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ISBN : 9791025603529
Éditeur : Editions Thélème (01/10/2017)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.11/5 (sur 5698 notes)
Résumé :
[LIVRE AUDIO]

Texte intégral - 7H56 d'écoute - Lu par Denis PODALYDÈS

Le Portrait de Dorian Gray a été rédigé en 1890 puis complété en 1891. Ce roman fantastique est à la fois un manifeste esthétique et un récit moral. Bien qu'Oscar Wilde y développe l'idée d'un art dégagé de toute éthique, le jeune Dorian Gray va faire face à sa conscience morale à travers son portrait qui porte à sa place les traces de sa perversité et la décadence qu... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (369) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  23 mai 2012
Ça y est, je me décide enfin, après moult hésitations, à écrire un petit billet virtuel sur ce livre que j'aime tant. le portrait de Dorian Gray, bien sûr, c'est une histoire. Mais en regard du nombre impressionnant de commentaires sur ce roman, peut-être n'est-il point besoin d'y apposer ma propre défloraison de l'oeuvre. Nonobstant, bien au-delà de l'histoire, le portrait de Dorian Gray c'est un ton, c'est une forme, c'est la quasi quintessence de ce qu'Oscar Wilde aura su faire de plus réussi, de plus noble et ciselé, de plus acerbe et aérien et d'ailleurs, dans son immodestie provocante et coutumière caractéristique, lui-même ne s'y est pas trompé dans sa préface : « un livre est bien écrit ou mal écrit, un point c'est tout. »
Et effectivement, ce livre est une merveille stylistique, avec ce fameux ton dandy et pince-sans-rire de l'époque victorienne qui est devenu la marque de fabrique de l'auteur. le seul de ses contemporains à pouvoir parfois rivaliser avec lui sur ce registre est probablement l'autre grand monstre sacré du théâtre fin XIXème, j'ai nommé, Anton Tchékhov. Je n'insisterai donc jamais assez sur ce volet formel de l'ouvrage qui est une pure délectation.
Peut-être n'est-il pas vain de rappeler l'origine de ce roman. On sait que ce genre n'est pas le terrain de prédilection De Wilde, lui, le dramaturge dans l'âme. Mais comme Wilde n'a peur de rien, qu'il a un ego digne de faire de l'ombre à Napoléon, César et Louis XIV réunis, celui-ci n'hésite pas, lors d'une altercation verbale avec Sir Arthur Conan Doyle à mettre celui-ci au défi d'écrire un meilleur roman que lui et ce, dans un délai imparti. Ce sera le portrait de Dorain Gray pour Oscar Wilde et le signe des quatre pour Conan Doyle, vous me direz, des altercations comme ça, on aimerait bien qu'il y en ait plus souvent en littérature !
Il fallut donc écrire vite, et dans un style non coutumier pour Oscar Wilde. Aussi est-ce peut-être la raison intime pour laquelle le portrait de Dorian Gray fait toujours un peu figure d'OLVNI (le l'c'est pour Littéraire), car il y a une spontanéité, un élan et à la fois des « répliques » cinglantes et savoureuses, telles qu'on les désignerait dans une pièce de théâtre. Évidemment, vous me rétorquerez, que Wilde a passablement remanié son texte après que le défi fut terminé, mais il n'empêche que les conditions de sa gestation en font, du moins c'est la thèse que je défends, son intérêt et son originalité. Un Wilde non pris de court, asseyant minutieusement un projet d'écriture romanesque n'aurait probablement pas effectué les choix d'écriture qui furent retenus pour le portrait. À propos, ce « portrait », comme on dit en français, j'ose encore vous ennuyer à mettre le doigt sur l'incomparable supériorité du titre original « The picture of Dorian Gray » qui joue sur la richesse sémantique du mot « picture », impossible à rendre en l'état en français, désignant à la fois le portrait et l'image, avec toute la connotation du mot « image » sous-jacente, « n'être que l'image de », et tout ce rapport à la forme par opposition au fond, déjà contenu dans le titre.
