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EAN : 9782070420605
81 pages
Gallimard (30/11/2001)
3.5/5   21 notes
Résumé :

« Je veille auprès de Suzanne endormie. C'est étrange, sa ressemblance avec mon pied gauche. Je sais bien qu'un pied est un pied, que Suzanne est Suzanne, mais mon pied est plus proche de Suzanne que de moi. J'avais deux pieds. Suzanne m'a pris l'autre, il ne m'en reste qu'un. Je ne suis pas en train de me plaindre, au contraire. Est-ce que je ne donnerais pas mes deux pieds pour Suzanne? Et puis la souffrance s'est apaisée. Oh, je ne su... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
marlene50
  05 janvier 2022
Quelle couverture , elle me plaît, elle m'a fait sourire, rire même à quelques idées farfelues qui m'ont traversé l'esprit !
Topor - Impertinent artiste aux multiples facettes, son humour noir décapant et cynique.
Ecrivain - Scénariste - Dessinateur - Peintre - Poète - Auteur Chansonnier que de casquettes à "sa tête".
Né un 7 janvier 1938 à Paris, DCD dans ce même lieu le 16 avril 1997.
Il est atypique - drôle - tragique avec un humour piquant qui surgit , non "pas hors de la nuit", mais au détour d'une phrase et aime à vous surprendre.
Il s'égare dans un monologue avec Suzanne (son pied en compote) ; qui va devenir sa confidente silencieuse où il se livre dans des sentiments détestables et amoureux que la seule femme qu'il dit avoir aimé, lui a inspiré.
C'est particulier, mais assez jubilatoire il faut bien le reconnaître.
Belle découverte en ce qui me concerne.
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VALENTYNE
  24 février 2019
Le narrateur a quitté Paris et erre dans une ville d'Europe de l'est qu'il ne nommera pas. Je lis ce livre juste derrière Epépé de Ferenc Karinthy et ce livre est comme au écho au précédent. Dans Epépé, l'exil était involontaire, le héros se retrouvait projeté par erreur dans une mégalopole tentaculaire dont il ne parlait pas la langue. Ici le narrateur a "choisi" son "exil" : il est retourné dans la ville où ont vécu ses parents (Wikipédia me dit que les parents de Topor sont polonais)
Peu importe la ville ... place à l'histoire : le narrateur vit à l'hôtel (comme Budaï dans Epépé) et ne comprend pas la langue. Il est seul, terriblement seul. Obèse, il mange pour oublier qu'il est seul (et que son obésité fait fuir toute relation amicale ou amoureuse), on le regarde soit avec répulsion soit avec pitié. le lecteur le sent au bord du désespoir.
Une nuit d'errance, il a faim et entre dans un magasin espérant y trouver une épicerie...Las, c'est un magasin de chaussures. La vendeuse, triste et désespérée elle aussi (à moins que ce ne soit le narrateur qui projette son désespoir...), réussit à lui vendre une paire de chaussures. Trop petites, ces chaussures blessent notre anti-héros avec une vilaine entaille au talon. Dans cette entaille au pied, le narrateur reconnaît son amour perdu : Suzanne. Commence alors une « danse » entre le narrateur et Suzanne...Il nous parle alors de sa vie avec elle (la seule femme qui l'ait aimé du fait de son obésité). Suzanne a t elle existé ? Était-elle un monstre (psychologiquement parlant) comme lui est un monstre (physiquement parlant) ?
Le reste est sombre et splendide, le désespoir poignant, quelques sourires parviennent à se dégager de la folie : par exemple, quand Suzanne (rappelons que Suzanne est un pied) « n'en fait qu'à sa tête » et décide de vivre sa vie ... Fière et libre,  "personne n'arrive à la cheville de Suzanne", celle ci arrivera-t-elle à "libérer" le narrateur ?
La fin est juste parfaite ....
.
Ce livre est une réédition d'un livre paru en 1978
Il y a six dessins à l'encre de Topor représentant cette Suzanne, magnifique Suzanne.
