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Pascal Aquien (Éditeur scientifique)
ISBN : 208071189X
Éditeur : Flammarion (17/09/2004)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 96 notes)
Résumé :

Le mari idéal, c'est Sir Robert Chiltern : raffiné, talentueux et très riche, il mène une brillante carrière politique, au grand bonheur de son épouse.
Tout se complique lorsque la machiavélique Mrs Cheveley menace de le faire chanter : si Chiltern n'accepte pas de soutenir le projet du canal d'Argentine, dans lequel elle a des intérêts, elle dévoilera de quelle odieuse manière il a autrefois bâti sa fortune.
Prêt à tout pour sauver son ho... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Iboo
  07 mai 2015
Difficile pour l'inconditionnelle d'Oscar Wilde, que je suis; d'émettre une critique sans me vautrer dans la prosternation. Mais bon...
L'aristocratie anglaise, frileuse et passéiste, de cette fin de 19ème siècle n'a pas pardonné au magnifique dandy Irlandais de l'avoir snobée, percée à jour, moquée, agacée. Pensant redorer son blason et récupérer de sa superbe, elle s'est réjouie de son emprisonnement en 1897. Peine perdue car un siècle plus tard, c'est bel et bien l'esprit d'Oscar Wilde qui demeure et l'emporte sur leur inconsistance.
Au sujet de cette pièce, dont la première a eu lieu le 3 Janvier 1895, A.B. Walkley dans le Speaker, écrivait en conclusion de sa critique : "Il n'en reste pas moins vrai que cette pièce de M. Wilde est non seulement indigeste, indigente et stérile mais encore fondamentalement vulgaire."
Mais, fi de ce cul-serré de Walkley ! Retenez plutôt ceci :
"La critique de George Bernard Shaw, publiée dans la Saturday Review du 12 Janvier, présente l'intérêt de fournir le point de vue d'un Irlandais sur la pièce. Shaw commence par dire que la pièce De Wilde est "un sujet dangereux à traiter, parce qu'elle a la propriété de rendre sots ses critiques.
.......En un sens, M. Wilde est selon moi le seul véritable dramaturge. Il joue avec tout : avec l'esprit, la philosophie, le genre dramatique, les acteurs et le public, avec le théâtre tout entier."
Il ajoute que les Anglais redoutent que ne soient menacés "les fondements de la société quand l'esprit de sérieux est publiquement ridiculisé. Et pour rendre la situation encore plus étrange, M. Wilde est le dramaturge le plus sentimental de notre époque".
Shaw voit également de la modernité dans l'affirmation par Sir Robert de son individualité propre, dans le désir courageux d'assumer la responsabilité de ses méfaits, "face à l'idéalisme mécanique de son épouse si sottement vertueuse", et dans sa critique virulente d'un amour qui n'est que la récompense du mérite.
Enfin, Shaw insiste sur les origines irlandaises De Wilde et observe que "la valeur littéraire de la pièce, le bon sens imperturbable et le savoir-vivre avec lesquels M. Wilde fait de l'esprit pour séduire un public relativement stupide (les Anglais), ne peuvent pas tout à fait dissimuler le fait que, de tous les pays, l'Irlande est celui qui est le plus étranger à l'Angleterre, et que, pour un Irlandais, il n'y a rien au monde de plus délicieusement comique que le sérieux des Anglais"
Pour ma part, j'ajouterai que ce qui est extraordinaire et, bien que ce ne soit pas nécessaire, confirme son immense talent, est que le génie, les mots, le sel, de cet auteur, résolument libre et intemporel, demeurent accessibles à toutes et tous.
Nul besoin d'avoir traîné sur les bancs d'une Fac Littéraire pour le lire, le comprendre et l'aimer.
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MissSherlock
  01 août 2017
Une fois de plus j'ai lu une pièce d'Oscar Wilde et une fois de plus je me suis régalée. Je pense que je déraisonne toujours quand il s'agit De Wilde, j'use de superlatifs mais je n'arrive pas à me contrôler. J'adore, j'adore, j'adore !
