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ISBN : 2351781287
Éditeur : Gallmeister (04/09/2017)

Note moyenne : 3.35/5 (sur 43 notes)
Résumé :
Madeline, adolescente un peu sauvage, observe à travers ses jumelles cette famille qui emménage sur la rive opposée du lac. Un couple et leur enfant dont la vie aisée semble si différente de la sienne. Bientôt alors que le père travaille au loin, la jeune mère propose à Madeline de s'occuper du garçon, de passer avec lui ses après-midi, puis de partager leurs repas. L'adolescente entre petit à petit dans ce foyer qui la fascine, ne saisissant qu'à moitié ce qui se c... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
horline
20 septembre 2017
Dans un thriller pur jus, tous les éléments narratifs et psychologiques mènent à un dénouement. Pas chez Emily Fridlund qui, d'une certaine manière, lorsqu'on jette une grosse pierre à l'eau, préfère attirer l'attention du lecteur sur les oscillations qui se forment à la surface de l'eau. Peut-être parce que c'est un roman sur la parole tue, la parole engloutie.
Même si les premiers paragraphes de Une histoire des loups portent en eux les germes du thriller psychologique classique avec un cadre, un coin paumé du Minnesota entre bois marécageux et lacs gelés qui imprègne la plume de l'auteure, un drame avec une mort annoncée très rapidement, ce roman n'est pourtant pas un simple jeu de piste.
La tragédie est presque évitable et lointaine, Emily Fridlund prenant soin de nourrir avec des images furtives et des dialogues étranges un suspense inhabituel qui s'étire lentement. le rythme nous plonge dans une torpeur monotone avec des personnages qui nous apparaissent de manière évanescente, comme des ombres chinoises, avant de voir l'intrigue se démêler de manière curieuse, dans une espèce de précipitation sombre et chaotique.
Une construction bien déconcertante qui est susceptible d'en décourager plus d'un, notamment au regard des traits d'ambiance ; les ellipses et les chassés-croisés entre présent et passé génèrent des promesses, des attentes chez le lecteur qui ne seront pas récompensées si on recherche l'efficacité narrative.
On se laisse embarquer par le récit si on adhère à la volonté de l'auteure de restituer le chaos de l'esprit et la valse des sentiments propre à une adolescente pas bien née. Loin de vouloir mener l'intrigue de manière souveraine, l'auteure emprunte le chemin tenu de la conscience de Linda, quatorze ans, témoin du drame. La jeune fille s'impose à nous avec sa difficulté d'être en prise avec le monde et sa solitude que l'on décèle à travers son poisseux ennui, ses pulsions obscures, mais aussi sa stupéfaction face à la tragédie.
En se concentrant sur cette jeune fille à moitié sauvage, livrée à elle-même par des parents négligents, le récit prive d'une certaine intensité tragique le drame qui se joue sous nos yeux. le récit est implacable d'autant plus qu'il y a chez Emily Fridlund une capacité à restituer les comportements et les sentiments de l'adolescente en tournant le dos à toute analyse psychologique. Il n'y a pas d'échappatoire, d'une manière directe on se prend tout en plein visage comme un bloc de glace, le tempérament bourru voir brutal de Linda ôtant toute sa part d'empathie au récit.
Ce n'est pas le roman le plus agréable que j'ai pu lire mais il témoigne de belles qualités de l'auteure.
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AudreyT
07 septembre 2017
***
Madeline est une jeune fille solitaire. Elle habite au fond des bois, dans une cabane au confort sommaire, avec ses chiens et ses parents. Issue d'une communauté hippie, cette famille n'est pas des plus unies : mère et fille se parlent peu et ne semblent pas avoir de lien particulier.
Quand les nouveaux propriétaire prennent possession de leur maison de l'autre côté du lac, en face de chez Madeline, c'est un peu l'attraction... La jeune fille va très vite faire connaissance avec Patra, la mère, et Paul, le petit garçon du foyer. le père n'est pas souvent à la maison et le trio multiplie les jeux, les ballades et les repas ensemble.
