AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Bertille Hausberg (Traducteur)
EAN : 9782864247104
160 pages
Éditeur : Editions Métailié (14/01/2010)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 256 notes)
Résumé :
Dans un vieil entrepôt d'un quartier populaire de Santiago, trois sexagénaires attendent avec impatience l'arrivée d'un homme, le Spécialiste.
Il a convoqué ces trois anciens militants de gauche, de retour d'exil trente-cinq ans après le coup d'Etat de Pinochet, pour participer à une action révolutionnaire. Un tourne-disque jeté par une fenêtre au cours d'une dispute conjugale va tout remettre en question, jusqu'au moment où ressurgit dans la mémoire des comp... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (63) Voir plus Ajouter une critique
carre
  06 avril 2012
Voilà un auteur qu'on lit avec grand plaisir.
Trois vieux militants gauchistes se retrouvent à Santiago, 35 ans après avoir fui le régime de Pinochet. de retour, ils n'ont pas oubliés leurs idéaux et attendent avec joie et excitation la venue du "Spécialiste" qui doit leur proposer une dernière action, sorte de baroud d'honneur. Hélas, quand ce n'est pas la dictature, c'est le destin qui s'en mêle.
Sépulveda brosse le portraits de papys cabossés par leur exil, mais qui ont gardé au fond des yeux une lueur d'espoir et de revanche. Tour à tour touchant, cocasse, cynique, le grand auteur Chilien rend un bel hommage à son peuple qui aura payé de sa chair l'avènement de Pinochet. Un roman qui va droit au coeur, profondement humain, magnifié par la langue de Sépulveda. Excellent.
Commenter  J’apprécie          510
ibon
  31 janvier 2015
Sepulveda rend un hommage appuyé à ceux qui ont pris les armes contre la dictature de Pinochet. Mais derrière la sueur et les larmes, il y a le rire. Un rire un peu noir.
Trois papys, anarchistes toujours actifs, se retrouvent dans un hangar pour préparer un coup. Lequel? On le saura plus tard. Ils attendent un quatrième homme, le cerveau, avec qui ils ont rendez-vous.
Dans le même temps, dans un appartement, une femme se dispute avec son homme, lequel voit ses affaires valdinguer par la fenêtre dont un vieux mais précieux tourne-disque ( qui fait la couverture du roman). Mais ce tourne-disque voit sa chute prématurément stoppée sur la tête d'un passant.
Deux lignes narratives, un peu loufoques, qui se rejoindront à Santiago sous la pluie.
Mais pour Sepulveda, l'heure des comptes a sonné. 35 ans après, il réclame encore justice contre ceux qui ont fait tant de mal à son pays: le Chili.
Commenter  J’apprécie          410
bilodoh
  03 février 2017
Chili, nostalgie d'une époque et d'une jeunesse envolée.

C'est la vieillesse, celle d'hommes qui ont vécu les années soixante-dix, qui ont cru pouvoir changer les choses, qui ont applaudi l'élection de Salvatore Allende, qui ont souffert sous la dictature de Pinochet et se sont exilés dans des pays étrangers.

La nostalgie la jeunesse prend une autre forme que celle des soixante-huitards embourgeoisés. Les jeunes de ce pays ont connu une grande défaite, plusieurs sont disparus, ont été torturés et comme un des protagonistes du livre, ont l'esprit qui déraille à cause des coups reçus.