Cette pièce est plus sérieuse que je ne m'y attendais mais elle n'en reste pas moins amusante à beaucoup d'égards. L'auteur, comme à son habitude, balance des aphorismes hilarants et provocants.
D'un point de vue théâtral, c'est brillant. le texte fourmille de détails et de didascalies. La précision de la mise en scène est bluffante.
Le style est aussi riche bien qu'accessible au plus grand nombre.
En bref, c'est un petit bijou !
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Pas-chacha
  06 novembre 2012
Lu, relu, lu en anglais, relu... J'ai aimé cette pièce infiniment, à tout lire oscar Wilde dans la foulée. C'est amusant, très fin.
Un couple modèle. Lui est la coqueluche de la classe politique. Elle est la coqueluche des salons. le couple idéal.
Mais ce qui les caractérise par-dessus tout c'est leur honnêteté. Rien ne peut leur être reproché. Ils sont de ces êtres à part qui ont toujours fait le bien, et qui ont toujours fait bien, pour arriver là où ils en sont.
L'ami fidèle, dandy de la pire- ou meilleure- espèce, est heureusement là, présent au point d'être pris à parti ou mis en porte-à-faux, le jour où cette façade idéale s'avère être fausse et où le couple modèle vacille.
Une pièce de théâtre morale, drôle, cynique en même temps, qui peut amener une certaine réflexion sur l'amour du pouvoir, et l'amour tout court. Plaisant.
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Thaddeus
  07 mai 2015
Comme souvent Balzac nous l'a montré, la fortune n'est pas synonyme d'honnêteté. Un jour ou l'autre, tout finit par se savoir. Impossible de se cacher, la vérité est comme la grippe, rares sont ceux qui ne l'attrape ne serait-ce qu'une fois dans une vie.
Ce qui arrive ici : la femme de Sir Robert Chiltren apprend les manigances qui sont la base de la fortune de son mari, mais aussi de leur ménage. Elle en est outrée. Lord Goring entend rétablir l'ordre. Il fait savoir que l'homme n'est qu'un faible animal esclave de sa cupidité et de son ambition. Il faut lui pardonner, car même dans la richesse il est dans la misère. Gardons notre jugement pour nous.
Pièce vraiment bien construite, répliques admirables. On en sort malgré tout un peu insatisfait, car tout finit relativement bien, le riche malhonnête reste propre aux yeux de ses concitoyens. On aurait voulu du goudron et des plumes. Mais oh!, là je parle comme un farouche vengeur.
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Theoma
  04 mai 2011
Sir Robert Chiltern reçoit la visite de la mystérieuse Mrs Cheveley. Il est alors soumis à un terrible chantage qui transformera définitivement sa vie.
Oscar Wilde explique l'essence même de sa pièce en affirmant qu'elle traitait de « la différence qu'il y a entre la façon dont un homme aime une femme, et celle dont une femme aime un homme ; la passion qu'éprouvent les femmes à se fabriquer des idéaux (ce qui est leur faiblesse) et la faiblesse d'un homme qui n'ose pas montrer ses imperfections à l'être qu'il aime. de cette différence naît l'intrigue d'Un mari idéal. »*
Le décor est planté. Wilde joue à nouveau avec les masques et se fait une joie de déstructurer les institutions. Brillante satyre, Un mari idéal est une bulle d'exquise légèreté. L'élégance de la langue démontre, à nouveau, tout le génie d'Oscar Wilde.
L'auteur remet en question et dévoile l'imposture du système qui nous est imposé de notre plein gré. La pièce est un jeu de miroirs où malentendus, cynisme et ironie tourbillonnent devant le lecteur éblouit.