Mais quelque chose n'a pas l'air normal. du haut de ses 15 ans, Madeline ne saurait dire quoi mais elle sent que le danger rôde... Et nous aussi !!!
Ce roman est étrange... L'histoire et les personnages sont plutôt classiques, sans vague ou approfondissement quelconque. Mais l'écriture est efficace !! Précise, concise, avec chaque mot à sa place... L'atmosphère est lente, moite et ce danger qui sommeille nous prend à la gorge. le dénuement n'a rien d'extraordinaire mais il a le mérite de nous faire respirer, alors qu'on s'était retenu depuis le début de notre lecture. Un roman à découvrir pour son écriture et son ambiance, sans aucun conteste !!
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Nadouch
14 septembre 2017
Attention, ne pas s'attendre à une histoire de loups dans ce roman. Pas de "vrais" loups, du moins. Si Madeline est bel et bien passionnée par eux, néanmoins son histoire tourne plutôt autour du couple qui s'est installé en face de la cabane familiale, de l'autre côté du lac. Très vite, elle va devenir la baby-sitter de Paul. Elle nous raconte aussi sa vie d'adolescente élevée dans une communauté vaguement hippie, son quotidien au lycée avec un prof accusé de pédophilie, et sa vie d'adulte de trente et quelques années... Dit comme ça, ça paraît fouillis, mais c'est très bien construit et très habile ; on sent très vite que quelque chose va clocher et, à partir de la moitié du livre, impossible de le lâcher tant l'angoisse monte !
Assez fan de ce que publie Gallmeister, et bon public pour la littérature américaine des grands espaces, j'ai retrouvé chez cette jeune auteure (dont c'est le premier roman), ce que j'aime tant dans cette vague littéraire : ambiance, style, intrigue. Des descriptions souvent très précises mais pas longues pour autant, une écriture des sensations, entre intérieur profond et environnement immédiat du personnage. En plus, ce roman réussit le coup de maître d'être à la fois solaire (le personnage de Madeline, surnommée Linda, est très attachant, les autres très intrigants) et glaçant. Car, oui, c'est plutôt un roman noir, car l'homme est un loup pour l'homme...
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Labelettedusud
12 septembre 2017
La bandelette lovée sur la page de couverture titrait : « élégant et troublant, une voix inhabituelle ». Encore du marketing bien rôdé, me suis-je dit.
Je viens de refermer ce livre et les premiers mots qui me viennent à la bouche sont « troublant » et « inhabituel ».
Troublant, le comportement de Madeline, cette adolescente vivant avec ses parents de manière un peu primitive dans une cabane au bord d'un lac, à une heure de marche de la ville la plus proche.
Troublante, la famille qui s'installe de l'autre côté du lac et que Madeline observe de loin, puis de près.
Troublant, le bonheur apparent qui règne dans cette famille où Madeline devient gouvernante du petit Paul pour trouver un bonheur familial qu'elle ne trouve pas chez elle.
Troublante, mon incapacité à laisser tomber ce récit qui pourtant, dans les 80 premières pages m'a semblé sans grand intérêt, banal, voire ennuyeux.
Troublante, l'arrivée, de temps en temps, presque sans crier gare, d'une petite phrase, d'une digression, d'un flash back qui m'a mise en alerte. « Quand avez-vous compris que quelque chose n'allait pas ? »

Troublante, l'ambiance poisseuse qui s'installe au-delà de la 120ème page.
Irrésistible, l'envie de continuer pour savoir.
Inhabituel, le thème traité que je n'ai personnellement jamais rencontré dans un roman.
Inhabituel, le style d'Emily Fridlund partagé entre simplicité étudiée et poésie.
Inhabituelle, la structure du roman qui oscille entre récit linéaire, passages décousus, flashback inattendus et fin …. pas à la fin.
