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EAN : 9782072465543
Gallimard (04/09/2014)
3.6/5   199 notes
Résumé :
Hemda Horovitch vit sans doute ses derniers jours, mais l'image de ce lac, près du kibboutz où elle est née, s'impose encore avec force à sa conscience. Les souvenirs plus douloureux de sa longue vie se glissent eux-aussi dans sa mémoire, sans qu'elle puisse s'en libérer : son père trop exigeant, un mariage sans amour, puis cette difficulté à aimer équitablement ses deux enfants, Avner et Dina.

Ces deux derniers lui rendent visite à l'hôpital de Jéru... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (45) Voir plus Ajouter une critique
3,6

sur 199 notes
Une vieille femme, Hemda, vit sans doute ses derniers jours à l'hôpital de Jérusalem. Dans ses divagations, elle revit son enfance dans un kibboutz, son père , excessivement sévère et exigeant , sa mére souvent absente, son mariage avec un homme qu'elle n'aime pas....Elle n'a pas su aimer sa fille Dîna, car elle est venue au monde en même temps que la mort de son pére : " Cela avait formé un noeud gêné et putride qui, à chaque contact gênérait l'effroi...." Elle a adoré son fils , Avner , né deux ans plus tard. Elle le révère toujours....avocat, il s'occupe des bédouins, plaide pour les désarmés et les humiliés ....Il a épousé Salomé, son amour de jeunesse mais ils ne s'aiment plus, il quitte le foyer conjugal.Dina a épousé Amos. Elle renonce à une brillante carrière pour s'occuper de leur fille unique Nitzane, celle- ci adolescente s'êloigne d'elle. Malheureuse , elle décide d'adopter mais son mari refuse......
Tous ces êtres sont déchirés , ils ont construit des vies non désirées,avec des femmes ou des hommes qu'ils n'ont pas pu ou su aimer.....
Autour de l'accompagnement d'une mourante, l'auteure dépeint la quête de l'amour à l'heure des bilans, les relations étranges et mystérieuses tissées entre parents et enfants, tensions, ressentiments , peurs , colères , frustrations....amour?On se glisse dans l'intimité et les névroses des personnages, cela ressemble à un questionnement philosophique, universel qui nous oppresse ....
C'est un ouvrage très dense, à l'écriture pesante, chargée, pointilliste, sans un espace de légèreté ......une œuvre pessimiste, forte, psychologique, qui bouleverse et dérange!
Ce voyage dans la mémoire, les souvenirs, la destinée est poignant , authentique, fouillé, juste, digne, à la lecture difficile et exigeante! A ne pas conseiller à ceux qui n'ont pas le moral! La fin nous réconcilie un peu avec l'espoir !
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Jérusalem : une terre aux multiples Cultures, aux multiples croyances, qui voit s'affronter ses "enfants" qui ne parviennent à vivre ensemble que dans la violence et la haine.
Jérusalem : presque le reflet de l'âme de Hemda, le contour ombré de la vie de ses deux enfants.

Hemda se meurt. Dans ce lit où elle entreprend le dernier voyage, les souvenirs ressurgissent, les événements cruciaux de son passé affleurent, les lieux se dessinent avec intensité : peut-être pour permettre une ultime possibilité d'être vécus, d'être visités et que leur réalité s'écrive autre.


A son chevet, s'épanchent ses deux enfants.

Avner, le fils, le préféré, avocat des exclus, des expulsés, des chassés, gardien des Droits de l'Homme sur une terre où la cohabitation ne s'écrit qu'au fil des actes sanglants.
Sa vie familiale est un échec : un éternel combat avec celle qu'il a épousée pour fuir l'amour trop possessif d'une mère.
Avner qui s'autorise la flambée d'une passion ans espoir pour une femme qu'il sait inaccessible mais qui incarne, à ses yeux, l'amour partagé, incandescent, éternel et librement consenti, celui qu'il n'a jamais connu.

