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EAN : 9782258133853
480 pages
Éditeur : Les Presses De La Cite (18/08/2016)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 67 notes)
Résumé :
1939. Zeev Feinberg et Yacoov Markovitch quittent leur petit village de Palestine, direction l'Allemagne, où ils ont pour mission d'épouser de jeunes Juives afin de les sauver des griffes des nazis. De retour chez eux, ils leur redonneront leur liberté en divorçant. Mais si Zeev a bien l'intention de retrouver la femme qu'il aime et son enivrant parfum d'orange, Yacoov, lui, ne tient pas à laisser partir Bella, " la plus belle femme qu'il ait vue de sa vie ". Cette ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
latina
  23 août 2016
Lorsqu'Israël ne s'appelait pas encore Israël...
Lorsque Jaacov Markovitch, le petit homme fade, ne croyait déjà plus à l'amour parce que personne ne croyait en lui...
Lorsque son ami Zeev Feinberg, le géant à la moustache triomphante, s'y adonnait, lui, de tout son coeur et explorait avec ferveur le côté féminin de ce pays en devenir, malgré qu'il aimait Sonia la volcanique plantureuse au parfum d'orange, et qu'il en était aimé passionnément...
Lorsque ces deux amis, donc, à cause d'une ultime frasque de ce dragueur de Zeev, furent obligés de quitter ce pays en devenir et s'engagèrent dans l'Organisation – chargée de sauver le plus de Juifs possible de l'Europe à feu et à sang - , l'histoire s'est emballée.
Et je peux vous dire qu'elle s'est emballée comme 4 chevaux en plein galop, bousculant tout sur son passage, ne s'arrêtant qu'à la toute dernière page.
Car des coups de sang, il y en a eu ! Des coups de foudre, aussi ; des coups de coeur, des coups de tonnerre et des coups tout court. Passion, jalousie, suicide, adultère, naissances, haine. Les corps et les coeurs se heurtent et se défont, s'empoignent et se déchirent, se fondent l'un dans l'autre dans l'ivresse la plus totale. Yeeh ! (Pourquoi ce cri, vous dites-vous, je ne sais pas, il est sorti tout seul, difficile de faire autrement en lisant cette histoire jubilatoire).
Un mot, justement, de l'histoire.
Le « Numéro Deux » de l'Organisation envoie nos deux compères avec quelques dizaines d'autres chercher des Juives d'Europe pour les prendre comme épouses. Les divorces, de toute façon, seront prononcés dès le retour au pays. Il s'agit ici d'un stratagème pour sauver des femmes juives, je l'ai dit plus haut.
Mais Jaacov Markovitch tombe éperdument amoureux de la femme que le sort lui a attribuée, et refuse de divorcer. L'histoire peut donc commencer, et s'emballer...car la magnifique Bella Zeigermann rue dans les brancards et se heurte aux parois rigides du mariage ; le tout assisté par des personnages du village hauts en couleurs.
Quelle langue savoureuse, imagée, plantureuse!
Quel humour! C'est de l'autodérision, tout le contraire de l'auto-apitoiement, que j'ai en horreur, mais où l'amertume perce, bien souvent, et la vérité simple et nue.
Oui, la vie est là, tumultueuse et toute simple : car la vie, c'est être amoureux, c'est aimer ses enfants, c'est chérir son pays, c'est détester son rival, c'est s'engager dans un combat personnel, c'est s'obstiner, malgré tout, à être heureux.
Et ça, j'aime !

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Commenter  J’apprécie          609
Sando
  13 septembre 2016
Contraints de fuir quelques temps la Palestine pour échapper au courroux d'un mari cocu(fié), Zeev Feinberg, le séducteur à la moustache majestueuse et Yaacov Markovitch, son acolyte effacé, sont envoyés par le chef de leur organisation clandestine en Allemagne avec pour mission d'épouser de jeunes juives et de les ramener dans leur pays afin de leur éviter le funeste sort que leur réservent les nazis.
