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ISBN : 2264061650
Éditeur : 10-18 (17/04/2014)

Note moyenne : 3.12/5 (sur 172 notes)
Résumé :
Le jour où ses jumeaux quittent la maison pour entrer à l’université, Eva se met au lit… et elle y reste. Depuis dix-sept ans que le train de la vie l’entraîne dans une course effrénée, elle a envie de hurler : « Stop ! Je veux descendre ! » Voilà enfin l’occasion.

Son mari, Brian, astronome empêtré dans une liaison extraconjugale peu satisfaisante, est contrarié. Qui lui préparera son dîner ? Eva ne cherche qu’à attirer l’attention, prétend-il. Mais ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (56) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
25 octobre 2015
Brian, son mari, Brianne et Brian Junior, ses jumeaux, les trois B qui depuis dix-sept sont le centre de la vie d'Eva. Dix-sept ans qu'elle les nourrit, qu'elle lave leur linge, qu'elle répond au moindre de leur besoin, toujours attentive, aux petits soins, parfaite épouse, mère dévouée, femme d'intérieur accomplie. Et en échange, a-t-elle obtenu amour, respect, gratitude ? Non, Eva est considérée par les siens comme un dû, nécessaire mais invisible. Brian la trompe et les jumeaux, surdoués et asociaux, vivent dans leur propre monde. Alors Eva organise sa propre rébellion. Délaissant la maison mise à sac par les trois B, elle regagne sa chambre, s'allonge sur son lit et décide de ne plus le quitter. Brian s'inquiète, se plaint, s'énerve. Sa mère et sa belle-mère pensent à une dépression, puis l'accusent de faignantise. Et Eva reste au lit. Sa chambre devient le lieu blanc et épuré qui la protège de la noirceur du monde; le monde qui a vent de l'histoire et s'en empare, faisant d'Eva une conseillère, une sainte.
Un livre cocasse, à l'humour parfois absurde, en tout cas rocambolesque. Mais cette drôlerie typiquement anglaise n'est pas seulement la comédie légère qu'on pourrait croire. C'est aussi une réflexion sur la place que l'on tient dans le monde, sur la façon dont on se conforme aux désirs des autres en oubliant ce que l'on est vraiment. Et surtout, c'est un plaidoyer pour toutes les femmes, celles qui oeuvrent à la bonne tenue de leur foyer, qui lavent, essuient, repassent, cuisinent et dont le travail, jamais reconnu, ne devient visible que lorsqu'elle cesse de le faire. Les hommes n'en sortent pas grandi, Brian étant un personnage particulièrement désagréable qui trompe sa femme sans imaginer la quitter, qui se laisse séduire par une amie de ses jumeaux, et qui, rechigne à aider Eva quand elle le sollicite. Dépassé certes, mais surtout égoïste et aveugle aux besoins de sa femme...
Une galerie de personnages loufoques, une bonne dose d'humour et un message aux femmes trop dévouées pour un roman qui donne le sourire mais s'égare parfois vers un grand ''n'importe quoi''. Plaisante, cynique, drôle, une lecture sympathique si l'on n'a pas peur de se frotter à un humour anglais excessivement absurde.
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Bislys
13 novembre 2015
A l'aube de ses 60 ans, Eva, une banlieusarde londonienne voit son quotidien lui échapper : ses jumeaux de 17 ans partent à l'université et elle découvre que son mari la trompe depuis des années avec sa collègue de travail, et ce sous son nez puisque les deux amants se retrouvent dans la propre cabane de jardin d'Eva! Voilà donc de bonnes raisons pour rester sous la couette et réfléchir un peu...
Le livre démarre comme une bonne comédie avant de se transformer en une histoire plus sombre. On découvre dès le début une galerie de personnages tous plus loufoques les uns que les autres : Brian Junior et Brianne, les jumeaux complètement asociaux, Poppy, leur voisine de chambre un brin envahissante et totalement mythomane, Brian, le mari perdu sans sa femme, mais incapable de ma quitter pour sa maitresse Titania, et surtout la mère et la belle-mère d'Eva, toutes deux complètement folles. Un vrai délice. Mais Eva va peu à peu perdre le contrôle de sa vie car sa démarche va attirer toute sorte de gens qui voient en elle une mystique ou une gentille foldingue, et là encore la pauvre Eva va en voir de toutes les couleurs.
