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Pascal Aquien (Éditeur scientifique)
EAN : 9782080711892
342 pages
Flammarion (17/09/2004)
4.02/5   141 notes
Résumé :
Le mari idéal, c'est Sir Robert Chiltern : raffiné, talentueux et très riche, il mène une brillante carrière politique, au grand bonheur de son épouse.
Tout se complique lorsque la machiavélique Mrs Cheveley menace de le faire chanter : si Chiltern n'accepte pas de soutenir le projet du canal d'Argentine, dans lequel elle a des intérêts, elle dévoilera de quelle odieuse manière il a autrefois bâti sa fortune.
Prêt à tout pour sauver son honneur, Chilt... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
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Difficile pour l'inconditionnelle d'Oscar Wilde, que je suis; d'émettre une critique sans me vautrer dans la prosternation. Mais bon...

L'aristocratie anglaise, frileuse et passéiste, de cette fin de 19ème siècle n'a pas pardonné au magnifique dandy Irlandais de l'avoir snobée, percée à jour, moquée, agacée. Pensant redorer son blason et récupérer de sa superbe, elle s'est réjouie de son emprisonnement en 1897. Peine perdue car un siècle plus tard, c'est bel et bien l'esprit d'Oscar Wilde qui demeure et l'emporte sur leur inconsistance.

Au sujet de cette pièce, dont la première a eu lieu le 3 Janvier 1895, A.B. Walkley dans le Speaker, écrivait en conclusion de sa critique : "Il n'en reste pas moins vrai que cette pièce de M. Wilde est non seulement indigeste, indigente et stérile mais encore fondamentalement vulgaire."

Mais, fi de ce cul-serré de Walkley ! Retenez plutôt ceci :
"La critique de George Bernard Shaw, publiée dans la Saturday Review du 12 Janvier, présente l'intérêt de fournir le point de vue d'un Irlandais sur la pièce. Shaw commence par dire que la pièce De Wilde est "un sujet dangereux à traiter, parce qu'elle a la propriété de rendre sots ses critiques.
.......En un sens, M. Wilde est selon moi le seul véritable dramaturge. Il joue avec tout : avec l'esprit, la philosophie, le genre dramatique, les acteurs et le public, avec le théâtre tout entier."
Il ajoute que les Anglais redoutent que ne soient menacés "les fondements de la société quand l'esprit de sérieux est publiquement ridiculisé. Et pour rendre la situation encore plus étrange, M. Wilde est le dramaturge le plus sentimental de notre époque".
Shaw voit également de la modernité dans l'affirmation par Sir Robert de son individualité propre, dans le désir courageux d'assumer la responsabilité de ses méfaits, "face à l'idéalisme mécanique de son épouse si sottement vertueuse", et dans sa critique virulente d'un amour qui n'est que la récompense du mérite.
Enfin, Shaw insiste sur les origines irlandaises De Wilde et observe que "la valeur littéraire de la pièce, le bon sens imperturbable et le savoir-vivre avec lesquels M. Wilde fait de l'esprit pour séduire un public relativement stupide (les Anglais), ne peuvent pas tout à fait dissimuler le fait que, de tous les pays, l'Irlande est celui qui est le plus étranger à l'Angleterre, et que, pour un Irlandais, il n'y a rien au monde de plus délicieusement comique que le sérieux des Anglais"

Pour ma part, j'ajouterai que ce qui est extraordinaire et, bien que ce ne soit pas nécessaire, confirme son immense talent, est que le génie, les mots, le sel, de cet auteur, résolument libre et intemporel, demeurent accessibles à toutes et tous.
Nul besoin d'avoir traîné sur les bancs d'une Fac Littéraire pour le lire, le comprendre et l'aimer.
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Une fois de plus j'ai lu une pièce d'Oscar Wilde et une fois de plus je me suis régalée. Je pense que je déraisonne toujours quand il s'agit De Wilde, j'use de superlatifs mais je n'arrive pas à me contrôler. J'adore, j'adore, j'adore !

Cette pièce est plus sérieuse que je ne m'y attendais mais elle n'en reste pas moins amusante à beaucoup d'égards. L'auteur, comme à son habitude, balance des aphorismes hilarants et provocants.

D'un point de vue théâtral, c'est brillant. le texte fourmille de détails et de didascalies. La précision de la mise en scène est bluffante.
Le style est aussi riche bien qu'accessible au plus grand nombre.

En bref, c'est un petit bijou !
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Lu, relu, lu en anglais, relu... J'ai aimé cette pièce infiniment, à tout lire oscar Wilde dans la foulée. C'est amusant, très fin.
Un couple modèle. Lui est la coqueluche de la classe politique. Elle est la coqueluche des salons. le couple idéal.
Mais ce qui les caractérise par-dessus tout c'est leur honnêteté. Rien ne peut leur être reproché. Ils sont de ces êtres à part qui ont toujours fait le bien, et qui ont toujours fait bien, pour arriver là où ils en sont.

L'ami fidèle, dandy de la pire- ou meilleure- espèce, est heureusement là, présent au point d'être pris à parti ou mis en porte-à-faux, le jour où cette façade idéale s'avère être fausse et où le couple modèle vacille.

Une pièce de théâtre morale, drôle, cynique en même temps, qui peut amener une certaine réflexion sur l'amour du pouvoir, et l'amour tout court. Plaisant.
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"Le mari idéal" est une réussite à tous points de vue : action, caractères, peinture sociale, réflexion sur l'amour (pas seulement celui qui unit un homme et une femme) et le mariage, ce que sont la féminité, la virilité, la probité, l'amitié, le rachat et le pardon.

