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EAN : 9782812615207
Éditeur : Editions du Rouergue (07/03/2018)

Note moyenne : 4.22/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Inséparables depuis l'enfance, Cesare et Adel ont choisi la voie militaire. Dès la première année de leur engagement, ils sont envoyés sur le front de la première guerre du Golfe. Mais les origines maghrébines d'Adel lui valent de telles brimades qu'il finit par se suicider. De retour en France, Cesare ne réussit pas à se soustraire à son sentiment de culpabilité.
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
ladesiderienne
  16 septembre 2018
Toulon, fin des années 70, il n'a fallu qu'un seul regard entre Adel, fils d'immigrés maghrébins, et Cesare, fils d'immigrés italiens, pour devenir des amis inséparables. Le Bac en poche, Adel s'engage dans le 1er régiment de Spahis de Valence, assumant ainsi pleinement sa fidélité à ses racines ainsi que son attachement à son pays la France. Contre l'avis de sa famille, Cesare le suit dans son engagement. Septembre 1990, leur régiment est appelé à se rendre sur les lieux de la Guerre du Golfe. Avant leur intervention dans le combat, en plein désert du Koweït, la chaleur, l'attente et la peur perturbent les esprits et rapidement Adel, du fait de ses origines, devient la cible des railleries des autres jeunes soldats. Dans ce milieu où la sensiblerie n'est pas de mise, Cesare a du mal à défendre son ami.
Ce très (trop !) court roman, lu dans la cadre de la sélection pour le Prix Charles Exbrayat 2018 remis à la Fête du Livre de Saint-Étienne, prix auquel participe ma médiathèque, est une véritable pépite qui, hors de ce contexte, me serait probablement passée à côté. L'auteure, Samira Sedira, que je découvre, nous offre à travers chaque chapitre, une succession de divers tableaux qui, mis bout à bout, reconstituent l'histoire dramatique d'Adel et Cesare. Son écriture s'adapte à chaque scène : elle se fait parfois macabre, pour virer quelques pages plus loin à la truculence, notamment dans la description d'un Toulon d'une époque révolue. Mais Samira ne se contente pas de peindre avec talent des situations, elle excelle aussi dans la description des sentiments et particulièrement dans celui de la culpabilité ressentie par Cesare à son retour de mission. A noter aussi, la belle relation fraternelle entre Cesare et sa sœur Gabrielle, qui oscille entre jalousie et soutien indéfectible.
Personnellement, je suis tombée sous le charme. Et, au bout de la petite centaine de pages dévorées en une heure, la fin, même si celle-ci est ressentie comme un apaisement, est arrivée trop vite. Si je me fie au nombre de critiques sur Babelio, je constate que ce roman n'a pas eu le succès mérité. Je vous invite donc à le découvrir.

Pour en revenir à la sélection pour le Prix Charles Exbrayat 2018, un jury de professionnels avait sélectionné "Une femme que j'aimais" d'Armel Job, "Une longue impatience" de Gaëlle Josse en plus de ce livre de Samira Sedira. J'avoue encore que pour l'instant, mon coeur balance entre les deux auteures féminines qui dans des univers totalement différents, ont su mettre leur sensibilité au service de leur écriture. A suivre donc pour ma décision finale...
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Biblioroz
  27 novembre 2018
Dans le désert d'Arabie, en ce début d'année 1991, un jeune soldat s'est suicidé. Ses camarades d'infortune le ramènent au campement, taisant leur désespoir et rassemblant le courage dont doit faire montre un bon soldat.
Paris, un an plus tard. Cesare est de retour du Koweït et vit chez sa soeur Gabrielle, mais depuis, traumatisé par cette mort davantage que par la guerre elle-même, il est en proie aux cauchemars. Il erre la nuit dans la ville endormie pour se délester de ses angoisses mais surtout de sa fureur.
Sur fond de guerre du Golfe, c'est surtout l'histoire d'une amitié, celle d'Adel et Cesare, qui n'a pu résister à la chaleur, au sable insidieux, à l'attente du conflit, à la bêtise humaine et aux préjugés raciaux. Cette guerre a indirectement conduit à d'autres injustices blâmables.
Le sujet est douloureux et pèse mais l'auteure a su habilement l'alléger en nous parlant de ce vieux quartier de Toulon, dans les années soixante-dix où il régnait encore une joyeuse animation avec les artisans et commerçants. Et puis surtout, il y a l'adorable Violette qui vend son coeur pour pas cher et dont la bonté rejaillit sur petits et grands. Ses petits dictons arrangés à sa sauce sont craquants.