Une comédie douce amère sur la société d'aujourd'hui. Un roman très divertissant grâce à l'humour anglais. J'ai passé un bon moment.
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Soune
19 février 2013
Qui ne connait la culture anglaise et son humour affriolant ne peut comprendre les subtilités de l'identité de toute une nation! On risque alors de réduire un peuple à ce qu'il n'est pas…L'humour anglais est en effet très particulier, voire même indéfinissable, au point, souvent, de rater sa cible, c'est-à-dire de nous faire rire, nous français.
Si nous sommes incapables de le comprendre ou de l'apprécier, cela s'explique à mon sens par l'ignorance dont nous faisons preuve face aux nuances du vocabulaire utilisé, par la difficulté de traduire certains traits d'humour ou encore aux différences culturelles.
La lecture que je viens d'achever m'a rappelé de délicieux souvenirs que j'ai vécus là-bas et qui m'ont alors révélé à l'époque les différences culturelles entre la France et l'Angleterre. Lors de ma deuxième journée de travail que j'effectuais à l'époque en Angleterre, j'ai eu le privilège de vivre de plein fouet les affres de l'humour anglais. Je voulais du traditionnel en y allant ? J'ai été servie. Il faut dire qu'à peine arrivée dans mon lieu de travail, j'ai fait les choses en grand et me suis de suite faite remarquée. Devant les yeux effarés de mes élèves, je me suis évanouie. Comme rencontre, on fait mieux, je vous l'accorde. Cependant je ne voyage jamais quelque part sans passer par la case médecin. Quelle ne fut ma joie par conséquent de découvrir pour commencer mon séjour le service précieux des urgences. le choc culturel m'a-t-il fait perdre pied ? Possible...
J'étais donc sous les feux de la rampe auprès de mes collègues et de mes élèves. J'aurai voulu passer inaperçu que j'aurai dû changer de pays. En tout cas, j'ai eu ma première admiratrice en la personne d'une collègue qui m'a préparée à la douche humoristique anglaise qui m'attendait en s'approchant de moi pour me susurrer, pince-sans-rire : « Il faut toujours que les français ses fassent remarquer ». Sur le moment, j'ai bien cru qu'elle plaisantait mais après avoir vu un rictus désagréable placé au coin de la bouche, les narines bien relevées et le regard fuyant, j'ai fortement douté… Je n'osais croire en effet que j'entrais en terrain miné. La Guerre de Cent Ans, m'avait-on assuré avant de prendre l'avion, était censée être terminée.
Les français font souvent des blagues sur les Belges. Les anglais eux ne peuvent s'empêcher de s'attaquer aux français. Fut un temps où existait par exemple un parc à Londres qui interdisait « les chiens et les français »… Existe-t-il toujours?
Bref, je terminais ma première journée sur les rotules mais heureuse d'avoir salué le système médical anglais. le lendemain fut une journée sans encombre : le soleil éblouissant d'automne et la découverte de mes élèves m'enchantaient et me promettaient de délicieux moments. J'étais aux anges. En fin d'après-midi, je me dirigeai vers la salle des profs afin de voir cette salle dont on m'avait vanté les merveilles. L'endroit était tranquille. Nous étions deux. Mal à l'aise comme toute nouvelle qui essaie de prendre ses marques, je me faisais discrète. J'en profitai pour ouvrir mes mails lorsqu'un groupe arriva. Les échanges semblaient passionnés. Il était question de vacances et de films à voir si ma mémoire est bonne. Je reportai donc mon attention sur mon écran. La voix d'une armoire à glace se fit soudain plus forte. Les décibels montèrent. Il était visiblement en colère. Un élève s'était mal comporté.
La vie de prof n'a jamais été de tout repos, que ce soit ici ou ailleurs. J'étais donc en terrain connu. Cette pensée me détendit. Je prenais mes marques.
Soudain, la voix de l'armoire à glace s'avança vers moi et, pour tout le monde entende, s'écria :
Mais qui a laissé sa cravate de mauvais goût sur la chaise ? Pas de doute, y'a que les français pour porter des horreurs pareilles !
