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EAN : 9782266251716
224 pages
Éditeur : Pocket (11/06/2015)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 34 notes)
Résumé :
Marseille, aujourd hui. Une mère est confrontée au drame que chaque parent redoute. Sa fille, à peine adolescente, a été enlevée sur le chemin de retour du collège et violée. Le couple parental n'y a pas survécu. Son mari a pris la fuite.
Mère et filles vivent ensemble. Lorsque le suspect de l'agression est libéré sur vice de procédure, la mère renonce à la justice des hommes.

** spoil **
Elle décide de se venger, simplement et brutale... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Livresque78
  17 juin 2015
Petit Louve n'est pas un roman que l'on peut faire entrer dans une case.
Marie Van Moere amène dans ce livre une sujet délicat, d'un bout à l'autre, où l'on touche à l'enfance, à l’innocence. Mais l'auteure ne s'arrête pas là, elle nous propose de réfléchir sur un sujet important, la justice, celle de la société et celle des hommes, la vengeance est-elle une fin en soi? Permet elle d'effacer la souffrance? De se sentir allégé d'un poids?
Un livre qui parle d'amour maternel mais pas de celui qui vous entoure de roses, de dentelles et de bisous. Non! L'amour qui vient du fond des tripes, imparfait mais tellement intense et profond.
Une histoire qui se déroule en Corse, dont les paysages font encore monter l'intensité du récit. Des personnages entiers et vrais qui ont tant de choses à dire.
Les bourreaux deviennent proies puis de nouveau chasseurs. Un roman noir dans lequel les deux protagonistes féminines font preuve d'un courage et d'une détermination que l'on ne peut qu'admirer.
Elles fuient le danger mais pourtant savent y faire face lorsque tout semble perdu. La mère est le genre de femme à laquelle nous souhaiterions toute ressembler, une mère courageuse et prête à tout pour son enfant.
Un très beau livre et des personnages pour lesquels je garderai une affection toute particulière.
Lien : https://livresque78.wordpres..
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gruz
  21 février 2014
Une scène d'introduction qui donne le ton, une écriture âpre, un récit qui vous prend aux tripes, une plume viscérale. Dès les tous premiers mots, on sait qu'on va être marqué au fer rouge.
Une histoire afflictive, qui heurte, un propos qui fait réfléchir jusqu'à chambouler nos fondements, une écriture organique, qui nous plonge dans l'intime de cette relation mère-fille.
Pour un premier roman, Marie van Moere cogne fort, genre uppercut. Ce qui frappe au premier abord, c'est cette écriture résolument moderne, toute à la fois sèche, lyrique et enragée.
Ce qui ébranle, c'est le thème bien sûr, mais également la façon de le traiter. Avec cette petite louve, complètement meurtrie par ce qui lui est arrivé et cette mère qui par moment semble encore plus perdue que sa fille. Relations difficiles entre deux êtres d'un même sang. Émouvante jeune fille (la couverture, c'est exactement elle).
Le tandem va louvoyer à travers la Corse, qui devient un cul-de-sac, dans une course poursuite qui sèmera la mort sur son passage. Opération terre brûlée. Parce qu'on ne fait pas de tels choix sans conséquences.
Un récit sauvage qui met en avant les instincts des différents protagonistes, instinct animal, instinct familial, instinct grégaire.
Un véritable roman noir, très noir qui nous force à nous poser un flot de questions dérangeantes, la place du bien et du mal, le bien-fondé ou l'absurdité de la violence, la légitimité de se faire justice soi-même…
Et la fin… Si le reste du récit vous a assommé, cette fin vous mettra totalement à terre. Une p… de fin (passez-moi l'expression) dont il est difficile de se remettre, tout en violence (psychologique et physique), émotions et remise en question. Une fin qui reste présente tel un fantôme.
Un court et abrupt premier roman d'une auteure à suivre de très près à l'avenir.
Lien : http://gruznamur.wordpress.c..
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encoredunoir
  22 janvier 2014
Quelque part au-dessus des calanques, une femme abat un homme ; celui-là même qui a violé sa fille. En assouvissant cette vengeance, elle met en branle toute une série d'événements et devient avec sa fille la proie des frères du violeur, gitans sédentarisés et criminels endurcis, qui vont la poursuivre sur les routes de Corse où elle pensait se faire oublier.
Pour ce premier roman Marie van Moere choisit de traiter un thème vieux comme l'Homme et donc la tragédie ; celui du cycle de la violence et de la vengeance. Appliquant la loi du talion, prenant la vie de celui qui a brisé celle de son enfant, cette mère enclenche un engrenage qu'elle ne maîtrise pas et que, d'évidence, aveuglée par l'obsession de faire payer le coupable, elle n'a jamais réellement envisagé de maîtriser.
À partir de là, tout en menant une course-poursuite sans temps mort et en ménageant un suspense bien maîtrisé révélant au lecteur attentif des événements à venir pour mieux dissimuler d'autres surprises plus inattendues, Marie van Moere peut jouer sur les contrastes et les oppositions.
