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François Maspero (Traducteur)
ISBN : 2020239302
Éditeur : Seuil (01/01/1997)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.96/5 (sur 2688 notes)
Résumé :
Quatrième de couverture :
Antonio José Bolivar Proaño est le seul à pouvoir chasser le félin tueur d'hommes. Il connaît la forêt amazonienne, il respecte les animaux qui la peuplent, il a vécu avec les Indiens Shuars et il accepte le duel avec le fauve. Mais Antonio José Bolivar a découvert sur le tard l'antidote au redoutable venin de la vieillesse: il sait lire, et il a une passion pour les romans qui parlent d'amour, le vrai, celui qui fait souffrir.
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Critiques, Analyses et Avis (311) Voir plus Ajouter une critique
andman
  11 janvier 2014
Ce braconnier, trouvé mort par des indiens Shuars sur la berge de la rivière Nangaritza, pourrait figurer au palmarès de l'inconscience. Il faut en effet une sacrée dose de cupidité pour oser débusquer en solitaire des bébés jaguars alors que les parents de la progéniture sont dans les parages…
Rassemblés autour du cadavre mutilé, quelques habitants d'un petit village équatorien du nom d'El Idilio écoutent avec attention le plus âgé d'entre eux supputer sur les derniers instants de vie de ce chasseur imprudent. Visiblement la jungle n'a pas de secret pour le septuagénaire !
En deux courts chapitres le lecteur découvre l'environnement et fait la connaissance d'un personnage romanesque qu'il n'oubliera pas de sitôt. A El Idilio il est connu sous le nom d'Antonio José Bolivar Proaño mais pour le lecteur il est déjà et restera « le vieux qui lisait des romans d'amour ».
Après quarante années de liberté infinie dans la forêt amazonienne en compagnie de ses amis Shuars, le vieux sentant ses forces décliner s'est installé dans une cabane en bambou. Son besoin d'évasion est toujours intact et se concrétise maintenant par la lecture passionnée de romans à l'eau de rose.
Le vieux sait mieux que quiconque apprécier la frontière ténue entre le monde végétal et animal. Il se méfie par contre de ses semblables, de leur penchant à se croire en territoire conquis. Ce solitaire sentimental, au mode de vie atypique, est un bel exemple d'humilité pour le genre humain dont la course aux profits met chaque jour un peu plus la planète en danger.
Luis Sepúlveda a achevé l'écriture de ce livre en 1988, l'année même de l'assassinat de son ami brésilien Chico Mendès, le défenseur de la forêt amazonienne.
La genèse de cette oeuvre littéraire a débuté dix ans plus tôt. Contraint à l'exil, l'opposant à la dictature chilienne a vécu en 1978 quelques mois en Equateur dans un hameau shuar.
Surpris un jour au coeur de la forêt par un épouvantable orage, Luis et un de ces compagnons amérindiens trouvèrent refuge dans une hutte habitée par un blanc d'un certain âge. de cette rencontre sylvestre, particulièrement conviviale, est né « le vieux qui lisait des romans d'amour ».
Le succès rencontré par ce conte écologique se poursuit depuis plus de vingt ans, preuve s'il en est que les problématiques liées à la préservation de la biodiversité rencontrent dans l'opinion publique un écho durable.
Puisse cet écho aller crescendo dans le temps !
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ninosairosse
  20 juin 2017
"Paul lui donna un baiser ardent pendant que le gondolier complice des aventures de son ami faisait semblant de regarder ailleurs et que la gondole, garnie de coussins moelleux, glissait paisiblement sur les canaux vénitiens"
p73
Retenez son nom, la femme du vieux, une jivaro c'est rigolo et bien plus long qu'un simple Nino
Dolores Encarnacion del Santisimo Sacramento Estupinan Otavalo
La fort et vierge amazone, hyène
à califourchon sur son homme est devenue sienne
chez les Jivaros, facile de perdre la tête en s'affirmant, jamais vous les verrez faire l'amour en s'embrassant
Vous apprendrez que devant Piranhas, Vampires sanguinaires, fleurs carnivores ou renoncules
Même devant une ocelote déterminée, très en colère
le vieux Antonio José Bolivar jamais ne recule, ni ne baisse culotte.