Dina, la fille, l'aînée, la sacrifiée, celle qui n'a pas reçu l'amour maternel. Sa mère lui a juste consenti le peu qu'elle avait reçu de sa propre mère. Un amour tout en ressentiment et teinté de reproches, tout en désinvolture et regrets.
Dina en plein affolement de la ménopause, de tout ce qu'elle suggère d'inéluctable et d'avenir, elle s'émeut d'entrer dans la partie de la vie stérile - à l'image de l'enfance, comme un retour vers celle-ci mais avec des promesses d'avenir bien ténues, sans espoirs auprès d'un mari distant et peu démonstratif et d'une fille adorée qui s'éloigne et s'émancipe. Pour continuer "d'exister", elle envisage d'adopter un enfant, pour l'aimer lui qui ne connaît peut-être même pas ce sentiment, pour l'aimer et être aimée surtout, elle qui a tant manqué.
Seule , contre les arguments d'un mari hostile à l'idée, elle s'enflamme pour cette seule espérance.


Au delà du roman, c'est un texte "d'écriture", une langue riche, travaillée, très ornée qui exhale et distille les beautés d'un territoire, d'une nation et des cultures qu'il porte. C'est un récit tout en introspection de ces êtres fracassés, de leurs âmes, condamnés à vivre ensemble mais qui n'éprouvent que peu ou trop les uns pour les autres et qui se comprennent à grande peine.
Ce n'est que quand ils se laisseront désormais habiter par la douceur, par l'indulgence, prenant, contre toute adversité les décisions qui les libèrent de leurs entraves réelles ou supposées, qu'ils atteindront la béatitude d'une vie pleine, auréolée de sentiments et d'attitudes bienveillants à l'égard d'autrui.

de ces êtres comme de la terre qu'ils foulent, c'est l'amour qui a manqué ou qu'ils ne savent pas donner, ou celui qu'ils ont construit pour entraver ceux qu'ils veulent retenir, qui les empêche ou les as empêchés tout simplement de vivre pleinement l'espace d'une existence.


Une très belle lecture d'une grande intensité...

(Juin 2022)
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Un livre exceptionnel, tant par ses qualités littéraires que par la finesse des analyses psychologiques.

En Israël, une mère, sa fille, son fils.

La mère, Hemda, âgée, en fin de vie, alterne lucidité et confusion. Que reste-t-il de sa vie ? Son passé, qui lui revient en souvenirs ou en divagations. Avant d'être une mère, elle a été une fille, élevée à la dure dans un kibboutz par un père pionnier qui lui a inspiré, qui lui inspire encore à la fois vénération et fureur ; fureur de ne jamais avoir été écoutée et comprise. Que reste-t-il encore ? Des regrets ; devenue mère quand elle a cessé d'être fille, elle n'a pas assez aimé sa propre fille et trop aimé son fils. Que faire de ce peu qui lui reste à vivre ? Trouver la paix ?

La fille, Dina, quadragénaire, mère à son tour, universitaire brillante. Un corps trop maigre, à l'image de son esprit tourmenté depuis l'enfance ; la frustration de ne pas exister pour sa mère ; un mari impénétrable ; une fille adolescente qui lui échappe. N'y a-t-il personne pour l'aimer ? Que restera-t-il de sa vie, que faire du reste de sa vie ? Finir une thèse d'histoire, naguère abandonnée ? Adopter un enfant, contre l'avis de son mari et de sa fille ?

Le fils, Avner, quadragénaire, père de 2 garçons, avocat des droits de l'homme. Un corps empâté, à l'image de sa mollesse de caractère. Etouffé par l'amour maternel, il a épousé à 20 ans sa première petite amie, devenue une mégère au physique épaissi ; ils ne se supportent plus, ce qui perturbe leur fils ainé. Que restera-t-il de sa vie, que sera le reste de sa vie ? Cette femme croisée de façon fugace aura-t-elle sa place ? Doit-il quitter le domicile conjugal ? Comment se rapprocher de son fils ?

Zeruya Shalev pénètre dans l'intimité quotidienne, dans les souvenirs, dans le tréfonds de l'âme de ses trois personnages. Elle les suit, les observe, les écoute. En même temps, elle est en eux, elle sait tout ce qu'ils pensent, tout ce qu'ils ressentent, elle connaît leurs espoirs, leurs craintes, leurs secrets.

Elle nous rapporte leurs gestes, leurs conversations, leurs pensées, au fil de leurs enchaînements, à la suite les uns des autres, dans un même alinéa, dans une même phrase, sans guillemets ou autre signe de ponctuation.

C'est extrêmement parlant. Et les trois dernières pages du livre, que j'ai relues plusieurs fois, sont très belles et très émouvantes.

