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EAN : 9782351781685
464 pages
Éditeur : Gallmeister (01/03/2018)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.93/5 (sur 2056 notes)
Résumé :
A quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte nord de la Californie avec un fusil et un pistolet pour seuls compagnons. Elle trouve refuge sur les plages et les îlots rocheux qu'elle parcourt sur des kilomètres. Mais si le monde extérieur s'ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandi seule, sous la coupe d'un père charismatique et abusif. Sa vie sociale est confinée au collège, et elle repou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (600) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  16 avril 2018
Gabriel Tallent est présenté comme un prodige de la littérature, et en effet, selon mes critères, My absolute darling est un roman prodigieux. C'est l'histoire d'une jeune adolescente, Julia, dépossédée de son prénom, transformée en Croquette ou Turtle, dépossédée également de son libre-arbitre, de sa vie et de son avenir par un père monstrueux, Martin, qui a fait d'elle son amour absolu et exclusif, dans une baraque isolée aussi déglinguée qu'eux, au fin fonds d'une Californie bien éloignée des stéréotypes. Pour l'ambiance et l'environnement, on est plus près de Délivrance que de Frisco-la-surdouée. L'auteur adresse d'ailleurs deux clins d'oeil à James Dickey et/ou John Boorman : «-Mec, mec, si tu rentres là-dedans et qu'il y a... et qu'il y a juste, genre, un gamin albinos difforme dans un fauteuil à bascule avec un banjo ? » (p. 73), puis en plaçant le roman entre les mains de la jeune Cayenne (p. 387). Autant dire qu'ici la nature est sauvage et dangereuse, pleine de scorpions, de puces et tiques, d'anguilles et serpents, de ratons-laveurs ou pumas, de veuves noires ou tarentules dévoreuses de souris, à proximité d'un océan Pacifique capable de déchaînements imprévisibles. Pour Julia, faute de points de comparaison, apprendre à manier les armes en éliminant l'hésitation et le doute pour avoir une unique chance de survie lorsque le monde s'effondrera comme son père le croit, manger des racines ou des vers, est la norme.

La lecture de My absolute darling peut s'avérer éprouvante en raison de sa violence incestueuse mais il faut ajouter qu'à aucun moment Gabriel Tallent ne sombre dans le voyeurisme, la glauquerie ou la complaisance malsaine, grâce à un style tout en finesse et délicatesse. La violence subie quotidiennement par Julia rappelle qu'un corps est robuste et peut endurer d'innombrables sévices avant de lâcher prise, que la souffrance peut revêtir de multiples aspects et durer fort longtemps. Il aurait été hypocrite de la part de l'auteur de résumer cette violence en quelques phrases sibyllines pour que le lecteur se voile la face, à l'instar des habitants de Mendocino qui tout en « se doutant », ne font rien. Le lecteur est obligé de regarder la réalité, c'est bien ce qui met mal à l'aise.

La lecture peut également s'avérer éprouvante en raison du caractère ambigu de Martin : écologiste, survivaliste, fin connaisseur de Marc-Aurèle et de philosophes, oscillant entre la gentillesse et la cruauté, la tendresse et la haine, les mots doux et les insultes. Ni psychopathe ni sociopathe, ce qui pourrait excuser son comportement, il est un homme normal, un père, un voisin, un parent d'élève, qui n'a ni la bave aux lèvres ni les yeux injectés de sang.

La lecture peut s'avérer éprouvante en raison de l'ambivalence de Julia, constamment déchirée entre son amour filial et son irrépressible besoin d'émancipation, violée mais qui se refuse à violer ce secret. Mais Julia est une jeune adolescente, soumise aux tourments de son âge et à bien d'autres, sous l'emprise d'un adulte séducteur et manipulateur, elle est donc fragile et déséquilibrée. Grâce ou à cause de son père, elle est capable de survivre à n'importe quel prix, sait exploiter toutes les ressources de la nature et possède en elle une part inviolable, secrète, qui ne peut lui être prise de force. En elle, sommeille un souffle vital indestructible. Jusqu'à quel point pourra-t-elle mener ce combat pour sa liberté et son indépendance ? Est-il perdu d'avance ?

Un roman ambitieux, rare, parfait, qui règle, en plus de tout ce qui précède, leur compte au survivalisme et à la prolifération des armes aux Etats-Unis. A lire, absolument !