A travers Gabrielle, c'est également un joli exemple de lien entre frère et soeur qui habite ce roman.
Ce livre est court, très court, mais avec de très belles phrases, Samira Sedira a su lui donner une puissance qui ne nécessite pas plus de détails. Le style est bien suffisamment évocateur.
Je regrette seulement que des romans d'une telle qualité d'écriture ne soient pas davantage lus, alors n'hésitez pas et au plaisir de lire vos futurs billets !
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SophieLesBasBleus
  09 avril 2019
Janvier 1991 : un soldat français s'est suicidé dans le désert d'Arabie et la scène envahit tout notre espace mental, avec ses réminiscences rimbaldiennes et son décor asséché par la brutalité du soleil. Voici ensuite ses camarades qui découvrent le corps et qui, dans un cortège funèbre sans pleurs, le portent jusqu'au camp. On sait, dès lors, que c'est dans ce décor aride que se nouent et se disjoignent les destins.
De leur enfance à Toulon, Cesare et Adel ont construit une puissante amitié, un lien quasi gémellaire peut-être en partie dû à leur statut commun de fils d'immigrés, italiens chez le premier, maghrébins pour le second. Si bien que lorsqu'après le bac, Adel s'engage dans l'armée, Cesare suit la même voie. Adel convaincu de pouvoir ainsi se fondre dans l'histoire française ; Cesare incapable de s'orienter dans une vie dont Adel serait absent. Appartenant tous deux à un régiment de spahis, ils sont envoyés dans le Golfe en 1990. La peur rampante, la promiscuité, l'attente qui s'éternise, corrompent les rapports entre les soldats nourris à la mamelle de la virilité exacerbée et du rejet violent de tout ce qui est différent. Adel devient la cible de toutes les moqueries, de toutes les venimeuses insinuations et de l'amalgame avec les ennemis à combattre. Silence et sourire sont ses seules armes contre les humiliations incessantes et Cesare voit soudain la fragilité de son ami, fragilité qu'il assimile à une faiblesse repoussante.
Février 1992, en France, Cesare n'émerge plus jamais des cauchemars qui n'attendent pas son sommeil pour le torturer. Revenu chez sa soeur, Gabrielle, après la guerre du Golfe, il ne trouve d'exutoire à sa souffrance indicible que dans la marche. Gangrené par son sentiment de culpabilité, par cette pitié mêlée de dégoût qu'il s'est vu capable d'éprouver envers son ami, Cesare arpente les rues parisiennes sans jamais trouver la paix, ni ces larmes qu'il reprochait silencieusement à Adel. Mais le silence d'un cimetière toulonnais, où ne fredonne que le vol d'un bourdon, peut bruire de tous les pardons.
Dès le début, j'ai su que le roman de Samira Sedira me saisirait le coeur, tant par l'histoire qu'il raconte que par les mots qui la racontent. L'écriture, d'une pureté absolue, rend à chaque chose ses couleurs et son intensité par un mouvement ample, sans images superflues, sans aucune scorie qui viendrait détourner de l'essentiel. Je ne sais pourquoi précisément cette écriture n'a cessé de m'évoquer le Flaubert de la seconde "Education sentimentale". Dans ce dépouillement sans sècheresse et dans le rythme des phrases, peut-être, qui permettent d'exprimer et de rendre sensible l'écoulement de la vie. Cette beauté et cette puissance ont porté mes émotions tout au long de ce roman superbe.
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jcvetil
  20 février 2020
Livre lu dans le cadre d'un prix littéraire organisé par une Médiathèque du Val d'Oise (Pierrelaye)
La faute à Saddam de Samira Sedira est un récit sur le destin tragique d'un jeune Toulonnais pendant la guerre du Golfe.
Cesare et Adel sont deux amis d'enfance qui ont vécus dans un quartier populaire de Toulon. Ils sont devenus inséparable.
Alors que ceux sont deux bons élèves, Adel décide un jour de ne pas continuer des études supérieures afin de s'engager dans l'armée.
De son côté, Cesare ne voit pas la vie séparer de son ami. alors ils décide aussi de s'engager pour toujours être auprès de lui.
Alors qu'ils se sont engagés, le Koweït est envahi par l'armée de Saddam Hussein. La première guerre du Golfe éclate pendant l'été 1991.
Adel et Cesare vont donc partir au combat dans le désert du Koweït où il fait près de 50 degrés. Ils vont intégrés le régiment des Saphis.
Alors qu'ils vive une guerre dans la peur d'une guerre chimique, Adel va faire l'objet du souffre-douleur des combattants de ce régiment. Peu à peu, Adel va tomber dans une fragilité psychologique.
