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ISBN : 2265063908
Éditeur : Fleuve Editions (08/04/1998)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Le temps est censé passer moins vite à bord des nefs voyageant à une vitesse proche de celle de la lumière. Pourtant, Kerl n’est plus qu’un vieillard à son retour de la planète Dzêta Bootis, tandis que Sue, demeurée sur Terre, n’a pas pris une ride en cinquante ans.

Ce paradoxe n’est que le premier d’une longue série d’événements en contradiction avec la théorie de la Rationalité. Qui est le fouinain, cet oracle extraterrestre improbable que l’on dira... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Dionysos89
  22 avril 2015
Honnêtement, je n'étais pas prêt. Pas prêt à la complexité qu'offrent l'écriture et l'imaginaire de Roland C. Wagner. Pas prêt non plus à subir une telle loufoquerie sérieuse et maîtrisée. Pas prêt, enfin, à suivre les pérégrinations d'un vieillard à la recherche d'un amour de jeunesse dans un monde qui part totalement en vrille.
Au fond, la force de Roland C. Wagner était sûrement de frapper fort et de frapper bien. Dans ce récit de science-fiction à la fois lointaine (en temps) et proche (dans sa dimension sociale) de notre monde, nous suivons Kerl de retour d'un voyage galactique qui n'a pas empêché son vieillissement comme prévu. du coup, au lieu de revenir en fringant jeune homme, il est de retour sous l'apparence d'un homme vieillissant. Comble supplémentaire et surtout pas le dernier, Sue, sa chère et tendre a, elle, subi une altération du corps et de la personnalité, puisqu'elle se retrouve en prostituée servile sans âme mais dans un corps qui n'a pas bougé d'un poil. La quête de son amour perdu va ainsi constituer l'intrigue principale à laquelle vont se greffer quantité de récits secondaires mais imbriqués.
Il est évident que les personnages choisis par Roland C. Wagner sont très forts dès le départ, mais leur progression, leur façon d'être travaillés par le récit, tout cela leur confère une dimension plus dense et plus attractive à la fois. L'amour impossible et constamment en fuite en avant de Kerl et Sue tient parfaitement la distance, mais est valorisé par l'entremise de nombreux personnages secondaires, notamment le fouinain dont les oracles mystiques sont aussi clairs que du pétrole. Et que dire de ces Salvoïdes, clones un peu dégénérés d'un comique spécialisé dans les jeux de mots, qui font le contrepied parfait à la philosophie Néopure qui domine l'univers de Poupée aux yeux morts et qui nous guette bien trop souvent.
À l'aide d'un sens aigu du mot complexe et du concept bien utilisé, l'auteur réussit à la fois à aborder de nombreux pans dites « classiques » de la science-fiction, tels le voyage dans le temps ou les transports galactiques, et à glisser vers la science-fiction sociale qui caractérise l'écriture française au tournant de l'année 2000, puisque Yal Ayerdhal, Jean-Marc Ligny et, dans une moindre mesure, Laurent Genefort font également preuve d'un sens social dans leurs oeuvres respectives, en mettant l'humain en tant qu'acteur de sa société au centre de leurs différents récits. Dans cette optique, le lecteur pourra facilement déceler une vive critique de la religion de la part de l'auteur, dans le sens entendu d'une manipulation des masses pour une entreprise souvent bassement matérielle. Ajoutez à cela un monde en déliquescence décrit de telle manière qu'il colle parfaitement au nôtre sans jamais y être confondu, et vous aurez une oeuvre majeure de la science-fiction française récente.
Roland C. Wagner, dont il faudra évidemment que j'attaque le volumineux et multi-primé Rêves de gloire un jour, a tout ce qu'il faut dans son écriture : de l'imaginaire foisonnant et loufoque au sein d'une intrigue toujours tortueuse mais jamais dénuée de sens actuel.
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BlackWolf
  02 décembre 2014
En Résumé : J'ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman qui nous propose de suivre Kerl dans sa quête d'un amour impossible, qui va se révéler être un récit bien plus complexe et fascinant que cela. Entre aventure, amour, satire politique et humour on obtient une histoire dense et terriblement efficace malgré un démarrage peut-être un peu lent. L'univers qui nous est présenté se révèle solide et offre de nombreuses réflexions, même si j'aurai aimé en savoir plus sur certains aspects. Surtout avec ce roman l'auteur nous offre une définition large de la science fiction, allant du raisonné vers l'improbable en passant par d'autres genres et surtout sans jamais se perdre ni rendre l'ensemble absurde ou ennuyeux. Les personnages se révèlent complexes, attachants et entrainants, j'ai juste eu du mal à accepter le fait que le héros ait plus de 70 ans au vu de toutes les péripéties qu'il rencontre. Je regrette par contre une certaine longueur qui apparait dans le dernier tiers du récit, un humour à base de jeux de mots dont j'ai eu du mal à accrocher et certains artifices facilement devinables, mais bon rien de bloquant ou de complètement dérangeant. La plume se révèle entrainante, efficace et soignée et je lirai sans soucis d'autres écrits de l'auteur.