Seule française dans la salle, je me demandai aussitôt quelle mouche avait poussé cet énergumène sans nom à me parler de la sorte. Je me retournai ensuite devant le silence de plomb qui suivit. On s'attendait visiblement à une réaction de ma part. Tout le monde me regarda. Sur une chaise placée derrière moi se trouvait bien en évidence une cravate très flashy, très extravagante, qui n'allait pas du tout avec la tenue obligatoire que nous devions tous porter, à savoir tailleur/costume sobre. Je jetai rapidement un coup d'oeil à l'objet, suivi aussitôt d'un regard rapide sur ma tenue me demandant si j'avais une tache énorme sur mon pantalon ou ma veste. Rien de tout cela n'existait. Ma tenue était correcte et semblable à celle de mes consoeurs. Tout le monde se mit à rire devant ma déconvenue. L'effet escompté avait visiblement réussi. J'esquissai un sourire et me retournai, partagée entre le gros éclat de rire devant l'absurde de la situation ou le haussement d'épaule désinvolte. Au final, je ne fis rien. Puis, mon collègue sur ma gauche se tourna vers moi et me chuchota:
-Vous savez, s'il vous dit ça le prof d'histoire, c'est parce qu'il vous aime bien.
Les yeux écarquillés, je lui souris. Je me souvins alors de ces phrases à maintes reprises prononcées par des français lors de rencontres avec des aïeux, entendues dans des documentaires, des films ou lues dans des livres:« Ils sont fous ces anglais !! »
Une fois rentrée à la maison, mon compagnon me demanda comment s'était passée ma rentrée :
- Je me suis faite incendiée mais c'est une preuve d'amour de leur part.
- ….C'est une bonne chose donc? Me demanda-t-il, mi-figue mi-raisin .
- Oui, je crois…
Les deux plaisanteries que je viens de relater sont typiques des situations rocambolesques dont raffolent les Britanniques. C'est un humour, basé sur l'inattendu, l'absurde, l'autodérision. Ils prennent un plaisir tout particulier à se moquer de leurs congénères, et tant pis si pour cela il faut maltraiter les institutions ou les conventions sociales.
Après coup, je suis heureuse d'en avoir fait les frais. Je suppose que ce fut le déclic qui me rendit plus sensible à cet humour. Depuis, j'ai tendance à lire un livre britannique en cherchant toujours un double sens. C'est du reste dans cette optique que j'ai lu un livre paru en français le 15 février 2013 et reçu grâce à l'opération Masse Critique de Babelio. Je me suis régalée de bout en bout. Je ne connaissais pas l'auteur bien que j'avais entendu parler d'elle mais je compte bien remédier à cette lacune rapidement.
Je ne sais si on peut résumer l'esprit d'une nation à un livre mais celui-ci, à mon sens, se rapproche beaucoup de l'identité anglaise. Voici un livre où vous risquez d'être surpris. L'histoire est rocambolesque à souhait. L'intrigue et les personnages peuvent paraître de prime abord étranges et excentriques et ne mener à rien, mais cela n'est pas le cas. L'auteur a écrit tout cela à dessein.
Bien qu'aveugle, l'auteur nous offre ici un regard acerbe et juste sur la société occidentale. L'ironie de la situation me fait sourire. A travers une histoire où l'humour noir est à foison, où l'humour anglais brut de pomme est présent, j'ai plongé avec délice dans les méandres d'une critique grinçante de la société. Un livre qui restera pour moi comme étant en décalage avec ce qu'on nous oblige bien souvent à penser. de là peut-être un certain malaise mêlé d'un plaisir inouï lorsqu'on ferme le livre…
Je tiens à remercier Babelio ainsi que la maison d'édition Charleston pour cet envoi en exclusivité.

Résumé de la quatrième de couverture :
Le jour où ses jumeaux quittent la maison pour entrer à l'université, Eva se met au lit… et elle y reste. Depuis dix-sept ans que le train de vie l'entraîne dans une course effrénée, elle a envie de hurler : « Stop ! Je veux descendre ! » Voilà enfin l'occasion.
Son mari, Brian, astronome empêtré dans une liaison extraconjugale peu satisfaisante, est contrarié. Qui lui préparera son dîner ? Eva ne cherche qu'à attirer l'attention, prétend-il. Mais la rumeur se répand et des admirateurs par centaines, voyant dans le geste d'Eva une forme de protestation, se pressent sous la fenêtre de sa chambre, tandis que son nouvel ami, Alexander, lui apporte du thé, des toasts, et une sollicitude inattendue. Depuis les confins de son lit, Eva va trouver le sens de sa vie, rien de moins !

Mon avis :
Lorsque ses deux enfants, des jumeaux, partent pour l'université et quittent le domicile familial, Eva, leur mère, âgée aujourd'hui de cinquante ans, monte à l'étage pour faire une sieste. Toutefois une fois dans ses draps elle réalise qu'elle serait folle d'en sortir. Elle décide alors d'y rester.
