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ISBN : 1095360000
Éditeur : Editeur distribué par Harmonia Mundi (07/01/2016)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Véra et Tsiona aiment à se rappeler leur première rencontre, à quatre ans, dans un jardin d’enfants de Tel-Aviv. Véra a grandi entre un père artiste volage et une mère infirmière rangée. Tsiona a perdu son père quand elle était petite.
Après le lycée, Véra, la sensible, l’artiste, ne sait pas ce qu’elle veut faire ; Tsiona, l’effrontée, engagée dans un mouvement de jeunes pionniers, va participer à la fondation d’un kibboutz dans le Néguev.
Malgré leur... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
jeunejane
  14 février 2016
Très rare de pouvoir lire un roman traduit de l'hébreu, écrit en 2015. La traduction est très agréable à lire.
Vera et Tsilona sont d'abord deux fillettes qui vivent à Tel-Aviv et fréquentent la même école. Elles se lient d'une amitié tellement forte qu'elles se considèrent comme deux soeurs.
Toutes deux sont élevées par leur mère.
Le père de Tsilona est mort dans un accident de travail et le père de Véra est un peintre qui part souvent à Paris pour vendre ses toiles.
A la mort de sa mère, Véra évoluera vers des goûts artistiques et Tsilona aura des activités plus concrètes.
Celle-ci participera à la fondation d'un kibboutz, ce qui ne convient pas à Véra.
Des réfugiés juifs arrivent en Palestine dont Yossef, un poète qui va bien séparer les deux filles.
Nous nous situons alors avant la création de l'Etat d'Israël, une période dont je n'avais jamais lu aucun roman.
J'ai apprécié cette histoire mais j'ai un peu regretté la tristesse qui ressort du livre.
La couverture du roman est très belle, le format très agréable et les pages lisses au toucher invitent à la lecture.
Je remercie Babelio dans le cadre de Masse critique et les éditions de l''antilope pour m'avoir permis de faire connaissance avec Rachel Shalita et l'ancien état d'Israël, la Palestine, avant 1948.
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rabanne
  30 mars 2016
Encore une de ces lectures un peu décevantes, dans laquelle j'ai eu l'impression d'être spectatrice. Malgré de bons moments, une plume plutôt fluide, j'ai eu cette sensation désagréable de superficialité.
Tel-Aviv, Véra est une petite fille précoce et choyée. Son père, un artiste-peintre, s'absente régulièrement du foyer pour se rendre à Paris. Véra vit donc souvent seule avec sa mère. Elle lit d'amitié avec Tsiona, une camarade d'école du même âge. Leur relation devient tellement fusionnelle qu'elles se disent presque soeurs, des âmes soeurs...
C'est un récit sur la destinée, l'abandon, la fuite, l'idéal patriotique, le deuil, le traumatisme. En toile de fond, l'espoir d'un peuple exsangue qui retourne à ses racines, au mythe de la Terre promise, mais qui se voit confronté à la réalité territoriale. La fin brutale nous fait prendre conscience du conflit israélo-palestinien qui se dessine, à la suite de la création de l'État d'Israël. Les deux "soeurs" sont alors devenues ennemies, abandonnées chacune à leur sort, à leurs propres combats.
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Aela
  17 avril 2016
"Comme deux soeurs" est un roman traduit de l'hébreu ( Ahayiot ahayiot) qui nous plonge dans la Palestine des années 30 et 40, juste avant la création de l'Etat d'Israël.
Tsiona et Véra sont deux amies inséparables qui se connaissent depuis le jardin d'enfants. Tsiona a perdu son père très jeune, il était maçon et a disparu dans un accident du travail.
Véra perd jeune sa mère, son père, artiste-galeriste, passe plus de temps à Paris qu'en Israël. Elle le rejoint à Paris pour entamer des études aux Beaux-Arts mais une grande déconvenue familiale va la ramener en Israël, aux côtés de son amie Tsiona, qui vit dans un kibboutz du Neguev.
Un peu rebutée par la vie austère et rude dans le kibboutz, Véra va y développer toutefois ses talents de peintre.
Entre Véra et son amie Tsiona, un homme, Yossef, rescapé de la Shoah, noyant son désespoir dans la poésie et le rêve d'un monde nouveau...