Bon, j'arrête ici mes élucubrations, qui d'ailleurs ne représentent pas grand-chose, seule compte l'oeuvre, et cette oeuvre-là, elle compte.
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Gwen21
  27 avril 2013
A mon tour donc de vous parler de cet homme irrésistiblement jeune, incroyablement beau, merveilleusement sensuel, immensément riche, impeccablement habillé et empreint d'un esprit dominateur, j'ai nommé... Christian Grey ! euh, non, mille pardons, j'ai nommé... Dorian Gray !
Un personnage dont la personnalité offre bien plus de cinquante nuances et dont la complexité a toutes les chances de davantage vous séduire...
Dans ce roman, 50, c'est le nombre de citations qu'on serait tenté d'en extraire pour en faire profiter les autres lecteurs. D'ailleurs, pour ma part, je pense que, bien que m'étant auto-disciplinée sur ce point, je n'ai jamais autant cité un roman ! le coupable ? Oscar Wilde en personne ! qui semble avoir voulu écrire une "Anthologie des aphorismes" ! Laissant à Blaise Pascal et à François de la Rochefoucaud la paternité des recueils de maximes, notre écrivain so british a choisi le roman pour transmettre à ses contemporains quelques pensées et visées philosophiques bien senties, pour le plus grand plaisir de ses lecteurs (d'aujourd'hui).
Je ne peux pas, en conscience, mettre moins de quatre étoiles bien que seul le dernier tiers du roman m'ait véritablement captivée car, côté action, ce n'est quand même pas la panacée. « Le Portrait de Dorian Gray » est avant tout un roman psychologique ; son action est essentiellement mentale. Cependant, l'écriture est si fine, si sculptée, si savoureuse et elle atteint si bien la cible en son centre à chaque page, que, rien que pour cela, il est absolument impossible de prétendre que ce roman n'est pas bon.
Bon, il l'est, indubitablement. Déjà sa structure est audacieuse ; contrairement à Bel-Ami qui agit seul face au monde qui l'entoure, ici Dorian Gray n'est, si je puis dire, que l'un des personnages du roman ; en réalité, il y a bien trois personnages de premier plan, Lord Henry, Basil et Dorian, qui sont unis dans une formation triangulaire au centre de laquelle se trouve le véritable personnage principal de l'oeuvre : le Portrait lui-même (d'ailleurs, dans le titre original (The Picture of Dorian Gray) ou dans sa traduction, le fameux portrait est toujours écrit avec une majuscule, comme un nom propre). Cette chaîne invisible qui unit les trois hommes est solide, elle résistera même aux fractures et survivra à la mort de l'un de ses maillons. C'est une chaîne forgée par l'admiration mutuelle que les trois hommes se portent. le Portrait est encore plus puissant qu'un miroir même s'il fonctionne à peu de choses près de la même façon. Il sert de base à Wilde pour développer une très belle thématique sur l'ego et ses répercussions dans les existences individuelles.
Dorian inspire Basil ; Basil peint Dorian ; Henry influence Dorian ; Dorian suit Henry ; une amitié pérenne lie Basil et Henry, Henry et Dorian, Dorian et Basil. Les trois hommes vouent le même culte à la jeunesse, à la beauté, à l'art, à la culture, à l'esthétisme ; les trois hommes vouent le même culte à Dorian Gray qui semble sublimer en lui tous ces trésors. La passion de Basil pour le corps, ô combien charmant, de Dorian, la passion d'Henry pour l'esprit, ô combien façonnable, de Dorian et l'amour narcissique de Dorian pour sa propre personne constituent pour Wilde le terreau idéal pour planter ses piques dans les flancs de la société anglaise de cette fin de XIXème siècle.
