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Alain Sueid (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070326303
144 pages
Éditeur : Gallimard (24/05/1991)
3.92/5   26 notes
Résumé :
Dylan Thomas (1914-1953), poète anglais, alchimiste du verbe et de l'inconscient, nous parle sans les détours et les masques de la parole de ce vertige fondamental que nous portons tous au fond de nous : le manque même de l'Autre, qui nous constitue.
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
stephanerenard
  07 juin 2021
Dylan Thomas, poète majeur gallois, poète du siècle outre manche, est ici représenté par la traduction de ses collected poems publiés en 1952. L'influence romantique est encore très palpable dans sa poésie, avec de nombreux textes sur la mort mais là où il se détache de l'influence romantique c'est par le thème du dépouillement. Nulle grandeur dans la mort, nulle idéalisation de la charogne comme chez un Baudelaire, c'est véritablement un anéantissement, un renoncement, l'aveu sordide d'un épuisement et d'une déchéance physique, l'appel d'un gouffre. Mais sans le côté épique d'un Victor Hugo. La mort est ici une extinction. Il y a quelque chose de très apaisant, malgré ce côté franchement déprimant. Déprimant, mais pas dépressif.
Dylan Thomas a du verbe et de la mesure. Il manie les figures de style avec justesse, sans les excès des romantiques. Ses parallèles sont plus subtils, à la limite de l'intangible.
Tout ne tourne pas autour de la mort même si elle introduit, cerne et clôt l'ouvrage. Il y a aussi un hymne à la vie, mais c'est un hymne joué sur l'orgue paroissial d'une vieille église de campagne délabrée cernée de lierres et d'oiseaux. Les oiseaux sont très présents par leur fragile liberté, les végétaux par leur immanence. C'est un écosystème. La partie intitulée vision et prière qui donne son titre à l'ouvrage est constitué de textes posés en pyramides qui s'ouvrent et se closent comme une fenêtre entrouverte et en même temps fermée par epanadiplose. le soleil y fait son apparition Comme une force de vie, jamais trop exaltée mais pleine de force. Rien dans la vie qui jaillit pleine de sève ne laisse entrevoir cette finitude destinée à la mort si ce n'est cet enfermement du vivant dans un circuit fermé qui s'entre dévore. A méditer, mais pas forcément un jour de dépression ! A méditer pour revenir à une écriture plus incarnée dans un présent qui n'est pas sublimé mais qui entretient sa force d'être.
Vie. Mort. Et puis c'est tout
________________________________
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GuillaumeTM
  29 mars 2013
On retrouve chez ce poète une influence rimbaldienne certaine où il y parle de la mort, de son père, des magnifiques paysages du Pays de Galles.
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frandj
  12 octobre 2019
Encore un écrivain dont j'ignorais tout. La collection Poésie Gallimard a consacré un volume à Dylan Thomas (1914 -1953), qui était un poète gallois. On me dit qu'il est considéré outre-Manche comme un auteur majeur. J'ai parcouru "Vision et Prière" et je dois avouer qu'aucune des pièces lues ne m'a inspiré si peu que ce soit. Je l'ai laissé tomber.
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ThomasSpoketcompagnie
  12 janvier 2020
Cette édition complète un recueil paru du vivant de l'auteur : on y retrouvera notamment "N'entre pas sans violence dans cette bonne nuit" (repris dans les citations babelio), sans doute le poème le plus célèbre de Dylan Thomas, et qui a été popularisé entre autres par des films (Independance Day, Interstellar...) et des publicités.
Le recueil montre en tout cas la puissance des images du poète, souvent obscures, influencées peut-être par le paysage gallois, mais qui renvoient en tout cas à un monde transformé par le langage.
Lien : https://thomasspok.blogspot...
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Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   30 décembre 2014
N’ENTRE PAS SANS VIOLENCE
DANS CETTE BONNE NUIT


N’entre pas sans violence dans cette bonne nuit,
Le vieil âge devrait brûler et s’emporter à la chute du jour ;
Rager, s’enrager contre la mort de la lumière.

Bien que les hommes sages à leur fin sachent que l’obscur est mérité,
Parce que leurs paroles n’ont fourché nul éclair ils
N'entrent pas sans violence dans cette bonne nuit.

Les hommes bons, passée la dernière vague, criant combien clairs
Leurs actes frêles auraient pu danser en une verte baie
Ragent, s’enragent contre la mort de la lumière.

Les hommes violets qui prirent et chantèrent le soleil en plein vol,
Et apprennent, trop tard, qu’ils l’ont affligé dans sa course,
N’entrent pas sans violence dans cette bonne nuit.

