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ISBN : 1095718436
Éditeur : Agullo (06/09/2018)

Note moyenne : 4.01/5 (sur 69 notes)
Résumé :
« Lorsqu’on s’engage sur la voie du djihad, il n’y a pas de retour en arrière possible. »

Algérie, 1992. Une poignée de généraux, les « janviéristes », ont pris le pouvoir. L’état d’urgence est déclaré, les islamistes pourchassés ont pris les armes. Le pays sombre dans une violence sans précédent… Tedj Benlazar, l’agent de la DGSE, suit de près les agissements du tout puissant service du renseignement militaire, le sinistre DRS qui tire toutes sortes ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
nadiouchka
  21 septembre 2019
« La guerre est une ruse » (« Al Harb Khoudraa », nom que l'on trouve dans l'épigraphe : « Al Harb Khoudraa tu sais ce que ça veut dire ?
Ça veut dire, la guerre est une ruse.
Mohamed Merah, à un agent de la DCRI lors du siège de son appartement, le 21 mars 2012. »
Épigraphe (une phrase extraite du Coran).
Cet ouvrage a été écrit par Frédéric Paulin qui nous offre des romans noirs depuis environ une dizaine d'années.
Comment chroniquer un tel livre, aussi dense, sur un sujet aussi sensible, et cela d'autant plus qu'il s'agit d'un premier volet ?
Un livre plus que noir avec cette guerre en Algérie, au début de la guerre civile qui a causé tant et tant de morts.
Une terrible question se posait : « La France est elle capable de sauver l'Algérie du péril qui la menace ? La France est elle capable, devant l'horreur à venir, de ne pas considérer l'Algérie uniquement comme une partie de son carré africain ? «  (…) La violence s'est abattue sur l'Algérie il y a bien longtemps. Et lorsque les Français ont été chassés du pays en 1962, la violence a continué avec la prise de pouvoir du colonel Boumédienne, en 1965 .» (p.9). Il faut rappeler que le conflit s'est déclenché quand l'armée algérienne (laïque et nationaliste) a annulé des élections qui allaient rendre victorieux le FIS.
On trouve des « janviéristes » ( quelques généraux qui ont pris le pouvoir) – des hommes politiques français et d'autres algériens, des terroristes islamistes qui ont commis les attentats de 1995 à Paris ainsi qu'à Lyon – des personnages soit réels soit inventés.
On y voit des officiers du DRS ( Département du Renseignement et de la Sécurité) qui, pour « interroger » des islamistes supposés, le font dans la Villa Coopawi en utilisant la torture – la grande influence du FIS ( Front Islamiste du Salut) avec les répercussions sur la politique française et son influence en Afrique – le GIA (Groupe Islamiste Armé).
On côtoie des personnages comme Rémy de Bellevue ainsi que Tedj Benlazar – Khaled Kelkal – le général Toufik (entre autres) ...
On se retrouve à Aïn M'guel, à un peu plus de cent kilomètres de Tamanrasset : « le pays du vent » - « le pays de la soif » ou « le pays de la peur ». On y trouve ici et dans de nombreux autres lieux, tout aussi sinistres, des camps de concentration où la mort était quotidienne.
On voit que Raouf Bougachiche, qui travaillait auparavant en tant que postier à Aïn M'guel, est victime d'une rafle, alors qu'il participait à un mouvement d'occupation des places, déclenché par le FIS (déjà un parti légal) – une manifestation d'abord autorisée par le pouvoir – mais l'armée, se servant de cette insurrection, intervient de façon violente.
Le FIS avait remporté les élections mais « les barbus » n'en avaient pas tenu compte et, ayant créé plusieurs groupes armés, ont fait monter l'horreur en escalade.
On observe comment la DGSE est un peu partout (Alger, Blida, Oran…) - ses agents (et surtout Tedj Benlazar), font le lien entre le service de renseignement de l'armée algérienne et ses supérieurs à l'ambassade de France (où le commandant Bellevue a pour mission principale d'éviter que le conflit dégénère sur le sol français).