Et le Portrait dans tout ça, me direz-vous ? le Portrait est là pour donner un peu d'action palpable au récit et justifier sa nature romanesque, lui épargnant ainsi le destin moins heureux qu'aurait pu connaître un « traité cynique sur la fin du romantisme en Angleterre ».
***ALERT SPOILER***
Étrangement, ce qui m'a le plus marquée au cours de ma lecture fut moins la série d'aphorismes pourtant délectables dont elle fut truffée que la découverte d'un style très sensuel. J'affirme d'ailleurs que ce roman est un roman érotique.
Wilde, ce grand écrivain dont la vie fut mouvementée et dont la carrière littéraire fut ternie par un scandale suivi d'un procès perdu, puis qui, ayant été reconnu coupable du « crime de sodomie », fut incarcéré deux ans avant de connaître l'exil et le déclin, n'a pas hésité à décrire de façon très lumineuse et forte la passion qu'un homme peut inspirer à un autre homme et, une fois replié le paravent de l'art, il n'a pas craint de mettre à jour, noir sur blanc, des liens « d'amitié » bien proches de ceux de l'amour. Je cite Dorian quand il songe aux sentiments que Basil lui a déclarés : « L'amour qu'il lui portait - car c'était vraiment de l'amour – n'avait rien en lui qui ne fût noble ou spirituel. » Et cette déclaration d'amour du peintre à celui qui fut sa plus belle source d'inspiration est elle-même d'une grande intensité que je trouve suggestive, jugez par vous-même, je cite Basil, enflammé par ses aveux : « Les semaines et les mois passèrent, et je devins de plus en plus obsédé par toi. […] Je t'avais représenté en Pâris revêtu d'une armure raffinée, et en Adonis portant habit de chasseur et tenant un épieu poli. le front couronné de lourdes fleurs de lotus, tu avais pris place sur la barque d'Hadrien, portant tes regards sur l'autre rive du Nil aux eaux vertes et troubles. Tu t'étais penché au-dessus d'un étang immobile, dans un bosquet grec, et tu avais vu dans le silence argenté de l'eau cette merveille qu'est ton visage. »
De surcroît, il faut bien reconnaître que le roman ne plaide pas du tout en faveur des femmes qui y sont décrites comme les créatures les plus laides, rébarbatives et sottes. Aucune ne trouve grâce aux yeux de Lord Henry et le chapitre 8 où Dorian apprend le suicide de celle qu'il aimait est imprégné de la plus franche misogynie : « - Je crains que les femmes n'apprécient plus que tout la cruauté, la cruauté pure et simple. Elles ont des instincts prodigieusement primitifs. Nous les avons émancipées, mais elles restent des esclaves qui cherchent leur maître. Elles adorent être dominées. » (Christian Grey, sors de ce corps !).
Pour en finir (car il le faut bien même si ce roman mériterait de très longs développements), je dirais que le trio pensé par Wilde avec d'un côté Lord Henry, viveur endurci qui incarne le cynisme et la corruption d'une société fantoche, d'un autre Basil, l'artiste sensible, éperdu d'idéal et empreint de compassion, et, entre ces deux-là Dorian Gray, ce dandy immuablement jeune que ses aspirations narcissiques condamnent à perdre ses illusions et à céder aux vices que sa position sociale lui présente sur un plateau d'argent, symbolise à merveille la pensée humaine dans ses doutes, ses rêves et ses contradictions.

