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Jean Viard (Autre)
EAN : 9782815943642
96 pages
L'Aube (21/05/2021)
3.86/5   7 notes
Résumé :
Nous avons changé. La maladie, la mort, la solitude, la peur du chômage et le désir de transformer nos vies sont partout. Nous avons vécu local et planétaire, télétravail et livraisons, mais aussi respect, nouveau ou renforcé, pour les soignants, les caissiers, les livreurs, les agriculteurs... et défiance accrue face aux décideurs et aux immenses bureaucraties publiques. Il est temps de penser à ce que nous ferons après.
Divorcer, déménager, changer de métie... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Kickou
  23 juillet 2021
La déception que j'attendais est arrivée ... Hélas ! Oui ce titre est trompeur, il n'y a pas de révolution, il y aura peut-être une lente évolution, une prise de conscience collective qui aboutira à un changement pour plus d'équilibre entre les humains et entre l'Humain et la Nature. Jean Viard, sociologue patenté travaille surtout avec des statistiques*, sa thèse est que la pandémie du Covid 19 est le « booster » d'une révolution qui tardait à se mettre en place. Il écrit au passé simple pour dire la Révolution de 1789 et la « Grande Pandémie » d'aujourd'hui, celle qui est au présent et même au plus-que-présent ! Alors il y a beaucoup de redites, de redondances, de lieux communs ; le tout numérique « en même temps » que le besoin de jardins, la nécessité de l'écologie et l'envie de mobilité, plus de démocratie locale et moins d'administration étatique, les villes à la campagne et vice versa... En dehors de ce vieux serpent de mer qu'est la décentralisation (le sous-titre du bouquin est « le réenchantement du territoire »), il y a dans ce livre quelques pistes pourtant ; p.215 « ceux qui doivent rester dans la fonction publique devraient faire un stage d'au moins un an dans le secteur privé », p.217 « ouvrons les conseils d'administration des entreprises aux salariés » ... ça ne va pas plaire à tout le monde ! Et puis vous conviendrez que ça ne fait pas une révolution. D'ailleurs la seule à faire une révolution, et de surcroit chaque jour, c'est notre vieille planète la Terre, inspirons-nous d'elle ! Entre les positivistes béats et les pessimistes aigris, il doit bien y avoir un chemin, certes difficile, mais ancré dans le réel et le possible, tout reste donc à faire. Allez, salut, et bon courage à ceux qui n'ont pas l'insane passsanitaire.
P.S. : * Pourtant p.161 « Une société analysée par des sondeurs devient une photo fixe d'un cheval au galop »
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EvlyneLeraut
  03 août 2021
« le réenchantement du territoire » Jean Viard délivre un essai éclairant sur cette période Covid qui a bousculé toutes les formes des pensées et des convictions trop ancrées dans notre société. Ses analyses érudites sont à lire avec la plus grande attention. C'est un levier fédérateur. Un livre blanc à bâtir et une planche de salut pour l'humanité. Nous assistons à une conférence à ciel ouvert. Les outils deviennent spéculatifs. Jean Viard a observé les habitus dans cette période irréversible qui a pointé du doigt nos arrogances et nos aprioris. « La révolution qu'on attendait est arrivée » propulse un avant-gardisme de renom. Il puise le régénérant, il pousse du pied ce que nous ne voulons plus. Il faut laisser au monde, à la société les nouvelles gouvernances intérieures. L'humanité liée dans l'adversité commune. Tous ensemble dans le contre-poids des questionnements.
« Les familles se sont souvent resoudées. Retrouvées. La famille est redevenue tendance. En partie pour le vécu à nouveau partagé, en partie par le sentiment de l'absence. »
Chacun (e) a laissé lors du confinement les toxicités d'un monde filant à la vitesse du son. Jean Viard est intuitif et observateur. La sociologie, les sciences humaines, les politiques des territoires, tout est repensé et décortiqué. Ici, vous avez le kaléidoscope d'un nouveau monde. La chance suprême de tirer partie de ce temps qui a blessé le citoyen dans sa chair. La toile aura été salvatrice et nécessaire. S'enrichir dans le silence des enfermements, la liberté muselée. Plus rien ne sera jamais comme avant. Cet essai est une mise en abîme. Il annonce les territoires enchantés.Le pouvoir des maires et des acteurs des terroirs à agrandir incommensurablement. La révolution passe par la petite porte et pourtant elle est gigantesque. Tout cela est unique et universel à la fois. L'expérience du couvre-feu, barrières mentales contrant les départements. Les consignes à respecter, la révolution montante, feu qui va se propager à allure folle. Repenser les territoires en loyauté, admirer les actions des maires et du peuple. L'as de coeur de Jean Viard, ses arguments sont des pièces maîtresses, le lien social, le regard altruiste. Les attitudes qui resteront : celles d'une fraternité fabuleuse. La concorde dans les quartiers, l'unité de valeur, les bercements sociologiques. Les exodes vers les campagnes emblématiques. Tout ce qui fait qu'une révolution radicale, intérieure est advenue. Cet essai dont le pilier est la Fondation Jean Jaurès est engagé, brillant. Il ne laisse rien de côté et devrait vite se trouver sur le piédestal d'un monde à réinventer, il est d'utilité publique. Publié par les majeures Éditions de L'Aube.
