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ISBN : 291781750X
Éditeur : Editions La Contre Allée (15/04/2016)

Note moyenne : 3.61/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Un petit conte philosophique et historique
Au XVIIe siècle, William Davisson, un botaniste écossais, devenu médecin particulier du roi polonais Jean II Casimir, suit le monarque dans un long voyage entre la Lituanie et l’Ukraine. Esprit scientifique et fin observateur, il étudie les rudesses climatiques des confins polonais et les coutumes locales. Un jour, lors d’une halte, les soldats du roi capturent deux enfants. Les deux petits ont un physique inhabituel... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  12 décembre 2019
Il s'appelle William Davisson, il est écossais. Il a longtemps vécu en France comme botaniste du roi, et arrive en Pologne en 1656 comme invité de l'épouse du roi de Pologne pour soigner ce dernier. Dans un pays en guerre et un roi souffreteux, il l'accompagne lors de ses voyages, au cours de l'un duquel , les soldats capturent deux petits enfants chétifs, sauvages, étranges dans tous les sens du terme. A travers ces enfants verts de peau et de cheveux, Davisson et nous lecteurs, allons découvrir le peuple vert, une communauté qui vit en symbiose avec la nature, loin de tous les soucis du monde.....
Un petit conte philosophique où le Prix Nobel de littérature 2018, probablement s'inspirant d'un conte médiéval anglais, « Les enfants verts de Woolpit », nous parle de l'inconnu, l'étranger, l'autre qui nous fait peur. Tout ce qui sort de notre zone de confort , tout ce qui ne prend pas immédiatement du sens et s'organise en un ensemble cohérent et facile à interpréter, nous dérange, comme ce livre 😊.
C'est très court, concis, intéressant.
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gonewiththegreen
  10 janvier 2020
William Davisson est écossais, botaniste et est appelé au chevet du roi de Pologne. le voyage lui fait un peu peur, la Pologne lui semblant aux confins du monde connu. on est au milieu du XVII ème.
Une fois sur place , dans un pays en guerre , il est amené à fuir avec le roi: Très vite , le cortège tombe sur deux enfants , au teint vert et à l'allure sauvage.
En 80 petites pages , l'auteure nobélisée laisse transparaître son immense talent de conteuse . Si l'écriture est magnifique, ces enfants verts ne le sont pas moins . En symbiose avec la nature , ils sont un contre pied à leurs congénères, loin de leurs intérêts et non soumis au dictat de Dieu.
ils sont le cri de la nature , son souffle et vivent avec elle au rythme des saisons.
Magnifique conte qui se lit le temps d'un soupir et qui laisse une trace sans doute à longtemps présente.
L'auteure, à nouveau, utilise tout son talent pour magnifier la nature.
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sabine59
  06 février 2020
Une amie m'a prêté ce conte étrange, écrit par l'auteure polonaise prix Nobel. Je voudrais d'abord faire remarquer combien ce petit objet-livre est magnifique, sur fond vert tout à fait en accord avec l'histoire . Je ne connaissais pas les éditions la contre-allée dont le nom est inspiré par une citation d'Alain Bashung " Délaissant les grands axes, j'ai pris la contre -allée". Plus spécialement, ici, il s'agit d'une collection" Fictions d'Europe".
Mêlant faits historiques réels du 17 ème siècle, à une époque très trouble de la Pologne, où les Moscovites, les Tartares ravagent le pays , et fantastique, à travers ces enfants verts si inquiétants , l'auteure offre un texte prenant, à l'écriture limpide et souvent poétique. J'y ai vu en filigrane une réflexion sur la peur de l'autre, de celui qui est différent, le centre incarnant le monde rassurant, les cercles concentriques l'inconnu qui effraie. C'est le personnage du botaniste écossais, William Davisson ,qui est le narrateur de son périple angoissant à travers la campagne polonaise.
Cette courte histoire laisse une impression forte . Ces enfants verts vivant dans les arbres, au rythme de la lune et de la nature fascinent et enflamment notre imagination...
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oiseaulire
  02 novembre 2018
J'ai beaucoup aimé ce joli récit surnaturel et philosophique.