Challenge ABC 2012 - 2013
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Hugo
  27 juillet 2013
De la bouche d'un ami,
Son esprit juvénile fut perverti,
De la main de l'artiste,
Naquit la jeunesse éternelle,
Mais le peintre a périt de la main du modèle
Rongé par la culpabilité,
Dorian Gray a succombé....
Écrit avec un génie indiscutable, ce roman m'a ennuyé, impossible d'accrocher au style d'antan, quelle tragédie. Pourtant j'ai persisté avec conviction et volonté, page après page, je n'avais qu'une seule envie, le finir au plus vite.
Comme je suis déçu de ne pas savoir apprécier ces chefs d'oeuvres, ces classiques de la littérature, ça me mine...
Ce qu'il faudrait pour que je me sente mieux :
M'aider à déloger la jolie statue grecque en haut de l'affiche (que je soupçonne de coucher avec un ours ou deux) qui squatte ma place depuis trop longtemps... il fut un temps ou j'étais classé critique d'or (jusqu'en 36 ème position), puis la déchéance, l'humiliation causées par tous ces arrivistes avec leurs jolies phrases, leur talent critique et rédactionnel, branlette intellectuelle je vous dis, privilégiez le petit peuple bordel de dieu.
A plus les copains
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darkmoon
  14 mars 2013
Sans âme , la beauté éternelle n'est que destruction !
Oscar Wilde , un écrivain qui amène une réelle réflexion sur la jeunesse, le sens de la vie, l'hédonisme et l'esthétisme.
Le Portrait de Dorian Gray , un roman rempli de morale ; sur la vanité, l'apparence et l'attirance, sur le fait que le plaisir est totalement différent du bonheur…
Au début, on se laisse prendre à l'atmosphère des soirées bourgeoises londoniennes et on se perd ensuite dans les bas-fonds de la ville : la drogue, la prostitution... Au départ, nous découvrons ces deux ambiances à travers les yeux du jeune Dorian qui inspire parfaitement l'innocence. Ensuite, ce regard change et nous constatons que ce que nous pouvons envier, finalement, n'en vaut pas toujours la peine. L'interdit nous attire mais... A quel prix ?
On peut voir en Lord Henry Oscar Wilde lui-même, dandy hédoniste, amoureux de mots et des turpitudes de la langue, connu pour ses moeurs légères. Ce Lord Henry ; machiavélique et cynique, jaloux de la pureté du visage de Gray au point de le rendre infecte et démesuré de plaisir, finalement cela se retournera contre lui...
On retrouve tantôt un Dorian Gray innocent, tantôt pervers, damné, tantôt sur le chemin de repentir.L'ombre du tableau est délicieusement oppressante. La psychologie des personnages est au coeur d'une intrigue mêlée de romance, de noirceur et de fantastique... Cela fait du portrait de Dorian Gray une oeuvre unique, qui se conclut par une fin digne du chef-d'oeuvre d'Oscar Wilde.
Bref , c'est un livre qui fait réfléchir sur le sens que nous donnons à notre vie. Ce roman est une vraie perle bourrée d'idées morales et de beauté éternelle!
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lyoko
  06 août 2017
Dorian Gray est une jeune homme incroyablement beau. A tel point que le peintre qui en a fait son portrait le considère comme sa muse. C'est grâce a la beauté de ce jeune homme que tout le talent du peintre a pu se dévoiler.
Mais Dorian fait la rencontre d'un homme du monde , pour qui la débauche est une culture en soi. Cet homme va pervertir ce jeune mondain pour qui le culte de la beauté et de la jeunesse vont devenir une priorité.
Il y a de cela bien longtemps, j'ai étudié la peau de chagrinDe Balzac (pour être exacte : en première), j'en garde quelques souvenirs vague. Mais incontestablement on ne peut faire autrement que de faire un corolaire entre ces deux romans.
Dire que j'ai réellement apprécié ce roman serait faux. J'ai aimé l'écriture de l'auteur, sa façon de raconter mais j'ai toujours eu beaucoup de mal avec le culte de la jeunesse, de la beauté excessive et la recherche de la vie éternelle. Et pourtant je me rends bien compte que Wilde fait une belle et grande satyre d'une catégorie de la société anglaise de l'époque ( ce que j'apprécie au plus haut point).
C'est vrai qu'Oscar Wilde est un sacré personnage. J'aurais aimé le rencontrer, parce que j'aime sa verve, ses propos acides, son cynisme. Mais je suis sûre que nous ne serions pas devenus les meilleurs amis du monde. Nous nous serions certainement écorchés a coups de noms d'oiseaux à cause de sa façon de provoquer et de ses idées qui ne sont pas toujours en accord avec les miennes. Mais une chose est sûre c'est que nous aurions eu de beaux échanges, certes virulents, mais constructifs.
Si il était possible de ramener cet homme aujourd'hui , je serais franchement très curieuse de voir comment il aurait jugé les critères de beauté actuels, ainsi que le phénomène de chirurgie esthétique très a la mode en ce moment...
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Citations & extraits (736) Voir plus Ajouter une citation
BlackQueensBlackQueens   13 octobre 2017
Je veux rendre Roméo jaloux. Je veux que tous les amants défunts nous entendent rire et s'attristent. Je veux qu'un souffle de notre passion rende la conscience à leur poussière, la souffrance à leurs cendres.
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BlackQueensBlackQueens   12 octobre 2017
On a dit que les grands événements du monde se produisent dans le cerveau. C'est dans le cerveau, et le cerveau seul, que les grands péchés du monde se produisent aussi.
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lecottageauxlivresFannylecottageauxlivresFanny   11 octobre 2017
Ah ! Tant que la jeunesse est à vous, demandez-lui tout ce qu'elle peut donner. Ne dissipez pas l'or de vos jours. Vivez ! Vivez la vie merveilleuse qui est en vous ! Que rien de votre être ne soit perdu
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BlackQueensBlackQueens   12 octobre 2017
J'en suis arrivé à adorer le secret. C'est, semble-t-il, la seule chose qui puisse nous rendre la vie moderne mystérieuse ou miraculeuse. Ce qu'il y a de plus ordinaire devient exquis si on le cache.
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Philippe-rodolphePhilippe-rodolphe   03 septembre 2012
L’artiste est créateur de belles choses.