Il veut rejoindre le kibboutz..
Un livre plein de finesse qui nous entraîne dans un tournant de l'Histoire.
Les personnages sont attachants.
Rachel Shalita, l'auteure, est née au kibboutz Tel-Yossef. Elle vit à Tel-Aviv où elle enseigne à l'école d'art Beith Berl. Elle est auteur de pièces de théâtre et de nouvelles, et coauteur de la méthode d'apprentissage L'Hébreu au présent. Comme deux soeurs est son premier roman.
Beaucoup d'éléments autobiographiques dans ce livre donc, et on se laisse porter par ce souffle de l'Histoire.
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lucia-lilas
  12 juillet 2016
Années vingt ou trente, hôpital Hadassah de Tel-Aviv, Dvorah donne naissance à Véra.
Elle aurait préféré un autre prénom : Tsipi, Ruthi, Shula ou Hermona. Mais Léon, son mari, a choisi Véra, en souvenir de Véra Weizmann. Trop « galoutique », juge Dvorah se pliant malgré tout au désir de son époux. « Galout », c'est l'exil, la diaspora.
Natif de Rostov-sur-le-Don, en Russie, où il a passé les vingt-cinq premières années de sa vie sous le nom de Leïb Rostovich, Léon vit mal avec cette femme née au kibboutz et native de la terre de Palestine.
Artiste peintre et amoureux de la France, il emmène sa fille de quatre ans dans son atelier rue du Prophète-Jonas. « L'art, lui murmure-t-il à l'oreille, c'est toute la vie, c'est quelque chose que tu fais parce que tu es incapable de ne pas le faire. ».
Il part souvent, à Paris, où il expose ses toiles et s'abandonne à quelques infidélités. Bien sûr, il envoie des cartes postales mais elles ne compensent pas son absence…
Un jour, Véra rencontre Tsiona. Où, comment ? Personne ne sait plus. Mais qu'importe…
Le père de Tsiona, bâtisseur, vient de mourir en tombant d'un troisième étage. La petite vit seule avec sa mère, un peu comme Véra.
A la récréation, les deux fillettes jouent à « Comment papa est tombé d'un échafaudage » sous l'oeil inquiet de la maîtresse.
Tsiona a plus de liberté que Véra : elle guide son amie dans la ville et lui fait découvrir de nouveaux jeux.
Un matin, les filles demandent à Dvorah comment devenir soeurs. « Seules les âmes sont soeurs » répond la mère, ce qui satisfait Véra mais Tsiona, entêtée, proteste : « Ce ne sont pas nos âmes, c'est nous, nous sommes soeurs. ». Et puis, l'idée lui vient que Véra pourrait même partager son père…
Découvrant enfin l'atelier de Léon, Tsiona demeure déçue par l'indifférence de cet homme et oublie sa contrariété en s'imprégnant de l'odeur du lieu, des planches fraîchement coupées, de la mer… Elle observe les tableaux et l'un d'entre eux retient son attention.
 « - Regarde, elle s'intéresse au tableau que tu n'aimes pas, dit Véra à son père. - Ce n'est pas que je ne l'aime pas, mais je pense que ça n'a pas de sens de peindre des Arabes comme on peindrait des héros bibliques. Ils risquent bientôt de nous causer de sacrés problèmes. - Quels problèmes ? demande Véra… - Des problèmes dont on ne sortira jamais. »
Lycéenne, Tsiona s'engage dans un mouvement de jeunes pionniers : elle souhaite rejoindre le Kibboutz du Néguev et vivre selon les règles de la collectivité. Elle parle « au pluriel : « Nous avons des terres » ou « Un village arabe jouxte notre kibboutz ». »
Elle souhaite même s'engager dans les troupes d'élites du Palmach. « Tu veux mourir jeune ? » lui demande Véra effrayée par une telle décision. « - Au Palmach, on se bat, on ne meurt pas » répond Tsiona portée par sa détermination sans limites et sa force de caractère exceptionnelle.