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Jiby
  12 juillet 2021
Comme d'habitude, la déception est proportionnelle à mes attentes. le titre « la révolution que l'on attendait est arrivée » me laissait espérer avoir un regain d'enthousiasme après sa lecture. Si Jean Viard semble voir le positif dans la crise (quitte à faire preuve parfois de mauvaise foi ou d'un aveuglement partiel) , il n'est pas parvenu à me faire partager son positivisme général.
L'auteur cherche à nous faire prendre du recul pour nous permettre de mieux comprendre les bouleversements de la société. Toutefois, son point de vue m'a souvent semblé correspondre à ce qu'on pouvait penser à la sortie du premier confinement. Avec ce qui s'est passé ensuite, ce regard m'apparaît périmé (alors même que ce livre a été écrit un an après). Il me semble que Jean Viard ne tient pas assez compte de cette forme d'inertie qui pousse les humains et les sociétés à reprendre leurs habitudes dès que possible. Peut-être y a-t-il confusion entre souhaits (de changement) et réalité ?
Le style d'écriture m'a souvent perdu. Trop de phrases grandiloquentes ou alambiquées et de mots pompeux qui semblent parfois cacher la confusion d'idées ou l'absence réelles de concret. Beaucoup de phrases "listings", par peur de manquer d'exhaustivité ou pour estomper l'absence de ligne claire dans le discours. Les raisonnements, s'il y en a, sont difficiles à suivre. J'y ai trouvé un vrai manque de pédagogie. C'est le défaut que peuvent avoir de nombreux philosophes ou certains hommes politiques (et les macronistes peut-être un peu plus que les autres): on ne comprends pas assez leur vision, on ne voit pas assez la colonne vertébrale de leur discours qui est caché par un certain maniement de la langue. Discours qui apparaît alors souvent comme vide de sens ou au mieux incompréhensible. Voici un exemple: "la logique dominatrice des chaines de valeur est révolue comme impératif absolu".

Parfois l'auteur se répète et ces redondances semblent là pour compenser le fait qu'il ne peut apporter la preuve de ce qu'il affirme. Comme si une idée devenait plus réaliste parce qu'elle était répétée plusieurs fois. Par exemple, le fait que la pandémie ait mieux fait ressortir l'importance du dérèglement climatique, est affirmé comme une évidence alors qu'elle ne l'est pas !
On ne comprends pas si Jean Viard cherche à forcer la réalité à se conformer à ce qu'il dit ou s'il cherche à se convaincre lui-même.
L'auteur fait des retours réguliers à l'histoire (récente) de la France pour replacer dans le contexte. cela donne parfois l'impression d'avoir l'avis d'un "ancien" un peu déconnecté du présent. Par ailleurs il traite de la gestion des espaces (sa spécialité apparemment) où on parle d'humains en matière de flux et de stock ou encore où on peut se dire rural de Marseille. Nous ne pratiquons clairement pas le même langage pour réussir à se comprendre. Je dois l'avouer: je ne suis ni bon en histoire, ni en aménagement du territoire. Mais ce n'est pas la lecture de ce livre qui pourra m'aider à mieux comprendre ces deux domaines, hélas !

Peut-être suis-je un peu dur dans ma critique. Comme je l'ai indiqué en préambule , ma déception est à la hauteur de mes espoirs . Il y a tout de même quelques bons passages dans ce livre (voir mes citations), notamment certaines idées pour faire évoluer la démocratie locale dans les territoires ou encore pour adapter l'agriculture.

Lien : http://millefaces.free.fr/Ne..
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
JibyJiby   12 juillet 2021
La civilisation industrielle est derrière nous. Elle laisse un monde qui sera entre 0,6 et 1,3 °C plus chaud en 2050, et auquel nous devons nous préparer. Localement, chacun doit regarder le climat 500 kilomètres au sud et commencer de grands travaux d'adaptation. Ombre et lumière, isolation, nouvelles plantations, changement des espèces d'arbres et de vignes... Mais la civilisation qui s'achève dans cette tragédie fut grandiose et innovante. La vie s'y est allongée comme jamais. Les guerres mondiales y ont été contenues, le monde numérique, scientifique et technologique a changé le quotidien, a permis la réunification d'une humanité éparse. De considérables créations artistiques, intellectuelles, scientifiques, ont été faites. Immenses avancées. Mais le point de rupture qui s'annonçait vient d'être atteint. Le Covid-19 est l'avant-garde d'un combat plus large. Il prolonge la COP 21. La bouscule et la légitime. La popularise.