Elle ne supporte plus la négligence de ses enfants, le manque de considération de son mari ainsi que l'indifférence générale du monde face à la misère, aux guerres, etc. le refus d'Eva de se conduire à nouveau comme une femme et une mère respectueuse inquiète bientôt les membres de sa maisonnée. Malgré tout, elle persiste et insiste pour rester au lit. Va commencer à partir de cet instant un véritable bouleversement dans la vie de tous les habitants de cette maison.
Cela commence lorsqu'on voit, atterré, Eva, qui se plaint de l'égoïsme du monde qui l'entoure. Cependant elle va elle-même se montrer égocentrique, comptant sur l'aide d'autrui pour continuer à vivre de son lit. On se demande comment tout cela va se terminer lorsque de nombreux indices nous envoient dans une direction particulière.
En effet, rapidement après avoir exprimé son refus de quitter son lit, on entend Eva chanter I walk the Line de Johnny Cash. Je n'y aurais pas spécialement porté attention si le début n'avait pas fourmillé d'idées semblables. L'auteur nous donne ici un aperçu de ce qui nous attend, cette expression signifiant non seulement « marcher sur la corde raide » mais aussi « suivre les règles de la société ». En effet cette histoire abonde d'idées existentialistes, poussant le lecteur à remettre en question son mode de vie pour, j'imagine, devenir plus humain. L'évolution du personnage d'Eva est à ce titre une parfaite illustration.
Eva est une femme qui n'a pas pu s'affirmer dans sa jeunesse ou dans sa famille, se pliant sans cesse aux desiderata du monde qui l'entourait. Comment est décrit ce monde ? Il n'est pas très humain comme l'indiquent les nombreux noms de famille des personnages du roman. Eva, de son nom de jeune fille, Brown Bird (oiseau brun) va devenir en se mariant, Mme Beaver (Castor). Lorsque son mari, Brian, ira consulter un médecin, celui-ci, étrangement, se méprendra sur le nom de famille de Brian et l'appellera Mr Bee (abeille). Cette thématique animale est très présente dans le livre pour décrire les humains. On comprend aisément la raison à mesure que l'on découvre le reste de l'histoire. Les humains se révèlent bien plus bestiaux qu'il n'y parait. En décidant de rester au lit, Eva va déclencher en elle l'éveil qu'a connu par exemple Bouddha (qui signifie "éveillé"). En se retirant du monde parce qu'elle « ne sait plus y vivre » et parce qu'elle veut fuir le quotidien qu'elle a vécu comme une forme d'esclavagisme (ne dit-elle pas par exemple concernant ses enfants « dès l'instant où ils sont nés, j'ai compté les jours qui restaient avant leur départ à l'université ! Je me sentais esclave de deux extraterrestres. Je ne souhaitais qu'une chose : me mettre au lit toute seule et y rester aussi longtemps que je le voudrais »), Eva atteint par le biais du lit une forme de liberté, liberté vue comme l'état d'une personne qui n'est pas assujettie à une autre par des contraintes ou des servitudes.
Attention, si vous n'avez pas lu le livre, sachez que je vais dévoiler ici quelques éléments de l'histoire pour ajouter du poids à mon argumentation.
Ainsi, comme tout éveillé, Eva va découvrir qu'elle vit dans une illusion. le monde tel qu'elle l'imaginait n'existe pas. Son mari qu'elle croyait fidèle entretient une relation extra-conjugale avec une collègue depuis huit ans. Les gens la prennent pour une « sainte», une personne représentant la perfection, la qualifiant même de « poussière d'étoiles ». A l'image de Marthe Robin clouée au lit elle aussi, Eva va recevoir des gens venus lui demander de l'aide, ces derniers étant persuadés qu'elle a un don particulier. Avec elle, nous (re)constatons avec surprise la rapidité avec laquelle des faux semblants ou de simples suppositions forgent rapidement des « vérités ». Eva se fait la réflexion que « rien ne demeure vrai longtemps. Avec le temps, précise-t-elle, tout est déconstruit ».