L'opération devait être simple, sans risques et se solder par une vingtaine de divorces, mais c'était sans compter sur le coup de foudre de Yaacov pour Bella Zeigermann, « la plus belle femme qu'il ait vu de sa vie ». Comment cet homme au physique insipide, invisible aux yeux de tous et habitué à aller chercher l'amour dans les bordels pourrait-il laisser passer la chance d'être lié pour la vie à cette créature à la beauté quasi surnaturelle ? Aucunes supplications, aucunes menaces, aucunes larmes ne parviennent à lui faire entendre raison et c'est ainsi que Bella se retrouve prisonnière d'un homme envers lequel elle entretient désormais une haine viscérale. Et si le temps adoucit les peines, il ne vient pas toujours à bout des rancoeurs les plus tenaces…
Comment parler du premier roman d'Ayelet Gundar-Goshen sans évoquer cette atmosphère bouillonnante de vie, cette énergie communicative ainsi que toutes les émotions fortes qu'il transmet au fur et à mesure que la lecture progresse. Joies, peines, passions, rancoeurs et désillusions nous entraînent dans une ronde étourdissante, aux côtés de personnages attachants et hauts en couleurs, animés chacun par une espèce de folie douce et luttant sans cesse contre ses obsessions et ses failles.
L'auteur, grâce à des caractéristiques spécifiques, parvient à incarner merveilleusement ses protagonistes, rendant extraordinaire même le plus commun. Ainsi, Zeev Feinberg, à la moustache célèbre dans tout le pays, Sonia, sa sulfureuse maîtresse au parfum d'orange, en passant par le boucher, sensible sous des dehors de rustre et par Rachel et Bella, deux férues de mots et de poésie, rendues infidèles par désespoir, sans oublier Yaacov, le discret au coeur tendre, prêt à sacrifier sa vie pour un fantasme, sont autant de personnages charismatiques et touchants, animés par une foi et une énergie qui, en dépit des moments de faiblesse, les rendent uniques et inoubliables.
Malgré un contexte historique pour le moins perturbé, puisque l'intrigue se déroule en 1939, peu avant la création de l'Etat d'Israël, l'auteur fait de la Palestine un univers coloré, chaleureux et parfumé à l'orange et à la pêche, qui foisonne et tourbillonne au rythme des aventures (et mésaventures !) des différents protagonistes. La grande Histoire, si elle permet de planter le décor, n'est en rien le sujet du roman d'Ayelet Gundar-Goshen, bien au contraire. Elle privilégie largement les histoires individuelles de ses personnages, centrées sur l'amour (heureux mais bien plus souvent malheureux), plutôt que leurs faits d'armes, même s'il en est parfois question.
Cette apparente légèreté du roman se retrouve amplifiée par la poésie et la magie qui règnent dans son atmosphère ainsi que par le style d'écriture, simple mais plaisant, dans lequel l'humour est omniprésent, apportant une bonne dose de fraîcheur au texte, même lors des passages plus sombres et émouvants. Cela permet à l'auteur d'aborder plus aisément des thèmes extrêmement durs, tels que l'exil, les violences à l'encontre du peuple juif, le déracinement, la guerre et ses injustices, la folie liée aux traumatismes… Un roman aux multiples facettes donc, qui se révèle être un bon moment de lecture !
Un grand merci à Babelio et aux éditions Presses de la Cité pour cette découverte !
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Annette55
  05 novembre 2016
Comment ne pas être époustouflé par l'énergie, le souffle et le bouillonnement de vie qui animent ce conte à la virtuosité qui décoiffe ? Un premier roman .....
En 1939 , Israël ne s'appelle pas encore Israël .......la Palestine est encore sous mandat britannique.
Les deux protagonistes habitent le même village.
D'un côté , Yaacov Markovitch ni beau ni laid ,en fait , d'une extraordinaire banalité, ne croyait pas en grand- chose.....
Il s'occupait de ses pigeons et avait parfois recours aux services d'une prostituée.