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JibyJiby   12 juillet 2021
Peu à peu, l'école, les maires, puis les petites et moyennes entreprises, a ègalité avec la justice et la police, parurent aux citoyens plus protecteurs des valeurs républicaines que l'armée ou le président de la République -plus encore que les autres élus ou les syndicats, sans même parler des médias. Autrement dit, le proche que l'on visualise l'école, le maire et les entreprises petites et moyennes - parut plus défenseur des valeurs républicaines que les institutions plus lointaines : le proche avait gagné dans la bataille des appartenances positives. Dans certains quartiers où ces structures manquent, on se regroupa hors métropole, sur les ronds-points, et dans les « quartiers », à la mosquée, qui put « faire office de ». Car à défaut d'incarner la République, ces « équipements » sont devenus le cœur du lieu de proximité, avec l'école. Ils sont souvent les deux seuls « équipements » visibles. Ce qui signifie aussi que renforcer le sentiment d'appartenance à la République passe par l'augmentation de la visibilité de ces cinq « équipements » : école, mairie, entreprises, police, justice. Mais comment faire, alors qu'une économie mondialisée semblait la seule logique légitime et soutenue par les actionnaires et les fonds de pension? Nous étions sans solution. Si ce n'est de faire confiance à un dit « plafond de verre » qui bloquait la montée des populistes et à un investissement croissant dans des forces de l'ordre de plus en plus brutales. Et puis le plafond de verre fut franchi aux USA. Et puis le « front républicain » se lézarda en France. Le désarroi des peuples était incontrôlable. Les régimes autoritaires et nationalistes gagnèrent en Inde, aux USA, en Turquie, en Russie, en Pologne, en Hongrie, au Brésil..., et le totalitarisme consolida son pouvoir en Chine. Et que faire d'autre ? Comment répondre aux désirs de protection des milieux qui n'étaient pas assez « capés » pour se protéger eux-mêmes ? Logique incompréhensible aux gens dotés en capital culturel, économique ou familial.
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JibyJiby   12 juillet 2021
Pour avoir été élu moi-même dans une mairie de secteur, la mairie de Marseille et la Métropole Aix-Marseille-Provence, je peux témoigner qu'en six ans de mandats, pas une seule fois je n'ai assisté à un débat menant à une élaboration commune des décisions - sauf à l'intérieur du groupe auquel j'appartenais. Ailleurs, je n'ai vu que des positions et des affichages. Les décisions étaient prises avec les entourages du maire de Marseille ou du président de la métropole. Ensuite, il y avait des négociations entre les différents maires de la métropole pour partager les projets et les budgets. Souvent, en réalité, pour redistribuer par commune, au prorata de leur population, les budgets réunis dans l'instance supérieure. Immense travail d'usine à gaz pour redescendre des seaux pleins du sommet où on les avait rassemblés. Je ne dis pas du tout que les élections ne servent à rien. Elles orientent l'action publique par le choix culturel du groupe majoritaire. Mais ensuite, comme pour les débats à l'Assemblée ou au Sénat, la partie publique est vide du projet démocratique d'élaboration partagée. L'espace gris qui entoure l'institution, les discussions informelles, les réflexions des différents partis, renouvellent un peu les positions. Mais l'empilement de structures où on répète le même choix sur une scène sans public est proche de Kafka.
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JibyJiby   12 juillet 2021
La nouvelle agriculture se heurte à la question du foncier. Les jeunes agriculteurs ne peuvent plus passer leur vie à acheter le sol, cela ne peut pas être un objectif. Ceux qui entrent dans le métier ne doivent pas porter cette charge, qui est bien trop lourde. C'est un énorme capital immobilisé, et s'en libérer permettent un travail plus qualitatif sur l'innovation et les marges économiques. Il faut réfléchir à des coopératives foncières régionales qui représentent les terres en viager pour les louer. Peut-être avec des actionnaires ruraux ou des résidents secondaires. Le bail pouvant être très long, et même transmissible. Il y a de nombreux pays en Europe, comme l'Allemagne, où les paysans ne sont pas propriétaires de la terre. La terre est aussi un enjeu symbolique : séparer le foncier du paysan, c'est faciliter les arrivées et rompre avec la logique selon laquelle si on n'est pas de la famille ou du milieu, on n'a pas sa place.
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JibyJiby   12 juillet 2021
L'hypertrophie des appareils de gestion par rapport à la place laissée à ceux qui agissent est apparue au grand jour. Dans les hôpitaux français, il y a 30 % de gestionnaires, alors que, on l'a appris dans cette crise, il y a 20 % dans les hôpitaux allemands. On est donc, en France, suradministrés, et cela prend du temps aux soignants (reportings, réunions, etc.). Même chose pour la police, l'éducation et autres administrations. La société française est apparue hyperbureaucratisée, avec une telle dilution des prises de responsabilité individuelle que toutes les décisions sont lentes, et souvent loin du terrain. Or, dans cette crise, on a vu un lien direct entre ceux qui font et ceux qui décident - y compris le gouvernement et les élus locaux -, et entre les deux, il y a des niveaux de décision intermédiaires qui risquent d' être fortement contestés. Cela vaut aussi dans de grands groupes privés.
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Videos de Jean Viard (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Viard
Comment concilier les cultures les plus locales, les traditions et le monde que dessine la révolution technologique et numérique ? L'avenir est à la paysannerie — c'est le fil rouge de l'essai que présentera Jean Viard, l'un des plus grands sociologues français.
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