Malgré ces drames , le ton du roman n'est pas du tout lourd, c'est juste la réalité racontée sans fioritures pour ceux qui sont nés trop tard pour se rappeler, mais qui doivent pourtant vivre avec les conséquences de ces pages d'histoires occultées.
Commenter  J’apprécie          411
gonewiththegreen
  27 octobre 2019
Sepulveda pour moi, c'est le vieux qui lisait des romans d'amour.Un livre lu trop jeune, dont le souvenir me fait encore, sans doute injustement, bailler.
Ici, pas le temps de s'ennuyer. Trois révolutionnaires se retrouvent pour un dernier coup, plus de trente ans après la lutte contre Pinochet qui les a conduits à mettre leur vie entre parenthèses, voir à s'exiler de nombreuses années.
Parallèlement, une de leurs anciennes connaissances est mêlée à un homicide.
Livre ô combien truculent. Tourbillon d'actions, d'histoires parallèles et de flash back, il faut un peu s'accrocher pour ne pas décrocher dans la première partie du livre . Qui est qui, où va-t-on?
Et puis tout s'éclaire, la dictature chilienne en prend plein la tête, les vieux anarchistes se mettent à rêver à un dernier coup d'éclat, eux qui sont aujourd'hui seuls en quête de chair fraiche , ou pas, sur internet. le policier est intègre, humaniste.
C'est un livre profondément humain, où les yeux des protagonistes ont gardé quelques illusions. C'est aussi un livre très drôle, engagé, rempli d'espoir et d'illusions.
Les épisodes liés à la révolution chilienne et les sabotages qui en ont résulté sont des purs moments de bonheur de lecture.
Il m'a juste manqué un peu de connaissance de l'histoire chilienne pour sans doute l'apprécier encore plus.
Il va être temps de retourner voir le vieux qui lisait des romans d'amour .
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          377
moustafette
  23 novembre 2011
Lucho Arancibia, Cacho Salinas et Lolo Garmendia sont trois anciens communistes chiliens sortis de prison ou de retour d'exil. Se retrouvant une nuit à Santiago dans l'atelier de l'un d'entre eux, ils attendent leur chef, le vétéran, le Spécialiste, Pedro Nolasco, petit-fils d'un célèbre anarchiste syndicaliste. Histoire de prolonger un peu la révolution de leur jeunesse, ils sont prêts à reprendre du service et récupérer ce qui leur est dû.
Or, au même moment, Nolasco gît sur un trottoir, malencontreusement tué par la chute d'un vieux tourne-disque Dual balancé par une fenêtre lors d'une banale scène de ménage chez Coco Aravena, lui aussi de retour d'exil. Coco trouve sur le macchabée un vieux Smith & Wesson ainsi qu'un numéro de téléphone qu'il subtilise avant l'arrivé de la police. Croyant d'abord avoir tué un flic, il se décide finalement à appeler ce numéro. Une voix, pensant avoir affaire à Nolasco, lui répond qu'on l'attend au garage d'Arancibia.
"Les quatre hommes se regardèrent. Plus gros, plus vieux, chauves et la barbe blanchie, ils projetaient encore l'ombre de ce qu'ils avaient été.
- Alors, on tente le coup ? demanda Garmendia et les quatre verres ont trinqué dans la nuit pluvieuse de Santiago."
Sous l'égide de Pedro Nolasco, ce dernier coup se fera donc sans lui. Mais cette nuit-là, un autre homme se souviendra du Spécialiste, le vieil inspecteur Crespo qui identifiera le corps de Nolasco à la morgue. Ses souvenirs de jeunesse afflueront eux aussi, les deux hommes s'étant déjà croisés en d'autres temps.
Au gré de va et vient entre passé et présent, ce roman est prétexte à revisiter brièvement les années précédant l'avènement de Salvador Allende au pouvoir jusqu'à sa chute. C'est surtout l'occasion de brosser le portrait d'une poignée d'hommes portés par un même rêve qui virera rapidement au cauchemar, une très belle histoire d'amitié et de retrouvailles, de loyauté et de lutte, le tout narré avec tendresse et humour.
"Au milieu de l'assemblée, Coco Aravena était en pleine euphorie car la commission chargée de l'agitation et de la propagande du parti communiste révolutionnaire marxiste léniniste maoïste, tendance Enver Hoxha, très différente de la coterie liquidationniste qui se faisait appeler parti communiste révolutionnaire marxiste léniniste pensée mao tendance drapeau rouge, l'avait chargé de la lecture d'une résolution du comité central appelée à changer l'histoire."
La révolution n'a jamais dit son dernier mot. Et, avec ou sans Pedro Nolasco, les quatre lascars retrouvent l'audace de leurs vingts ans.
Une belle revanche sur leurs cheveux blancs et leurs idéaux perdus.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190
Citations et extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
YukoYuko   12 mai 2020
Le vendeur lui indiqua l’une des trois tables recouverte de toile cirée et abandonna son comptoir pour apporter une bouteille de vin et deux verres. Il les remplit, les deux hommes se regardèrent brièvement dans les yeux et y découvrirent les mêmes ombres, les mêmes cernes, le même glaucome historique qui leur permettait de voir des réalités parallèles ou de lire l’existence résumée en deux lignes narratives condamnées à ne pas coïncider : celle de la réalité et celle des désirs.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
bilodohbilodoh   31 janvier 2017
Ils n’étaient plus la jeune garde. La jeunesse s’était éparpillée en cent lieux différents, partie en lambeaux sous les coups de gégène des interrogatoires, ensevelie dans les fosses secrètes qu’on découvrait peut à peu, partie en années de prison, dans des chambres étranges de pays plus étranges encore, en retours homériques vers nulle part, et il n’en restait que des chants révolutionnaires mais plus personne ne les chantait car les maîtres du présent avaient décidé qu’il n’y avait jamais eu au Chili des jeunes comme eux, qu’on avait jamais chanté « La Jeune Garde » et que les lèvres des jeunes filles communistes n’avaient jamais eu la saveur de l’avenir.

