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EAN : 9782874951398
286 pages
André Versaille éditeur (20/04/2011)
3.95/5   10 notes
Résumé :
Cet ouvrage retrace les phases essentielles de l'affaire Eichmann, depuis la capture du criminel de guerre en Argentine jusqu'à son exécution en Israël, en 1962. Annette Wieviorka, historienne et auteure de nombreux essais consacrés à la mémoire de la déportation, analyse les conséquences retentissantes de ce procès sans précédent. Le 11 avril 1961, à Jérusalem, s'ouvre le procès d'un ancien dignitaire nazi : Adolf Eichmann, responsable logistique de la " Solution f... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Roggy
  26 mars 2021
Je remercie Babelio et les éditions Archidoc pour cette lecture.
L'un des procès les plus retentissants ayant trait à la Shoah est retracé de manière très documentée depuis la traque d'Adolf Eichmann en Argentine, jusqu'à son exécution.
S'appuyant sur des témoignages, des biographies, des comptes rendus et des déclarations sous serment, ce procès exceptionnel, enregistré et retransmis en vidéo est motivé par 6 millions de victimes de l'Holocauste.
C'est la première fois que les vainqueurs jugent les vaincus !
Durant les 107 audiences et des mois de procès marqués par une ambiance solennelle et effrayante, Eichmann, l'allure martiale, reste froid et impassible à la lecture des chefs d'accusation.
On revient sur le rôle qui a joué cet assassin bureaucrate, qui tuait par des signatures et coups de téléphone.
Placé sous les ordres des 3H, Hitler, Himmler, Heydrich, Adolf Eichmann était devenu spécialiste des questions juives et s'est appliqué avec acharnement à débusquer les juifs protégés et à mettre en oeuvre la Solution finale.
Il se dit un tout petit rouage de la machine infernale obéissant aux ordres.
Pour plaider sa non-responsabilité dans la prise des décisions du commando de la mort, il remet en cause le fait que tout acte d'indiscipline chez les SS était passible de la peine de mort.
Le serment de loyauté qu'il a voué à Hitler ne pouvait ainsi être brisé.
Peut-il y avoir de la culpabilité s'il n'y a pas eu de responsabilité ?
Le bourreau qui n'a pas de sang sur les mains peut se sentir innocent ?
Ce procès inédit marque l'introduction de la force du témoignage personnel.
Des histoires racontées en détails qui remplissent d'effroi et qui font froid dans le dos.
On finira par pendre Eichmann mais on condamne également le silence du monde.
C'est le procès de l'antisémitisme. « C'est un grand acte d'engagement à travers la mémoire et le renouvellement du deuil »
La déshumanisation du nazisme a fait deux victimes : le peuple juif et le peuple allemand, qui est devenu une nation d'assassins et qui portera pendant des décennies le poids de la responsabilité
Pour ne jamais oublier !
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PrettyYoungCat
  31 mars 2021
"Comme je l'ai déjà dit, la classe dirigeante, à laquelle je n'appartenais pas, donnait des ordres. Je pense qu'elle mérite d'être punie pour les horreurs commises sur ses ordres.
Mais les subordonnés sont maintenant des victimes. Je suis l'une de ces victimes. On ne peut pas ne pas en tenir compte."
Voici en substance la ligne de défense de Eichmann réunie dans cette citation. Il n'a fait que répondre docilement aux ordres et il n'est en rien responsable ou coupable de les avoir appliqués. Il est donc une victime du procès qu'on lui fait d'avoir organisé la solution finale, à savoir la mort de 6 millions de Juifs.
Pourtant, comme le souligne Annette Wieviorka, la mémoire collective ne retiendra de Eichmann que l'essai de Hannah Arendt sur la Banalité du mal. Voyant en Eichmann un petit fonctionnaire s'appliquant à donner des ordres bureaucratiques...
Elle qui a pourtant très peu assisté au procès échafaude cette théorie qui sera maintes fois reprises, mais aussi de nature à créer la polémique.
Qui plus est dans son ouvrage ne souligne-t-elle pas la collaboration de certains Juifs avec l'appareil nazi, sous-entendant par là une participation active au génocide sans laquelle l'ampleur du massacre n'aurait pu atteindre de telles proportions... C'est rendre le peuple victime, bourreau de son propre génocide ce qui est parfaitement inaudible pour certains (ce que je partage) et surtout atténue la responsabilité des bourreaux nazis eux-mêmes.