Pascal Aquien, traducteur, le décrypte parfaitement « Lorsque l'on est un homme, qu'aime-t-on quand on aime ? se demande Wilde : ni l'autre ni soi-même, répond-il, mais seulement une image de l'autre plus ou moins patiemment construite, ainsi qu'une image de soi renvoyée par l'autre. »
Ainsi, lorsque les idéaux de droiture de Mrs Chiltern sont bouleversés, celle-ci n'hésitera pas à, non seulement se voiler la face, mais exiger que son mari lui fournissent le masque :
« Toute votre vie, vous avez été un être à part. Vous n'avez jamais laissé le monde vous souiller. Pour le monde, comme pour moi, vous avez toujours été un idéal. Oh, continuez à être cet idéal ! Ne gaspillez pas cet héritage grandiose, ne détruisez pas cette tour d'ivoire. »
« Votre vie a commencé par une escroquerie ! Vous avez bâti votre carrière sur le déshonneur ! Oh, dites mois que ce n'est pas vrai ! Mentez-moi ! Mentez-moi ! Dites-moi que ce n'est pas vrai! »
Sir Chiltern y répondra avec une telle justesse que le lecteur est en droit de se demander s'il ne représente pas Oscar Wilde en personne :
« Les femmes pensent qu'elles idéalisent les hommes. Mais elles ne font de nous que de fausses idoles. Vous-même, vous avez fait de moi une fausse idole, et je n'ai pas eu le courage de descendre de mon piédestal, de vous montrer mes blessures, de vous avouer mes faiblesses. »
« Ce ne sont pas les êtres parfaits mais les êtres imparfaits qui ont besoin d'amour. »
Cependant, le véritable héros de l'histoire est bel et bien Lord Goring. Symbole du dandy par excellence, ses mots sont des trésors d'impertinence :
« S'aimer soi-même, Phipps, est le début d'une histoire d'amour qui dure toute la vie ».
« Quel est le fauteuil le plus confortable ?
Celui-ci, père. C'est celui que je prends quand j'ai de la visite ».
« Comprenez-vous toujours vraiment ce que vous dites, monsieur ?
Oui, père, si j'écoute attentivement. »
La position De Wilde sur le genre est souvent contradictoire, tout est dans l'art du paradoxe:
« La vie d'un homme a plus de valeur que celle d'une femme. Elle a de plus grandes perspectives, une plus vaste envergure et de plus hautes ambitions. »
Une lecture qui me donne envie de relire encore et encore L'important d'être constant...
A consommer sans modération, la délicieuse adaptation au PARFAIT casting... Rupert Everett EST Lord Goring !
Lien : http://www.audouchoc.com/art..
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
IbooIboo   05 mai 2015
- Lord Goring : Mon cher Robert, voilà une affaire des plus embarrassante, vraiment des plus embarrassante. Vous auriez dû tout raconter à votre femme. Avoir des secrets pour les femmes des autres est un luxe indispensable dans la vie moderne. C'est du moins ce que me racontent toujours au club ceux qui sont suffisamment chauves pour en savoir long sur la vie. Mais nul homme ne devrait avoir de secrets pour sa propre femme. Elle finit toujours par les découvrir. Les femmes ont un instinct extraordinaire pour tout. Elles sont capables de tout découvrir à l'exception de l'évidence.
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Nono19Nono19   14 mars 2016
Croyez-vous vraiment, Arthur que c'est par faiblesse qu'on cède à la tentation? Je peux vous dire qu'il existe de terribles tentations qui exigent de la force, de la force et du courage pour y céder. Mettre en jeu toute sa vie pour un seul moment, tout risquer d'un seul coup, que l'enjeu soit le pouvoir ou le plaisir, peu importe, il n'y a là nulle faiblesse. Il y a plutôt un courage terrible et effrayant.
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pivoine9pivoine9   09 février 2015
Ce ne sont pas les êtres parfaits, mais les êtres imparfaits qui ont besoin d'amour. C'est quand nous nous sommes blessés de nos propres mains, ou quand nous avons été blessés par des mains étrangères, que l'Amour devrait nous apporter ses soins. Sans cela à quoi l'Amour serait-il bon?
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tamara29tamara29   19 novembre 2016
Les questions ne sont jamais indiscrètes. Les réponses le sont parfois.
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IbooIboo   05 mai 2015
- Lord Caversham : Je n'arrive pas à comprendre comment vous pouvez supporter la bonne société londonienne. Elle part à vau-l'eau : ce n'est qu'une bande de rien du tout qui ne parlent de rigoureusement rien.

- Lord Goring : J'adore parler de rien, père. C'est la seule chose que je connaisse un peu.
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