Magnifique esquisse d'une femme (il faudra que je lise ce que Freud a dit sur les fétichistes du pied).
.
PS : Comme souvent je m'interroge dans la place chronologique qu'à eu ce livre dans mon cycle de lecture. Comme je l'ai dit avant, je lis ce livre juste après Épépé (ô rage, ô désespoir...) et je me demande si j'avais lu le "portrait en pied de Suzanne" derrière un livre drôle quel aurait été  mon ressenti ... en tout cas ce court livre est percutant malgré le désespoir....
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flag_
  03 mars 2019
Dans une ambiance toute Kafkaïenne, un homme se trouve comme échoué dans une ville étrangère et étrange, étouffante, au beau milieu d'habitants dont - à l'image du héros malheureux d'epépé de Ferenc Karinthy - il ne parle pas la langue. Pauvre hère errante, avec comme seule amarre sa chambre d'hôtel, notre ami va et vient, sans réelle destinée affirmée, souffrant de son obésité et d'un manque d'affection, aux prises avec ses monologues intérieurs, alternant les hauts et les bas, volonté et abandon, espoir et désespoir, empathie et mépris (que ce soit envers les autres ou envers lui-même). Comme dans l'impasse de sa vie, il tourne en rond, en proie à ses excès boulimiques répétés, seuls remèdes à ses sautes d'humeurs cycliques.
La ville oppressante et ses habitants inaccessibles renforcent encore la frontière entre notre malheureux et les autres, entre l'intérieur et l'extérieur, entre ses fantasmes et la réalité. Mais qu'importe. Car survient l'incident qui, paradoxalement, tombe à point nommé : à la suite d'une mésaventure improbable dont seul notre ami semble avoir le secret, il voit son pied gauche blessé, et de la blessure apparaître soudain … l'image de son ancien amour perdu, Suzanne.
Outre l'objet de son amour, Suzanne devient enfin, la présence et l'écoute, l'âme soeur prompte à recevoir ses monologues, la confidente (muette) à l'écoute de ses délires. « Je guettais, immobile, tous sens en éveil, les péripéties de la réalité. Maintenant qu'elle est auprès de moi, comme jadis, je n'ai plus besoin d'être attentif. Que la réalité aille au diable ! Je savoure la quiétude de ces retrouvailles toutes simples. » Mais la quiétude ne durera pas.
Vous froncez les sourcils ? Vous faîtes la moue ? Cette introduction vous laisse dubitatif et vous doutez d'y prendre plaisir ? N'ayez crainte. Une fois la main courante de la réalité tangible lâchée, laissez vous happer et porter par ce délire jubilatoire. Amour, désir, doute, jalousie, souffrance, violence, remords, repentance, désespoir,… au fil des péripéties et des quiproquos, Portrait en pied de Suzanne déploie, en accéléré et sur fond de surréalisme, toute la palette des sentiments humains, comme seuls les rabibochages amoureux bancals savent en engendrer en terres hostiles, mais au milieu desquels viennent s'immiscer des tranches d'humour caustique de l'auteur. le tout servi par une très belle réédition, aux belles illustrations, aussi troublantes que savoureuses.
Remerciements aux éditions Wombat, ainsi qu'à Babelio.
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MonsieurHyacinthe
  12 février 2019
Réédité aux éditions Wombat, augmenté d'une belle dédicace de mon chouchou contemporain Eric Chevillard (régulier des éditions de minuit, Fata Morgana, l'Arbre Vengeur), et offert grâce à l'opération Masse Critique, je remercie vivement Wombat et Babelio pour l'estimable cadeau qui correspond tout à fait à mes attentes. Je l'espérais beaucoup, je n'en suis guère déçu !