On apprend comment Benlazar récupérait des renseignements : il le faisait par l'intermédiaire d'un certain Khaldoun Belloumi, qui ne se juge pas un indicateur comme les autres : il est « le James Bond algérien ».
Dans ce récit très dense - où l'intrigue est plus que complexe – avec toutes les références Historiques – « La Guerre est une ruse » a le mérite de nous décrire en long, en large et en travers, toute une foule d'événements qu'il faut, parfois, relire car il y a des retours en arrière et, dans un ouvrage d'une telle force, il ne faut pas en rater une seule ligne. Parfois, je relisais un chapitre pour m'y retrouver mais ce n'est pas un reproche car il faut absolument observer quelles étaient les réactions politiques d'un côté (la France) comme de l'autre (l'Algérie). de nombreuses surprises justement, provenant des réflexions sur les observations des mouvements algériens où tant d'habitants (des innocents comme des coupables), ont été pris en otage ou ont subi les pires des tortures…. Un livre choc, un grand coup de poing au creux de l'estomac si on n'a pas connu cette période.
Frédéric Paulin s'est tellement investi dans ces événements si graves, qu'il a entrepris une oeuvre ambitieuse et immense avec ce récit « de terreur inauguré par les attentats du 11 septembre. » Il faut d'ailleurs saluer son énorme travail de recherches et ce n'est pas fini…
D'ailleurs, je voudrais signaler les nombreux prix qu'il a reçus pour ce livre : Prix des Lecteurs Quais du Polar / 20 minutes 2019 – Grand Prix du Roman Noir Français 2019 au Festival International du Film Policier de Beaune – Étoile du Polar 2018 le Parisien (parmi d'autres...)

On peut déjà dire que : « La guerre ne rend pas les hommes meilleurs, elle les transforme en bêtes féroces. » (p.254) Et : « Lorsque trop de temps passe, le pardon est impossible. » (p.369)
A suivre : « Les Prémices de la chute »…..
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Ogrimoire
  24 juin 2019
Dès les premières pages, on est au jus : un agent français rencontre discrètement l'un de ses « honorables correspondants ». Enfin, discrètement… le commandant algérien a soudain l'impression d'être surveillé. Et, dans les jours qui suivent, les deux hommes disparaissent dans des accidents bien pratiques…
Et dès lors, tout s'enchaîne. Rémy de Bellevue se retrouve rapidement obligé de rentrer à Paris, privant le bureau en Algérie de son immense expérience du terrain et de ses réseaux. Tedj, après avoir dû retourner à Paris, après avoir mis un en danger de ses informateurs, revient à Alger. Et la situation continue à se dégrader.
Ce qui est impressionnant, dans ce livre, c'est à la fois la description assez « clinique » de la situation, des intrigues des services, de la concurrence entre les agents – on ne peut pas dire que la bienveillance soit vraiment de mise ! -, associée à une atmosphère très étouffante, autant du fait du climat que de l'angoisse de la population.
Ce qui est très malin, également, c'est la façon qu'a Frédéric Paulin de mêler la grande Histoire – les événements en Algérie, la montée du FIS et ses conséquences, la politique en France et son influence en Afrique… – avec l'histoire individuelle de ses acteurs. Ici, le roman nous fait partager la vie de Rémy de Bellevue, et celle de Tedz Benlazar, en particulier. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ce sont de sacrés personnages !
On suit également de nombreux autres personnages, des agents algériens, des agents français, de simples citoyens de chaque côté de la Méditerranée, broyés par un système…
Il y a un seul point, dans la construction, auquel je n'ai pas totalement adhéré. Par moments, alors que la narration passe d'un personnage à un autre, on se retrouve avec des retours en arrière dont on ne voit pas forcément la nécessité. Mais cela reste un épi-phénomène, même si, à au moins deux reprises, j'ai relu quelques pages déjà passées pour vérifier qu'il n'y avait pas confusion.
