! Je vais avoir droit à une tonne de drogues hors de prix. Alors qu'il n'y a que ça de vrai :
Il lui montra un tube d'aspirine « Usines du Rhône » qui avait dû faire la guerre de 14.
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- Les médecins, Antoine, ce sont des gens qui tirent leur supériorité d'une aura qu'ils ne méritent plus. Autrefois, ils se dévouaient sans compter, ils s'épuisaient nuit et jour pour soulager le pauvre monde. On les respectait, à juste titre. Aujourd'hui, ils ferment leur cabinet à six heures et se mettent sur répondeur. En cas d'urgence appelez SOS. Le dimanche, personne. Noël, Jour de l'An, personne. Leurs malades, ils s'en foutent... Mais ils continuent à vous regarder de haut. Et nous, on n'a qu'à la fermer.
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Après les habituels embouteillages du Vieux Port, il gara enfin sa voiture et, la tête rentrée dans les épaules, pénétra dans le bâtiment de la préfecture marqué « Police nationale ». Il répondit à peine au salut du gardien derrière sa vitre et grimpa quatre à quatre les escaliers de fer encombrés d'échafaudages. « Quand donc en auront-ils fini? » maugréa-t-il en évitant de se- frotter à un sac de plâtre grand ouvert et posé dangereusement en équilibre sur une marche. Il passa devant le bureau des inspecteurs sans leur jeter le moindre regard et en grommelant un « bonjour » enroué. Il claqua la porte de son bureau. C'était une pièce minuscule, d'une propreté douteuse, mal éclairée par une fenêtre que la pluie obscurcissait. Quand les travaux seraient terminés, il bénéficierait d'un local moderne et fonctionnel, mais on n'en était pas là! Chaque corps de métier prenait du retard et en rejetait la responsabilité sur les autres. Lassé, l'inspecteur principal Dotti avait renoncé à se plaindre.
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