Son ami, Zeev Feinberg, à la moustache conquérante et flamboyante est un séducteur né qui croit en lui et passe de bras en bras. Notamment dans ceux de la pulpeuse Rachel Mandelbaum, l'épouse du Boucher extrêmement jaloux, en fait un sensible sous des dehors frustres et rustres.....
Deux personnalités complémentaires et opposées, ces amis!

Mankovitch et Feinberg prêtent main- forte à "L'Organisation" ..
Ils passent des armes au nez et à la barbe des Britanniques.
Le lieutenant - Colonel Froike , le numéro 2 de l'organisation les charge d'une mission bien particulière .
Ils doivent épouser quelques jeunes femmes juives afin de les sauver des griffes de l'ennemi : Les Nazis.....
Il s'agit de Mariages Blancs et les nouveaux mariés auront la possibilité de divorcer dés leur retour!
Seulement , Yaacov, le tendre et discret, tombe amoureux de la femme attribuée et refuse de divorcer.......Je n'en dirai pas plus.....
Quel humour, quelle autodérision dans cette fable drôle et touchante, tragi-comique, une épopée où la douceur,la violence et la poésie cohabitent harmonieusement .
Difficile de résumer cet ouvrage captivant et virevoltant où , grâce à un style simple et plaisant, à l'apparente légèreté des thèmes très forts sont pourtant évoqués : l'exil, le déracinement , les violences et les guerres ........
L'auteur met en parallèle la création de l'état juif et fait la part belle à ceux qui l'ont vécu, tant espéré , et redouté.
La mort,la filiation et l'amitié ponctuent cette flamboyante histoire d'amour parental, conjugal et charnel grâce à une langue riche, travaillée, imagée et surtout humoristique !
Coups de foudre, colére, adultère , passion, jalousie , haine , suicide, jalonnent cette fable poétique, burlesque parfois, facétieuse, en un mot :la Vie , Quoi !
Le temps qui passe, désillusions et espoirs, rancoeurs, joies, amertume .Avec des personnages hauts en couleurs !
Un souffle puissant et une vraie maîtrise !
Une découverte bien agréable !
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Shan_Ze
  26 août 2016
En 1939, Yaakov Markovitch et Zeev Feinberg, deux amis, partent de leur Palestine pour épouser des jeunes juives afin de les sauver de l'Allemagne nazie. Si le premier ami est plutôt quelconque et réservé, le second est un coureur invétéré. A leur retour, il est prévu que mari et femme divorce mais Markovitch ne veut pas laisser Bella, sa femme…
Magnifique ! J'ai du mal à trouver mes mots pour exprimer ce que j'ai ressenti à la lecture de ce livre. C'était le contexte que m'avait attiré : la création d'un état d'Israël mais finalement, celui-ci est plutôt secondaire, il permet aux différents personnages d'être. Ayelet Gundar-Goshen a une plume admirable (et remarquablement traduite), elle fait plus que donner vie à ces hommes et femmes. Elle leur donne des caractéristiques étonnantes comme l'odeur d'orange de Sonia ou la fabuleuse moustache de Feinberg. J'ai pensé au réalisme magique de Gabriel Garcia Marquez avec en plus, un humour discret mais efficace.
L'amour dans Une nuit, Markovitch, n'est jamais facile, souvent contrariée, comme l'amitié. L'enfantement prend aussi des chemins tortueux. Une histoire qui part dans tous les sens et pourtant, je ne me suis pas sentie perdue, je me suis attachée à chacune des personnages. C'est un roman captivant sur les difficultés d'être un homme, d'aimer et d'être aimé.
Je remercie Babelio et les éditions Presses de la Cité pour cette belle découverte.
(J'ai remarqué que les hommes sont souvent nommés par leurs noms et les femmes par leurs prénoms, je me suis demandée pourquoi ?...)
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Under_the_Moon
  04 septembre 2016
Avant de commencer je tiens à adresser un grand merci à Babelio et aux éditions Les Presses de la Cité pour toute l'émotion que m'a procurée cette lecture.
Difficile de résumer ce beau premier roman d'Ayelet Gundar-Goshen.
