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Caroline Doizelet (Traducteur)Alain Chareyre-Méjan (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
EAN : 9782742702732
210 pages
Éditeur : Actes Sud (05/01/1996)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 57 notes)
Résumé :
" Là, sur la terrasse, dans la clarté lunaire maintenant plus intense, se tenait une femme vêtue d'un linceul trempé qui ruisselait sur le marbre, faisant une flaque qui s'écoulait lentement sur les marches mouillées. Son attitude et sa mise, les circonstances de notre rencontre, me donnèrent aussitôt à penser, même si elle se mouvait et parlait, qu'elle était morte. Elle était jeune et très belle, mais pâle, de la pâleur éteinte et grise des cadavres. " Extrait du ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
pompimpon
  21 mars 2019
En quête d'un ouvrage glaçant-terrifiant et tout, j'ai pensé, ah ça mais c'est bien sûr, au papa du plus beau dentier de la littérature, je veux parler de Bram Stocker !
Je n'avais pas Dracula sous la main, mais j'ai trouvé que La Dame au linceul avait un titre assez flippant pour faire le job.
Eh bien je ne voudrais pas déboulonner le mythe, mais sur ce coup-là, Bram Stocker ne m'a pas fait peur du-tout-du-tout.
L'ouvrage démarre sur un article du Journal de l'Occultisme rapportant une étrange scène, près de la côte de la Lance d'Ivan, en mer Adriatique. L'apparition d'une femme vêtue d'un linceul, naviguant dans un cercueil lui servant de barque.
Puis l'apparition disparaît.
Nous apprenons ensuite qu'un jeune homme, Rupert St Leger, hérite du château Vissarion de son richissime oncle Robert Melton, château situé au bord de l'Adriatique, sur la Lance d'Ivan.
Et après quelques jours passés dans sa nouvelle demeure, Rupert voit à son tour la Dame au linceul...
Quand même, il y a de quoi se laisser prendre, raconté comme ça !
Mais tel n'a pas forcément été l'objectif de Bram Stocker, qui nous plonge dans un climat nimbé de mystère, sans être effrayant pour autant.
Bien sûr, des questions se posent, la tante Janet a le rêve prémonitoire sévère, et puis ce Rupert, que vient-t-il faire dans les Montagnes Bleues qui fleurent bon leur poudrière des Balkans au début du XXe siècle ?
Cela va structurer l'intrigue entre deux apparitions de la Dame.
Il y a un (tout petit) côté Rouletabille dans les Carpates (Le Château noir) avec la description de la forteresse fabuleuse dont a hérité Rupert St Leger. Mais le garçon est moins turbulent, même s'il prend une part active à la lutte des montagnards contre les Turcs.
C'est surtout une charmante atmosphère gothique, avec de magnifiques paysages crépusculaires, les reflets d'argent sur la mer en toile de fond, les pluies d'avril détrempant le jardin, de jolis frémissements qui nous entraînent d'une rencontre à la suivante, et la question toute romantique de savoir où cela va mener.
Une bien agréable lecture, loin, très loin des morsures d'un quelconque hôte de Transylvanie !
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Lprieur
  21 octobre 2019
Je dois dire que j'ai trouvé l'incipit inutilement ardu avec toutes ces histoires d'héritage. Quelle est leur fonction ? Sinon celle d'introduire l'arrivée de Rupert au château de Vissarion dans les Montagnes bleues ? Il eût été plus simple et plus prenant de faire autrement, me dis-je. Certes, le lecteur qui passe ce palier doit être considéré comme un "bon" lecteur, sans doute... Pour autant, n'oublions pas les dix commandements du lecteur, comme le dit Pennac, et son droit à sauter des pages (ce que je n'ai pas fait, mais que je conseille vivement dans le cas où vous vous trouveriez ralenti d'emblée : autant passer dans ce cas à plus entraînant, sans aucun regret. Au contraire, il serait dommage de passer à côté de cette rencontre teintée de surnaturel...).
Apparemment, l'édition française ne reprendrait pas la totalité du texte original. Il faudrait donc voir dans quelle mesure il a été modifié ou tronqué, pour mieux comprendre sa structure. Certains personnages sont également sous-exploités, ce qui leur donne de fausses apparences de prétexte, dommage.