Retrouvez ma chronique complète sur mon blog.
Lien : http://www.blog-o-livre.com/..
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Durdane
  15 mai 2009
Premier roman ambitieux de Roland C. Wagner, après le Serpent d'angoisse et Un Ange s'est pendu, Poupée aux yeux morts, qui comprenait dans sa première édition trois volumes, conte les tribulations de Kerl, un voyageur de l'espace qui, à la suite d'une panne sur son vaisseau, a vieilli durant le trajet. Ce septuagénaire tente de retrouver Sue, la bien-aimée qu'il a délaissée cinquante ans plus tôt, laquelle n'a paradoxalement pas pris une ride depuis qu'elle a été conditionnée pour devenir une prostituée.
Cette quête sentimentale se double vite d'une autre, à l'échelle cosmique. En effet, la rationalité est de plus en plus souvent prise en défaut : il semble qu'une autre logique venue du fond de l'espace, la Perturbation, progresse vers la Terre. Les premiers éléments de cette menace sont donnés à Kerl par l'intermédiaire d'un Fouinain, un extraterrestre dont le physique comique ne masque que mieux l'étendue des pouvoirs psychiques. C'est cependant à l'astronaute de rassembler en un tout cohérent les indices qu'il glane au cours de péripéties rocambolesques ; les Matraqueurs, qui hantent le métro et s'expriment en langage minimaliste, les Salvoïdes, clones dont la fonction même de faiseurs d'horribles jeux de mots est un mauvais jeu de mots, les Transylvaniens qui dansent en effectuant de courts sauts dans le temps, les Néopurs, ex régime fort mais encore puissant, d'un puritanisme exacerbé, renversé par la Rationalité et sa rigidité scientifique, comme d'autres extraterrestres ou d'autres personnages attachants, constituent, parfois sans en avoir conscience, un élément du puzzle. Références musicales et littéraires, principalement de Science-Fiction, culturelles en ce qui concerne les images du vieux Paris, scientifiques par rapport à la Perturbation sont autant de détails qui portent l'intrigue à un point d'ébullition.
L'art littéraire de Roland C. Wagner est de manipuler conjointement le motif et la trame. Comme dans Les Futurs Mystères de Paris, que ce roman préfigure, chaque motif de son puzzle répète un élément de la trame globale.
Comme toujours chez Wagner, l'action est rapide et échevelée, de multiples personnages se croisent, se perdent et se retrouvent, d'innombrables idées et postulats sont agités, concaténés pour finalement accoucher d'une théorie unifiée d'un univers imaginaire aussi foisonnant dans sa complexité que cohérent dans son ensemble. On sort d'une telle lecture un peu étourdi, mais ravi, ébloui par ce numéro d'équilibriste. Une réédition essentielle.

