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ISBN : 2843048117
Éditeur : Zulma (04/01/2018)

Note moyenne : 3.41/5 (sur 109 notes)
Résumé :
C’est l’histoire d’un vieil homme, au matin de Pessah, la Pâque juive, qui se remémore cette nuit si particulière qui a ponctué sa vie. Mais cette nuit-là est vraiment différente, car pour la première fois, la fête se fera sans son épouse, décédée il y a peu. Les souvenirs s’enchaînent, entremêlant ces nuits… nous emportant dans cette famille haute en couleur qui chaque année rejoue à huis clos et à guichet fermé une comédie drolatique dont elle a le secret – avec s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (44) Voir plus Ajouter une critique
SeriallectriceSV
  13 octobre 2018
Une très belle découverte.
Lu cette nuit, une nuit sans sommeil.
J'ai rejoint l'appartement de Salomon et de Sarah, j'ai ri, j'ai partagé l'intimité de leur famille et me suis allègrement assise à leur table, les nuits de Pessah, la Pâque juive.
Je me suis laissée emportée par Salomon, narrateur drôle et bouleversant qui, endeuillé, prépare la prochaine nuit de Pessah. Pour la première fois depuis cinquante ans, cette nuit se passera sans sans son épouse, la belle et douce Sarah. Il imagine la tournure que va prendre cette soirée, et nous régale de ses souvenirs, des souvenirs des précédentes fêtes de Pessah avec ses beaux-parents, avec Sarah, avec ses filles puis ses petits-enfants. Les souvenirs des camps ne sont jamais bien loin, conviés dans les blagues de Salomon. En rire. Un humour féroce, un humour vêtu de noir, décalé peu apprécié autour de lui, pour parler de l'horreur, pour ne jamais oublier. Pour en découdre avec l'oubli.
« Et je l'entends grogner, « Pourquoi les Nazis, encore ? » Elle en avait assez de cette Shoah permanente, mais est-il seulement possible de faire le deuil d'une plaie mémorielle ? Infiniment elle s'infecte, elle pullule de sarcasmes. Alors , le dimanche après-midi, je m'éloignais jusqu'au café d'en bas où la guerre des camps faisait rage entre amis rescapés, notre Café-Shoah où je pouvais rire librement : « ... ton Struhof, une cure vosgienne financée par cette foutue sécu...et les douches de Bergen-Belsen, du luxe comparées aux thermes de Baden-Baden... » Nos peurs les plus profondes se mélangeaient à nos larmes railleuses, nécessaires. »
J'ai été émue, parfois aux larmes, par ce roman empreint de tendresse, de pureté, de justesse.
Un roman sur le deuil, sur les relations parents-enfants, sur la famille, sur les traditions, les relations humaines, sur la Shoah et sur l'amour.
L'écriture est belle, sensible, poétique, fluide, addictive.
Magnifique ! Bouleversant, attachant et drôle !
Merci aux bibliothécaires des médiathèques de la ville dans laquelle je vis, pour et leur talent à mettre en avant des pépites et partager leur passion.
« Comme à Shabbat, comme à chaque fête, la prière qui clôt le repas débute par ce psaume que toute la famille récite par coeur, l'histoire des rêveurs aux bouches remplies de joie, aux langues pleines d'allégresse. « D'ieu a ramené les exilés comme des ruisseaux, et nous a ainsi faits rêveurs. Celui qui marche en pleurant revient en chantant, il plante ses semences en larmes et récole dans la joie. de ces deux moments naît le songe, d'une larme, puis d'un rire. » »
Lien : https://seriallectrice.blogs..
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mollymon
  04 avril 2018
Traditionnellement le repas de fête consommé après la tombée de la nuit le premier soir de Pessa’h, commence par cette formule rituelle: " Ma nichtana halaïla hazé mikol haleïlot " ( En quoi cette nuit est-elle différente des autres nuits )
Cette nuit Salomon reçoit comme d'habitude sa famille pour célébrer le seder de Pessa’h qui célèbre la sortie d'Egypte, repas fondateur de l'identité juive et modèle même de la transmission. Mais ce matin il se réveille hagard et angoissé. Celle qui l'a accompagné et aimé pendant un demi siècle n'est plus près de lui. Sarah n'a pas été embarquée par les nazis, non, elle est morte depuis peu, le laissant affligé et totalement déboussolé.