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Jeanfrancoislemoine
  09 mars 2018
Aucune hésitation,ce livre est une pure merveille sur le plan du travail de l'auteur,l'écriture flamboyante(même si c'est une traduction),des personnages fascinants,déroutants,amoureux,haïssables mais en tout cas profonds,beaux,dérangeants.On se laisse emmener,transporter,on ralentit sa lecture,on espère,on redoute,bref,on vit.Ce roman ne se lit pas,il se vit,il interpelle,bouleverse, effraie,rassure aussi dans son dénouement sur la nature humaine.De quoi s'agit il?Je ne vous le dirai pas,je vous dirai simplement que si vous aimez la littérature,vous êtes au bon endroit.Tant pis si ma critique ne me vaut pas de points auprès de Babelio,les lecteurs n'ont pas besoin de conseils,de résumés (ça arrive souvent et...c'est pénible.. .mais c'est au top..et ça rapporte des points.)
Vous avez entre les mains un monument et...le reste...Franchement,cette relation entre Martin et Croquette,c'est extraordinairement compliqué et.....plus encore.Foncez,foncez,et ce livre,vraiment,il vous hantera un sacré moment.
L'auteur,il s'appelle Tallent,et ce n'est pas un hasard.En France,ce serait Talent,et et du talent,il y en a .Un livre comme on aimerait en lire souvent...mais ce serait trop.Je vous laisse juger,moi,j'ai plus qu'adore,laissez vous tenter et dites moi.Bonne lecture,pour vous ça commence,pour moi,c'est fini.Heureux veinards!!!
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JIEMDE
  02 mars 2018
Souvent je lis des livres ; et de temps en temps, de la littérature. C'est ce qui vient d'arriver avec My absolute darling de Gabriel Tallent, superbement traduit par Laura Derajinski. Une histoire poignante, des personnages inoubliables, un cadre et une atmosphère angoissants et magnifiques, et enfin, un style affuté qui donne corps et sens à l'ensemble pour former une oeuvre marquante. Voilà ce tout, qu'on appelle littérature.
L'histoire, c'est celle de Julia / Croquette / Turtle, orpheline de sa mère disparue dans des conditions surprenantes et élevée par son père Martin à Mendocino au nord de la Californie. Pas celle branchouille de Frisco mais celle du Pacifique sauvage et individualiste, où l'on s'occupe de ses affaires et pas de celles des autres.
Martin y élève Turtle dans une dépendance absolue liée à la perspective de se préparer à l'inévitable chaos qui attend la planète, que les hommes détruisent. Alors il s'y prépare et y prépare Turtle : être forte, savoir tirer avec toutes les armes, dans toutes les positions et toujours la première, ne rien lâcher, jamais… Dans cette perspective, à quoi sert l'école que Turtle fréquente de loin, sinon à ne pas trop attirer l'attention ?
L'attention sur une relation exclusive, violente et harcelante que Martin inflige à Turtle sous couvert d'amour. Une abomination que Turtle accepte sous le principe de ce même amour, elle qui n'a d'autres repères que ceux de Martin. Car c'est quoi l'amour, Turtle ? Son chemin va pourtant croiser quelques samaritains salvateurs – Anna, son grand-père, une ancienne amie de sa mère… - mais qui ne feront pas le poids face à un Martin qui veille à tout et une Turtle qui n'est pas prête. Il faudra juste que l'abominable, l'indicible monte encore en puissance pour que le déclic se fasse. Il faudra juste que Turtle découvre – avec Jacob et Brett rencontrés par hasard – qu'il y a une autre vie ailleurs. Il faudra juste que Cayenne entre dans la vie de Turtle, pour redonner du sens à sa vie et quelqu'un qui ait réellement besoin d'elle et de sa protection.
Les personnages, c'est un personnage, celui de Turtle qui écrase le roman autant que le lecteur. On pleure avec Turtle, on souffre (beaucoup) avec Turtle, on réfléchit avec Turtle sur son apparente impasse de solutions, on se méfie avec Turtle, on a peur avec Turtle, on se bat avec Turtle… Un personnage incroyable, inédit dans mes lectures, attachant et marquant. Une jeune fille plongée dans les tourments de la culpabilité, de l'incompréhension, de l'absence de repères, d'une relation difficile avec les mots : car c'est quoi l'amour, finalement Turtle ?
