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ISBN : 2714481000
Éditeur : Belfond (04/04/2019)

Note moyenne : 4.3/5 (sur 40 notes)
Résumé :
Printemps 1994. Le pays des mille collines s’embrase. Il faut s’occuper des Tutsi avant qu’ils ne s’occupent de nous.
Rose, jeune Tutsi muette, écrit tous les jours à Daniel, son mari médecin, souvent absent. Elle lui raconte ses journées avec leur fils Joseph, lui adresse des lettres d’amour… Jusqu’au jour où écrire devient une nécessité pour se retrouver. Obligée de fuir leur maison, Rose continue de noircir les pages de son cahier dans l’espoir que Daniel ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
Afleurdelivres
  05 mai 2019
❤️Ce roman est un joyau taillé dans les pierres les plus précieuses et les plus lumineuses, dire que c'est un premier, je m'incline.
Ce doit être l'année littéraire des « Rose » après les carnets de la Rose de Franck Bouysse voici ceux de la Rose de Yoan Smadja et quel étourdissement encore une fois.
Deux récits s'entremêlent, deux regards portés sur cet événement traumatisant qu'à été le génocide Rwandais.
Printemps 1994, Sacha reporter de guerre est envoyée au Cap pour investiguer sur les élections post-apartheid. A peine arrivée et contre l'avis de son employeur elle décide de partir à Kigali avec un ami photographe après la découverte fortuite d'une cargaison d'armes à destination de la capitale Rwandaise tourmentée par des relations interethniques très tendues.
Elle se retrouvera aux premières loges pour couvrir le massacre lié aux discordes claniques entre Tutsi et Hutu.
En parallèle on découvre les écrits de Rose Tutsi muette, adressés à son mari Daniel un obstétricien, reconverti en cette période trouble en médecin humanitaire.
Deux récits et deux styles : un journalistique, captivant, sans temps morts, ancré dans le présent et basé sur des faits politiques réels.
L'autre épistolaire, plus lyrique, et romanesque. La plume est magnifique, le texte poignant.
Le récit de Rose est d'abord nostalgique et romantique, elle évoque le souvenir « dans la maison de vanille » de son père, de Daniel, de leur fils et l'époque du « vieux Rwanda » convivial et chaleureux « nous étions des quartiers de soleil ».
Une sensualité se dégage de ses lettres et nos sens sont intensément sollicités.
Jusqu'à un attentat politique qui va précipiter les événements, les écrits de Rose se noircissent alors et glissent vers l'horreur.
Les deux récits finiront par se recouper et le destin de ces deux femmes se rejoindre.
On assiste à la fuite haletante de tous les protagonistes parmi d'autres fuyards déshumanisés.
Dans ce climat de terreur Daniel, Rose et leur fils se cherchent désespérément, sont liés par la pensée, connectés par la force des sentiments et on a tant envie qu'ils se retrouvent.
La fin est déchirante.
Merveilleux et foudroyant!
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Commenter  J’apprécie          619
carre
  29 avril 2019
Évoquer le Rwanda et ces terribles semaines qui plongèrent tout un pays dans un effroyable génocide, il fallait une plume de qualité pour aborder par la fiction un thème si terrifiant. Et le moins que l'on puisse dire c'est que celle de Yoann SMADJA assure parfaitement sa mission. A travers le drame de deux femmes (l'une journaliste française, l'autre femme tutsi), ce roman décrit l'horreur sans tomber dans le sensationnalisme ou le pathétique. le roman met aussi en lumière l'invraisemblable désertion des instances internationales devant la folie barbare d'hommes ayant perdus toute humanité. L'histoire se répète sans cesse déversant son lot de destins à jamais brisés.
Un premier roman qui vous prend aux tripes et qui ne peut laisser indifférent.
Merci à Babelio et aux Éditions Belfond pour la découverte de ce texte bouleversant.
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Ziliz
  01 juin 2019
Rwanda, printemps 1994.
Miliciens armés de machettes, de fusils, massacrant, pillant, violant.
« Entre les Hutu et les Tutsi, la déchirure est celle du quotidien, elle est intime. On dénonce ses voisins, on leur en veut, pour des disputes banales de récoltes, de bétail, de parcelles qui viennent s'ajouter au crime d'être tutsi, et le mobile n'en est que plus justifié. On les tue, parfois, par crainte d'être assassiné. On tue sa compagne ou son compagnon parce que son ethnie n'est pas la bonne. On glisse dans l'absurde. Nos mots de journalistes n'ont plus de sens. »
« En trois mois, notre pays s'était suicidé. (...) Des millions de réfugiés, d'assassins, de survivants se mêlaient dans les camps, parcouraient les routes. Certains revenaient chez eux, retrouvaient leur maison ; il était difficile de dire qu'ils retrouvaient un foyer. »
C'est toujours délicat d'émettre un jugement négatif sur un ouvrage qui traite d'un sujet grave, douloureux.