pieuvre par neuf d'un terrorisme à tenta--culaire...
moralité : Si pas de bras pas de chocolat
alors Pas niqua ni cul'air
j'avoue....j'ai eu très chaud, colas mon p'tit frêre.
intrigue autour du baiser ardent
au milieu du pays des serpents
riche en vocabulaire de tout poil
mérite mes quatre étoiles
pour cette survie en jungle inhospitalière
là où on vit encore, la culotte à l'air....
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ClaireG
  07 septembre 2015
En route pour une chasse dans la forêt amazonienne à la saison des pluies !
Les glissades dans la gadoue, les ouistitis curieux et voleurs, le silure-perroquet pas méchant mais mortellement affectueux, les crotales au venin tueur, puis aussi, dès que la pluie s'arrête, les nuées de moustiques qui s'insinuent partout, tous ces plaisirs ne sont annoncés dans aucun prospectus de voyagiste !
Pourtant, ceci n'est que le hors-d'oeuvre. La pièce principale est une maman jaguar devenue enragée à la découverte de ses petits assassinés et dépiautés par un affreux chasseur blanc. Elle est un danger pour le petit village d'Antonio José Bolivar, l'homme qui connaît la forêt et tous ses habitants, hommes et animaux. Il a quitté ses amis Shuars pour vivre en bordure du hameau et son plus grand plaisir est de déchiffrer des romans d'amour qui font souffrir mais qui finissent bien.
A contre-coeur, il finira par tuer l'animal, sans aucune fierté. Puis il retournera à son livre dont les mots lui font, parfois, oublier la barbarie des hommes.
Ce petit livre est un enchantement, un chant pour la préservation de la plus grande forêt du monde, une réflexion sur l'arrivée inévitable de la "civilisation" et de la cupidité des gringos.
Un petit bonheur qui se déguste lentement comme un bon café très noir.
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palamede
  03 mai 2016
Cet homme a compris que la lecture est un remède à la vieillesse, et ce n'est pas là son unique qualité. Car avant de lire des romans (en fait des romances, personne n'est parfait), Antonio José Bolivar a appris la nature sauvage de ceux qui la peuplent. Il est l'antithèse du chasseur blanc, un braconnier tué par une femelle jaguar, devenue féroce après qu'il a abattu ses petits par vénalité. le fauve contre lequel Antonio engage un combat - qu'il est le seul à pouvoir gagner - pour protéger de sa vengeance instinctive et légitime ses amis les Shuars, peuple de la forêt amazonienne.
Ce roman du facétieux Luis Sepúlveda est une fable écologique qui se garde de tout angélisme. Dans ce domaine, on sait que la naïveté des remèdes peut se révéler pire que le cynisme des profiteurs. Souhaitons que ce tout petit livre - qui rend hommage à Chico Mendès, défenseur de la forêt amazonienne assassiné - très grand par sa poésie et puissant par son message, sensibilise utilement ses bienheureux lecteurs à l'indispensable nécessité de préserver notre terre.
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pdemweb1
  02 juin 2015
La présentation du court roman de Pierre Lepape, est parfaite : elle est concise et complète, il indique l'historique de la parution, les motivations de Luis Sépùlveda.
Le roman n'est pas épais, mais il intense : Luis Sépùlveda explique les mécanismes du peuplement de la forêt amazoniennes, il initie à la vie des Shuars ( Indiens), il dénonce la déforestation , il colore les villages des « gringos » au bord du Nangaritza, il invite à une partie de chasse qu'il regrette.
Ce monde hostile est vu à travers les yeux du vieux qui lisait des romans d'amour, qui l'humanise. En tant que lecteur, je suis devenu solidaire de ce vieux lecteur.