Et moi, et vous, et nous, que restera-t-il de nos vies, que faire du reste de nos vies ?

Faut-il accepter simplement ce qui vient à nous, suivre ce que nous imposent ceux qui ont plus de caractère que nous, ou faut-il tracer nous-mêmes notre chemin, et donc l'imposer à nos proches au risque de les contrarier ?

Et si l'essentiel était l'amour - l'amour paternel, l'amour maternel, l'amour filial, l'amour tout court ... L'amour qu'on donne et celui qu'on reçoit.

Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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Edité en 2011 en Israël et paru en France en 2014, ce roman a été lauréat du prix Médicis étranger.

Nous sommes à Jérusalem. Une vieille femme, Hemda, se trouve à l'hôpital, et vit sans doute la toute dernière partie de sa vie. Elle se remémore les moments essentiels de son existence, en particulier de son enfance, et ses relations compliquées avec ses enfants qui viennent lui rendre visite. Dina, celle que sa mère n'a pas réussi à aimer et qui en a toujours souffert, et Avner, celui qui a été trop aimé, au point d'en étouffer. le frère et la soeur ne sont pas parvenus à surmonter le poids de ces relations compliquées, et leurs vies, aussi bien conjugales et familiales que professionnelles, sont dans des moments critiques. Mais paradoxalement, ce retour vers leur mère sur le point de mourir, provoque des remises en cause qui pourraient être bénéfiques.

Zeruya Shalev a incontestablement un grand talent, en particulier celui de dessiner des êtres, complexes et subtils. Ses personnages montrent progressivement plusieurs facettes, provoquant des sentiments et réactions, parfois opposés durant le déroulé du roman. Alors que tout paraissait joué, dans une sorte de noir uniforme, un peu déprimant à un moment du roman, elle arrive à donner un nouvel souffle au récit, à montrer comment les choses peuvent basculer, évoluer, à partir de pas grand-chose, de quelque chose qui paraît un peu absurde. Hemda, dans son état de quasi inconscience, en devient une sorte de bon génie, qui permet à ses enfants de se rapprocher, et de se raccrocher à un autre possible. C'est peut-être pas complètement vraisemblable, mais l'auteur maîtrise suffisamment son métier pour qu'on se le dise seulement une fois le livre refermé.