Après la Libération, les premiers survivants du génocide des Juifs d'Europe arrivent : Sacha est violoniste. « C'était la première fois qu'elle rencontrait quelqu'un revenu de « là-bas ». Quelqu'un qui avait traversé ces atrocités et qui avait tout perdu. »
Ces rescapés doivent tenter de s'adapter à un pays dont ils ne connaissent ni la langue ni les moeurs. Étrangers parmi les leurs…
Lorsqu'il joue, l'émotion de Véra et de son père est immense, incontrôlable. Sa musique raconte ce qu'il a vécu : « Véra sentit venir une catastrophe, un cataclysme d'une ampleur inimaginable. Elle n'en serait pas la seule victime. le monde entier en pâtirait. La planète quitterait sa trajectoire. Ce malheur aurait des conséquences incalculables pour l'humanité. Les larmes de Léon n'avaient rien à voir avec la musique de Sacha. Papa pleurait sur ce monde au bord de l'abîme et sur la vie qui ne serait plus jamais la même. »
Comme deux soeurs est l'histoire de deux jeunes filles dans cette société juive de Palestine avant la création de l'État d'Israël, deux points de vue opposés sur les voies à suivre, deux destins qui vont s'entremêler dans un monde profondément meurtri et en complète mutation où chacun va devoir trouver sa place et sa fonction, ce pour quoi il est fait, ce vers quoi il doit tendre.
Et c'est difficile car tout est à construire.
« Tu ne comprends pas que pour nous il en va autrement. On n'a pas le droit de penser individuellement à ses rêves, à ses petits voyages d'agrément, à son petit confort… » sermonnera Tsiona, l'engagée, rêvant de participer activement à la construction de son pays, tandis que Véra, sensible et fragile, souhaite partir avec son père à Paris pour faire une école d'art, dans cette capitale où « le soleil a de l'éducation ».
La Palestine « n'apportera rien d'intéressant à l'histoire de l'art, explique Léon à sa fille, pour faire un bon tableau, il faut au moins quelques journées nuageuses dans l'année. le ciel bleu, ça fait peut-être du bien aux êtres humains, mais pour l'art, c'est une catastrophe. »
Véra acceptera-t-elle de partir ? Les soeurs vont-elles pouvoir se séparer ? Comment vont-elles s'inscrire dans ce monde en mouvement, tenter de le bâtir avec ce qu'elles sont, essayer d'y vivre, d'y être heureuses, si c'est possible…
Un très beau texte écrit dans une langue sobre et poétique sur le destin de deux femmes aux aspirations contradictoires dans un monde difficile où les gens souffrent et où il faut lutter pour exister, pour donner un sens à sa vie et à celle de son peuple.
Se construire et se reconstruire, coûte que coûte sans jamais rien abandonner…
Toutes deux, elles iront, empruntant chacune leur chemin… Peu importe la voie que l'on prend finalement, pourvu que l'on avance…
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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Laurany
  01 mars 2016
Une histoire d'amitié dans une partie de l'histoire d'Israël.
Le personnage principal est Vera, un petite fille dont l'évolution en une jeune femme est décrit au fil des chapitres. Cette dernière vit à Tel-Aviv avec sa maman, une femme effacée, et son papa, un artiste souvent en voyage à Paris. A l'école, elle se lie d'amitié avec Tsiona, une petite fille curieuse qui a perdu son papa peu avant leur recontre. Tsiona s'impose très vite dans le quotidien de Vera, réclamant le couvert et parfois le gîte chez elle. Elles se disent soeurs. Tsiona demande à rencontrer le père de Vera et souhaite même qu'il devienne son papa. Les filles grandissent en étant tantôt très proches, tantôt dans une dispute, et cela jusqu'à la fin du roman. Après l'adolescence, leur chemin se sépare peu après le décès de la maman de Vera. L'une part vivre un temps à Paris avec son papa tandis que l'autre part vivre seule dans un kibboutz, ce à quoi elle a toujours aspiré. Un an plus tard, Vera vient trouver refuge dans le kibboutz où vit Tsiona et leur relation reprend son cour comme elle a toujours été...
Une intrigue intéressante dans la gestion des non-dits et des personnages. Pour ce qui concerne les non-dits, le narrateur donne des informations incomplètes qui donnent envie au lecteur d'en savoir davantage. Pour ce qui est des personnages, l'auteur peint la force de caractère de Tsiona et le côté fragile de Vera avec beaucoup de finesse. Tout au long du roman et même dans leur enfance, Tsiona aspire à un avenir tracé, elle sait ce qu'elle veut et ce vers quoi elle veut aller. Elle est déterminée et engagée mais semble parfois insensible aux réactions humaines et aux richesses de la nature. Elle semble parfois même sournoise et jalouse vis à vis de Vera et "des hommes de sa vie".