Alors, lorsqu'on lui fait la réflexion, tout au long de l'histoire, de savoir si Eva est folle, on doute.Souvent, en effet, la thématique de la normalité apparait. « Permettez-moi de douter » nous pousse à penser Sue Townsend. Tout le monde croit qu'elle fait une dépression, mais Eva se porte très bien. Par ailleurs, c'est Brian, son mari, qui va aller consulter. Il dit au médecin qu'il vient pour sa femme, néanmoins c'est bien lui qui sortira du cabinet médical avec une prescription d'antidépresseurs à son nom. A croire que les gens malades ne sont pas ceux que nous croyons… Bien que tous s'évertuent à chercher « ce qui ne va pas » chez Eva, se basant sur le précepte sociétal que rester au lit pendant un an « n'est pas, normal » Eva, elle, pense que « la folie, c'est relatif ». D'autres choses surprenantes se font dans le monde et personne n'y voit à redire, précise-t-elle, comme lorsqu'elle fait la réflexion à sa belle-mère : « et un adulte qui joue à relier des numéros pour trouver des images ne tourne pas rond non plus ». le lecteur est certainement amené ici à se demander ce qu'est la normalité. Sur quoi se base-t-elle pour exister?
Eva vient de découvrir que le monde qui l'entourait est différent de ce qu'il présente mais, au fur et à mesure qu'elle passe des jours au lit, d'autres surprises se révèlent à elle. A force de vivre dans un quotidien harassant, elle avait ainsi occulté l'essentiel et notamment les gens. Elle avait oublié de communiquer: elle fait ainsi connaissance avec des personnes qu'elle ne regardait pas auparavant par exemple le laveur de vitres.
Elle se surprend aussi à vivre les joies du coeur: elle découvre ainsi le pardon devant le regard ahuri de ses proches qui la voit pardonner facilement des actes qu'eux récrimineraient (je fais allusion ici à la liaison de son mari et à l'invitation qu'elle fait à la maitresse de celui-ci de venir s'installer dans leur propriété à eux deux, Eva Beaver et son mari, Brian Beaver ainsi qu'à l'attitude non respectueuse d'une certaine Poppy). Les émotions qu'elle réfrénait jusqu'à présent sont à l'image même de ses deux enfants qui montrent une certaine dureté. Ils sont surdoués soit, mais émotionnellement « retardés », ais-je envie de dire.
L'histoire humoristique d'Une femme qui décida de passer une année au lit permet à l'auteur de porter notre attention sur des questions auxquelles on ne pense pas forcément. A l'image de la méditation active d'Eva, nous sommes nous aussi amenés à nous intéresser aux situations que tout ascète vit: désirer une vie simple (en prônant comme Descartes de vouloir faire table rase: «Tout ce que je possède, tout, doit être débarrassé. Je recommence à zéro »), chercher l'identité de la nature humaine cachée derrière de faux semblants pour découvrir au final que nous ne sommes pas mieux que les gens que l'on critique, « regarder la lumière dans le ciel » (jeu de mots ici que j'apprécie particulièrement) et se dire que « rien n'a vraiment d'importance (…) au regard de l'infini » si ce n'est peut être la « bienveillance »...





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Analire
09 mars 2013
Comme par hasard, j'ai commencé la lecture de ce livre le 8 mars (donc hier), pendant la journée de la femme... une lecture très appropriée pour cet évènement !
Ce roman a été une très grande et bonne surprise, je ne m'attendais pas du tout à découvrir une telle histoire en lisant les premières pages.
Eva est la maman de deux jumeaux surdoués, qui viennent de passer à l'université. le jour même après leur départ, elle se sent soudainement soulagée, et décide de se coucher dans son lit... mais n'y ressort plus ! Son mari commence à s'inquiéter, il alerte toute leur famille, leurs amis, et quelques médecins, qui l'a prennent tous pour une folle. Mais Eva est catégorique : elle ne veut pas sortir de son lit ! Pendant de longs mois, elle va rester cloîtrée dans sa chambre, se faisant servir à manger, n'allant dans la salle de bain seulement en mettant un drap blanc par terre et en marchant dessus, ce qui permet de relier la salle d'eau à son lit : une manière de rester à moitié couché. Elle va également faire de sublimes rencontres, et va faire un gros bilan de toute sa vie...
Avant de commencer à lire ce roman, je suis allé voir quelques critiques postées par d'autres blogueurs, et les avis étaient assez mitigés. Certains avaient adorés et ri aux larmes, tandis que d'autres n'ont pas réussi à entrer dans l'atmosphère loufoque de l'auteure, et n'ont pas adhéré à l'humour anglais.
