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Véronique Lossky (Traducteur)
ISBN : 2253932396
Éditeur : Le Livre de Poche (01/05/1995)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 13 notes)
Résumé :

C'est en France, dans les années 1930 - la décennie de la misère et des textes en prose -, que Marina Tsvétaeva, dans des appartements lugubres à Meudon, puis à Clamart et à Vanves, écrivit les trois textes composant ce recueil : Le Diable, Ma mère et la musique et La Maison du vieux Pimène.

Trois textes qui livrent le motif obsédant de la vie de Tsvétaeva, dominée par les trois M : la Mort, la Mère, les Mots. La mort, qui rôde et fauche ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
seblac
  04 mai 2016
Ce recueil rassemble trois nouvelles de la poète russe Marina Tsvetaieva. Trois nouvelles écrites en France durant son exil. A leur lecture, force est de constater que la prose écrite par Marina Tsvetïeva est celle d'une poète. On y retrouve totalement son écriture, ses fulgurances, la force de ses images et de son imaginaire, son opacité aussi.
D'une manière ou d'une autre, ces trois nouvelles ramènent à l'enfance et à la jeunesse de Marina Tsvetaïeva.
Dans la première de ces nouvelles intitulée le diable ; on découvre une enfant-poète qui sent déjà venir sa vocation lyrique. Libre, fantaisiste, capricieuse..Tsvétaïeva met en scène sa propre jeunesse à travers la relation qu'elle noue avec un diable ayant choisi de demeurer dans la chambre de sa soeur. On retrouve dans cette nouvelle, un des leitmotiv de la poète qui toute sa vie a été attirée par ce que le commun des mortels n'aiment pas. du coup, alors que ce diable devrait l'effrayer, alors que son éducation religieuse de jeune fille devrait lui faire exécrer cette créature, Tsvétaïéva noue avec le démon une relation qui confine à l'amour de jeunesse. Jusqu'à ce que celui-ci s'en aille...car chez Tsvétaïéva l'amour est fugace autant que violent.
La seconde nouvelle consacrée à la musique, renoue également avec l'enfance notamment avec sa mère qui aurait voulu faire d'elle (et de ses soeurs), une musicienne. Là encore on retrouve la jeune Marina quelque peu rebelle face à l'autorité maternelle. Mais ce texte est aussi, une sorte d'hommage quelque part. Certes, Marina Tsvétaïéva n'est pas devenue une instrumentiste au sens commun, mais elle est devenue musicienne des mots. La musique a pu constituer un marche-pied pour cela, une impulsion décisive.
La dernière nouvelle, La maison près du vieux Pimène, est la plus longue et la plus complexe. Marina Tsvétaïeva y déploie le mythe de la mort. Une mort qui frappe peu à peu tout l'entourage de son aïeul le vieux Pimène. Chacun des membres de la famille a beau s'agiter, se débattre, la mort frappe juste, frappe implacablement et déploie sur la jeune Marina des ombres qui la poursuivront toute sa vie durant.
En refermant ce recueil, aucun doute n'est possible, l'oeuvre en prose de Marina Tsvétaïéva est aussi une oeuvre poétique. On y retrouve la même passion, le même embrasement. On y perçoit une personnalité hors du commun mélange flamboyant de solitude et d'égocentrisme. On retrouve aussi une certaine forme d'hermétisme, tant l'écriture de Tsvétaïéva reste particulière. Par moment, il faut bien avouer que l'on est quelque peu chamboulé par l'apparente invraisemblance de ce qu'elle écrit. Fidèle à elle-même, Marina Tsvétïéva est de ces écrivains, de ces êtres qui ne se laissent pas amadouer facilement. Mais quel univers...quel univers...