Une vraie histoire de barbouzes, sérieux, informé, et qui nous renvoie à des événements que – pour les plus de 35 ans, encore – nous n'avions probablement pas compris pour ce qu'ils étaient…
Lien : https://ogrimoire.com/2019/0..
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Archie
  15 avril 2019
Un livre noir, très noir ! Peut-être trop noir, car à force de ne rechercher que la noirceur, on peut devenir ennuyeux et déprimant.
La plupart des événements prennent place en Algérie, entre 1992 et 1995, soit au début de la guerre civile qui fit plus de cent mille morts dans le pays, et qui prit fin quelques années plus tard, à l'arrivée à la présidence d'Abdelaziz Bouteflika. On rappelle que le conflit se déclencha lorsque l'armée algérienne, de conviction laïque et nationaliste, annula des élections sur le point de donner la victoire aux fondamentalistes du FIS, le Front Islamique du Salut. Au-delà de ce fait avéré, difficile de dire si le contexte historique dans lequel se situe l'intrigue du roman correspond à une réalité vérifiée ou s'il s'agit d'une thèse de l'auteur.
La narration met aux prises des personnages des services secrets français et algériens, du haut commandement de l'armée algérienne, et du GIA, le Groupe Islamique Armé, l'organisation terroriste de sinistre mémoire qui sera mise en cause dans les attentats de 1995 à Paris et à Lyon. L'auteur mêle les personnages fictifs et des personnalités ayant effectivement existé : des hommes politiques français, des terroristes islamistes passés à l'action en France.
L'intrigue est extrêmement complexe et malgré de longues et répétitives explications, je ne suis pas certain d'avoir saisi les intérêts des uns et des autres, d'avoir compris qui manipule qui, ni d'avoir fait la part des ambitions secrètes, des compromissions et des retournements de vestes.
De quoi s'agit-il ? le personnage principal, Tedj Benlazar, est lieutenant à la DGSE. Ce Français d'origine algérienne a l'intuition d'une terrifiante conspiration imaginée par des officiers algériens. Leur projet serait d'infiltrer le GIA pour lui faire porter le chapeau de massacres qui, en discréditant les religieux, consolideraient le pouvoir de l'armée. Certains massacres pourraient même être programmés en France … pour des motifs tortueux dont je ne me souviens plus... Tant pis !
Conformément aux canons de la littérature policière de base, le lieutenant Benlazar ne parvient pas à convaincre ses supérieurs, des faibles ou des naïfs comme il se doit. Il est vrai que la plupart n'ont jamais mis le pied en Algérie. Pour ne rien arranger, Benlazar est lui-même aux prises avec des souvenirs et des tracas personnels dramatiques, qu'il occulte plus ou moins. Une partie romanesque plutôt tirée par les cheveux, où apparaissent des personnages secondaires, dans des rôles bancals, éphémères et sans utilité.
Très peu de mouvement dans ce livre qui se voudrait captivant. Les chapitres se suivent, sans rythme, sans surprise. Cela donne un texte sans âme, monocorde, constitué de phrases courtes et rudimentaires, au vocabulaire et à la syntaxe simplistes.
L'auteur a pu être inspiré par Pukhtu, un exceptionnel roman de guerre dans l'Afghanistan d'il y a une dizaine d'années. Malheureusement, La guerre est une ruse est loin d'atteindre le niveau de ce thriller romanesque complexe et très violent, qui m'avait passionné et tétanisé en même temps.
Je me méfie toujours – peut-être à tort ! – des thèses complotistes sur des manipulations « secret défense ». En tout cas, elles ne me fascinent pas. J'ai donc juste trouvé le livre ennuyeux et sinistre, avec une forte envie d'arriver vite à la fin, non pas parce que j'en attendais le dénouement avec fébrilité – j'aurais d'ailleurs été déçu ! –, mais simplement pour pouvoir passer à autre chose.

Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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monromannoir
  19 septembre 2018
On recense près de six cent ouvrages publiés qui se bousculent sur les présentoirs des librairies, à l'occasion de la rentrée littéraire où la logique de diversité cède peu à peu le pas à un constat plutôt effrayant où l'on s'aperçoit que le livre est en train de tuer le livre. Difficile, dans un tel contexte, qu'un ouvrage puisse émerger ou que l'on soit capable de le désigner comme étant le grand roman de cette rentrée à moins d'avoir lu l'ensemble des livres parus. Pourtant il convient d'affirmer haut et fort que La Guerre Est Une Ruse de Frédéric Paulin figure justement parmi les romans qui vont compter dans ce paysage littéraire encombré et qu'il faut impérativement découvrir ce récit remarquable qui couvre la période trouble des événements méconnus de la guerre civile d'Algérie des années 90 jusqu'au terrible attentat du RER à la station Saint-Michel. Première partie d'une trilogie annoncée, les éditions Agullo ne se sont pas trompées en accueillant dans leur collection leur premier roman français intégrant, avec une rare intelligence, une intrigue prenante où les faits historiques s'enchevêtrent à la fiction permettant d'appréhender avec une belle clairvoyance les contours d'une situation géopolitique complexe mais ô combien passionnante.
En 1992, l'Algérie entre dans une phase sanglante de répression avec l'armée prenant le contrôle du pays en interrompant le processus législatif qui voit la victoire des partis islamistes. Ce sont désormais quelques généraux, les «janvieristes», qui tiennent les rênes du pouvoir. Dans ce contexte de guerre civile, Tedj Benlazar, agent du DGSE, observe les rapports troubles et les liens étranges qui s'opèrent entre le DRS, puissant Département du Renseignement et de la Sécurité et les combattants du Groupe Islamique Armé. Manipulations, infiltrations, tous les moyens sont bons pour ces militaires s'accrochant au pouvoir afin de faire en sorte d'obtenir le soutien de la France pour poursuivre leur combat acharné contre les groupuscules terroristes, quitte à exporter le conflit du côté de l'ancienne métropole. Localisation d'un camp de concentration, évasion massive d'un pénitencier et autres rafles féroces dans la casbah, Tedj amasse les preuves et les renseignements sans parvenir à convaincre sa hiérarchie. Il y a pourtant urgence, car des hommes déterminés comme Khaled Kelkal sont prêts à déverser leur haine et leur folie destructrice dans les rues de Paris.
Perspicacité et efficacité, à n'en pas douteur le lecteur se retrouve rapidement embarqué dans ce contexte historique intense où l'on découvre cette décennie noire de guerre civile qui ensanglanta l'Algérie au début des années 90. En débutant son récit par la localisation d'un « camp de sûreté » à Aïn M'guel, une région désolée subsaharienne où la France effectua des essais nucléaires sans prendre la moindre précaution vis à vis des habitants victimes, aujourd'hui encore, des effets radioactifs dévastateurs, l'auteur parvient en quelques chapitres à saisir aussi bien les effets pernicieux de la colonisation que les exactions des autorités algériennes tenant à tout prix à éviter que le pays ne devienne un république islamique. Partant de ce principe, tous les moyens sont bons pour y parvenir. Tortures, infiltrations, manipulations et déportations massives, dans un climat de violence institutionnalisée, Frédéric Paulin dresse un panorama sans concession et absolument captivant des officines qui contribuèrent à maintenir au pouvoir une clique de militaires détenant une légitimité imparable en se proclamant « sauveurs de l'Algérie ».
Parce qu'il parvient à concilier un souffle romanesque dans une dimension historique où les personnages fictifs côtoient les acteurs réels qui ont joué des rôles importants durant cette période meurtrière à l'instar de Khaled Kelkal ou du général Toufik ; parce qu'il parvient également à mettre en scène des faits tangibles, mais méconnus, qui ont marqué l'actualité algérienne à l'exemple de ces 1'200 prisonniers qui se sont évadés du pénitencier de Tazoult, Frédéric Paulin entraîne le lecteur dans le tumulte de cette guerre civile en mettant en perspective l'attentisme des autorités françaises soucieuses de préserver leurs intérêts économiques sans trop vouloir s'impliquer dans cette lutte armée qui pourrait ressurgir sur leur territoire. Et c'est bien évidemment tout ce basculement du conflit d'un pays à l'autre que l'auteur décrit avec une précision minutieuse tout au long de cette fresque dantesque qui prend l'allure d'un réquisitoire sévère ne versant pourtant jamais dans la diatribe vaine et inutile.