La Dame au linceul n'est pas sans rappeler la Morte amoureuse ou La Pipe d'opium de Théophile Gautier. La chute par ailleurs - la résolution de l'histoire - m'a fait éclater de rire tant elle m'a paru tomber de nulle part : "oh, c'est aussi simple ! Tu t'es bien moqué de nous, Bram Stoker !" (allez, on se tutoie, sans rancune).
Cela n'enlève rien cependant à la beauté de ce roman gothique - j'ai particulièrement apprécié l'ambiance qui se dégage du château, des jardins et de cette "dame au linceul" envoûtante.
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Okenwillow
  01 octobre 2020
J'ai lu Dracula il y a des années, dans ma prime jeunesse, et j'étais tombée raide du personnage, de l'ambiance du roman. Voici mon premier Stoker depuis mes premiers émois vampiriques.Quelle redécouverte ! Sans avoir l'ampleur ni l'étoffe de Dracula, La dame au linceul est un excellent (mais trop court) moment de lecture. Sur le principe du journal intime et de lettres, Bram Stoker nous raconte l'histoire d'un jeune homme de très bonne famille, qui très tôt a dû apprendre à s'en sortir par lui-même. Aventurier et explorateur sans le sou, il hérite d'une immense fortune léguée par son oncle, sous certaines conditions, peu contraignantes, puisqu'elles correspondent à ses aspirations, à son état d'esprit. L'intrigue ne résidera pas donc dans la manière de conserver ou non l'héritage, on comprend très vite que ce legs n'est qu'un prétexte et ne sert qu'à introduire la suite.Dès le départ l'auteur nous plonge dans une ambiance de mystères, d'inconnu, d'inexplicable. La tante du héros, férue d'occultisme, un paysage envoûtant par son côté sauvage et son exotisme (nous sommes loin de l'Angleterre !), un jeune héros fringant, Rupert, qui est amené à occuper un étrange château dans les Balkans. Son esprit aventureux et noble (rappelons que notre jeune héros est anglais !) va le faire accepter les conditions posées par son oncle afin de jouir définitivement de la totalité de son héritage, et ainsi tisser des liens avec les peuples autochtones.Rupert fera tout pour se rapprocher de la population et prendre sa défense contre l'ennemi turc.C'est dans ce contexte et parallèlement à ses occupations diplomatiques, que Rupert va être confronté à une rencontre décisive.Une dame étrangement belle, vêtue d'un linceul et totalement désespérée, va trouver refuge auprès de Rupert. Il n'en faudra pas plus à ce dernier pour tomber amoureux de cette inquiétante inconnue, surgie de nulle part au beau milieu de la nuit.Entre fascination et superstitions, le jeune héritier vouera vite un amour aveugle à sa belle inconnue, dont il ne sait absolument rien.La fin est assez attendue, et pourtant...
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Ciryaher
  17 janvier 2014
La Dame au Linceul, nous prévient-on en quatrième de couverture, est un roman peu connu du Bram Stoker, le Bram Stoker qui écrivait, quelques années auparavant, un magnifique roman gothique resté la référence du genre : Dracula.
On retrouve le style de narration de l'auteur dès le début du livre. Passée une introduction prometteuse sur la première apparition de cette dame au linceul à des marins épouvantés, on assiste à un laborieux passage sur le partage d'un héritage; qui héritera de quoi, sous quelles conditions. La gestion du rythme est déjà largement malmenée. On se persuade -en vain- que ces détails sont nécessaires au développement de l'histoire, et on se refuse à lire en diagonale, même si la tentation est grande. Comme dans Dracula, les personnages s'expriment sous forme épistolaire. Mais le rythme de la narration, qui était la force de ce dernier roman, manquera cruellement ici. le partage de l'héritage est un premier exemple, rapidement suivi par des détails inintéressants et désespérément longs sur la situation politique du pays, dont les explications nécessaires au bon déroulement de l'histoire auraient pu être annoncées en quelques paragraphes.