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oiseaulire
  10 janvier 2019
Trois récits en prose évoquant la naissance et la formation d'une vocation de poète. Plus qu'une formation, une initiation, une spiritualité. Une extrême vivacité, une extrême musicalité dans la forme. Fantasmes de l'enfance mêlés aux ressorts de la création poétique de l'adulte : heurts de couleurs, d'objets, d'images. Sensations. Froissements. Sons. Lecture ensorcelante. Ce qu'il faut d'incompréhensible pour reconnaître un mystère et le célébrer.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
oiseaulireoiseaulire   06 janvier 2019
Ma mère était pressée (...) comme si elle savait qu'elle n'aurait pas le temps, que de toutes façons elle n'aurait pas le temps pour tout, que de toute façon elle n'aurait du temps pour rien; alors voilà, il fallait au moins cela et encore juste cela, et encore cela, et cela aussi... Afin que nous ayons ce qu'il faut pour l'évoquer ! Afin de nous nourrir en une fois pour toute la vie. De sa première à sa dernière minute, elle n'a cessé de donner, de nous gaver, sans rien laisser reposer ni se tasser (sans nous laisser nous apaiser), elle nous a inondées, remplies à ras-bord - impression sur impression et souvenir sur souvenir- comme on bourre une malle déjà trop pleine (la malle s'avèrera être sans fond du reste), sans y prendre garde ou exprès ? Enfonçant au plus profond le plus précieux, afin qu'il se conserve plus longtemps, loin des yeux, en réserve, pour la dernière extrémité lorsque tout "a été vendu" et qu'à la recherche de quelque chose encore, on fait un dernier plongeon dans la malle, et là il y a encore -tout.
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oiseaulireoiseaulire   06 janvier 2019
- Madame, les prêtres sont là. Faut-il les faire entrer ?
Et aussitôt - remue-ménage de deniers d'argent dans la paume, transfert de deniers de la main à la main, de la main au papier : tant pour le prêtre, tant pour le diacre, tant pour le chantre, tant pour la femme qui a fait le pain béni... Il aurait fallu l'éviter devant les enfants, ou alors il n'aurait pas fallu nous raconter, à nous les enfants d'un Age d'Argent, l'histoire des trente deniers. Le tintement des pièces se confondait avec celui de l'encensoir, leur froid avec celui du brocart et du crucifix, le nuage d'encens avec celui d'un malaise intérieur, et tout cela voguait lourdement vers le plafond de la salle blanche avec des papiers peints givrés, au son d'exclamations impératives, in compréhensibles et effrayantes :
- Bénis, Maître !
- ê ê ê...
Tout était plein de ce ê-ê-ê - la salle, le plafond, l'encens, l'encensoir. Et lorsque les prêtres s'en allaient, il ne restait rien d'eux que ce dernier -ê- de l'encens dans les philodendrons.
Ces offices du dimanche étaient pour moi - à hurler. J'entendais la phrase "Les prêtres sont là" comme "les morts sont là".
-Madame ! Les "morts sont là", faut-il les laisser entrer ?
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oiseaulireoiseaulire   06 janvier 2019
Oui mon diable a éclaté et il n'est resté de lui ni flacon, ni alcool.
(...)
C'était toi qui brisais chacun de mes bonheurs d'amour, le corrodant de ton appréciation et l'achevant avec ton orgueil, puisque tu avais décidé que je serai poète et non une femme aimée.
(...)
C'est toi qui m'a protégée de toute vie en commun - au point de refuser la collaboration des journaux, en m'accrochant dans le dos comme le méchant gardien à David Copperfield, un écriteau : "Attention ! il mord !"
N'est-ce pas toi qui, par mon amour féroce pour toi, m'a insufflé l'amour pour tous les vaincus, pour toutes les causes perdues - les dernières monarchies, les derniers fiacres, les derniers poètes lyriques ?
(...)
Je te vois en dogue, mon doux ami, c'est-à-dire en dieu des chiens.
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NinochkaNinochka   10 novembre 2013
En plus de mes grandes mains, il s'avéra que j'avais aussi "l'attaque sonore et vigoureuse" et "un toucher d'une sensibilité étonnante chez une fillette aussi jeune". Le toucher plein de sensibilité avait une résonance de velours, il était brun, le mot lui-même signifiait que je touchais le piano comme du velours, avec du velours, comme un chat: patte de velours.
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oiseaulireoiseaulire   06 janvier 2019
Avec une mère comme elle, il ne me restait plus qu'une chose à faire : devenir poète. Afin de dispenser ce qu'elle m'avait donné, ce don qui m'eût étouffée ou transformée en violateur de toutes les lois humaines.
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Videos de Marina Tsvetaieva (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marina Tsvetaieva
[RARE] Marina TSVETAÏEVA – Une Vie, une Œuvre : 1892-1941 (France Culture, 1991)
Émission "Une Vie, une Œuvre", par Francesca Isidori, diffusée le 23 mai 1991 sur France Culture. Invités : André Marcovitch, Andrei Siniavski, Dimitri Sesemann, Catherine Oudin, Anna Miassoedova. Mise en ligne par Arthur Yasmine, poète vivant, dans l’unique objet de perpétuer la Poésie.
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