On y retrouve les thèmes chers à l'auteur, notamment la relation aux autres cultures et à l'étranger.
Nous sommes au milieu de 18 ème siècle : un médecin écossais, William Davisson, par ailleurs célèbre botaniste, est appelé à la cour du roi de Pologne, Jean II Casimir dont la santé chancelle : syphilis, goutte, neurasthénie attaquent le corps du roi tandis que russes, suédois, famines et peste noire s'en prennent à la Pologne elle-même. Pour ce familier des cours européennes qu'est notre médecin herboriste, ce pays ravagé par les guerres, glacial et torturé, ressemble à l'antichambre de l'enfer : les étranges coiffures sales des autochtones, leurs rites incompréhensibles, leur crasse, le gel, la boue omniprésente, les incursions des brigands et des cosaques l'en persuadent jour après jour un peu plus.
Il conçoit alors une étrange théorie selon laquelle le centre du monde, situé en Europe de L'ouest, serait le coeur de la raison et de la civilisation. Des cercles concentriques formés autour de ce point central, éloigneraient de plus en plus de la civilisation ceux qui s'y aventureraient. C'est précisément dans l'ultime cercle, le cloaque du monde, que se trouverait selon lui la Pologne où il a la mauvaise fortune d'être retenu.
Une partie de chasse lui fait rencontrer deux petits sauvages, représentants d'un très discret peuple dont la peau et la chevelure présentent des reflets verts. Ces pacifiques habitants des forêts, communiquent avec les animaux, avec la lune et se nourrissent de baies. Ils ne connaissent pas la guerre et considèrent leur corps comme un fruit qu'ils offrent au moment de leur mort aux rapaces et autres oiseaux dans un ultime hommage aux lois de la nature. Quoi d'étonnant que d'aussi paisibles créatures semblent aussi étrangères à William Davisson qu'à nous les "petits hommes verts" ?
Au coeur du monde "civilisé" bien des vertus, mais aussi suffisance et égocentrisme ; au coeur de l'inconnu bien des périls, mais aussi d'autres manières d'être au monde.
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Warrenbismuth
  27 novembre 2019
Une fois n'est pas coutume : dès l'annonce du Nobel de Littérature 2018 (mais attribué en 2019, je ne reviendrai pas sur la fameuse affaire du fiasco de 2018) décerné à cette auteure polonaise, j'ai eu envie de fourrer le nez dans ses livres. Et comme l'un d'eux avait été publié en 2016 par La Contre Allée, éditeur dont je me délecte souvent, de surcroît dans l'excellente collection Fictions d'Europe, je me précipitai sur l'oeuvre. Grand bien m'en a pris car il s'agit d'une petite merveille, brève mais d'une grande densité.
1656, l'écossais William Davisson, par ailleurs narrateur du récit et botaniste, est appelé pour devenir médecin du roi de Pologne Jean II Casimir. Davisson a déjà officié auparavant comme botaniste du roi de France. Seulement il parvient à destination en plein conflit, deux pays étant en guerre contre la Pologne, à l'ouest la Suède et à l'est la Russie. le roi Jean II Casimir, mélancolique et dépressif, s'étiole.
Dès son arrivée Davisson est interpellé par les coiffures en vogue chez les pauvres de Varsovie, « touffes, noeuds, nattes hérissées comme la queue d'un castor ». Puis il parcourt les campagnes avec son second Opaliński et le roi dont il prend grand soin. Partout il voit les effets désastreux de la guerre sur les paysages, les populations, et la santé du roi qui décline rapidement et provoque un arrêt du cortège chez le chambellan de Luck. Là-bas, les soldats partent en chasse pour sustenter les troupes, mais reviennent avec un bien étrange butin : deux enfants d'environ 5 ans, aux cheveux hirsutes et surtout… Une peau couleur verte ! D'après Opaliński cette couleur est le résultat de longs temps passés en forêt pour fuir la guerre, se cacher dans la nature, cette nature qui pour le narrateur est « Tout ce qui nous entourait, à l'exception de ce qui est humain, c'est-à-dire de nous et de nos créations ». le roi se prend de tendresse pour ces deux êtres chétifs et les gâte. La fille est prénommée Ośródka.