Lien : http://generationscience-fic..
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Le_chien_critique
  20 avril 2016
Et qu'ont-ils à rentrer chaque année les Artistes?
J'avais sur le futur des mains de cordonnier
Chaussant les astres de mes peaux ensemellées
La conscience dans le spider je mets les voiles […]
Je déchargeais des tombereaux de souvenirs
Nous étions une histoire et n'avions rien à dire
Moi je prendrai la quatrième dimension
Pour trisser dans l'azur mes jambes migratrices […]
Words Words Words, Léo Ferré
Voilà ce que représente pour moi l'imaginaire de Roland C. Wagner.
Les premières pages peuvent désarçonnées, l'auteur nous projetant dans un futur éloigné dont nous n'avons pas les codes, le langage. Puis, les pièces du puzzle trouvent leur place et il est difficile d'arrêter de suivre les pérégrinations du narrateur.
Un futur noir, où un parti politique traditionaliste est au pouvoir. L'art, la délinquance et autres anathèmes sont chassés de cette société. Kerl prend les commandes d'un vaisseau afin de sauvegarder ce patrimoine sur une planète lointaine, abandonnant sa compagne qui dit vouloir attendre son retour pendant plusieurs dizaines d'années comme les femmes des marins d'autrefois. A son retour, le parti traditionaliste a été renversé par un autre pouvoir qui veut renouer avec les racines de l'homme, recréant les activités culturelles oubliées.
Pas de « c'était mieux avant » chez Roland C. Wagner, qui dissèque le concept de plusieurs manières.
Sa vision est pharaonique, nous construisant, l'air de rien, un univers complexe, référencé, inventif, mélangeant les genres de la science-fiction, anticipation, space-opéra, voyage dans le temps, humour, Hard SF et thriller. Un page turner avant l'heure (avec cependant une baisse de régime à partir des 2/3 du roman, qui bascule dans la psychologie autour du concept de Gestalt).
Il se permet même de réécrire l'histoire des sciences de l'univers avec un talent certain.
Roland C. Wagner, sous une trame science-fictive, interroge, ausculte et dissèque notre présent pas très glorieux. Tout y passe, la prostitution, les inégalités, la précarité, le pouvoir, l'asservissement, la culture, les étrangers et la science… Sans verser dans le militantisme outrancier.
Roman actuel de par sa problématique avec les partis traditionalistes/populistes et de la sauvegarde de la culture, de l'exil et de l'identité face à un monde qu'on ne connait pas.
Cependant, Roland C. Wagner ne se prend pas au sérieux, l'humour est omniprésent dans le livre, inventant des races extra-terrestres plus loufoques les unes que les autres. Dont les fameux salvoïdes usant d'une arme mortelle, le «calembour assassin ».
Poupée aux yeux morts préfigure son cycle monumental Histoire d'un futur qui comprendra un sous cycle Les futurs mystères de Paris. Tous les thèmes présents y seront développés, sous des appellations différentes.
Une édition intégrale et remaniée par l'auteur est disponible chez les moutons électriques au prix de 8€ dans sa version électronique sans DRM. Pas très cher au vu du nombre de pages et de la qualité.
Merci Roland
Lien : http://lechiencritique.blogs..
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Lagaffe
  04 avril 2013
Merveilleux roman que cette poupée aux yeux morts. Ce roman est une belle histoire d'amour qui traverse littéralement le temps comme pourront le découvrit les lecteurs. Parallèlement à la recherche de cet amour perdu, Kerl le héros est au centre d'un bouleversement à l'échelle cosmique où toutes les lois physiques sont remises en cause et où l'impossible devient possible. Kerl rencontre de nombreux personnages hauts en couleurs qui sont autant de clin d'oeil à l'univers du rock et de la science fiction. On y cotoie Jimmy Hendrix, des descendants de Pierre Desproges croisé avec Coluche et Raymond Devos, un transylvanien surprenant, mais aussi des personnages plus sombre comme les néo-puritains ou des clones dont le seul objet est le jeu sexuel. Mais c'est une fin fantasque et pleine de folie que nous offre l'auteur.
Un livre formidable d'un auteur prématurément parti.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Dionysos89Dionysos89   30 mai 2014
Issus d’une espèce de grands carnassiers, ses semblables avaient failli s’anéantir à plusieurs reprises ; les guerres rituelles, reconduites d’année en année, avaient provoqué l’extinction de nombreuses tribus, puis la chute de non moins nombreux États, avant l’apparition d’une sorte de religion – une philosophie, plutôt – qui avait proscrit l’usage de la violence, à l’exception de l’automutilation. Pour les Portuvilliens, un pervers était un individu qui agressait ses semblables au lieu de s’en prendre à lui-même.
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Dionysos89Dionysos89   24 août 2014
Pour les salvoïdes, tout paraissait d’une simplicité confondante. Un serpent ne pouvait désigner qu’une ceinture, un condescendant un imbécile dans un ascenseur en route pour le rez-de-chaussée, et une poubelle une jolie femelle de parasite.

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Dionysos89Dionysos89   22 septembre 2014
Que restera-t-il de l’époque actuelle dans cinquante lustres, sinon une image déformée par l’alliance de l’oubli et de la nostalgie ?

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Dionysos89Dionysos89   09 mars 2015
Le décor volontairement sordide me semblait désormais grotesque. Cette prostitution n’avait rien de sordide. Elle se contentait d’être inhumaine.

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Dionysos89Dionysos89   05 septembre 2014
Le rire est le propre de l’homme. Et l’avidité en est le sale…

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Videos de Roland C. Wagner (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Roland C. Wagner

Zone Franche : Science-fiction et recherche en astrophysique : influences réciproques ? 4/4
avec Stephen Baxter, Roland C. Wagner, auteurs, Jean-Claude Dunyach, auteur et ingénieur aéronautique, Raphaël Granier de Cassagnac, auteur et physicien des particules et François Hammer, astrophysicien, chercheur au CNRS et fondateur du (GEPI) laboratoire Galaxies, Etoiles, Physique et Intrumentation de l'Observatoire de Paris-Meudon. Table ronde animée par Laurent Kandel. Traduction Sylvie Miller
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