En attendant l'arrivée de sa fille qui va l'aider à préparer la fête, Salomon pense à son épouse et tout en se souvenant du seder de l'année précédente, imagine celui de ce soir. En quoi cette nuit sera-t-elle différente des autres ?
A travers le portrait légèrement grinçant d'une famille ashkénaze de Strasbourg , Joachim Schnerf aborde de façon sensible et tout à fait originale - au rythme de la Haggadah de Pâque - les thèmes du deuil et de la transmission.
Salomon ne peut pas parler à sa famille des horreurs qu'il a vécues et de sa souffrance, si immense que seul celui qui l'a connue peut la comprendre. Il ne peut l'évoquer que sous la forme de blagues avec ses amis du "café-Shoah", probablement pour protéger les siens d'une réalité trop effroyable pour être dite. A l’heure où les rescapés de la Shoah sont en train de disparaître, où une mémoire s'éteint, le silence gagne et la question de la transmission se pose parfois cruellement.
J'ai terminé ce roman avec le regret de quitter trop vite ce vieil homme si attachant et profondément émouvant qui m'a offert un très beau moment de lecture !
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Fandol
  03 décembre 2018
En refermant ce livre, je n'ai pas pu m'empêcher de penser à Marceline Loridan-Ivens décédée ce 18 septembre 2018. Elle affirmait à François Busnel qui la recevait dans une Grande Librairie spéciale : « Je suis profondément athée. »
Alors, quand Joachim Schnerf écrit un roman axé sur la religion juive pour faire ressentir tous les tourments d'un homme, rescapé des camps de la mort, après le décès de sa chère Sarah, son épouse, c'est un peu trop et pourtant, je me laisse prendre car cette intimité avec la personne disparue est tellement intense et bien décrite que l'émotion gagne.
Cette nuit, c'est celle de Pessah, la Pâque juive, et Salomon souffre terriblement de l'absence de son épouse car c'est la première fois qu'il s'apprête à vivre ce moment fort de l'année sans elle. Remontent sans cesse les souvenirs de la Shoah. Salomon a été déporté à l'âge de 13 ans, avec ses parents qui ne sont pas revenus. À Auschwitz, c'est par l'humour qu'il repoussait l'horreur de ce qu'il vivait et c'est toujours par ce procédé qu'il écarte les mauvais souvenirs : « Nos peurs les plus profondes se mélangeaient à nos larmes railleuses, nécessaires. ».
Nous faisons connaissance avec sa famille : Michelle et Denise, ses deux filles et les deux gendres dont Patrick, époux de la première, se distingue par des maux de ventre, de célèbres diarrhées dans les moments importants. Michelle et Patrick ont deux enfants : Tania et Samuel.
Denise a épousé Pinhas, un juif séfarade. Ils n'ont pas d'enfant et sont toujours en retard : « le génie séfarade réside peut-être dans cette jovialité à toute épreuve, cette insouciance parfois énervante. » Malgré tous ces soucis familiaux, la peine de Salomon est immense et le deuil très réglementé dans la religion juive balise une année complète.
Les souvenirs d'une vie remontent et tout se mélange dans l'esprit alors que Tania remet en cause l'existence de « D'ieu » comme l'écrit l'auteur pour montrer qu'un juif n'a pas le droit de nommer Dieu, ni d'écrire son nom, s'évertuant à le désigner par d'autres formules., comme l'a expliqué Joachim Schnerf lors de notre rencontre aux Correspondances de Manosque.
Prix Orange du livre 2018, petit bijou de délicatesse, ce livre est le second d'un auteur prometteur. L'humour et la finesse de son roman laissent espérer encore de belles pages.