Le cadre et l'atmosphère, ce sont ces incroyables décors dans lesquels Gabriel Tallent a situé cette bicoque quasi délabrée, perchée sur une falaise, éloignée de la plage par une jungle de sumacs et des marécages piégeux pour tout jeune branlotin qui s'y aventure à la légère. Pour Turtle, c'est son jardin dont elle connaît aussi bien les tracés que les plantes et animaux qui l'habitent, où elle a appris à vivre et s'est préparée à survivre. Un cadre symbolique qui sert parfaitement l'atmosphère anxiogène que Tallent fait monter en puissance au fil de ses 450 pages, tout comme le potager final servira de métaphore à la renaissance et à la reconstruction.
Enfin, il y a le style qui varie sans cesse tout au long du livre : sec, dur, réaliste jusqu'à la limite du soutenable quand Tallent met en scène Turtle et son père ; angoissant dans les scènes de nuit, de mer ou de tempêtes ; apaisant lorsque Anna, Caroline ou le grand-père entrent en scène ; tendre et drôle avec Jacob et Brett ; et tellement beau dès que Tallent évoque les paysages, la faune ou la flore, en parfaite maîtrise du nature writing qu'il fait habilement cohabiter avec le noir le plus puissant. Pour un premier livre, c'est un coup de maître !
C'est donc tout cela qui fait de My absolute darling une grande oeuvre de littérature américaine. Littérature qui, comme un clin d'oeil, est particulièrement présente dans le livre : celle qui pervertit celui qui ne sait pas la comprendre, à l'instar de Martin et de ses philosophes. Mais aussi celle qui relie Turtle à l'autre vie, la vraie.
Un énorme merci à Gallmeister pour cette lecture en avant-première, tout comme à Léa et à son exceptionnel Picabo River Book Club !
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Kirzy
  14 avril 2018
Un uppercut au coeur.
A peine le livre ouvert, j'ai été enserrée et poursuivie par ce huis-clos qui débute par le face-à-face mortifère de l'héroïne et de son père.
Chaque rencontre que fait Turtle nous permet de mieux la comprendre, sa psyché s'enrichit et le récit prend des allures de thriller ne laissant aucun répit au lecteur.
Turtle est une héroïne saisissante, peu " aimable " à prime abord, une " ninja " comme la qualifie Brett et Jacob, capable physiquement de tout endurer, de tout surmonter, maniant les armes à quatorze ans comme une pro de la guerre. C'est surtout un personnage riche, d'une rare complexité, tiraillée de toute part par la loyauté et l'amour qu'elle porte à son père, par sa culpabilité, par sa haine aussi et sa volonté de vivre. Un personnage que je n'oublierai pas.
J'ai été prise dans une déferlante de sentiments ambivalents, ce qui est toujours signe d'un grand roman : transie de colère et de colère en découvrant ce que subit Turtle, abasourdie devant son irrépressible sens de la survie, j'ai lu au rythme de ses battements cardiaques.
Il faut dire que cela fait très longtemps que je n'avais pas rencontré un personnage de monstre humain aussi réussi que le père, totalement crédible en marginal penchant dangereusement vers le survivalisme comme en dieu jaloux qui croit avoir façonné Turtle pour qu'elle l'aime inconditionnellement. L'auteur pousse le trouble à son comble. Certains passages révélant la relation entre Turtle et son père sont d'une crudité dérangeante mais tous les écueils sont éviter avec finesse : jamais glauque, jamais complaisant, jamais voyeuriste ou larmoyant. Rien n'est occulté du sublime ou de l'abime de la vie.
Son talent littéraire est à la hauteur de ses ambitions. L'écriture ( bravo à la qualité de la traductrice ) est ciselé et évolue en fonction des besoins des situations. Les pages sur la nature sont juste magnifiques : une nature métaphorique qui rassure et purifie lorsque Turtle s'évade dans les grandes forêts et se fond à ses habitants de la faune ; une nature violente et initiatique qui se dresse en obstacle à surmonter ( incroyable scène autour de l'océan ).
Jusqu'au bout, l'auteur maitrise : pas de happy end, rien que la vie.
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michemuche
  04 avril 2018
C'est le coeur serré que j'ai refermé " My absolute Darling" de Gabriel Tallent.
Pourquoi le coeur serré ? Parce que dans ce monde, des enfants comme Julia Turtle subissent la violence des adultes.
C'est avec les yeux d'un père que j'ai lu " my absolute Darling".