Avec un texte précis dont l'énergie folle nous rappelle les meilleurs romans d'Ellroy, Frédéric Paulin, en conteur hors pair, parvient à saisir, avec une acuité déconcertante, toute la densité d'une situation géopolitique complexe sans pour autant perdre le lecteur dans la multiplicité des intentions parfois contradictoires des diverses factions rivales. C'est en partie dû au fait que l'on suit, avec constance, les pérégrinations de Tedj Benlazar, cet agent du DGSE qui devient le témoin de ces circonvolutions historiques d'une époque trouble en bénéficiant de l'aide et du regard avisé de son mentor vieillissant, le commandant Bellevue, vieux briscard des renseignements français. Plongé au coeur de l'action, le personnage de Tedj Benlazar ramène constamment le lecteur vers une dimension plus humaine des terribles événements qui ponctuent cette intrigue au souffle à la fois dense et épique. Et pour compléter ce regard plus terre à terre, on appréciera également, dans le registre des personnages fictifs, ces portraits de femmes que l'on croise au cours du récit en apportant toute une palette d'émotions salutaires permettant d'entrevoir tout l'aspect tragique des victimes collatérales à l'instar de Gh'zala fille de la Casbah ou de Fadoul, la maîtresse de Bellevue. Bien plus que des faire-valoir, ces femmes de caractère contrent les velléités des bourreaux tout en faisant face à leur destin en incarnant une certaine forme de résistance qui prendra probablement plus d'importance dans la suite de cette trilogie annoncée.
Vision saisissante d'une guerre civile à la fois méconnue et monstrueuse basculant imperceptiblement sur la thématique anxiogène du terrorisme frappant les nations occidentales La Guerre Est Une Ruse est un roman essentiel nous permettant de poser un regard lucide sur ce personnage du terroriste que l'on aurait tendance à nous présenter comme un monstre sorti de nulle part à l'image de ce que l'on a pu faire avec le phénomène des sérial killers. Exactions, radicalisations et manipulations, ce constat clairvoyant n'en est pas moins effrayant car Frédéric Paulin place l'humain au coeur du récit avec tout ce qu'il y a de plus terrible pour qu'il puisse parvenir à ses fins, quitte à employer la ruse comme moyen ultime. Un roman époustouflant qui laisse présager une suite dont la force d'impact ne manquera pas de heurter le lecteur de plein fouet.

Frédéric Paulin : La Guerre Est Une Ruse. Editions Agullo 2018.
A lire en écoutant : Rock El Casbah de Rachid Taha. Album : Tékitoi. Barclay 2004.
Lien : http://monromannoiretbienser..
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Mome35
  13 octobre 2019
Trente ans après la fin de la guerre d'Algérie en 1992, l'ancienne colonie (province ?) française suscite encore bien d'interrogations au sein des instances gouvernementales hexagonales. Des généraux (les janvieristes) ont pris le pouvoir comme avaient failli le faire le quatuor français à Alger (Salan, Zeller, Jouhaud et Challe) lors du putsch du 21 avril 1961. Les Islamistes ont pris les armes et le maquis comme leurs prédécesseurs, les Fellaghas du FLN dès 1954. le chaos s'établit dans l'Algérie, tout comme 30 ans auparavant.