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lucia-lilas
  02 juillet 2018
Salomon sera seul cette année pour fêter Pessah, la Pâque juive. Enfin seul… avec toute sa famille : ses deux filles, Michelle et Denise, ses deux gendres, Patrick et Pinhas, ses deux petits-enfants, Samuel et Tania. Seul ? Oui, sa femme, Sarah, est morte depuis deux mois. Des images de l'enterrement hantent l'esprit du vieil homme, encore étonné, le matin, au réveil, de ne pas la sentir auprès de lui.
Il va devoir se ressaisir car ce soir, il se doit d'assumer son rôle de patriarche, ne serait-ce que pour que ses filles ne gâchent pas la fête en s'étripant, comme elles ont coutume de le faire si souvent !
Il sera là pour diriger ces deux soirées de Seder (l'anniversaire de la Sortie des Juifs d'Égypte) et raconter, étape par étape, dans un cérémonial bien ordonné et parfaitement réglé comme il est écrit dans la Haggada - respect des rites oblige - l'histoire du peuple juif, autour de plats qui se succèdent un à un : verres de vin, légumes trempés dans de l'eau salée, pain plat (la Matsa), herbes amères, raifort, salade...
(Merci au passage pour cette magnifique initiation aux rites judaïques que je ne connaissais pas et qu'on a le sentiment de partager à la lecture de ce texte !)
Mais sans Sarah, ce soir, ce ne sera pas la même chose.
Et pourtant, il ne pourra certainement pas s'empêcher de lancer quelques « blagues concentrationnaires» bien déplacées, sa spécialité, qui faisait crier Sarah ; ses filles se disputeront, l'une pleurera ; les enfants poseront des questions et observeront avec intérêt et un brin d'ennui, maintenant qu'ils ont grandi, ces rites qu'ils vivent chaque année.
En attendant, à l'aube de ce grand jour, seul dans son lit, Salomon revisite son passé : sa rencontre avec Sarah, la naissance de ses filles, ses angoisses de père… de souvenirs lointains en impressions encore très vives, de rêveries éveillées en errances de la pensée, Salomon raconte ce que fut sa vie, de sa déportation à Auschwitz à ses dernières années auprès de la femme qu'il aimait.
On sourit, on rit parfois de scènes qui frôlent la comédie mais le plus souvent, c'est l'émotion qui nous gagne car on sent entre les lignes tout l'amour de cet homme pour sa femme, sa famille, la vie qu'il va bientôt quitter.
Ce soir, pense le vieil homme, ils devront aussi parler de cet héritage qu'a laissé Sarah : achèteront-ils une maison où se retrouver tous ? Arriveront-ils à se mettre d'accord ?
Michelle arrivera bientôt pour l'aider à préparer le repas… Il va devoir se lever… Son souffle est court, sa respiration difficile… Aura-t-il la force, le courage d'assumer ce rôle qu'il a toujours tenu ?
Un très beau texte, d'une extrême sensibilité : le récit poétique et plein d'émotion d'une magnifique histoire d'amour, celle d'un vieil homme qui sait, au fond, qu'il est bien difficile de survivre à ceux qu'on aime...
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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Iboo
  12 décembre 2018
Jolie histoire, fort bien écrite, touchante, justement dosée entre humour, amour et mélancolie.
Malheureusement, j'ai lu ce livre dans des circonstances (salles d'attente, transports...) où la concentration qu'il méritait a souvent été détournée et j'avoue avoir laissé mon attention décrocher à certains passages.
Mais ce n'est aucunement le livre qui est en cause.
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
alainmartinezalainmartinez   31 octobre 2018
je n’ai plus de mère… quelle phrase atroce, je ne verrai plus ma mère que j’aimais, tu le sais, papa ? je l’aimais, j’aimais sa douceur et son courage, mais elle n’est plus là, et je déjeune seule avec mon père, en tête à tête, car me voici à moitié orpheline, infirme, papa ne me quitte pas, si tu pars je n’ai plus de pieds… »
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AifelleAifelle   11 mai 2018
Je me demande où Sarah se trouverait en ce moment. Sans doute en train de marcher discrètement dans la pièce, essayant de se préparer sans me réveiller. Ses pieds effleuraient les lattes du parquet, ils caressaient le sol sans fausse note. Je me demande, mais je sais que Sarah est partout. Sarah. J'aime murmurer son nom, j'aime la murer dans mes pensées pour empêcher l'oubli d'effectuer ses rondes. J'enroule ma femme dans nos tapis, dans nos rideaux, je démembre son image pour qu'aucun nazi ne puisse la rafler tout entière. Je remplace les abat-jour par ses prunelles bleutées, les oreillers par ses mains accueillantes.
