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François Gaudry (Traducteur)
EAN : 9782864245230
187 pages
Éditeur : Editions Métailié (30/11/-1)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 21 notes)
Résumé :

" C'est un carnet à couverture noire que j'ai toujours sur moi et dans lequel j'écris chaque jour mes doutes, mes étonnements et mes colères. J'y ébauche aussi. des articles, des chapitres de roman, des contes, des recettes de cuisine, des déclarations d'intention. Lorsque j'arrive à la fin des pages que j'ai noircies et, que je les relis, telle une brève cérémonie des adieux avant d'étrenner un nouve... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Blackbooks
  06 janvier 2020
Une nouvelle fois Luis Sepùlveda règle ses comptes. Nous sommes en pleine guerre d'Iraq, les Etats-Unis sont dirigés par un certain G. W. Bush et la menace s'appelle Saddam Hussein. Les Etats-Unis veulent à tout prix l'éliminer et récupérer les sites pétrolifères dont regorge son pays. Une grande partie de ces carnets de moleskine vont tourner autour de ce thème et de l'impérialisme américain. Luis Sepùlveda a combattu pour les idées socialistes de Salvador Allende, il était présent au Chili le 11 septembre 1973, quand sous les ordres du général Pinochet, la Moneda où s'était réfugié le président chilien fut assiégé. le putsch qui entraîna le suicide de Salvador Allende fut « officieusement » subventionné par les multinationales américaines implantées en Amérique latine, avec l'accord tacite d'un Henry Kissinger alors secrétaire d'Etat des Etats-Unis du président Nixon. Et il n'en faut pas plus pour faire sortir un latin de ses gongs. Expulsé du Chili après avoir été arrêté puis torturé, Luis Sepùlveda en a conservé une rancoeur tenace que ces combats armés aux côtés des révolutionnaires colombiens et autres sud-américains n'ont fait que renforcer.
L'anti-impérialisme américain est soutenu par la plume acide de l'auteur chilien qui tour à tour s'en prendra au président américain dont Sepùlveda nous fait une description plutôt corrosive : « Il était une fois un jeune Texan qui aimait bien lever le coude. Un jour qu'il conduisait plein comme une barrique, il perdit le contrôle de son auto et fonça dans les poubelles de la maison paternelle. Son père le réprimanda durement, sa mère, Barbara, admit que le garçon avait de sérieux problèmes d'alcool et, pour l'aider à se corriger, ils firent confiance à Dieu, qui est américain, et à quelques millions de dollars que le gamin perdit avec fracas dans de très mauvaises affaires pétrolières. Ayant démontré qu'il était incapable de gérer sa propre tirelire, il reprit furieusement le chemin de l'alcool. Bourbon, bière, vin californien, tequila dévalaient le gosier du jeune Texan jusqu'à ce qu'un jour survienne le miracle attendu. Il s'appelait Billy Graham, le plus grand showman religieux protestant du pays. Alleluia ! Loué soit Dieu ! s'écria le jeune Texan dans des stades bourrés d'alcooliques et d'aliénés comme lui. Et Dieu lui vint en aide. Il est maintenant président des États-Unis d'Amérique et un intellectuel raffiné » puis à ses alliés espagnols.
Certains textes ont déjà été publiés ou seront repris dans d'autres livres de Luis Sepùlveda. Certains textes retranscrivent parfaitement le talent littéraire de l'auteur, notamment les hommages aux écrivains ou aux amis disparus dont le très bel hommage rendu à Francisco Coloane décédé le 5 août 2002 (Adieu, Maestro !) : « Alors que je suis en train d'écrire, bouleversé par cette nouvelle, je revois son allure robuste de marin, debout face aux vagues et cherchant du regard les passes entre les îles de l'archipel de Chiloé, aux Guaitecas, au milieu du canal Moraleda, ou encore débouchant des eaux tumultueuses du canal Baker dans le golfe des Peines. le vent de la Terre de Feu souffle avec force, mais don Pancho manoeuvre habilement pour placer le bateau côté sous le vent et permettre à tous ces gens simples, humbles et héroïques, qui ont navigué dans les livres de ce généreux capitaine des pauvres du Sud, d'aborder sains et saufs. » D'autres, notamment les pamphlets anti-américain auraient pu être regroupés en une seule nouvelle qui aurait certainement eu plus de poids, plus de force de persuasion.
Sepùlveda s'en prend ensuite ouvertement aux grandes multinationales pétrolières, au gouvernement espagnol, sans oublier son Chili natal et l'ineffable général Pinochet et son homme de main Pablo Rodrìguez.
Mais ces carnets renferment aussi des nouvelles plus réjouissante, plus poétique comme le cinéma du bout du monde que l'on retrouve dans Dernières nouvelles du sud, le dernier combat de Kid Tropea.