Pour en revenir à la personnalité de Eichmann, il n'a jamais eu à se "salir" les mains du sang de ses victimes, ce qui facilite cette mise à distance de ses crimes comme étant un simple rouage obéissant... Mais ne nous leurrons pas, il s'agit d'une ligne de défense bien étudiée destinée à manipuler l'opinion et non d'une vérité. Il savait parfaitement à quoi menaient ces ordres : des meurtres de masse et prétendait en être affecté mais tout à fait dans l'impossibilité de s'y soustraire. Ce qui encore une fois est totalement faux, tant pour ses prétendus affects que pour l'obligation d'obéir.
Si le physique de l'homme est banal, inoffensif, le Mal ici n'a vraiment rien de banal.
Ce document historique, comme l'évoque le titre, nous parle également tout d'abord de la traque de Eichmann, son enlèvement par le Mossad, puis de son procès, ainsi qu'ensuite les divers retentissements que celui-ci a eu.
L'enjeu du procès de Eichmann sur la terre d'Israël est avant tout de collecter les témoignages, de recenser les preuves incontestables du génocide et d'ériger la Mémoire de la Shoah.
Eichmann, s'il était bien coupable (et il fut reconnu comme tel et condamné à la peine de mort) ne peut être considéré comme étant LE coupable. En ce sens, il est plutôt à considérer comme un symbole et cette symbolique permettra que le génocide juif donne lieu à d'autres procès et que la mémoire de l'Holocauste s'étende de par le monde, y compris en Allemagne.
Je remercie sincèrement Babelio pour cet ouvrage transmis dans le cadre d'une opération Masse critique, ainsi que les éditions Archidoc.
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capillo
  02 mars 2021
Paru pour la première fois en 1989, "Eichmann - de la traque au procès" ressort ici dans une version augmentée, "renouvelée" selon le terme de son auteur, Annette Wievorka, spécialiste de la perception et la mémoire de la Shoah, qui a pu, depuis, approfondir ses recherches autour de nouveaux éléments et points de vue.
Car le but ultime, s'il devait n'y en avoir qu'un seul, serait de livrer une vue globale définitive sur et autour de ce procès, dont l'ampleur n'a pas été perçue immédiatement, dont l'importance n'a pas été saisie de facto, ce que Wievorka étudie également comme une preuve de la nécessité de faire acte de mémoire, de la faire vivre.
Pour donner corps à son étude, Wievorka convoque d'autres personnes ayant publié sur Eichmann, des journalistes ayant couvert le procès (Joseph Kessel), des acteurs de l'événement (Gidéon Hausner, procureur général), , des historiens (Hanna Yablonka, Léon Poliakov). Ce qui en ressort est un récit hyper-documenté qui laisse peu de place à l'interprétation, et tend à braquer les lumières partout sans laisser une seule parcelle d'ombre.
Pourtant, il subsiste encore de l'ombre autour du bourreau nazi, des questions que l'auteure semble laisser volontairement en suspens pour susciter la réflexion : un homme qui n'a pas de sang sur les mains est-il coupable ? Ce procès n'est-il pas un acte de vengeance "pour l'exemple" ? Quelle sentence sera assez juste pour de tels crimes ? Pas de réponse définitive, mais des pistes, et une polémique qui cristallise ces interrogations, autour de l'analyse que fait Hannah Arendt, politologue philosophe, du procès Eichmann. Quelle morale pour juger l'immoral ?
Parfaitement didactique, le livre suit la chronologie des événements : il s'agit bien de suivre Eichmann depuis sa traque, jusqu'au procès, et même plus, puisque celui-ci est mis en perspective ensuite des autres procès : Nuremberg, Barbie, Demjanuk (quelques documents officiels en annexes viennent renforcer la valeur documentaire). Une chronologie essentielle pour comprendre, tenter de comprendre, le glissement vers l'horreur absolue, sans pour autant devoir verser dans le sentimentalisme, le sensationnalisme. Encore une fois, il s'agit de comprendre et juger Eichmann, et rien d'autre ; le témoin, dans cette optique, revêt une importance capitale, dont la parole se doit d'être pertinente au-delà de l'émotion qu'elle provoque.
"Eichmann" constitue une oeuvre-somme sur son sujet, que l'on pourra toujours prolonger par une bibliographie riche. Mais Annette Wievorka ne se contente pas d'un simple point de vue historique ; elle met en perspective, questionne les notions de mémoire, de devoir, de morale, à travers un procès vieux de 60 ans.
Alors que les derniers survivants de la Shoah disparaissent, ce livre rappelle qu'il faut continuer à lutter contre le plus dangereux des négationnismes : l'oubli.