Cependant, on ne sera pas déçu par l'ambiance, du moins à partir du premier tiers du roman; on y retrouve l'élégance gothique. Mais ce sont de courts instants de descriptions fascinantes parmi des longueurs impardonnables; on attend à chaque page le retour de cet écrivain qui avait donné vie à un Dracula saisissant.
La Dame au linceul n'est pas un récit vampirique au sens strict, puisqu'il n'est pas question de vampires, mais l'auteur revient à ses premières amours et multiplie les références vampiriques.
En résumé, une véritable déception, qui ne m'empêchera pas de continuer ma découverte de cet auteur par la lecture de ses autres oeuvres.
Lien : http://latheoriedesmasques.c..
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emmyne
  31 octobre 2011
Le nom de Bram Stoker en couverture, ça vous pose sa créature d'outre-tombe et son château dans les Balkans.
La Dame au Linceul relève du parfait conte gothique dans lequel on retrouve l'émotion brute de la peur, le chevalier et la princesse en détresse, les majestueux élans de l'âme et du coeur, l'honneur et la morale toujours saufs; un conte aux origines du mythe vampirique cité explicitement, inscrit dans cette époque de passion pour l'occulte.
" Mon invitée présentait toutes les caractéristiques que la tradition ésotérique prête aux morts-vivants. le vampire et le loup-garou en font partie, et également le doppelgänger, dont l'une des vies se déroule habituellement dans notre monde. Q'une âme désincarnée prenne possession d'un corps ou qu'un cadavre soit animé par quelques puissances surnaturelles, le résultat est toujours le même : une âme et un corps que rien de prédispose à l'être, se trouvent réunis pour servir des dessins innommables.
Après réflexion, si je procédais par élimination, je ne pouvais douter des troublantes correspondances entre mon aventure avec ma fascinante visiteuse et le mythe du vampire. "
Tout le mystère tient à cette Dame Blanche, son identité, sa nature - dévoilés au dernier chapitre - sur fond de menaces d'invasions turques. Un roman d'atmosphère, sombre, jouant sur le trouble et l'angoisse du doute, entre irrationnel et péripéties du plus pur romantisme dans la plus pure tradition du genre fantastique classique, aux pages d'anthologie pour l'esthétique des descriptions nocturnes des jardins pittoresques à " l'allure spectrale que leur conférait la lueur capricieuse de la lune ", pour la ténébreuse scène de noces.
Un récit court, presque une longue nouvelle de moins de 180 pages, qui présente les mêmes choix narratifs que l'incomparable Dracula, son précieux style épistolaire, bien qu'il n'en possède pas la puissance, plus convenu de forme et de fond. Une lecture aussi plaisante qu'intéressante qui m'a surprise par sa date de publication : 1909, c'est-à-dire douze après celle du Dracula ( 1897 ). Je n'imaginais pas que Bram Stoker, que j'avais finalement enchaîné à son chef-d'oeuvre, ait écrit des textes, excellents certes, mais si conventionnels, après avoir tant apporté avec son célébrissime roman au mythe du vampire ainsi qu'à la littérature fantastique.

Lien : http://lisezjeunesse.canalbl..
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
CiryaherCiryaher   17 janvier 2014
Je me tenais à la proue, d’où j’avais évidemment une meilleure vue de la passerelle. Je vis bientôt que le bateau, qui m’avait semblé, depuis le début, avoir une forme bizarre, n’était autre qu’un cercueil, et que la femme qui s’y tenait debout était vêtue d’un linceul. Elle nous tournait le dos et, de toute évidence, ne nous avait pas entendus approcher. Nous progressions lentement, les moteurs étaient presque silencieux, et l’avant du bateau ridait à peine les eaux noires qu’il coupait. Soudain, quelqu’un poussa un cri horrible sur la passerelle; une voix rauque donna des ordres au maître de manoeuvre qui se trouvait au gouvernail, et la cloche de la salle des machines retentit. Immédiatement, le bateau commença à virer à tribord; on mit toute la vapeur, et avant même de comprendre, je vis l’Apparition s’évanouir dans le lointain. La dernière chose que je vis fut l’éclat d’un visage blanc dans l’obscurité, la flamme de ses yeux, tandis que la silhouette s’évanouissait dans le cercueil exactement comme une brume ou une traînée de fumée qu’une brise dissipe.