Oui, ce roman parle d'une opération de sauvetage assez inhabituelle où des hommes vivant en Palestine (Israël n'existe pas encore) décident de se rendre en Europe épouser des jeunes femmes, les ramener sur la terre d'eretz-israël - la terre de l'espoir des Juifs chassés de partout - et divorcer pour retourner en Europe et recommencer l'opération.
Bien sûr, tout ne se passe pas comme prévu, et le pauvre Yaacov Markovitch tombe sous le charme de l'une de ses femmes et ne peut se résoudre à la laisser partir quels que soient les "mauvais traitements" qu'elle lui inflige.
C'est ce qu'annonce la quatrième de couverture, et c'est vrai, mais c'est tellement réducteur, car ce roman c'est tellement plus que ça !
D'un côté il y a Yaacov Markovitch, personnage littéralement pitoyable par sa naïveté mais touchant par sa compréhension de la solitude. Il y a aussi des destins (européens) brisés par L Histoire (comme Rachel), et ceux qui espèrent encore malgré la guerre qui fait rage en Europe et celle qui gronde en Palestine.
Ayelet Gundar-Goshen met en parallèle la grande Histoire de la création du pays d'Israël en faisant la part belle à ceux qui l'ont vécu, espéré ou redouté. Et chacun de ses personnage est rendu très accessible et quasi palpable grâce très grande sensibilité de la plume de l'auteur et la très grande justesse des portraits qu'elle dresse.
Pour chacun des personnages, les mots ont un grand rôle, ils font le lien entre ces opinions si opposées et aident à exprimer (si ce n'est dépasser) les peines et l'ennemi intérieur parfois plus redoutable que celui qui pourrait nous déclarer la guerre.
C'est aussi et surtout un roman sur le temps qui passe, et amène avec lui désillusions et espoirs fanés. Un roman qui nous parle ce qui, en fin de compte est essentiel dans la vie et ce qui fait l'humain.
Un magnifique roman, vraiment.
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critiques presse (2)
Lexpress   03 octobre 2016
Ayelet Gundar-Goshen signe un premier roman époustouflant sur le couple, l'amitié, la mort, la filiation.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress   13 septembre 2016
Une fable touchante autour de la création de l'Etat juif et de singuliers mariages blancs.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   09 septembre 2016
- Sachez, madame, qu'il est mort en héros.
[...] Elle lui jeta un regard railleur.
- On ne meurt pas en héros, on meurt en mort.
Comme il ne trouvait pas quoi répondre à une telle affirmation, d'apparence très simple, mais qui contenait en elle les germes d'une dangereuse controverse, il prit son courage à deux mains et déclara :
- Il y a tout de même une différence certaine.
Elle se releva et se dirigea vers la cuisine. Markovitch se hâta de la suivre. Presque toute la vaisselle et les vivres ayant servi de projectiles, ne restait plus sur le plan de travail qu'un poulet un peu gras.
- Tu vois ce poulet que je préparais avant ton arrivée. Eh bien, penses-tu qu'il fera la différence si on le mange en boulettes ou en escalopes ?
- Ce n'est pas la même chose, car...
- Pareil pour mon homme ! le coupa-t-elle. Mon imbécile, fainéant, infidèle, chaud lapin et gros porc de mari, tu crois qu'il fera la différence si on l'enterre en héros ou en salopard ?
Et elle lui jeta le poulet à la figure.
(p. 280-281)
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ZilizZiliz   07 septembre 2016
Trois jours plus tard le bateau entrait dans le port de Jaffa sous les applaudissements d'une foule massée le long des quais. Sur le pont, les femmes épongeaient la sueur de leur front. Il faisait chaud. Très chaud. [...] La seule consolation fut, pour toutes les passagères, de découvrir qu'une déesse telle que Bella Zeigermann avait, elle aussi, des glandes sudoripares. Joie prématurée : les deux taches qui s'étendaient sous ses aisselles ne servirent qu'à révéler aux hommes qu'elle était bien de nature humaine et non fantasmatique. Ils se mirent donc à redoubler d'efforts pour essayer de tisser avec elle des liens qui ne se termineraient pas en même temps que la traversée. C'est ce qui explique qu'elle descendit du bateau entourée d'une dizaine de courtisans qui se disputaient l'honneur de porter ses bagages, alors que leurs épouses légitimes, abandonnées sans scrupule, ployaient sous le poids des leurs.