Entre la mère et sa fille d'abord ; la première se révélant vite avoir plus besoin d'aide que la seconde. Entre deux aspects de la Corse ensuite dont le caractère insulaire en fait à la fois un refuge et un piège. Entre deux familles enfin. Celle brisée, délitée, de la mère et de la fille, celle soudée et extrêmement hiérarchisée de leurs poursuivants. On peut d'ailleurs saluer là le souci de l'auteur de donner à chacun de ses personnages, autant chez les poursuivies que chez les poursuivants, une véritable histoire et donc une chair palpable pour le lecteur même si, toujours, et Marie van Moere le montre bien, c'est l'instinct animal qui prend le dessus. Instinct de protection de la louve pour sa petite, instinct de chasse en meute pour les Gitans à leurs trousses. Et un autre contraste de se faire jour avec Orsanto, le berger au nom d'ours qui apparaît sans nul doute comme celui qui sait le mieux dominer ses instincts et incarne à lui seul le refuge que représentent l'île et ses montagnes.
Cela donne au final un roman trépidant, marqué du sceau d'une violence sauvage, parfois gratuite dans les faits mais jamais dans le propos de l'auteur mais aussi porteur d'une véritable réflexion sur la porosité des frontières entre le bien et le mal qu'une révélation finale, au détour seulement d'une phrase, met plus encore en lumière. C'est également, entre autre, un livre qui s'interroge sur la manière dont la violence apparaît comme corollaire de l'amour – maternel, fraternel, filial – lorsque celui est blessé, et enfin, à sa manière rude un beau roman sur le passage à l'âge adulte.
La Manufacture de livres révèle avec Marie van Moere une plume âpre et sensible que l'on se plaira sans nul doute à suivre dans l'avenir.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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Garoupe
  16 décembre 2014
Je commence par quoi ? Je n'arrive pas à écrire c'te chronique… Je n'arrive pas à exprimer ce que Marie van Moere a réussi à faire avec mes tripes : les prendre, les retourner et me bouleverser. « Petite louve » n'est pas un thriller, ce n'est pas non plus un roman sentimental. C'est un roman épris de justice et de droiture, d'espoir aussi malgré tout…
« Petite louve » est le récit d'une vengeance d'une mère pour sa fille. La fille c'est celle de la couv'. 12 ans. Fumeuse. Qui aime le vin blanc. Tout ça avec l'aval de sa mère… Il faut vous dire que la jeune fille en question a été violée, que son violeur sort de prison pour vice de procédure et que la mère vient de le tuer en pleine nuit, d'enterrer son corps qu'on ne retrouvera pas. Ce passage à l'acte de la mère va précipiter mère et fille dans une cavale où elles seront tour à tour chasseurs et chassés.
Chassés d'abord par les deux frères de Toni, le violeur assassiné. Ari et Ivo, gens du voyage sédentarisé à Marseille, vont suivre la mère et la fille en Corse pour venger à leur tour leur frère. C'est une question d'honneur.
Sur les routes corses qui fonctionnent comme un labyrinthe qui permet aux poursuivies de sa cacher mais jamais d'entrevoir la porte de sortie, Marie van Moere dresse un tableau tout en nuances de la cavale de la mère et de la fille et tout en rudesse de la poursuite des deux frangins. Tout en nuance d'abord parce que ce que le traumatisme de la fille rejaillit sur sa relation avec sa mère, sur sa relation avec son propre corps, sur sa relation avec son entourage. le récit est sur une corde sensible, fragile et Marie van Moere et ses protagonistes féminins pourraient tomber du côté sordide ou du côté larmoyant tellement facilement que le numéro d'équilibriste de l'auteur n'en est que plus réussi. Tout en rudesse ensuite parce que les deux frères sont deux sombres brutes totalement décérébrés, à fortes tendances violentes et meurtrières. Ils viennent d'un monde qui ne connait et ne comprend que la loi du talion. le violence animale s'exprime à travers la mère qui se venge et protège et à travers les frères gitans, tout en rage, en haine et en gratuité.
Et puis surgit la figure d'Osanto, croisé par la mère. Elle se prend les pieds dans un de ses pièges lors d'un footing matinal. Orsanto n'est pas né de la dernière pluie, avec son passé de truand. Il comprend tout, il comprend la femme, la fille, leur histoire, leur vengeance. Les pages du livre sur la rencontre d'Orsanto, de la mère et de la fille sont le morceau de choix d'un livre où il n'y a déjà rien à jeter. Marie van Moere écrit beaucoup de choses et en fait dire pas mal à ses personnages. Elle fait passer encore plus de choses dans leurs actes et dans leurs silences…

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collectifpolar
  29 janvier 2019
Agathe est médecin à Marseille et complètement ravagée par la colère et la douleur. Sa fille, adolescente, a été violée.
Suite au viol subi par sa fille adolescente, une mère de famille voit son couple voler en éclats. Lorsque le suspect de l'agression est libéré à cause d'un vice de procédure, elle décide de venger elle-même sa fille. Après le meurtre du jeune homme, la mère et la fille s'enfuient sur les routes de Corse, poursuivies par les frères de leur victime.