Pour ma part, je fais partie de la première catégorie de ces personnages-là : j'ai vraiment bien aimé ce livre (mais j'avoue ne pas avoir ri tout du long, mais certains passages m'ont quand même fait sourire !)
Ce roman se lit tout seul, il permet de se détendre, et de réfléchir à certaines questions, soulever certains interrogations.
Les personnages sont drôles, décalés et originaux. Ils sont tous très différents les uns des autres, totalement marginaux pour la plupart. On retrouve bien l'humour jusque dans les prénoms et noms des différents personnages : Brian (le papa), Brianne (la fille), Brian Junior (le fils), les Beavers (castors, en anglais) etc., c'est bien pensé !
La petite déception côté personnages à été vers la fin, à propos de Brian Junior et Brianne. J'aurais adoré savoir ce qu'il arrive aux deux jumeaux, à la fin du roman... je n'ai pas bien compris (ou peut-être est-ce mal expliqué), mais quand les "agents" les arrêtent, c'est assez compliqué de déterminer où ils les amènent.
L'humour de Sue Townsend est présent tout au long du récit, il est très agréable à lire, est met de bonne humeur à chaque fois !
En écrivant La femme qui décida de passer une année au lit, je pense que l'auteure à voulue pointer du doigt tous les travaux que peut faire une femme dans sa vie, et montrer toutes les personnes qui dépendent d'elle au quotidien. C'est pour cette raison qu'Eva décide de se reposer, de rester tranquille quelques temps, pour faire le point sur sa vie passée, et sa vie future. C'est un bon moyen pour se mettre les idées au clairs, j'aimerais beaucoup en faire autant...
Le gros point négatif que je tiens à relever, c'est le dénouement. Il m'a l'air bâclé, écrit à la va-vite... C'est vraiment dommage, je m'attendais à une fin surprenante, digne du roman entier !
Une comédie hilarante, des personnages originaux, et un thème qui devrait beaucoup plaire aux femmes.
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ThibaultR
26 avril 2013
✒ Ce que je retiendrai de « La femme qui décida de passer une année au lit » c'est sans aucun doute l'humour Townsendesque qui règne tout au long du récit. Pour cette raison et par l'idée originale de base ce roman est unique en son genre. S'il arrive que beaucoup d'auteurs créent une dimension comique par moments… jamais encore je n'avais eu la chance de lire un roman aussi drôle et admirablement bien construit ! Par conséquent, l'humour est une des deux forces principales du roman. Il représente le fond et nous verrons plus loin la seconde force qui correspond à la forme.
Une première branche de cet arbre humoristique c'est le traitement des personnages. En effet, l'auteure a remarquablement travaillé tous ses personnages. Cela se ressent durant la lecture. Arrivé à la fin du livre, on comprend instantanément tout le travail effectué et les subtilités employées vis-à-vis des personnages. Jamais l'un d'entre eux ne tombe dans le cliché. Même s'ils sont parfois excessifs ils ne tombent pas en caricature. Ainsi, un tel travail de composition ne peut que rendre un ouvrage de qualité. Chaque portrait est donc brossé attentivement pour nous présenter des protagonistes presque vivants et qui pourraient parfaitement être nos voisins !
Une seconde branche de l'humour prend naissance dans le style d'écriture. Elle a un style « propre », raffiné et parfois subitement qui devient cru ou familier. le politiquement incorrect (qui reste léger) provoque assurément de nombreux rires ! Cela fait du bien au lecteur car le texte est plus vivant et moins plat que ce qu'on peut lire de temps à autres. Entre sarcasmes, comique de situations, les caractères plutôt pince-sans-rire de certaines personnes toujours plus hilarantes les unes que les autres ! Aussi, même lorsqu'elle mêle le tragique à son récit, elle trouve le moyen d'apaiser les situations par le rire ou des mots d'esprits… On ne s'ennuie JAMAIS !
Enfin, au-delà de l'humour qui est l'édifice de son roman, Sue Townsend a prit une décision tout aussi importante qui réside dans la forme. Elle a choisi d'écrire de courts chapitres. Ce procédé est au premier abord déstabilisant pour le lecteur car à chacun d'entre eux il fait connaissance avec la famille Beaver et tous les autres personnages mais à chaque fois qu'il découvre et suit une situation bien précise, cette compréhension est rapidement coupée pour aborder un nouveau chapitre et donc de nouvelles informations à digérer pour lui… du coup si on a l'impression de s'y perdre, cela ne dure qu'un très court instant car ce sentiment de frustration est rapidement effacé. On comprend la manière de faire de l'auteure et là où elle veut en venir. Ces courts chapitres s'avèrent être une seconde force pour le roman car ils deviennent de véritables scènes. du coup le roman se lit vite et l'on se dit immédiatement que l'adapter au cinéma ou à la télévision serait non seulement faisable mais l'adaptation serait une réussite assurée !