(Points, p.33)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          230
wellibus2wellibus2   19 octobre 2014
.....jusqu'à l'arrivée de ce matin pluvieux de septembre où, à partir de midi, les horloges commencèrent à indiquer des heures inconnues, des heures de méfiance, des heures où les amitiés s'évanouissaient, disparaissaient, ne laissant que les pleurs épouvantés des veuves et des mères.
La vie s'étaient remplie de trous noirs et il y en avait partout : on entrait dans une station de métro et on n'en ressortait jamais plus, on montait dans un taxi et on n'arrivait pas chez soi, on disait lumière et les ombres vous engloutissaient.
(p60)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190
janemarjanemar   08 novembre 2011
page 60 extrait :
« …. Ces deux hommes qui se tapent sur l’épaule étaient amis. Ils faisaient partie de la même bande .d’accros au foot, à la politique et aux grillades du week-end. Ils avaient fait des plans pour prolonger l’amitié et la protéger du cours du temps, avaient été des camarades, des complices dans leurs efforts pour faire du pays un endroit, pas meilleur peut être, mais moins ennuyeux, jusqu’à l’arrivée de ce matin pluvieux de septembre où, à partir de midi, les horloges commencèrent à indiquer des heures inconnues, des heures de méfiance, des heures où les amitiés s’évanouissaient, disparaissaient, ne laissant que les pleurs épouvantés des veuves et des mères. La vie s’était remplie de trous noirs et il y en avait partout ; on entrait dans une station de métro et on n’en ressortait jamais plus, on montait dans un taxi et on n’arrivait pas chez soi, on disait lumière et les ombres vous engloutissaient.
Beaucoup d’hommes et de femmes qui se connaissaient renoncèrent à eux-mêmes, pris dans une épidémie d’amnésie nécessaire et salvatrice. Non, je ne connais pas ces types jetés dans un camion. Non, je n’ai jamais vu cette femme qui attend au coin de la rue.
L’oubli devint une nécessité urgente. Il faut changer de trottoir et éviter les rencontres, il faut tourner rapidement, effacer ses pas. Et le poison du passé vint soudain prendre la place de ce qui était chargé d’avenir…… »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
michdesolmichdesol   04 août 2019
De tels hommes n'existaient plus au Chili, ils faisaient partie de l'inventaire des pertes sur lequel reposait une normalité factice, celle de deux pays totalement différents coexistant dans un même et misérable espace géographique. D'une part, le pays prospère des vainqueurs situé dans la partie orientale de la ville, celui des chefs d'entreprise qui saluaient en souriant leur voisin sénateur ou député, des productrices de télévision ou des propriétaires de boutiques de mode qui buvaient des cappuccinos sur la terrasse d'un grand centre commercial en commentant les dernières bonnes affaires commerciales de Miami, la saleté de Paris, le chaos de Rome, la puanteur de Madrid, et assuraient, en montrant d'impeccables mains blanches, qu'il n'y avait rien de mieux que de vivre au Chili. Et, d'autre part, le centre de Santiago où circulaient, tête baissée, des gens effrayés par les caméras vidéo qui les suivaient à la trace, par les carabiniers dans leurs bus verts aux fenêtres grillagées, par les vigiles contrôlant leurs passages dans les banques et les commerces. Et puis, au sud, au nord, à l'ouest, il y avait aussi les quartiers habités par la désespérance des emplois précaires, effrayés par la terrible délinquance des enfants et des adolescents qui, après s'être fait exploser le cerveau en inhalant de la coke, se transformaient en psychopathes aux airs innocents.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Videos de Luis Sepúlveda (27) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Luis Sepúlveda
Luis Sepúlveda - La littérature pour patrie
autres livres classés : littérature chilienneVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Le vieux qui lisait des romans d'amour

En quelle année est paru ce roman ?

1990
1991
1992

10 questions
323 lecteurs ont répondu
Thème : Le vieux qui lisait des romans d'amour de Luis SepúlvedaCréer un quiz sur ce livre