Vera, elle, ne sait réellement ce qu'elle veut... Elle se laisse porter par ses lectures. Elle est une sorte d'Emma Bovary d'Israël, semble loin des préoccupations politiques et apprécient le confort, l'intimité et l'oisiveté, qualités pourtant inexistantes dans le kibboutz. Malgré cela, elle reste auprès de Tsiona qui semble être son seul repère. Au final, Tsiona va de l'avant malgré la mort de son père lorsqu'elle était jeune tandis que Vera est comme retenue par son passé et le mensonge qu'a ficelé son père de son enfance à aujourd'hui. Leurs différences n'amènent pourtant pas ces deux "soeurs" à se séparer mais elles restent constamment en conflit puisqu'elles n'ont pas le même idéal de vie....
Un autre personnage fort est celui de Yossef, jeune rescapé de guerre qui croit en une entente entre les juifs et les arabes. Il incarne l'histoire du peuple d'Israël avec ses rêves et ses combats mais aussi le poète et l'amour pour Vera.
La fin du roman m'a laissé stupéfaite mais en même temps on ne pouvait pas s'attendre à autre chose pour deux femmes qui ont toujours tout partagé...
Au niveau de la narration, j'ai été satisfaite de découvrir un roman mêlant histoire fictive et Histoire avec justesse et équilibre. Il n'est pas de ces romans où la part historique prend le pas sur l'histoire fictive mais donne réellement envie de se renseigner davantage sur l'histoire d'Israël, les combats menés par les juifs, le fonctionnement d'un kibboutz, le Palmach et les textes fondateurs de l'état d'Israël.
En tant que lectrice peu connaisseuse de l'Histoire d'Israël, je recommande cet ouvrage pour se familiariser avec celle-ci et mieux comprendre certains éléments de l'actualité. Je pense qu'il peut être intéressant à partir de la 1ère - Terminale.
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Les critiques presse (1)
Telerama   27 janvier 2016
Haletant et ­intimiste, le récit donne chair à un ­moment fondamental de l'histoire ­israélienne. Et ouvre le champ d'une profonde réflexion sur la genèse d'un pays.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
AelaAela   17 avril 2016
Sur la couverture, le titre était écrit en lettres frisottantes.
Hanefesh haksuma, L'âme enchantée.
Au-dessus, le nom de l'auteur: Romain Rolland.
Au centre, un dessin au fusain, une femme vêtue d'une robe longue, un style qu'elle connaissait, pas du Paris de l'après-guerre mais des cartes postales vendues par les bouquinistes sur les quais de la Seine.
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jeunejanejeunejane   14 février 2016
- L'art, c'est toute la vie, c'est quelque chose que tu fais parce que tu es incapable de ne pas le faire. L'émail, c'est autre chose. On te paie pour le faire. Tu te donnes du mal pour que ce soit le plus joli possible mais ce n'est pas absolument nécessaire. Sans l'art, rien n'est possible.
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rabannerabanne   30 mars 2016
Bandes de dingues. Qu'ai-je à faire avec ces figures qui ne pensent qu'à mettre le désert en valeur, à le changer, à l'occuper, à y construire une baraque, et encore une, à bétonner le sable et à percer des routes ?
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AelaAela   17 avril 2016
Tsiona lut à haute voix: alef, mem, alef. Ima, maman.
Véra confirma et continua de tracer les lettres avec la pointe du couteau: tav, mem, vav, tav.
Tsiona ne saisissait pas le sens.
Véra effaça le mot à l'aide du couteau.
Elle redessina tamut, va mourir.
Tsiona comprit cette fois, mais elle se refusa à lire.
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AelaAela   17 avril 2016
Léon osa quelques mots d'anglais. Sacha comprenait le peu d'anglais qui lui restait de son séjour à l'orchestre philharmonique de Londres, mais pas suffisamment pour tenir une conversation. Léon tenta le français.
Sacha éclata de rire et dit en hébreu lo, lo, non, non.
Et là, il surprit Léon en déclarant:
- Ikh red yiddish.
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