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Les critiques presse (1)
Lexpress04 juillet 2014
Une fable désopilante et subtile.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations & extraits (69) Voir plus Ajouter une citation
seshat123seshat12305 juin 2015
[…] Brian et Titania se rendaient à une réunion décidée à la dernière minute au Centre National de l'Espace.
Le mari de Titania, Guy Noble, surnommé « le Gorille » par ses amis, avait adressé une lettre de plainte au professeur Brady parce que, disait-il, sa femme entretenait « une liaison torride sur son lieu de travail avec ce bouffon de Dr Brian Beaver ».
Titania avait reconnu s'être livrée à des ébats sexuels dans la Salle blanche qui abritait les futures sondes lunaires[…]
L'ensemble du personnel était présent, y compris les employés de ménage, le service de maintenance et le jardinier. L'approche philosophique du management telle que l'appliquait le professeur Brady (alias Pantalon-de-Cuir) exigeait en effet de constituer une équipe « all inclusive ». La réunion se tenait dans le planétarium, ce qui ajoutait une dimension épique à la discussion .
Pantalon-de-Cuir dit : « Je me moque de savoir avec qui vous baisez, docteur Beaver. Ce qui importe, c'est que vous avez choisi la Salle blanche pour ça. Vous auriez pu polluer l’atmosphère, corrompre les données de l'instrumentation et mettre le projet en danger. Sans parler de souiller la surface de la lune. »
P152
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seshat123seshat12306 juin 2015
« Tout de même, Brian, nos rapports sexuels sont assez souvent torrides. » Se tournant vers l'ensemble du personnel, elle avoua : « La semaine dernière encore, il me titillait les pointes des seins avec la brosse à cheveux de sa femme. Il criait que j'étais une petite garce et qu'il allait me punir en m'attachant au gros télescope pendant que le professeur Brady me prendrait par-derrière. »
Brian se leva et protesta furieusement : « Pas par-derrière ! Je n'ai pas dit par-derrière ! »
Wayne Tonkin, le jardinier, rit tout haut.
Le professeur Brady lâcha avec colère : « Beaver, je vous interdis de m'inclure dans vos fantasmes de malade ! »
P154
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seshat123seshat12304 juin 2015
Il y eut un bruit de verre brisé. Peu de temps après, elle entendit Brian dans l'escalier.
Il l'appela.
Elle ne répondit pas.
Il ouvrit la porte de la chambre. « Ah, tu es là, dit-il.
- Oui. Je suis là.
- Tu es malade ?
- Non.
- Alors qu'est-ce que tu fais au lit, tout habillée, avec tes chaussures ? À quoi tu joues ?
- Je ne sais pas.
- C'est le syndrome du nid vide. J'en ai entendu parler à '' L'Heure des femmes ''.  »
Voyant qu'elle gardait le silence, il reprit : « Bon. Tu te lèves ?
- Non. »
Il demanda : « Et le dîner alors ?
- Merci, mais je n'ai pas faim.
- Je veux dire, MON dîner ? Il y a quelque chose à manger ? »
Elle répondit : « Je ne sais pas, regarde dans le frigo. »
P14
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seshat123seshat12308 juin 2015
Ruby disait : « Eva a toujours été un peu bizarre. Pendant des années, on a cru qu 'elle était retardée. Un peu débile, quoi. Elle préparait des spectacles dans le jardin en prenant le lapin comme personnage, mais bien sûr il n'y avait qu'elle qui parlait. Ils répétaient toute la journée, et après, je devais regarder. J'emportais mon tricot pour passer le passer le temps. Le lapin était nul. »
P322
PS : Interview pour une émission TV de Ruby la mère d'Eva.
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AnalireAnalire08 mars 2013
Les études montraient que le cerveau des hommes était sensiblement plus gros. Une main féminine avait annoté en marge : "Alors, pourquoi ces salauds d'hypercérébrés sont-ils incapables de se servir de la brosse à chiottes ?"
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