Pour celles et ceux qui ignorent la trame je vais essayer de raconter l'histoire sans trop en dévoiler.
Julia alias turtle vit avec son père Martin dans une nature sauvage près de Mendocino dans le nord de la Californie.
Très vite on s'aperçoit des rapports violents et incestueux du père envers sa fille.
Martin utilise les méthodes sectaires des gourous, de l' humiliation de la manipulation et de la violence. Chose surprenante turtle est entourée d'arme à feu. Elle est même plus douée dans le maniement de ces armes qu'à l'école où elle est une élève médiocre.
Une question se pose : Pourquoi une jeune fille aussi douée au tir ne fait rien pour sortir de cet enfer.
C'est là que Gabriel Tallent a ce coup de génie, décortiquer de l'intérieur le fonctionnement psychologique d'une personne manipulée.
Malgré ce qu'elle subit Julia aime son père. J'ai eu l'occasion de lire plusieurs critiques de lecteurs, certains disait éprouver un manque d'empathie envers Julia.
C'était peut-être la volonté de l'auteur, c'est surement le mimétisme, la ressemblance de caractère qui rend ce personnage pas très sympathique.
Malgré tout au fil des pages on apprend à aimer turtle.
Dans ce roman sombre il y a une chose que j'ai aimé, c'est la description de la faune et de la flore, cette violence de l'océan omniprésente comme pour désamorcer l'ambiance glauque de la nature humaine.
Une chose est sure je ne vais pas oublier de sitôt julia et son horrible père.
Un livre que l'on va aimer ou détester.
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critiques presse (8)
LeDevoir   17 décembre 2018
Entre thriller explosif et « nature writing » à l’américaine, c’est un voyage au coeur des ténèbres à la puissance rare qui nous est livré par une écriture sensuelle et minutieuse. Une fable vénéneuse, froide et brûlante comme un fusil chargé.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
LeJournaldeQuebec   02 mai 2018
Avec ce premier roman, l’Américain Gabriel Tallent a réussi deux choses : nous prouver noir sur blanc qu’il avait un réel talent d’écrivain et nous offrir l’un des meilleurs livres de l’année.

Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Actualitte   25 avril 2018
C’est un premier roman absolument fascinant que livre Gabriel Tallent avec My Absolute darling. Chaque description transperce l’âme du lecteur, l’éloigne de son univers familier et rassurant, le pénètre profondément et longuement, le fait tressaillir, le submerge, le déroute.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Bibliobs   23 avril 2018
Le premier roman de Gabriel Tallent, sombre et perturbant, raconte la lutte d'une jeune fille pour se défaire de l'emprise toxique de son père.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LePoint   16 avril 2018
Un survivaliste, charismatique et fou, une enfant-loup sous l'emprise de ce père : Gabriel Tallent signe « My Absolute Darling ». Bouleversant.
Lire la critique sur le site : LePoint
LaCroix   04 avril 2018
En prenant conscience qu’une autre vie est possible, une jeune fille, victime d’un père sociopathe, abusif et incestueux, comprend que tuer ou mourir pourrait être le prix à payer pour son émancipation.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Lexpress   26 mars 2018
Dans un huis clos, Gabriel Tallent dépeint l'emprise qu'exerce un père écolo tendance survivaliste, sur sa fille.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro   23 mars 2018
En Californie du Nord, une jeune fille sauvage et maltraitée tente d'échapper à l'emprise de son père.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (216) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen21   31 mai 2020
- La température risque d'augmenter de trois degrés au cours des prochaines décennies, et ce n'est pas une simple "hausse des températures", c'est un cataclysme. Tu crois qu'on peut empêcher ça ? Les gens ne croient pas en l'obésité, ils croient être capables de se regarder dans un putain de miroir. Ils ne savent même pas s'occuper de leur propre foutu corps. Combien de personnes meurent parce que leur cœur est encrassé par la graisse, à ton avis ? Beaucoup. Combien, déjà ? Soixante-dix pour cent des Américains sont en surpoids. Dont la moitié carrément obèses. Et tu crois que cette personne, cet Américain moyen, est capable de s'occuper de quoi que ce soit ? Non. Putain, non. Alors le monde naturel, cette nature qu'ils n'aperçoivent pas depuis leurs routes, depuis leurs stations-service, depuis leurs écoles, depuis leurs prisons, le putain de monde naturel, plus beau et plus important que ce qu'un Américain moyen n'a jamais vu ou n'a jamais compris dans sa putain de vie, le monde naturel va mourir, et on va le laisser mourir, et on n'a aucun moyen de le sauver. Putain.