Difficile de parler de ce livre sans se laisser aller à ses sentiments.
Déjà la première scène est choc. Une femme assouvit sa vengeance, elle venge sa petite fille et dès lors elle devient la proie d'homme prêts à tout, eux aussi, pour venger leur frère. C'est la loi du talion. Oeil pour oeil, dent pour dent.
Et c'est vrai que l'écriture de Marie van Moere ne simplifie pas les chose. Elle est, comment dire, hystérique, frénétique, échevelée. Elle nous percute, cogne. Et son lyrisme nous chavire.
En entre de plein fouet dans cette relation mère fille à la fois fusionnelle et anarchique. Parfois on se demande qui est la plus fragile de la mère ou de la fille.
Et puis, il y a les méchants, qui eux aussi ont une histoire, et une histoire pas si facile non plus. Parfois, je me suis demandée si l'auteur ne voulais pas que l'on ressente de l'empathie pour ses hommes, eux aussi frère ou fils.
Et enfin il y a la Corse, la beauté de l'île, un refuge pour nos héroïnes qui voient pourtant le piège se refermer sur elle. La Corse sauvage comme ce récit. Les paysages rudes et âpres comme la plume de l'auteur.
Une histoire qui ne peut vous laisser insensible.
Elle m'a chamboulé, retournée, émue. J'en ai pris plein la gueule.
Mais alors j'ai aimé la force de ses mots.

Dans son premier roman, l'auteur soulève des questions qui survivent à sa lecture. Jusqu'où peut-on s'affranchir du bien et du mal ? Qui sont les forts et qui sont les faibles ? Peut-on se faire justice ?
Des questions auxquelles j'ai plus tendance à répondre avec mes tripes qu'avec ma cervelle.

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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   11 juin 2015
Elle n’était pas méditerranéenne de souche, elle l’était devenue par adoption. La plage était immense, long cordon lagunaire face à l’île d’Elbe et l’Italie. Sa mer originelle était l’Atlantique des plages landaises. Ici, ce n’était pas l’océan. C’était la Méditerranée et ses îles, les mythologiques Ulysse et Pénélope, l’hybris et les drames, le feu grégeois et le sang bouillonnant, mer de tourments contenus puis révélés. Dans ses souvenirs, elle s’était toujours découverte au bain d’acide, comme une plaque de cuivre. Quand cette plaque commençait à verdir, la mer aussi était capable de racler les souillures. Un baptême renouvelé. Se baigner, loin, dans le silence, flotter au-dessus d’une étendue d’algues, plonger en apnée et s’y blottir les yeux fermés en luttant contre la remontée, remonter, inspirer, flotter encore puis redescendre chercher une poignée de sable qui s’évanouira dans la main, émerger à la limite de la noyade, inspirer comme la première fois. Rentrer au rivage et sentir la pesanteur l’enserrer de nouveau, étourdie par cette légèreté fugace que ne connaissent ni les coureurs de fond, ni les chuteurs.
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Charybde2Charybde2   11 juin 2015
La balle s’était logée dans l’os pariétal. Imprévu. Jamais elle n’aurait imaginé qu’il fut si physique d’ouvrir un crâne à la pioche. Celui-ci brisé, elle s’agenouilla derrière et y plongea les mains. La détermination ne tolérait pas le dégoût. Elle s’arrangea pour éviter les yeux, cura les reliquats de cervelle et les déposa sur le côté. Sa main glissait, elle eut le plus grand mal à dégager la balle du crâne. Quand elle y parvint, elle leva les quelques grammes de métal vers le ciel et en vérifia l’intégrité. Il s’agissait de ne pas confondre avec un morceau d’os englué dans la matière. Dans l’obscurité, elle vit simplement que ses mains étaient assombries jusqu’aux poignets, et se nettoya longuement au bidon d’eau.
L’horizon oriental débordait les reliquats de ténèbres, prime lueur que nul n’aurait donnée victorieuse. Elle poussa le corps enroulé et sanglé dans la couverture au fond du trou, recouvrit le paquet par des paquets de cailloux et de terre et compacta l’ensemble en sautant dessus. Puis elle remit son jeans et enfila sa veste à même la peau, regarda ses mains, vérifia que rien ne traînait. Les bruits de la boîte de nuit s’étaient tus. Elle jeta un dernier coup d’oeil à l’endroit et monta dans le 4×4 qui surplombait la ville. L’aurore était là, il fallait partir. Elle but toute sa bouteille d’eau et s’arracha à l’endroit une cigarette à la bouche.
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RebkaRebka   19 septembre 2016
Il pensa qu'il n'y avait pas de route sans croisement, ni de croisement sans choix.
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RebkaRebka   19 septembre 2016
Moi, je suis rien encore mais je suis déjà fatiguée.
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