Les hommes graves, près de mourir, qui voient de vue aveuglante
Que leurs yeux aveugles pourraient briller comme météores et s’égayer,
Ragent, s’enragent contre la mort de la lumière.

Et toi mon père, ici sur la triste élévation
Maudis, bénis-moi à présent avec tes larmes violentes, je t’en prie.
N’entre pas sans violence dans cette bonne nuit.
Rage, enrage contre la mort de la lumière.

p.15-16
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PiatkaPiatka   25 janvier 2018
Aime-moi, non comme les nourrices rêveuses
Mes poumons tombants, ni comme le cyprès
Dans son âge l’argile de la jeune fille,

Aime-moi et soulève ton masque.

Aime-moi non comme les filles du paradis

Leurs amants aériens, ni comme la sirène

Ses amants de sel dans l’océan.

Aime-moi et soulève ton masque.

Aime-moi, non comme le pigeon ébouriffé

Les cimes des arbres, ni comme la légion

Des mouettes la lèvre des vagues.

Aime-moi et soulève ton masque.

Aime-moi comme la taupe aime son obscurité

Et la tigresse le cerf craintif ;

Amour et peur soient tes deux amours !

Aime-moi et soulève ton masque !
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PartempsPartemps   07 mai 2020
colline de fougères (Fern Hill)

Alors j’étais jeune et si facile à vivre sous les larges branches des pommiers

autour de la maison mélodieuse, et heureux de voir l’herbe si verte,

la nuit par-dessus

temps me fut laissé de héler et de grimper couvert d‘or dans l’apogée de ses yeux

et honoré parmi des chariots j’étais devenu le prince des villes des pommes

et une fois après quelque temps, majestueusement, je possédais et les arbres et les feuilles

les chemins avec les marguerites et l’orge

la descente des rivières et le fruit de la lumière.

et comme j’étais alors jeune et vert et insouciant, célébré parmi les granges

autour du jardin heureux et je chantais comme si cette ferme était ma demeure,

sous le soleil qui redevenait jeune une fois seulement,

temps me laissa jouer et exister

qu’il soit couvert d’or pour la miséricorde de ses fins,

et vert et or j’étais Chasseur et Berger, les veaux répondaient à mon cor, les renards des collines grognaient clair et froid,

et le sabbat sonnait lentement

dans les cailloux des flots sanctifiés.

Pendant tout le temps du soleil, tout courait, tout était beau, les champs de foin

montaient aussi haut que la maison, les mélodies des cheminées, tout était aérien

et jouant, joliment et fluide

et du feu vert comme de l’herbe

Et nuitée sous les simples étoiles

comme je montais dormir les hiboux avaient transporté la ferme ailleurs,

longtemps j’ai écouté toute la lune, béni au milieu des écuries, les engoulevents volant parmi les meules, et les chevaux clignotant dans le Sombre.

Et puis il fallait se réveiller, et la ferme, comme un blafard voyageur errant avec la rosée, revenait,

le coq sur l’épaule : tout était brillance,

c’était Adam et la toute jeune fille,

le ciel recueillait à nouveau

et le soleil s’arrondissait pour ce jour particulier.

Cela devait donc être après la naissance de la simple lumière

au commencement, lieu en tissage, les chevaux captivés marchant au chaud

hors des hennissements de la verte écurie

sur les chants de la félicité.

Et honoré parmi les renards et les faisans de la gaie maison,

sous le nuage tout neuf et heureux autant que le cœur puisse revenir de si loin

dans le soleil naissant et renaissant encore et encore

j’ai couru dans mes chemins nonchalants

mes désirs dévalaient de-ci de-là au travers de la haute demeure du foin

et rien ne m’importait, face au bleu commerce de mon ciel, puisque ce temps permet avec ses tournants plein de mélodies si rares, de tels chants du matin

avant que les enfants verts et dorés

ne le suivent en tombant hors de la grâce.

Rien ne m’importait, en ces jours blancs comme des agneaux,

ce temps m’emporterait au plus près du grenier peuplé

par l’hirondelle démultipliée par l’ombre de ma main,

dans la lune toujours montante,

Ni dans cette chevauchée vers le sommeil,

je devrais l’entendre voler avec les champs immenses

et réveiller la ferme à tout jamais enfuie du pays des enfants.

Oh comme j’étais jeune et si facile à vivre dans la miséricorde de ses fins,

Le temps me maintient, encore vert et mourant,

Bien que je chantais encore dans mes chaînes comme la mer.
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ThibaultMarconnetThibaultMarconnet   04 janvier 2021
N’entre pas sans violence dans cette bonne nuit / Do not go gentle into that good night

N’entre pas sans violence dans cette bonne nuit,
Le vieil âge devrait brûler et s’emporter à la chute du jour ;
Rager, s’enrager contre la mort de la lumière.