D'emblée, l'on retrouve la voix de Topor, tel un ami de longue date dont le phrasé vous réconforte. On est en terrain connu. On repart où l'on s'était arrêté. Drôle et tragique, désabusé mais porteur d'espoir, Roland nous chamboule d'émotions contraires. Brillant et atypique, comme toujours avec cet auteur inclassable.
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VACHARDTUAPIED
  18 septembre 2013
"Portrait en pied de Suzanne"est une romance éclair entre le méprisé, isolé, narrateur solitaire et la belle Suzanne. le narrateur est dans sa ville natale ancestrale, qu'il méprise. Il est régi par un besoin affolant de consommer, de manger et de boire.
La beauté, la laideur, l'apparence, le genre, la solitude, l'attachement amoureux sont autant de questions que posent ce spectacle avec toute l'ambiguïté, l'acidité et surtout l'humour caractérisant l'univers de Topor ; car au détour de situations parfois tragiques, l'humour surgit toujours, piquant et salvateur.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
marlene50marlene50   05 janvier 2022
Mon pied gauche a, de toute évidence, quelque chose de spécifiquement féminin dans son allure. il est cambré comme Suzanne. Sa chair est laiteuse, sa peau fine comme la peau des tempes de Suzanne, où les veines se dessinaient en bleu. Les ongles sont nacrés, les orteils délicats et longs comme des doigts. Le cou-de-pied n'a pas la vulgarité qui caractérise les autres parties de mon corps. Son élégance n'appartient qu'à Suzanne. Et puis, autre détail significatif, il est net du moindre duvet, alors que le pied droit, en revanche, présente de nombreuses touffes disgracieuses sur la première phalange des orteils. Ce sont bien les jumeaux les plus dissemblables de la terre. A gauche le charme, la sensibilité, la poésie. A droite le trivial, l'inachevé, le rustique. On ne saurait mettre mes pieds dans le même sac ! Autant confondre le mer avec la boue, le ciel avec un crapaud, c'est à dire faire preuve d'une myopie honteuse.
Mon pied gauche est ce que j'ai de mieux.
C'est Suzanne.
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26052605   16 septembre 2012
Mon dieu, je suis trop gros ! Personne ne m’aime. Je suis encore jeune, pourtant. Mais il en a toujours été ainsi. A l’école, on me surnommait Bouboule, et plus tard Gros-Bide ou Gros-Lard, ou Gras-Double. Dieu, comme j’ai souffert ! Je suis seul à savoir quel trésor de pureté se trouve enfoui sous mes bourrelets de graisse. Les autres considèrent avec dégoût ce corps qu’ils croient être la représentation physique de mon état moral. Ainsi les visiteurs d’un zoo se figurent-ils souvent les animaux comme des types d’humanité coupable, condamnés à exposer au vu de tous leur dégradation. Le singe est un homme obscène et le tigre un homme fourbe, le serpent un homme vil et le lion un homme fier. Moi je suis un porc. Glouton et sale. L’esprit incapable de s’élever au-dessus du sol. La pesanteur divine me dicte sa loi : à ras de terre demeure mon corps, là doit croupir mon âme.
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marlene50marlene50   05 janvier 2022
Une activité intense règne sur la scène où se déroulent simultanément tous les drames. Mais moi je suis à l'écart. Comme un hippopotame baignant dans une flaque, j'écarte les mâchoires en un bâillement prodigieux : c'est en moi que se trouve le théâtre. Il m'habite, il me hante. Je suis le lieu et l'action.
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26052605   16 septembre 2012
Mon appétit n’est qu’un prétexte. En fait ma boulimie est provoquée par le manque d’affection. L’estomac compense le cœur. Puisque personne ne m’aime, je me juge exécrable. Alors j’essaie d’avaler le monde pour le supprimer et m’anéantir avec lui. Le schéma est d’une simplicité terrible.
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marlene50marlene50   03 janvier 2022
Les formes et les valeurs se dérobent, les angles changent. Les pierres que je m'acharne à déchiffrer se troublent comme une eau sale. Ma main explore à l'aveuglette des paysages glauques.
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