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ISBN : 2818046610
Éditeur : P.O.L. (18/10/2018)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Nagori, littéralement « l’empreinte des vagues », signifie en japonais la nostalgie de la séparation, et en particulier, la nostalgie de la saison qu’on ne laisse partir qu’à regret. Le goût de Nagori annonce déjà le départ imminent de tel fruit, tel légume, jusqu’aux retrouvailles l’année suivante, si l’on est encore en vie. De nos jours, on invoque les saisons comme un temps comptable. Saisons à découper, à dénommer, à désirer ou à oublier. Et selon quels critères... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Bookycooky
  05 décembre 2018
“La sensibilité naît des mots : on ne saurait sentir ce qui n'a pas de nom”.
Nagori, est le mot qui désigne en japonais les aliments de l'arrière-saison. L'idée de départ d'une réflexion sur ce mot, vient à l'écrivaine un soir alors qu'attablée au comptoir d'un bistrot, le chef lui sert un plat de légumes qui semble n'être déjà plus de saison. Intriguée, elle lui pose la question, à quoi il répond: “Mademoiselle, je suis beaucoup plus âgé que vous, et je ne sais pas si je pourrai encore goûter ce légume l'année prochaine”.
Le japonais possède trois termes différents pour désigner l'état de saisonnalité d'un aliment, « hashiri » pour primeur, « sakari », pleine saison, et « nagori » de l'arrière saison. Trois mots qui désignent trois différentes temporalités, avec leurs lignes bien
distinctes, mais qui ne sont pas sans se rencontrer et se mêler les uns aux autres.
Partant de la nourriture, l'auteur élargit sa réflexion sur l'impermanence de
l'existence, “la présence, l'atmosphère d'une chose passée, d'une chose qui n'est plus...”. Une réflexion aussi très intéressante sur une troisième temporalité, qui dépasse la confrontation des deux temporalités cyclique et linéaire, celle des saisons et la notre. Une temporalité d'une longueur insupportable , infiniment plus longue que la vie des êtres humains, et qui rend caduque les deux temporalités qui nous sont connues, celle des dégâts causés par l'humain, notamment à travers les explosions des centrales nucléaires, Sekigushi se référant ici à Fukushima ; “On ne pourra plus cueillir les herbes printanières pour les déguster, les fruits ne seront plus comestibles, et les oiseaux qui s'en nourrissent seront contaminés.”
Foisonnant d'anecdotes, de références littéraires et de riches réflexions sur notre rapport à la temporalité, l'écrivaine nous offre un petit livre insolite et délicat qu'on déguste comme une gourmandise japonaise.

“Sur le chemin du retour sitôt
Dans le brouillard de printemps
Ma pensée va au nagori, à la séparation”
(Sukedata Kadenokôji)
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Lesliseuses
  30 novembre 2018
Un livre inclassable, qui parle du Japon, des saisons, du temps qui passe, et.. de Nagori évidemment ! Nagori c'est un terme d'une subtilité folle, que l'auteur met plusieurs pages à définir, et qui signifie "arrière-saison", "nostalgie du temps qui passe".
On y apprend une foule de choses, on rêve, on se laisse porter. C'est tendre, poétique, et subtil, un livre magnifique !
Petit billet un peu plus développé sur le livre sur notre site lesliseuses.com
Lien : http://lesliseuses.com
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critiques presse (1)
LaCroix   30 novembre 2018
Poursuivant une œuvre où littérature, goûts et sensations ont part liée, l’écrivaine Ryoko Sekiguchi livre une séduisante évocation des saisons.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   04 décembre 2018
The Last Leaf d’O. Henry est l’histoire d’une jeune femme qui s’identifie à une saison. Johnsy, atteinte de pneumonie, est au seuil de la mort. Par la fenêtre du modeste appartement qu’elle partage avec d’autres artistes, elle contemple les quelques feuilles de lierre restées accrochées sur les branches et annonce qu’elle mourra lorsque les dernières feuilles seront tombées. Selon le médecin, c’est surtout l’envie de vivre qui lui manque : elle ne saurait guérir si elle ne reprend pas goût à la vie. Behrman, son voisin du dessous et vieux peintre alcoolique, répète à qui veut l’entendre qu’il peindra un jour un chef-d’œuvre. Il rabroue gentiment la mélancolique Johnsy. Après une nuit de tempête, il ne reste au matin qu’une seule feuille au lierre. Les rafales de vent et de pluie ont beau se poursuivre le lendemain, la feuille tient bon contre le mur. C’est cette feuille qui rend à Johnsy son espoir en la vie, et la jeune femme retrouve peu à peu ses énergies. En revanche, Behrman s’éteint deux jours plus tard, de froid et de fatigue. La dernière feuille de lierre sur le mur, c’est lui qui l’avait peinte. Johnsy comprend alors que c’était là le chef-d’œuvre promis.
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PasoaPasoa   04 décembre 2018
Il y a une expression en japonais, "aji wo mukae ni iku", qui pourrait se traduire par "aller chercher un goût". En cas de rencontre véritable entre deux ingrédients, il arrive que l'un aille "chercher le goût" de l'autre, pour en extraire la meilleure part. Pour peu que l'échange soit mutuel, on pourra découvrir une saveur qui n'existait pas tant que les ingrédients menaient leur vie séparément.

p.73
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BookycookyBookycooky   02 décembre 2018
On croit parfois universels certains concepts qu’on estime essentiels à la vie, et on s’étonne d’apprendre qu’ils ne s’appliquent pas partout. C’est le cas, par exemple, des notions de « société », de « liberté » ou d’« amour », qui n’existent en japonais que depuis l’ouverture du pays au XIXe siècle, comme concepts traduits des langues européennes. Le constat étonne toujours les non-Japonais.
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ninachevalierninachevalier   23 novembre 2018
Quel nagori nous affecte le plus durement,
La séparation avec les fleurs
Ou la séparation avec le printemps?
(Fushimi'in)
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Videos de Ryoko Sekiguchi (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ryoko Sekiguchi
Ryoko Sekiguchi Nagori éditions P.O.L : où Ryoko Sekiguchi tente de dire de quoi et comment est composé son nouveau livre "Nagori", et où il est question notamment du sens du mot "Nagori", et de la trace et de la nostalgie, du gout et des mots, de la mort et des saisons, de figues et de châtaignes, de Fukishima et de Hiroshima, de la triple catastrophe et des haïkus, d'olivier Roellinger et d'Anne-Sophie Pic, de l?éphémère et de l'éternité, à l?occasion de la parution de "Nagori", aux éditions P.O.L, à Paris, le 16 octobre 2018 "Nagori, littéralement « reste des vagues », qui signifie en japonais la nostalgie de la séparation, et surtout la saison qui vient de nous quitter. le goût de nagori annonce déjà le départ imminent du fruit, jusqu?aux retrouvailles l?année suivante, si on est encore en vie. On accompagne ce départ, on sent que le fruit, son goût, se sont dispersés dans notre propre corps. On reste un instant immobile, comme pour vérifier qu?en se quittant, on s?est aussi unis." ??????????Nagori???????????????Nagori?????????????????????????? ?????????????????????????????Roellinger?Anne-Sophie Pic??????? ???2018?10?16?????POL?????Nagori????????
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