Diabolique, la tentation de tout vous dévoiler.
Mais, je n'en ferai rien.
Sachez simplement qu'il y est question de la famille, d'amour maternel, de croyance, de différence entre ce que l'on pense et ce que l'on fait, entre ce que l'on veut croire et ce que l'on fait. Cette lecture a fait chavirer mon coeur de mère.
Une ambiance comme je les aime, un facette peu connue de la très croyante Amérique abordée, comme ça, sans avoir l'air d'y toucher.
Troublant je vous dis !
God bless America !
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vincent34380
17 août 2017
Madeline est une adolescente de 14 ans. A l'école, personne ne l'appelle ainsi, mais Linda, ou la Soviet ou la Cinglée. Ces surnoms méchants viennent du fait qu'elle a passé son enfance dans une communauté hippie du nord du Minnesota, maintenant abandonnée par tous ses résidents idéalistes, à l'exception de ses parents. Linda est une énigme pour son entourage, extrêmement sérieuse, dépourvue de l'insouciance joyeuse des autres enfants.
« Mes parents ne possédant pas de voiture, voici comment je rentrais chez moi lorsque je loupais le bus. Je marchais six kilomètres sur l'accotement déneigé de la Route 10, puis je tournais à droite sur Still Lake Road . Un kilomètre et demi plus loin, il y avait un embranchement. A gauche, la route longeait le lac, à droite, elle s'enfonçait dans une colline non déneigée. C'est là que je m'arrêtais pour rentrer mon jean dans mes chaussettes et réajuster les poignets de mes moufles en laine. En hiver, les arbres se détachaient contre le ciel orangé, pareils à des veines. le ciel entre les branches ressemblait à un coup de soleil. Il me fallait marcher vingt minutes dans la neige et les sumacs avant que les chiens m'entendent et aboient, tirant sur leurs chaînes. »
Cette étrangeté, elle la doit à l'éducation reçue de ses parents, derniers survivants d'une secte oubliée, passés de la mouvance hippie à une profonde dévotion chrétienne, comme pour expier leurs fautes passées. Ce n'est pas facile pour elle de s'intégrer dans le monde qui l'entoure.
« Sans prononcer le moindre mot, Lily donnait aux gens l'impression d'être encouragés, bénis. Elle avait des fossettes aux joues, ses tétons pointaient comme deux signes de Dieu sous son pull. J'avais la poitrine plate, j'étais aussi quelconque qu'une planche. Je donnais aux gens l'impression d'être jugés. »
Ces quelques phrases résument tout le mal-être adolescent dans lequel se trouve Madeline. Elle a l'impression d'être transparente, et elle a bien peu d'estime pour sa propre personne.
Deux évènements vont chambouler sa morne existence : L'arrivée au collège de M. Grierson, professeur d'Histoire-Géographie va la sortir de sa coquille en l'incitant à participer à l'Odyssée de l'Histoire, et présenter son exposé sur « L'histoire des loups ».
Elle effectuera une bien timide tentative de séduction envers ce professeur qui, à la rentrée suivante sera renvoyé pour avoir eu une présumée relation avec une camarade de classe de Mattie.
L'autre fait marquant de cet été se passe de l'autre côté du lac : un jeune couple accompagné d'un petit garçon vient de s'installer. Pour Mattie, qui passe beaucoup de temps à les observer au travers de ses jumelles, ils sont l'image de la famille idéale. Peu à peu, elle va oser se rapprocher et passer un peu de temps avec eux, pour ensuite être engagée comme baby-sitter.
Patra, la très jeune maman de Paul, un garçonnet de 4 ans, travaille à la maison pour relire et corriger les travaux de son mari, professeur d'université.
Tous deux sont profondément impliqués dans la Science Chrétienne.