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pompimponpompimpon   21 mars 2019
Là, sur la terrasse battue de pluie, se terrait la présence drapée de blanc qui m'était familière. Elle paraissait désespérée. Sa pâleur était aussi remarquable que la première fois, mais ses yeux reflétaient une impatience nouvelle. Je compris qu'elle était attirée par le feu, qui flamboyait maintenant dans l'âtre, et dont les flammes dansaient autour des bûches crépitantes. Elles éclairaient irrégulièrement la pièce, mettant en relief sa silhouette immaculée et rehaussant d'autant la brillante noirceur de ses yeux.
J'ouvris la porte sans dire un mot et, prenant la main qu'elle me tendait, je fis entrer la Dame au linceul dans ma chambre.

p.94
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pompimponpompimpon   21 mars 2019
Le marbre était glacial et le jardin gorgé d'eau embaumait ! C'était comme si les ténèbres, l'humidité et le clair de lune s'étaient donné le mot pour révéler et rehausser le parfum des fleurs. La nuit tout entière semblait exhaler de lourdes et enivrantes senteurs. Je me tenais au sommet des marches et tout ce qui se trouvait immédiatement devant moi était au plus haut point étrange et inquiétant : la terrasse et les escaliers de marbre blanc, les allées de sable clair qui scintillaient sous le capricieux clair de lune, les buissons blancs, vert pâle ou jaunes aux formes incertaines et spectrales dans cette lumière splendide, les statues et les vases immaculés. Et parmi eux, se faufilant toujours, sans un bruit, cette silhouette mystérieuse et insaisissable dont je ne pouvais dire si elle était réelle ou fictive.

p.74
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YukoYuko   05 novembre 2013
La dernière chose que je vis fut l'éclat d'un visage blanc dans l'obscurité, la flamme de ses yeux, tandis que la silhouette s'évanouissait dans le cercueil exactement comme une brume ou une traînée de fumée qu'une brise dissipe.
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VictorianneVictorianne   21 janvier 2016
Je savais seulement que, quel que fût son état, vivante ou morte, je ne trouvait rien à lui reprocher.Elle n'était en rien une morte normale, puisque, après tout, les morts ne se déplacent pas, et leur corps n'est pas chaud comme l'était le sien lorsque je l'avais prise dans mes bras.
[pages 111-112]


Morte, ou morte-vivante, elle peut bien l'être, mais je l'aime, et quoiqu'il arrive, dans ce monde-çi ou dans un autre, elle est mienne.
[page127]
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Videos de Bram Stoker (35) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Bram Stoker
Bram Stoker (1847-1912), dans l'ombre de Dracula. Par Céline du Chéné et Marie-Ange Garrandeau. Diffusion sur France Culture le 29 décembre 2009 pour l'émission “Une vie, une œuvre”. Si tout le monde sait que “Dracula” est un roman, moins nombreux sont ceux qui connaissent le nom de son auteur : Bram Stoker (1847-1912) fait, en effet, partie de ces écrivains que le succès de leur œuvre a éclipsé. Un anonymat peu mérité puisque l'écrivain irlandais est à l'origine de l'un des plus grands mythes de l'histoire de la littérature et du cinéma : Dracula, son personnage, étant devenu l'archétype même du vampire. Qui était vraiment Bram Stoker ? Certains le considèrent comme l'auteur d'un unique chef-d'œuvre, d'autres comme un prude bourgeois victorien, farouche partisan de la censure... Pas si sûr ! Dans son roman “Dracula”, on perçoit un tout autre visage : la figure monstrueuse du vampire, l'érotisme des personnages laissent transparaître une âme bien plus trouble. Derrière le costume du conservateur conformiste se cache de toute évidence un autre être, un Bram Stoker que ce documentaire vous invite à découvrir.
Invités :
Dacre Stoker Noel Dobbs Jean Marigny Alain Pozzuoli Philippe Chassaigne, professeur d'Histoire contemporaine à l'université Michel de Montaigne Bordeaux 3
Thèmes : Littérature Etrangère| Dracula| Vampire| Littérature gothique| Bram Stoker
Source : France Culture
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