Un Luis Sepùlveda politique, engagé, moraliste, écologiste et pragmatique certes, mais pas un grand Sepùlveda. Son anti-impérialisme américain est ici trop présent, trop répétitif pour faire entrer ce livre dans les grands Sepùlveda. On peut le comprendre, on peut se sentir latino-américain en lisant ces nouvelles, mais on ne peut ressentir tout ce que l'auteur a enduré pendant ses exils, ou en apprenant la disparition de ses camarades. Eprouvant une certaine empathie pour l'oeuvre de ce fabuleux conteur, j'avoue avoir éprouvé quelques difficultés dans cet ouvrage; ce qui me fait dire qu'il ne s'agit pas là d'un grand cru chilien. Mais nul n'est parfait, pas même vous Señor Sepùlveda.
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JeanPierreV
  23 juillet 2016
Coups de gueule, coups de coeurs, « Une sale histoire » – qui reprend le titre d'une chronique du livre – aurait pu s'appeler Journal d'un Indigné…Luis Sepúlveda auteur chilien écrit chaque jour sur un carnet à couverture noire qu'il a toujours sur lui ses doutes, ses peines, ses indignations du moment, et les publie dans ce livre…
Un blog avant l'heure.
Des textes faisant référence à l'actualité de la période janvier 2002-mars 2004, préparatifs de la guerre en Irak, prêtres pédophiles, politique américaine, politique de Sharon en Israël, conséquence du naufrage du Prestige…. Des textes toujours empreints d'une grande humanité, écrits souvent avec humour et dérision, et qui se lisent comme un roman.
L'émotion à toutes les pages.
Sepúlveda a ses « têtes de Turc », qu'il brocarde régulièrement, Georges Bush, Aznar, Berlusconi, Tatcher, les ministres de Georges Bush, Sharon et la droite israélienne…mais aussi tous ceux qui détruisent la nature au nom du fric, les pétroliers texans….tiens ! ça ressemble à Georges Bush…, le profit, la guerre en Irak… sur laquelle il écrit avec une grande lucidité :« Aujourd'hui, le destin du monde – car de cette guerre nous pâtirons tous – est entre les mains d'un homme gris, médiocre et fanatique… » (P. 97).
Et des textes graves pour nous parler de ses ami(e)s écrivains disparus, du terrorisme, des salauds qui abandonnent leurs chiens, des deux 11 septembre tragiques…
Luis Sepúlveda, très jeune s'opposa à Pinochet, fut condamné par ses juges à 28 ans de prison et ne dut sa libération qu'à Amnesty International.
Cet engagement pour la liberté, l'honneur, la paix, la défense de la nature est présent dans chacune ses chroniques…C'est l'engagement d'un homme mais aussi ce devrait l'engagement de tous les écrivains « nous, les écrivains, ne pouvons être que d'un côté de la barricade , [] nous sommes d'abord des hommes, des citoyens, des défenseurs des droits de l'homme et, s'il nous reste du temps, des écrivains », phrase de Francisco Coloane.
Souvenirs, souvenirs…
Quand on voit ce qui se passe aujourd'hui, notre actualité sinistre, on ne peut que constater la clairvoyance de cet engagé pour la paix, pour les droits de l'homme, pour la liberté, pour l'écologie.
Une voix qu'on devrait entendre plus souvent.
On sourit – jaune – des textes qu'il écrivait, les dirigeants brocardés se moquaient complètement de l'avis de ce bouffon -à leurs yeux – qu'ils ignoraient, beaucoup pleurent aujourd'hui les conséquences de leurs décisions et de leurs actes.
J'avais été séduit par l'auteur du « Vieux qui lisait des romans d'amour », j'ai été séduit par l'homme Luis Sepúlveda, par ses indignations, par ses coups de gueule, même si je ne suis pas totalement en accord avec toutes ses chroniques
Comme j'aimerais qu'il tienne un blog afin que périodiquement ses réflexions sur l'actualité puissent être connues, sa voix puisse être écoutée à défaut d'être entendue!
Lien : https://mesbelleslectures.co..
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cathe
  19 septembre 2015
Sepulveda est l'auteur du merveilleux " le vieux qui lisait des romans d'amour" et d'autres romans qui se passent en Amérique du Sud. On sait moins que c'est un auteur très engagé politiquement qui s'est toujours battu contre toutes les oppressions, l'injustice et l'intolérance.
Ce livre rassemble une soixantaine de petites chroniques qu'il a écrites ces dernières années. Elles retracent à la fois des jugements sur la vie politique internationale (l'ONU, l'Uruguay, l'Irak, Bush, encore Bush…), des évocations d'écrivains amis morts récemment (Coloane, Montalban) et des épisodes de son enfance. Les chroniques les plus drôles sont aussi les plus touchantes : il récupère un chien abandonné par son maître, suit ce dernier sur l'autoroute jusqu'à ce qu'il s'arrête, puis lui rend le chien (toujours le souci de la justice) ; il photographie des annonces dans des vitrines, "Nous donnons des explications", "On prend les mesures"…et entre dans les boutiques en prenant ces annonces au pied de la lettre ! ; il sympathise avec un Père Noël anti-Sharon, etc.