(p. 92-93)
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   20 août 2016
Regarde-nous, regarde ce pays, regarde la terre d'Israël. Deux mille ans, nous l'avons attendue, nous avons soupiré en rêvant à elle, nous dormions la nuit en étreignant une manche de sa chemise, car qu'est-ce que l'Histoire sinon une manche de chemise vide, sans goût et sans odeur ? Tu penses qu'elle nous accepte ? Qu'elle répondra à notre amour ? Foutaises ! Cette terre ne fait que nous rejeter, elle nous envoie au diable et nous frappe sans pitié. D'abord les Romains, ensuite les Grecs, puis les Arabes, et maintenant les moustiques. Alors quoi ? Quelqu'un ici s'est-il dit : Puisqu'elle ne veut pas de nous, nous devons nous en aller ? Ou encore : Il ne faut pas rester de force sur une terre qui essaie de se débarrasser de nous dès l'instant où nous l'avons foulée. Non. On s'accroche et on espère. On espère qu'un jour viendra où, peut-être, elle regardera alentour, nous verra et nous dira : Vous, c'est vous que je veux.
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ZilizZiliz   06 septembre 2016
« Parfois, à la boucherie, quand j'ai fini de découper une bête, il m'arrive de m'asseoir, de regarder les morceaux de viande épars et d'essayer, en imagination, de les remettre ensemble. Quand ça marche, je vois alors, en une vision apocalyptique où tout se ressoude, comment tout converge et redevient entier, les gigots et autres pièces de viande posés sur la table, les abats jetés dans la poubelle et la peau par terre, la tête que j'enveloppe toujours dans un torchon pour que Rachel ne la voie pas - ça lui donne la nausée. Mais ça ne marche pas toujours, et alors je reste sur mon tabouret au milieu de ce démembrement à me demander où a disparu l'agneau. »
Sonia se fit la réflexion que c'était sans aucun doute la conversation la plus longue qu'elle ait jamais eue avec le boucher. Peut-être aussi devina-t-elle que c'était la conversation la plus longue qu'il ait jamais eue de sa vie.
(p. 54-55)
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ZilizZiliz   08 septembre 2016
Bien sûr, il avait repoussé Bella, mais ce n'était que parce qu'il ne pouvait envisager de coucher avec elle sans que l'envie soit partagée. Elle était sa femme, pas une prostituée de Haïfa, il ne la toucherait que si elle le voulait réellement, sans conditions préalables ni bénéfice ultérieur. Cependant, le contact de son corps nu l'avait comme marqué au fer rouge, et il ne cessait de revenir en pensée sur le triangle d'or de son pubis. Pendant la journée, il repoussait vigoureusement ces images mais, dès qu'il se mettait au lit, il cédait. Du coup, il passait ses nuits en proie à une longue, très longue érection. Rapidement, il ne se contenta pas de bander la nuit mais aussi, à son grand dam, pendant la journée. Il lui suffisait de voir quelque chose dont la chair tirait sur le rose (une pêche, une fraise ou une pomme) pour qu'instantanément sa braguette se gonfle et ses joues s'empourprent. Tous les fruits lui rappelaient les mamelons de Bella, tous les épis de blé chantaient sa toison. Il déglutissait si bruyamment lorsque le boucher lui coupait une tranche de viande que ce dernier s'inquiétait.
(p. 182-183)
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Videos de Ayelet Gundar-Goshen (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ayelet Gundar-Goshen
Deuxième partie de notre rencontre avec Ayelet Gundar-Goshen pour la sortie de son livre « Une nuit, Markovitch » aux Éditions Presses de la Cité.
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