J'ai trop longtemps trouvé le texte froid et les personnages peu convaincants pour prétendre avoir été touchée par ce récit.
J'ai appris, ré-appris des choses sur ce terrible génocide rwandais : la responsabilité de la colonisation, la soudaineté du déclenchement des massacres, leur violence, l'impuissance de l'Onu...
Je retiendrai cette idée, car je me demande comment les reporters de guerre peuvent rester 'spectateurs' : « Quoi qu'elle ait vu, quoi qu'elle ait entendu, elle n'avait jamais posé son carnet. Ni en Afghanistan, ni en Somalie, ni ailleurs. Elle n'était jamais intervenue. Elle n'avait jamais saisi la main d'un enfant. Et elle comprit, quoique leur geste fût spontané, instinctif, irrémédiablement humain, que quelque chose s'était brisé. (...) Lorsque sa main s'était posée sur les yeux de cette enfant, elle était sortie du cadre qu'elle croyait s'être imposé. C'était ce qu'il fallait faire, mais ça changeait tout. »
▪️ Merci à Babelio et à Belfond.
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thedoc
  06 mai 2019
Quand la tragédie de l'Histoire rencontre la beauté et la force romanesque, cela donne un livre bouleversant et lumineux. Cela donne "J'ai cru qu'ils enlevaient tout de toi" de Yoan Smadja.
Nous sommes début avril 1994, nous sommes au début de la fin du monde pour le Rwanda. Sacha, journaliste française, est envoyée en reportage en Afrique du Sud pour couvrir les prochaines élections présidentielles, les premières depuis la fin de l'apartheid. Lors d'un accident , elle découvre par hasard un chargement de machettes destiné à partir au Rwanda. le Rwanda, elle ne connait pas trop. Mais poussée par son instinct, elle décide de se rendre dans le pays des mille collines afin d'en découvrir un peu plus sur ce pays secoué par des "conflits interethniques". Là-bas, sa route va croiser celle de Daniel, un médecin tutsi affilié au FPR. Daniel est marié à Rose, une jeune femme muette. Inlassablement, Rose écrit des lettres à son mari pour lui raconter son quotidien durant ses longues absences. Un quotidien à l'abri de tout, lui semble-t-il, sa maison se trouvant dans l'enceinte de l'ambassade de France. Alors que l'avion du président hutu Habyarimana explose dans un attentat, le pays s'embrase d'un coup. En quelques heures, les tueries commencent. Sacha assiste à l'inimaginable tandis que Daniel court pour retrouver sa femme, qui court pour sauver sa vie.
J'ai lu beaucoup d'ouvrages sur le génocide des Tutsis et Hutus modérés au Rwanda en 1994 : des témoignages, des reportages comme ceux de Jean Hatzfeld, des récits autobiographiques comme ceux de Scholastique Mukasonga, des ouvrages historiques. "J'ai cru qu'ils enlevaient tout de toi" est la première fiction que je lis sur ce sujet - mis à part les romans jeunesse d'Isabelle Colomba. Ce que j'ai donc apprécié en premier lieu est la vérité historique retranscrite dans ce roman. Sur un tel sujet on ne peut pas faire de "l'à peu près" . Yoan Smadja a beaucoup lu, s'est documenté, a rencontré des personnes directement concernées par le génocide (humanitaires, journalistes, militaires...). C'est un travail de recherche fouillé et précis qui nous parle entre autre du rôle de la Croix Rouge et des différentes opérations de l'ONU et des militaires français plus ou moins ambiguës durant ces semaines. Il ne nous épargne pas non plus les scènes de tueries en masse. Il en ressort donc pour le lecteur la satisfaction de lire une fiction étayée par des faits historiques avérés et où l'on ne joue pas avec les mots.
Car les mots sont eux aussi au coeur de ce roman. D'un côté Sacha, journaliste passionnée qui laisse libre cours à ses articles, de l'autre Rose qui a découvert l'amour des lettres dans tous les sens du terme - littérature et écriture, sont deux femmes qui vivent par l'écrit. Leur rapport aux mots n'est pas le même mais est tout aussi fort.
Les chapitres alternent les lettres de Rose à son mari Daniel et le récit consacré à Sacha. le lecteur est d'un côté confronté à la terreur de Rose, et de l'autre plongé dans le chaos sans fin que Sacha et ses compagnons découvrent au fil de leur périple. Journalistes, militaires, humanitaires... tous assistent à l'incroyable et plongent dans un monde où la sauvagerie est reine. Et tous s'arrêtent là où les conventions leur dictent des limites. Faut-il réagir face aux tueurs alors que l'on est entravé par un devoir de neutralité? Quand Sacha pose son carnet et son crayon, elle fait son choix.