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critiques presse (1)
Lexpress   30 juin 2011
La réédition et la mise à jour de l'ouvrage d'Annette Wieviorka permettent de mesurer l'impact de ce procès hors du commun.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
PrettyYoungCatPrettyYoungCat   31 mars 2021
Dans un premier temps, rares ont été les auteurs qui récusent le portrait d'Eichmann que fait Hannah Arendt. Cependant, pour le procureur Gidéon Hausner (...) Eichmann n'a rien du fonctionnaire consciencieux. "Eichmann était un fourbe, un amateur de combinaisons fatales, doté d'un caractère démoniaque, parfaitement indifférent aux souffrances qu'il infligeait, que ce soit collectivement ou personnellement, et qui se délectait dans l'exercice de son propre pouvoir."

Se fondant sur des tests soumis à un expert qui ignore l'identité du sujet qui les a exécutés, Hausner affirme que le spécialiste lui a déclaré : "Vous êtes en présence d'un homme des plus dangereux." "Tout confirmait, poursuit le procureur, que légalement sain d'esprit et responsable de ses actes, Eichmann présentait une personnalité dangereuse, perverse, avec une tendance anormale et sans contrainte à user de ses frères humains comme autant d'objets inanimés pour parvenir à ses fins."
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RoggyRoggy   27 mars 2021
Le juge Landau, après qu’Eichmann eut prononcé une phrase longue de 140 mots, l’interrompt : le style dans lequel il s’exprime ne regarde que lui, mais s’il souhaite être compris, il doit s’exprimer en phrases plus courtes. « Il est vrai qu’en allemand le verbe vient toujours à la fin de la phrase, mais il faut bien dire que cela dure vraiment trop longtemps »
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capillocapillo   26 février 2021
Adolf Eichmann est aussi un assassin de type nouveau. Un assassin qui n'a jamais tué personne de ses propres mains. Un assassin qui ne supporte pas la vue du sang. Un chef de service ponctuel, à la fois flatté et gêné d'être auprès des puissants, mais surtout incapable de distinguer le bien du mal. Et Hannah Arendt souligne "la contradiction qui demeurait entre l indicible horreur des actes et l incontestable ridicule de l'homme qui les avait commis".
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capillocapillo   26 février 2021
C'est la réalité de l'oeuvre de mort que la langue bureaucratique écarte efficacement. Là où Georges Wellers, par exemple, décrit en termes simples, poignants, à la limite du supportable, le malheur des enfants internés à Drancy, bouleversant ceux qui l'entendent ou le lisent, Eichmann brandit ses circulaires rédigées en langue administrative où les mots n'ont plus la fonction d'exprimer le réel.
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capillocapillo   26 février 2021
Ces procès ne sont pas une vengeance. Ces procès ne peuvent trouver une solution adéquate, toute peine étant dérisoire en regard des crimes commis. Ces procès sont faits en mémoire des disparus. Ils doivent servir aux historiens futurs. Et surtout, contribuer à l'enseignement des jeunes générations qui n'ont pas connu ces événements.
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Videos de Annette Wieviorka (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Annette Wieviorka
Les 16 et 17 juillet 1942, un peu plus de 13 000 Juifs ont été arrêtés par la police française. Ils ont été conduits au Vélodrome d'Hiver dans le quinzième arrondissement de Paris avant d'être déportés à Auschwitz.
La série documentaire "La Rafle du Vel d'Hiv, récits d'un crime français", en partenariat avec le mémorial de la Shoah, nous raconte l'enfer de ces deux journées et fait entendre la mémoire de ceux qui ont survécu.
Nos invités :
- Alain Lewkowicz, producteur de la série documentaire “La Rafle du Vel d'Hiv, récits d'un crime français” pour LSD, réalisée par Séverine Cassar diffusée du 9 au 12 mai à l'antenne de France Culture et en avant première au Mémorial de la Shoah à Paris ce dimanche. - Karen Taieb, responsable des Archives au Mémorial de la Shoah. - Annette Wieviorka, historienne, directrice de recherches honoraire au CNRS. - Léon Placek est l'un des derniers témoins de ce que furent les camps de concentration pendant la première guerre mondiale. Il témoigne. - Philippe Legrand, journaliste à Paris Match, Europe 1 et RFM et auteur.
#Valdhiv #FranceCulture #Histoire ____________ Découvrez tous les invités des Matins de Guillaume Erner ici https:https://www.youtube.com/playlist?list=PLKpTasoeXDroMCMte_GTmH-UaRvUg6aXj ou sur le site https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins
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