Tout cela inquiète la DGSE et notamment Tedj Benlazar, un de ses agents d'origine algérienne détaché dans son pays d'origine où la France possède toujours des bases arrières. Tedj Benlazar en vient à soupçonner l'armée algérienne et surtout son service de renseignement la DRS de jouer double jeu avec certains membres du GIA pour fomenter des attentats et donc semer la zizanie. Contre sa hiérarchie, il va enquêter au péril de sa vie et on va suivre son cheminement tout au long du roman, faisant de multiples rencontres, dont celle d'une jeune étudiante fiancée à un membre du GIA qui perdra la vie et dont il espère les faveurs, et d'autres éléments moins recommandables comme Djamel Zitouni, le futur commanditaire du massacre des moines de Tibhirine le 26 mars 1996.
A travers son héros principal, Frédéric Paulin reconstitue un pan de l'histoire algérienne et par là-même française. Il décline cette oeuvre ambitieuse en trois volets dont le second « prémices de la chute » est déjà dans les bacs. Si le premier tome était uniquement axé sur le conflit algéro-français, il préfigure déjà la suite avec l'essor planétaire du terrorisme djihadiste et les foyers d'infection qui éclatent un peu partout, Bosnie, Afghanistan, pour se prolonger avec les attentats de New-York. Tedj Benlazar n'a pas fini de courir et de risquer sa peau pour son créateur.
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critiques presse (1)
LeMonde   21 septembre 2018
La guerre est une ruse est la chronique des années de plomb algériennes. Un retour à la décennie sanglante, matrice, selon l’auteur, du terrorisme qui continue à frapper aujourd’hui. Très documenté, mettant en scène personnages imaginaires et historiques, le roman est solidement ancré dans la réalité.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   21 septembre 2019
La guerre contre les maquis n’avait rien à voir avec la théorie qu’on lui avait enseignée : la guerre, c’était aussi l’avilissement de l’ennemi, son humiliation, sa destruction psychologique, une violence qui ne rebutait pas la bête féroce.
P.76
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rkhettaouirkhettaoui   22 avril 2019
La Casbah baisse la tête.
Elle n’est plus aussi bruyante qu’autrefois.
La vie continue, mais quelque chose dans le regard des gens, dans leur voix reste retenu, gardé pour plus tard. Quelque chose a changé, oui : ici, comme partout à Alger, les couleurs ne sont plus aussi gaies, le bleu du ciel est moins azur et le blanc des maisons chaulées, plus terne.
Les soldats patrouillent dans le dédale des ruelles, mais tout le monde sait que les intégristes sont tapis dans l’ombre de la douzaine de mosquées. Eux, ils se sont souvenus de l’Histoire, du FLN qui avait fait de la Casbah, la « forteresse », leur base à l’intérieur d’Alger. Le labyrinthe de rues étroites et tortueuses n’est d’ailleurs pas le principal atout du quartier : en sautant de toits en terrasses, il est possible de rallier la Haute Casbah et la Basse Casbah sans poser les pieds au sol. Ça, les habitants le savent, les flics et les soldats semblent l’avoir oublié.
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mimipinsonmimipinson   06 septembre 2018
Ce lien contre nature entre militaires et islamistes engendrera inévitablement le grand bordel. Le grand bordel, comprendre l’importation des problèmes algériens en France.
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luocineluocine   28 janvier 2019
Car derrière l’unité de façade de l’armée face à la barbarie des islamistes, les guerres fratricides font rage entre les officiers de haut rang. Il n’y a pas de fraternité militaire qui tiennent longtemps face à la convoitise. Et la convoitise anime tout ce qui approche de près ou de loin le pouvoir, civils comme militaires.
L’Algérie est riche. Nonobstant la terrible crise économique qui sévit et la quasi-tutelle du FMI, l’Algérie est très, très riche. Dans le Sahara se trouve les troisièmes réserves de pétrole d’Afrique et le tiers de son gaz. L’Algérie et un coffre-fort ouvert dans lequel puisent les généraux et les ministres depuis longtemps.
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rkhettaouirkhettaoui   22 avril 2019
Personne n’est capable de blesser Bellevue, c’est certain. Le cancer, c’est autre chose, le cancer, c’est personne, c’est le hasard d’une mauvaise cellule qui dégénère.
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Interview de Frédéric Paulin.
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