La variété de ces chroniques est telle que l'on ne s'ennuie pas une minute en les lisant, on les dévore même comme si c'était un roman ! Quelle formidable leçon de vie, de tolérance et d'indignation face à toutes les injustices et à toutes les bassesses !
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milbilou
  03 octobre 2019
Grande lectrice de romans, je me suis laissée tenter par le recueil de Luis Sepulveda, contenant ses « notes d'un carnet de moleskine » dans lequel il consigne « ses doutes, ses étonnements, ses colères ». Auteur chilien engagé, condamné à 28 ans de détention sous la dictature de Pinochet, il est emprisonné plusieurs mois et finalement exilé en Suède. Il est passionné de politique et militant, mais c'est son talent d'auteur et son humanité que je retiendrai ici pour présenter cet ensemble de textes courts, portant sur la période de 2002 à 2004 à travers le monde.
Les sujets, souvent traités sur deux ou trois pages, sont hétéroclites. Des questions politiques, l'Irak et la politique de Bush, Israël et Sharon, Aznar, Berlusconi… les 11 septembre, 1973 et 2002. « le jour maudit », une même date pour la prise de pouvoir de Pinochet au Chili, et les attentats aux Etats-Unis. Pas de point commun dit-il, « mes camarades savaient pourquoi on les tuait, ils savaient que c'était là le prix à payer pour rêver d'un monde meilleur, en revanche, les pauvres victimes du World Trade Center n'ont pas su pourquoi elles mouraient ».
Dans ce carnet, il est aussi question de « droits et devoirs », envers la nature ou les animaux comme « l'histoire classique et sa fin prévisible d'un clébard abandonné sur la route et écrabouillé par un camion… », ou de « Papa Ernest », Hemingway et « le vieil homme et la mer , le grand roman de la dignité d'un homme , mais également « la vieille Europe » et bien d'autres thèmes si brièvement traités et pourtant si percutants lorsqu'ils proposent au lecteur quelques instants de réflexion.
Ce livre fut une vraie découverte qui a attisé ma curiosité et que je recommande vivement. En dehors de toute idéologie, j'ai rencontré un écrivain plein d'humanité.

Lien : https://mireille.brochotnean..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
michel.carlier15michel.carlier15   14 avril 2013
Afghanistan : amer bilan .
Ce sont uniquement les Nord-Américains qui donnent les ordres et décident des objectifs à attaquer , sans la moindre consultation des forces européennes positionnées en première ligne sur l'hypothétique front , lesquelles , par exemple , ont prévenu les bombardiers nord-américains que l'un des édifices qualifiés de caserne d'Al Quaida , était , en réalité une enclave alliée , occupée par des soldats hollandais . Les Américains ont bombardé et cinq soldats hollandais sont tombés sous le "feu ami" . Il n'y eut ni excuses ni explications , et il n'y aura aucune enquête .
Un officier allemand se demande : "Je tombe sur une humble femme âgée qui a peur pour ses deux chèvres et ses six poules , et deux jours plus tard le commandement américain informe que cette vieille femme fournit des vivres à Al Quaida . Ma formation de soldat m'incite à ouvrir une enquête , mais le commandement américain ordonne un "dog and pony show" et , d'un hélicoptère , ils mitraillent la vieille , les chèvres et les poules . Les Nord-Américains sont convaincus de mener une guerre sainte . A leurs côtés , nous pouvons oublier toute notre formation sérieuse " .
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JeanPierreVJeanPierreV   23 juillet 2016
Il n'est pas de plus grande satisfaction que de recommander un livre que l‘on aime, que l'on relit souvent en accomplissant le rituel du choc de deux états d'esprit -ainsi que Papa Ernest définissait l'acte de lire - et en quittant ses pages avec l'agréable sensation d'avoir rendu visite à un ami chez qui les portes sont toujours ouvertes et où se trouve une gourde débordante de vin, d'amitié et d'histoires. (P. 56)
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zorazurzorazur   25 novembre 2011
Nous avons été capables d'incarner de belles idées sur lesquelles nous avons essayé d'établir une vie paisible : à chacun selon ses besoins et son travail, personne ne doit avoir plus de pain que ce qu'il peut manger, aucun homme ne peut posséder trois manteaux si son frère tremble de froid, ni se reposer dans son palais si ceux qui l'ont construit dorment à la belle étoile. Ni maîtres ni serviteurs : humanité. Et plus nous nous sommes rapprochés de la concrétisation de telles idées, plus la punition a été grande, la punition implacable réservée à l'ennemi.
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CLMOHCLMOH   26 septembre 2013
Si la honte faisait rougir le visage de ceux qui ne connaissent pas ce sentiment, l'oncle Sam, cet individu vêtu d'un frac de clown et d'un chapeau de magicien merdique, l'oncle Sam serait une espèce de tomate murcienne archimure.
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zorazurzorazur   25 novembre 2011
Il est dit que tout homme doit découvrir quelque chose qui justifie sa vie.
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