Bien que les hommes sages à leur fin sachent que l’obscur est mérité,
Parce que leurs paroles n’ont fourché nul éclair ils
N’entrent pas sans violence dans cette bonne nuit.

Les hommes bons, passée la dernière vague, criant combien clairs
Leurs actes frêles auraient pu danser en une verte baie
Ragent, s’enragent contre la mort de la lumière.

Les hommes violents qui prirent et chantèrent le soleil en plein vol,
Et apprennent, trop tard, qu’ils l’ont affligé dans sa course,
N’entrent pas sans violence dans cette bonne nuit.

Les hommes graves, près de mourir, qui voient de vue aveuglante
Que leurs yeux aveugles pourraient briller comme météores et s’égayer,
Ragent, s’enragent contre la mort de la lumière.

Et toi, mon père, ici sur la triste élévation
Maudis, bénis-moi à présent avec tes larmes violentes, je t’en prie.
N’entre pas sans violence dans cette bonne nuit.
Rage, enrage contre la mort de la lumière.

(p. 15-16)

/

Do not go gentle into that good night,
Old age should burn and rave at close of day;
Rage, rage against the dying of the light.

Though wise men at their end know dark is right,
Because their words had forked no lightning they
Do not go gentle into that good night.

Good men, the last wave by, crying how bright
Their frail deeds might have danced in a green bay,
Rage, rage against the dying of the light.

Wild men who caught and sang the sun in flight,
And learn, too late, they grieved it on its way,
Do not go gentle into that good night.

Grave men, near death, who see with blinding sight
Blind eyes could blaze like meteors and be gay,
Rage, rage against the dying of the light.

And you, my father, there on the sad height,
Curse, bless, me now with your fierce tears, I pray.
Do not go gentle into that good night.
Rage, rage against the dying of the light.

http://le-semaphore.blogspot.com/2014/12/dylan-thomas-do-not-go-gentle-into-that.html?m=0
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PiatkaPiatka   23 janvier 2018
Mon oiseau d’or, le soleil
A ouvert ses ailes, s’est envolé
De sa cage, le ciel,
Ô balancement !
Et, comme son ombre épuisée
Blanche d’amour,
La lune, mon oiseau d’argent
S’envole à nouveau
Vers son perchoir d’étoiles.
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Videos de Dylan Thomas (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dylan Thomas
L'émission “Une vie une oeuvre” de Matthieu Garrigou-Lagrange en date du 22 février 2014 était consacrée au poète Dylan Thomas, “l'enfant terrible des lettres britanniques”. Production : Michel Pomarède. Réalisation : Guillaume Baldy. “Dylan Thomas, l’enfant terrible des lettres britanniques”. Visage poupon, chevelure bouclée, Dylan Thomas a gardé de son enfance, une apparence juvénile. Une enfance marquée par une initiation précoce à la littérature et notamment à Shakespeare découvert dès l’âge de 3 ans. Son père professeur d’anglais aimerait qu’il fasse des études mais Dylan n’excelle qu’en poésie ! Dès 7 ans, il griffonne, à 11 ans il dirige la publication de son école primaire et avant l’âge de 20 ans, il aura écrit plus de 200 poèmes. Un jaillissement qui rappelle celui d’Arthur Rimbaud. Génie précoce, Dylan Thomas est adulé tardivement par les Beatles qui inscrivent son visage sur la couverture de leur album Sergent Pepper’s, et aussi par un certain Robert Zimmerman qui a reconnu à demi-mots avoir changé son patronyme en hommage au poète gallois. En 1950, Dylan Thomas joue à la pop star aux Etats-Unis : lectures publiques, soirées arrosées, maîtresses. En 1953, il meurt dans un hôtel de New York après avoir bu d’affilée « 16 Whisky ». Vraie ou fausse, l’information nourrit la légende du poète maudit.
Avec le témoignage exclusif de la petite fille de Dylan Thomas : Hannah Ellis et aussi le cinéaste Jules-César Muraciole, auteur de « Dylan, enfant de la vague » pour la collection un siècle d’écrivain, de Lili Stajzn qui a traduit chez Denoel Graphic « Un Noël d’enfant au Pays de Galles », Christine Carcassonne, ingénieur d’études à l’université Aix-Marseille et le metteur en scène Stefan Meldegg.
Thèmes : Arts & Spectacles| 20e siècle| Poésie| Dylan Thomas
Source : France Culture
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