À la suite d'une mauvaise chute, Davisson se casse une jambe. le cortège du roi doit reprendre la route sans son médecin attitré qui aura pour distraction la présence quotidienne des petits enfants verts et sauvages qui vont devoir être baptisés (à Pâques, on n'est jamais assez prudent) car pouvant bien être des représentants du diable, jusqu'en leur chevelure qu'il faudra tondre. Des enfants qui doivent coûte que coûte se faire apprivoiser, de gré ou de force. L'un va en mourir mais son corps va disparaître…
« Un jour, Opaliński demanda à Ośródka s'ils avaient un Dieu.
- C'est quoi, Dieu ? voulut-elle savoir ».
Ce peuple représenté par Ośródka et son frère peut faire penser de loin aux Cathares, car vivants isolés de tout, en communion avec la nature : « Ils ont aussi leur propre façon de communiquer avec les animaux et, comme ils ne consomment pas de viande et ne pratiquent pas la chasse, les bêtes non seulement sont leurs amies et les aident, mais leur racontent leurs histoires, ce qui est source de sagesse pour le peuple vert et lui procure une meilleure connaissance de la nature ». Leur destin pourrait être rapproché de celui de Kaspar HAUSER ou de Victor l'enfant sauvage immortalisé par TRUFFAUD), des gamins éduqués et « civilisés » de force, tyrannisés par les « puissants ».
Bien sûr ce superbe texte se lit sur plusieurs niveaux. Tout d'abord la forme du conte, très prégnante, le contexte historique (la guerre, les saccages, la folie des hommes) pourrait en être un autre. Car nous avons là non pas une mais plusieurs allégories, un récit pacifiste, athée, débarrassé de maîtres et d'esclaves comme des chimères de la bonne éducation, conte libertaire, écologique et onirique qui, plus profondément, paraît une dénonciation brutale mais toute en saveur du monde actuel. Un vrai bijou à se procurer d'urgence, d'autant que la somme pour l'acquérir est modique, comme d'ailleurs toutes les publications de la collection Fictions d'Europe. Je reviendrai très prochainement vers cette auteure qui a su me domestiquer par sa poésie, sa prose magnifique et sa magie.
https://deslivresrances.blogspot.fr
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Lien : https://deslivresrances.blog..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
NievaNieva   10 octobre 2019
Qu’est-ce donc que la nature ? En mon âme et conscience, je lui répondis que la nature, c’était tout ce qui nous entourait, à l’exception de ce qui est humain, c’est-à-dire de nous et de nos créations. Le roi cligna des yeux, comme s’il faisait un essai d’accommodation visuelle ; j’ignore ce qu’il vit, mais il déclara :
— C’est donc un grand rien.
Je pense que c’est ainsi que les yeux élevés à la cour, habitués à regarder des motifs alambiqués d’étoffes vénitiennes, de riches lacis de tapis turcs, des ornements et des mosaïques, voient le monde. Si leur regard est confronté à la complexité de la nature, ils n’y verront que le chaos – le Grand Rien.
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NievaNieva   10 octobre 2019
Je ne cache pas qu’en prenant à l’époque la route vers la Pologne, je me sentais mal à l’aise, car je ne connaissais aucun pays éloigné à ce point du monde qui m’était familier, je me prenais pour un ex-centrique, quelqu’un qui s’aventurait au-delà du centre où l’on savait à quoi s’en tenir. J’avais peur des coutumes étrangères, de la violence des peuples orientaux, mais plus encore je craignais le climat imprévisible, froid et humide de cette contrée. J’avais toujours à l’esprit le sort de mon ami René Descartes, lequel, invité par la reine de Suède, s’était rendu quelques années auparavant dans ses châteaux nordiques glacials de la lointaine Stockholm ; ayant contracté un rhume, il y mourut dans la fleur de l’âge et en pleine possession de ses facultés mentales. Quelle perte pour la science !
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