- Et l'optimisme ?
- L'optimisme, mon cul, dit Martin. Demande voir un jour, demande voir à quelqu'un ce qu'il ferait si la fin arrivait. Vas-y, demande-leur, il y en aura une partie qui te dira qu'ils se laisseraient simplement mourir, et parmi ceux qui n'auront rien dit, certains le penseront aussi. Les gens sont satisfaits de vivre si la vie est facile. Si ce n'est plus aussi facile... Eh ben...
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TosixceTosixce   27 mai 2020
C'est vendredi et ils ont un rituel, le vendredi. Turtle quitte l'arrêt de bus et se dirige vers les deux bidons métalliques de deux cents litres dans lesquels ils brûlent leurs déchets, ils sont remplis d'eau de pluie comme n'importe quels seaux, bidons ou pots abandonnés sur leur terrain et qui se gorgeront d'eau jusqu'en juin, bien que la météo ait été imprévisible dernièrement. Elle empoigne le tisonnier de cheminée posé en travers de l'ouverture d'un des bidons, elle le plonge au fond de l'eau gris cendre, en ressort une boîte de munitions accrochée à un mousqueton et un filin métallique. Elle l'ouvre, s'empare d'un Sig Sauer 9mm et d'un chargeur supplémentaire.
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LesperanzaLesperanza   24 mai 2020
Elle a l’impression qu’Anna lui ment, comment Anna peut-elle dire que les choses vont s’arranger, alors qu’elle connaît la vie de Turtle ? La vérité, c’est que la situation ne s’arrangera pas, qu’il n’y a pas de solutions, et on peut passer une année, une année entière, sans que ça aille mieux, sans guérir, peut-être même empirer, être tellement à fleur de peau qu’en marchant dans la rue avec Anna, en entendant une portière de voiture s’ouvrir, en entendant quelqu’un descendre et claquer la portière, tu te retournes, prête à tuer, tu fais volte-face tellement vite qu’Anna - qui comprend ce qui se passe - n’a même pas le temps s’ouvrir la bouche, et tu es là, debout, en pleurs, devant un type quelconque en veste de cuir et Borsalino qui sort de sa Volkswagen Rabbit et qui te dévisage d’un air de dire : elle va bien, celle-là ? Et toi tu as juste envie de dire, non, elle va pas bien, celle-là, elle n’ira plus jamais bien, celle-là.
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LesperanzaLesperanza   23 mai 2020
- (...) Tu arrives à un point où la traction suivante est tellement douloureuse. Tu penses que tu peux faire des tractions jusqu’à à un certain point. Que rien ne peut t’obliger à faire des tractions. Mais bon, tu as un couteau entre les jambes. C’est comme ça. Chacune de tes tractions est un choix, et pour les faire, ça demande de la discipline et du courage. Tu penses, je ne suis pas obligée de faire cette traction. T’as envie d’abandonner. Et tu commences à te dire que c’est peut-être une bonne idée parce que la douleur que tu éprouves à rester accrochée à la poutre devient plus insoutenable que la peur de la mort. Parce qu’après, tu n’auras plus jamais mal. Parce que tenir le coup c’est... c’est... On éprouve un terrible, un horrible sentiment d’incertitude, et l’incertitude est tellement douloureuse, elle te tord tellement le trou du cul qu’elle devient... C’est horrible à dire mais c’est plus simple de lâcher prise et de te laisser couper en deux que de t’accrocher, de persévérer, de souffrir sans savoir ce qui va se passer. C’est ça, le courage. Prendre ta putain de vie en main, quand ça semble la chose la plus difficile à faire. Personne n’y pense jamais. Les gens sont tous persuadés qu’ils prendraient la bonne décision, mais c’est faux. Ils ne comprennent pas à quel point c’est effrayant. À quel point c’est difficile. Personne ne peut comprendre à moins de l’avoir vécu. On est en train de le vivre, Jacob, et tu vas faire ce qu’il faut, malgré la peur, et malgré la douleur.
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LesperanzaLesperanza   24 mai 2020
- Je crois que les gens ne savent pas vraiment pourquoi ils font ce qu’ils font. Ils pensent juste le savoir.
- C’est vrai ?
- C’est seulement quand la situation devient difficile qu’on se voit mal agir.
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