L'auteure nous narre dans ce livre les ravages laissées par cette guerre que beaucoup appelleront "une guerre fantôme". A la fois dur et poignant, ce récit se penche sur les conséquences mortelles liés au mauvais comportement des homes, ennemis ou alliés.
Ce livre n'est peut-être pas pour moi un coup de coeur, mais il a le mérite de raconter la première guerre médiatisée sans réel image, sans réel témoignage
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sarahorchani
  26 février 2019
Ce qui est étrange dans ce roman , c'est une sorte de calme. L'histoire est racontée comme dans un journal. Les faits sont présentés tels qu'ils sont, sans passer par quatre chemins. Direct. Avec les mots crus. Ce n'est jamais dans le pathos. Pourtant le fond de l'histoire est dure. Mais le récit ne s'enlise pas . Comme le personnage, le récit se bat pour ne pas sombrer, pour retrouver la lumière. Même si la vie ne fait pas de cadeau. Même si la vie vous fait payer certaines de vos erreurs chèrement.
Etre responsable, une liberté, un devoir, un poids, une solitude.
C est la guerre du Golfe. Adel décide de partir à la guerre. Son ami César le suit.
"Le jour du départ d'Adel, sa mère pleura beaucoup, et son père, qui l'accompagna à la gare, lui dit, sur le quai, lui qui n'avait pas coutume de s' exprimer: Tu es né ici, t'as rien à prouver"
Là- bas, Adel est victime de racisme.
Adel, qu'est-ce que ça fait d'aller se battre contre ses frères?
César ne fait rien.
J'ai dévoré passionnément ce récit prenant humain.
"La faute à Saddam" est le troisième roman de Samira Sedira
Elle a écrit"l'odeur des planches " sur son passé de femme de ménage qui a été interprétée sur scène par Sandrine Bonnaire. La vie de Samira est un peu du Caravage faite d'ombre et de lumière.
Je remercie ma librairie dijonnaise préférée "la fleur qui pousse à l'intérieur" de m'avoir fait découvrir ce roman.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
ladesiderienneladesiderienne   16 septembre 2018
On ne force pas un secret à répandre son parfum. Le père d'Adel croyait en la force du silence. Le silence, comme tentation de diversion, serait sa providence. Cesare, dont la confidence brûlait les lèvres se tut, et laissant venir d'autres larmes, s'abandonna entièrement dans les bras du vieil homme qui serra si fort qu'on aurait pu croire qu'il était en train de le confondre avec un autre. La tête reposée sur son épaule, Cesare mesura à quel point il était maigre. Des os fins, comme des os de poulet, dont on pouvait, rien qu'au toucher, mesurer l'épaisseur. Pour la première fois, il comprit ce que l'expression "être dévoré de chagrin" signifiait, et tout ce qu'elle recelait de drames muets.
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BibliorozBiblioroz   23 novembre 2018
Violette se fâcha, et agitant son index, sermonna : Il ne faut pas se moquer de la peine du voisin, car la vôtre arrive le lendemain matin !
Il arrivait souvent à Violette d'énoncer des vérités empruntées aux proverbes entendus çà et là, récoltés au hasard des discussions. Elle ne les retranscrivait pas toujours dans le bon ordre, parfois même elle changeait le sens, mais quand elle les prononçait, ils avaient le pouvoir, et ce, probablement en raison de leur caractère approximatif, d'inviter au silence, et à la réflexion.
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ladesiderienneladesiderienne   16 septembre 2018
Au 8 de la rue Michelet, il y avait Violette, que tout le monde connaissait parce qu'elle vendait son cœur pour pas cher, c'était ce qu'elle disait, Ce n'est pas mon cul que je vends, c'est mon cœur, je baise avec tendreté, moi ! Elle ne disait jamais tendresse, mais tendreté, comme on dirait d'une pièce de veau, ou de bœuf.
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ladesiderienneladesiderienne   16 septembre 2018
Dans l'armée, on ne se plaint pas, on ne revendique pas, on ne réclame pas. L'une des premières choses qu'on apprend, c'est à hurler sans bruit.
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BibliorozBiblioroz   23 novembre 2018
Nul ne saurait jamais d'où venait Violette. Elle gardait le secret, sans jamais le divulguer à personne, consciente que "Plus un secret a de gardiens, mieux il s'échappe".
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Videos de Samira Sedira (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Samira Sedira
Samira Sedira "Murmure" 13 avril 2020 "Murmure": instantanés de confinement sur desmotsdeminuit.fr
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