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   13 octobre 2018
Comme à Shabbat, comme à chaque fête, la prière qui clôt le repas débute par ce psaume que toute la famille récite par coeur, l'histoire des rêveurs aux bouches remplies de joie, aux langues pleines d'allégresse. « D'ieu a ramené les exilés comme des ruisseaux, et nous a ainsi faits rêveurs. Celui qui marche en pleurant revient en chantant, il plante ses semences en larmes et récole dans la joie. De ces deux moments naît le songe, d'une larme, puis d'un rire. »
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AllaroundthecornerAllaroundthecorner   26 septembre 2018
Des soupirs et des corps exténués. Un crématoire. De la fumée humaine. Des cendres qui s’accumulent dans mes narines et m’empêchent de respirer. Suis-je seulement éveillé ? Sinon comment expliquer cette sensation d’essoufflement. Pourquoi cette impression de faiblesse, comme si mes poumons étaient envahis d’images impossibles à dissiper ? La fumée se concentre, je ne parviens plus à tousser, à cracher ces visions qui ont le goût de mort. Ma poitrine s’affaisse et je déglutis. Mon organisme est trop vieux pour supporter les souvenirs. Et puis comment imaginer, m’imaginer sans Sarah ?
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   13 octobre 2018
Ça y est, j'entends un bruit. Le parquet a grincé, je n'ai pas rêvé. Est-ce que les nazis seraient revenus ? Nouveaux crissements. Je me répète qu'on ne rafle plus de nos jours mais le bruit des bottes venues fouiller le cellier se mélange à la réalité. Ils ne reviendront pas, c'était il y a plus de soixante-dix ans. Et pourtant je n'arrive plus à dissocier les strates sonores, à faire tare le bourdonnement de la mort. Mon corps vieilli est là, je le vois dessiné sous mes yeux avec ses faiblesses et ses impuissances, il gît sous la couverture trop grande qui nous recouvrait lorsque Sarah s'allongeait près de moi.Qu'ils me prennent s'ils le veulent, mais qu'ils m'accordent encore quelques jours. Je ne peux pas laisser mes deux filles orphelines ce soir, j'ai promis à Michelle et Denise de diriger la soirée, sanctifier le vin, mener les chants, distribuer chaque aliment comme il est décrit dans la Haggada. Un livre de prières et de lamentations, un récit de combat, d'exode, de questions et d'espoir. Pour en découdre avec l'oubli. Tout y est minutieusement recensé, jusqu'au plus simple geste. Avant d'entamer la lecture de la Sortie d’Égypte je saisirai le plateau d'argent qui trône au centre de la table, déclinerai les six aliments qui s'y trouvent comme à chaque fête de Pessah.
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Cette nuit - Lecture Prix Orange du Livre 2018 .C?est dans le cadre du Reid Hall à Paris, le 16 mai 2018, que les comédiens Fanny Cottençon et Nicolas Pignon ont fait une lecture à voix haute d?extraits choisis des six romans finalistes du Prix Orange du Livre 2018.Voici "Cette nuit ", de Joachim Schnerf (Zulma), lu par Nicolas Pignon.Rendez-vous sur https://www.lecteurs.com/article/le-jury-du-prix-orange-du-livre-2018-a-selectionne-les-romans-finalistes/2443316 pour tout savoir sur les finalistes et voter jusqu'au 30 mai 2018.Suivez lecteurs.com sur les réseaux sociaux :Facebook : https://www.facebook.com/orange.lecteurs/Twitter : https://twitter.com/OrangeLecteursInstagram : https://www.instagram.com/lecteurs_com/Youtube : https://www.youtube.com/c/LecteursDailymotion : http://www.dailymotion.com/OrangeLecteurs
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