L’art a pour but de rendre l’art manifeste et de cacher l’artiste.

Le critique est celui qui sait traduire autrement ou dans un nouveau matériau l’impression qu’il éprouve devant de belles choses.

La critique, dans sa forme la plus élevée comme la plus basse, est une forme d’autobiographie.

Ceux qui voient dans les belles choses des significations laides sont corrompus sans être charmants. C’est une faute.

Ceux qui voient dans les belles choses de belles significations sont cultivés. Pour ceux-là, il y a de l’espoir.

Ils sont les élus pour qui les belles choses ne signifient que Beauté.

Il n’existe pas de livre moral ou immoral. Les livres sont bien ou mal écrits. Voilà tout.

L’aversion du XIXe siècle pour le Réalisme, c’est Caliban enrageant de se voir dans un miroir.

L’aversion du XIXe siècle pour le Romantisme, c’est Caliban enrageant de ne pas se voir dans un miroir.

La vie morale de l’homme n’est qu’une partie de ce dont traite l’artiste alors que la moralité de l’art consiste en l’usage parfait d’un médium imparfait. Un artiste ne désire rien prouver. On peut tout prouver, même des choses vraies.

Un artiste n’a pas de préférences éthiques. Chez un artiste, une préférence éthique est un maniérisme impardonnable.

Un artiste n’est jamais morbide. L’artiste peut tout exprimer.

La pensée et le langage sont pour l’artiste les instruments de son art.

Le vice et la vertu sont pour l’artiste les matériaux artistiques de son art.

Du point de vue formel, l’art du musicien est l’archétype de tous les arts. Du point de vue de l’émotion, cet archétype réside dans le métier d’acteur.

L’art est à la fois surface et symbole.

Ceux qui vont au-dessous de la surface le font à leurs risques et périls.

Ceux qui interprètent le symbole le font à leurs risques et périls.

L’art est en réalité le miroir non de la vie mais du spectateur.

La diversité des avis sur une œuvre d’art signifie qu’elle est nouvelle, complexe et essentielle.

Là où les critiques diffèrent l’artiste est en accord avec lui-même.

On peut pardonner à un homme de faire une chose utile tant qu’on ne l’admire pas. On n’a d’autre excuse lorsqu’on fait une chose inutile que de l’admirer intensément.

Tout art est parfaitement inutile.
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