Patra est une jeune femme pleine de fantaisie, qui s'éteint complètement en présence de son mari, professeur d'université et astronome, qui cite les Écritures à tout bout de champ, citations que répète le petit Paul, comme un perroquet.
La famille de Mattie est aussi un peu étrange : sa mère, qui va à l'église deux à trois fois par semaine, lui impose régulièrement des simulacres de baptême.
Entre présent et passé, dans un savant désordre, les chapitres alternent, décrivant la vie de Mattie à différentes époques et en différents lieux.
Il n'y a pas à proprement parler de suspense dans ce roman. Dès les premières pages, nous apprenons que le petit Paul va, et qu'il y aura un procès. La seule interrogation qui vaille est de savoir ce qui va conduire à cette issue. Là réside tout le talent de l'auteure, de nous conduire pas à pas vers ce dénouement.
Le style de l'auteure est généreux et précis, son histoire marquée par la morosité est d'une grande force émotionnelle. Elle sait comment créer une atmosphère maussade, dans un paysage gris et la froideur de l'environnement s'infiltre jusque dans ses mots. Elle se glisse aisément dans la peau d'une adolescente malheureuse et nous révèle comment la négligence et l'isolement peuvent marquer un enfant pour la vie.
Pour ce roman sur la difficulté du passage à l'âge adulte, Emily Fridlund a construit un personnage marquant, émouvant et dérangeant, qui accompagnera longtemps le lecteur.
Ce premier roman, puissant et profond, nous révèle une écrivaine de talent, à suivre assurément.
Editions Gallmeister, 2017
En partenariat avec :
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Lien : https://thebigblowdown.wordp..
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Citations & extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
BazartBazart24 septembre 2017
Je pensais que si je claquais la portière suffisamment fort,M. Grierson se précipiterait à ma suite. C’est ainsi, quand on a quatorze ans. Je croyais que si je m’éloignais de la route pour m’enfoncer dans la neige, il me suivrait peut-être – afin de soulager sa conscience, de s’assurer que je rentrerais saine et sauve chez moi, de glisser ses mains de prof d’histoire pleines de craie sous mon manteau, peu importe. Au lieu de gravir la côte, je me dirigeai vers le lac. Je m’élançai sur la glace sous la grêle piquante, mais lorsque je regardai en arrière, la voiture pivotait, pleins phares, exécutant un demi-tour méticuleux entre les arbres.
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kcirtap58kcirtap5818 septembre 2017
Troublante cette adolescente un peu sauvage. L'atmosphère est pesante tout au long du roman. On sent dès le début qu'il va se passer quelque chose et ça nous met mal à l'aise. La nature environnante joue aussi son rôle dans ce roman dérangeant.
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CarozineCarozine17 août 2017
En l’espace de deux semaines, les congères au sud s’étaient érodées au point de n’être plus que des piliers de stalagmites. Un vernis luisant recouvrait la surface de la glace et, en fin d’après-midi, on pouvait entendre le lac siffler et craquer. Des lézardes apparurent. Il faisait suffisamment bon pour saisir le bois sur la pile sans moufles, pour dégeler les cadenas sur les chaînes des chiens à la chaleur de ses doigts. De l’autre côté du lac, la famille installa un télescope sur la terrasse —long, pareil à une lance, braqué sur les cieux.
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cornelia-onlinecornelia-online29 août 2017
Qui regarde qui ? pensai-je un matin quand je sortis m’occuper des chiens et vis le téléscope de l’autre côté du lac braqué droit sur la maison de mes parents. Pointé comme une flèche vers le cœur de la cabane, vers notre seule fenêtre avec ses chiffons dans le chambranle. Je sentis de picotements sur mon scalp. 
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cornelia-onlinecornelia-online29 août 2017
Par nature, compris-je soudainement, les enfants sont cinglés. Ils croient à des choses impossibles pour satisfaire leurs besoins, ils prennent leurs fantasmes pour le centre du monde.(…). Par nature, les enfants sont aussi des perroquets.
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