"J'ai cru qu'ils enlevaient toute trace de toi" est un vrai roman, à la tension permanente, au suspense calibré. C'est aussi un ouvrage plein d'une humanité salvatrice, dont on a énormément besoin en lisant ce livre où la beauté des mots contrebalance l'atrocité décrite.
Un très grand merci à Babélio et aux éditions Belfond pour l'envoi de ce premier roman.
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isabelleisapure
  26 mai 2019
Coup de coeur !
Lorsque Sacha part en reportage en Afrique du Sud, elle ne se doute pas qu'elle va vivre une suite d'évènements qui va bouleverser sa vie.
Un banal accrochage avec un camion, quelques photos prises pour constater les dégâts, des menaces avec armes de la part du conducteur vont amener la jeune femme à s'intéresser au contenu des mystérieuses caisses transportées par le véhicule.
Cette enquête l'emmène au Rwanda rongé par la haine, en guerre civile depuis des années avec l'extermination systématiques des Tutsis.
Le roman de Yoan Smadja n'est pas un énième texte sur le génocide Tutsis, c'est beaucoup plus.
En basant son histoire sur le destin de deux femmes Sacha et Rose une jeune Tutsis, l'auteur réussit à donner à ce livre une dimension émotionnelle intense, sans jamais tomber dans le pathos.
A travers les lettres que Rose adresse à son mari, trop souvent absent pour son métier, nous découvrons sa vie à l'ambassade de France où sa famille travaille depuis quelques dizaines d'années. Elle lui parle de son fils, jusqu'à la peur, la violence, la mort, le génocide.
Yoan Smadja dresse le portrait de deux femmes exceptionnelles, volontaires et courageuses.
J'ai particulièrement aimé Sacha, journaliste française confrontée à la pire horreur que son métier lui ait fait côtoyer.
Ce livre est magnifique, dur souvent mais il prouve que malgré la barbarie dont l'homme est parfois capable, il peut en ressortir une lumière éblouissante et salvatrice.
Je remercie très vivement Babélio et les Editions Belfond qui m'ont permis cette découverte.
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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   05 mai 2019
[Ils] se retrouvaient sur un constat simple : la démocratie est un édifice fragile qui, comme l'amour, n'atteint jamais au statut de réalité évidente et pérenne mais repose sur des fondations qu'il s'agit d'entretenir, par le renouvellement fastidieux des preuves de démocratie que sont le vote, le contrôle de constitutionnalité, la séparation des pouvoirs, la liberté de la presse. […]
Au citoyen le rôle de vigie. La démocratie gagnait sa réalité dans le respect scrupuleux des libertés individuelles et l'appropriation par l'ensemble des citoyens, individualités simples et corps constitués, de la chose publique.
(p. 29-30)
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ZilizZiliz   30 mai 2019
Il [lui] fut enseigné que seule la première bouchée d'un plat importe : si la crème d'un saint-honoré ne vous a pas transporté dès le premier chou, la recette a échoué. Au contraire, si vous êtes saisi par le réflexe de fermer les yeux pour mieux capter la subtilité du goût, alors le rêve s'instille et le désir de retrouver la sensation vous hantera.
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thedocthedoc   05 mai 2019
J'ai cru qu'ils enlevaient toute trace de toi.
J'ai cru qu'ils enlevaient toute trace de moi.
J'ai cru que je ne serais plus que poussière. A mesure qu'ils s'avançaient en moi, mon corps s'enfonçait dans la terre. Peut-être que le Rwanda et moi ne faisions plus qu'un. Ils nous ont violés au même instant.
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thedocthedoc   30 avril 2019
Nous aurions dû comprendre ce qui se passait au Rwanda bien avant le printemps de cette année-là. Peut-être avions-nous tenté de ne pas voir, de nous rassurer. Peut-être avions-nous baissé la garde. Alors que les Rwandais et la communauté internationale auraient dû ne pas céder un pouce de terrain, ils avaient détourné les yeux, des années durant, face à l'hydre. Jusqu'au naufrage.
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ZilizZiliz   31 mai 2019
Lorsqu'on vous enseigne la souplesse, une myriade de solutions, de compromis, de possibilités fleurissent à chaque moment de votre vie. Mais lorsqu'on vous donne pour compagnons de jeunesse la rigueur, la droiture et l'honneur, seules deux options s'offrent à vous : tenir, quelles que soient les circonstances, ou craquer.
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