Je découvre Zeruya Shalev avec ce roman, et incontestablement c'est une auteure à suivre.
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Hemda Horowitch,une vieille femme est train de vivre ses derniers jours.Elle se souvient,de son enfance entre une mère absente et un père trop exigeant,de son mariage sans amour.Ses deux enfants,Avner son fils adoré et Dina sa fille mal-aimé,tout deux dans la quarantaine,se relaient à son chevet.La mère,la fille,le fils,tous des êtres malheureux ont construit des vies qu'ils n'ont pas désiré,épousé des hommes ou femmes qu'ils n'ont pas aimé,même si Dina semble aimer(?) encore le sien.C'est d'une tristesse infinie,alourdie par le style d'écriture très dense et très serrée de l'auteur.Beaucoup trop de flash-backs sur les mêmes sujets,lassent et étouffent.Le désamour général qui plane dans le livre est désolant.Il pompe l'énergie du lecteur,du moins valable dans mon cas.On a l'impression d'être dans un sous-marin,étant presque au trois-quart du livre dans les pensées des personnages.Mais j'aime Zeruya Shalev comme ecrivaine(son livre "Théra"est un de mes livres préférés),je dirais que dans l'ensemble elle maintient une parfaite maîtrise de la structure,qu'il y a beaucoup de passages brillants et émouvants et que j'aime bien la Fin!
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critiques presse (2)
Lexpress
24 novembre 2014
Captant admirablement l'intimité et les névroses des personnages, Ce qui reste de nos vies vaut aussi pour sa capacité à surprendre, passant volontiers d'une émotion à fleur de peau à un humour acide et à un questionnement métaphysique, tout en restant universel.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress
04 novembre 2014
Autour de l'accompagnement d'une mère mourante, la romancière Zeruya Shalev dépeint la quête de l'amour à l'heure des bilans dans Ce qui reste de nos vies.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (44) Voir plus Ajouter une citation
Oui, c'est tout ce qui resterait de ses quelques décennies sur cette terre, un cahier vide, car jamais elle n'avait osé y inscrire le moindre mot, où le trouver ce mot, le premier, qui devrait être unique, singulier, lourd de majesté et ne ressembler à rien de ce qui avait été écrit auparavant, il devait contenir tous les sons qu'elle avait entendus, toutes les images qu'elle avait vues, toutes les odeurs qui l'avaient enveloppée, le frémissement du vent d'est qui secoue les buissons, les gémissements des poissons pris dans les rets, l'odeur des huttes arabes sous le soleil et la miséricorde des hérons plantés dans les joncs des marais, le papotage des femmes en train de remailler de leurs jeunes mains les filets de pêcheurs, le bruit de l'éclosion de œufs de rouget collés aux galets du ruisseau, la plainte du poisson-chat embusqué au fond du lac à l'affût des alevins, les magnifiques couleurs des mâles en période de frai, les grognements des sangliers, l'odeur de fumée qui monte soudain de la terre, l'aspect des vagues qui se cassent sous le vent et se retournent couvertes d'écume, la beauté des nuages annonciateurs de pluie au-dessus du mont Hermon, l'incrédulité des grues cendrées qui, à leur retour en automne, n'avaient plus trouvé le lac.
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"C'est peut - être ce que ressentent les morts, à supposer qu'ils ressentent quelque chose, la lourdeur de leur corps, la lourdeur de leur mort, la lourdeur de la séparation, car elle a l'impression qu'elle est en train de se séparer,qu'à l'instar du cheveu qui se détache sans bruit elle se détache de son corps, n'a plus ni poids ni emprise, le vent qui souffle à travers le rideau la soulève et l'emporte , elle plane sans force ni volonté dans l'immensité d'un ciel de givre, privé de limites et privé d'horizon....."
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c’est une histoire qui a de multiples commencements en différents points du temps, qui aurait pu s’achever à de multiples reprises depuis un siècle que ça dure, seulement voilà, il y a tant de gens nés et morts au cours de toutes ces années, sans compter ceux qui sont morts directement à cause d’elle, à cause de cette histoire qui n’en finit pas, Avner est certain de n’avoir vu nulle part ailleurs une telle contradiction entre le tout et les éléments qui constituent ce tout, des éléments qui, comme la jeune femme assise en face de lui, n’aspirent qu’à la paix pour eux et leur famille, c’est-à-dire à la paix dans la région, telle est aussi son aspiration à lui, celle des membres de sa famille et de ses connaissances, celle d’Ali, comment expliquer que le tout composé de ces éléments-là arrive pourtant à précipiter les masses dans la direction opposée, celle de la radicalité et de la violence, chaque génération pouvant en rejeter la responsabilité sur telle ou telle personnalité, un responsable chasse l’autre, ils se suivent et se ressemblent, rien ne change, à croire qu’une force aussi brutale et puissante que le rayonnement fossile arrive à anéantir les aspirations fondamentales des êtres humains et à jeter les peuples dans une réalité sans espoir.
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Je comprends les gens qui aspirent à ce qu'on les appellent maman ou papa, mais toi tu as déjà une fille, tu ne vois pas que c'est une différence fondamentale ? Tu es déjà mère, cela devrait te suffire, tu dois te contenter de ce que tu as et ne pas en demander plus. Si tu veux mon avis c'est lié à la ménopause. Un enfant ne te rajeunira pas, un enfant ne réparera pas tes erreurs, il ne nous rendra pas plus heureux. Tu ne peux pas prendre un pauvre gamin et le charger d'espoirs fous qui n'ont rien à voir avec lui. Bref, Dina, au lieu d'essayer de recréer un paradis perdu qui de toute façon ne reviendra plus, tu dois accepter ce que tu as et voir comment tu peux apprécier la vie telle qu'elle est.
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Ce qui arrive là est si peu glorieux, le changement si terrible, ce n'est ainsi que chez nous parce que, chez les animaux, la vieillesse n'engendre pas une telle décrépitude, et même s'ils deviennent plus lents, même si le lustre de leur fourrure de ternit, ils restent inchangés, (...)
C'est que les êtres humains s'amoindrissent, ils se ratatinent peu à peu, la place qu'ils occupent en ce monde rétrécit proportionnellement à la place qu'occupe le monde en eux, (...)
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