Les nombreuses images que révèlent « les citations » ajoutent encore au plaisir de lire ce conte.
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Citations et extraits (235) Voir plus Ajouter une citation
moussk12moussk12   05 décembre 2018
Pour votre gouverne, Venise est une ville construite sur une lagune. Et elle se trouve en Italie, beugla-t-il de son lit.
- ça alors ! Et les maisons flottent comme des radeaux, renchérit quelqu'un.
- Si c'est comme ça, pourquoi des bateaux ? Ils ont qu'à se servir de leurs maisons pour naviguer, fit remarquer un autre.
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moussk12moussk12   04 décembre 2018
Mais ce qu'il aimait par dessus tout imaginer, c'était la neige. Enfant, il l'avait vue comme une peau de mouton mise à sécher au balcon du volcan Imbabura, et ces personnages de romans qui marchaient dessus sans crainte de la salir lui semblaient parfois d'une extravagance impardonnable.
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moussk12moussk12   05 décembre 2018
Il fallait entendre les compliments qu'il m'a fait, la Limace. Il n'arrêtait pas de me répéter combien les gringos seraient heureux de m'avoir, vu que j'ai moi-même un nom de gringo.
- Comment ça, pays ?
- Et oui. Onecén, c'est le nom d'un saint des gringos. Il est sur leur pièces de monnaie. ça s'écrit en deux mots, avec un t à la fin : One cent.
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ninosairosseninosairosse   19 juin 2017
Un soir de chasse, il avait senti son corps tellement acide et puant à force de sueur qu'en arrivant au bord d'un arroyo il avait voulu piquer une tête. Par chance un Shuar l'avait vu à temps et lui avait lancé un cri d'avertissement.
- Ne fais pas ça. C'est dangereux.
- Les piranhas ?
Non, lui avait expliqué le Shuar : les piranhas vivent en eau calme et profonde, jamais dans les courants rapides. Ce sont des poissons lents et ils ne deviennent vifs que sous l'effet de la faim ou de l'odeur du sang. De fait, il n'avait jamais eu de problème avec les piranhas. Les Shuars lui avaient appris qu'il suffisait de s'enduire le corps de sève d'hévéa pour les tenir à distance. La sève d'hévéa pique, brûle comme si elle allait arracher la peau, mais la démangeaison s'en va dès que l'on est au contact de l'eau fraîche, et les piranhas s'enfuient quand ils sentent l'odeur.

p93
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HarioutzHarioutz   24 mai 2018
Colons ou chercheurs d'or, tous commettaient dans la forêt des erreurs stupides. Ils la dévastaient sans prendre la moindre précaution et , du coup, certains animaux devenaient féroces.
Parfois, pour gagner quelques mètres de terrain, ils déboisaient n'importe comment, laissant sans gite un gypaète qui se rattrapait en leur tuant une mule, ou alors ils faisaient l'erreur d'attaquer les pécaris à collier à l'époque de la reproduction, ce qui transformait ces petits sangliers en monstres redoutables.
Et puis il y avait les gringos venus des installations pétrolières.Ceux-là arrivaient en bandes bruyantes, avec assez d'armes pour équiper un bataillon, et pénétraient dans la jungle prêts à tirer sur tout ce qui bougeait. Ils s'acharnaient sur les jaguars sans se préoccuper de savoir s'il s'agissait de petits ou de femelles enceintes, puis ils se photographiaient devant des douzaines de peaux clouées sur des planches, avant de repartir.
Les gringos s'en allaient, les peaux restaient à pourrir jusqu'à ce qu'une main charitable les jette dans le fleuve, et les jaguars survivants se vengeaient en étripant des bœufs faméliques.
Antonio José Bolivar essayait de mettre des limites à l'action des colons qui détruisaient la forêt pour édifier cette oeuvre maîtresse de l'homme civilisé : le désert.
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