Peut-on changer et s'amender ? Est-il légitime de taire la vérité pour sauvegarder une union ? Est-il possible de devenir un honnête homme quand on a commis une malhonnêteté dans le passé ?

En creux et sans fanatisme, Oscar Wilde érafle l'institution du mariage victorien et démontre avec subtilité comment l'éducation différente des garçons et des filles contribue à introduire des discordances dans le couple, les premiers étant formés au pragmatique et à la tolérance de la politique politicienne, tandis que les secondes sont élevées dans la croyance d'une vie devant coïncider en tous points à l'idéal : d'où une intégrité inhumaine, une inflexibilité face aux principes moraux, et le sens suraigüe des convenances qui leur sont imposées dès l'enfance. Or la vraie vie est faite de compromission, nous dit Oscar Wilde, l'homme ne peut respirer dans une atmosphère trop pure.

Et c'est Lord Goring, le dandy apparemment superficiel et infatué de soi qui réconcilie les deux pans de l'existence humaine, à savoir le versant masculin de la vie contingente soumise aux aléas, et le versant féminin des obligations éthiques auxquelles on doit se conformer sous peine de déchéance morale.
Sa légèreté à la limite de la désinvolture n'est que politesse à l'égard d'autrui destinée à adoucir dans les rapports sociaux le tragique inhérent à l'existence. Sous cette façade séduisante et facile, il recèle un grand sens du devoir. Sans ostentation dans sa générosité, il sait être un confident sans complaisance et un ami fidèle. Il ne suborne pas les faibles, n'accable pas les coupables.

Ecoutons-le : "Tout ce que je sais c'est qu'on ne peut pas comprendre la vie sans une grande miséricorde et qu'on ne peut pas vivre sans miséricorde." et "C'est l'amour, et non pas la philosophie allemande, qui est la véritable explication de ce monde, quelle que soit celle de l'au-delà".

Se dessine ainsi la conception du dandy selon Oscar Wilde : loin de n'être qu'un élégant sans épaisseur, celui-ci doit avoir développé une exigence intérieure fondée sur trois principes de vie : s'efforcer de suivre la voie la plus droite possible ; être indulgent aux fautes d'autrui ; leur venir en aide dans le malheur plutôt que les accabler.

Il y aurait cent autres choses à dire sur cette oeuvre, très supérieure à "L'éventail de lady Vandermere", tant du point de vue psychologique et social que politique et philosophique.
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Comme souvent Balzac nous l'a montré, la fortune n'est pas synonyme d'honnêteté. Un jour ou l'autre, tout finit par se savoir. Impossible de se cacher, la vérité est comme la grippe, rares sont ceux qui ne l'attrape ne serait-ce qu'une fois dans une vie.

Ce qui arrive ici : la femme de Sir Robert Chiltren apprend les manigances qui sont la base de la fortune de son mari, mais aussi de leur ménage. Elle en est outrée. Lord Goring entend rétablir l'ordre. Il fait savoir que l'homme n'est qu'un faible animal esclave de sa cupidité et de son ambition. Il faut lui pardonner, car même dans la richesse il est dans la misère. Gardons notre jugement pour nous.

Pièce vraiment bien construite, répliques admirables. On en sort malgré tout un peu insatisfait, car tout finit relativement bien, le riche malhonnête reste propre aux yeux de ses concitoyens. On aurait voulu du goudron et des plumes. Mais oh!, là je parle comme un farouche vengeur.
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Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
- Lord Goring : Mon cher Robert, voilà une affaire des plus embarrassante, vraiment des plus embarrassante. Vous auriez dû tout raconter à votre femme. Avoir des secrets pour les femmes des autres est un luxe indispensable dans la vie moderne. C'est du moins ce que me racontent toujours au club ceux qui sont suffisamment chauves pour en savoir long sur la vie. Mais nul homme ne devrait avoir de secrets pour sa propre femme. Elle finit toujours par les découvrir. Les femmes ont un instinct extraordinaire pour tout. Elles sont capables de tout découvrir à l'exception de l'évidence.
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Croyez-vous vraiment, Arthur que c'est par faiblesse qu'on cède à la tentation? Je peux vous dire qu'il existe de terribles tentations qui exigent de la force, de la force et du courage pour y céder. Mettre en jeu toute sa vie pour un seul moment, tout risquer d'un seul coup, que l'enjeu soit le pouvoir ou le plaisir, peu importe, il n'y a là nulle faiblesse. Il y a plutôt un courage terrible et effrayant.
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LORD CAVERSHAM. Quel intérêt pouvez-vous trouver à fréquenter ces nullités qui ne parlent que sur des riens ?
ARTHUR GORING. Je me plais à parler sur des riens, c'est même la seule partie où j'ai quelque talent.
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Ce ne sont pas les êtres parfaits, mais les êtres imparfaits qui ont besoin d'amour. C'est quand nous nous sommes blessés de nos propres mains, ou quand nous avons été blessés par des mains étrangères, que l'Amour devrait nous apporter ses soins. Sans cela à quoi l'Amour serait-il bon?
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- Lord Caversham : Je n'arrive pas à comprendre comment vous pouvez supporter la bonne société londonienne. Elle part à vau-l'eau : ce n'est qu'une bande de rien du tout qui ne parlent de rigoureusement rien.

- Lord Goring : J'adore parler de rien, père. C'est la seule chose que je connaisse un peu.
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Videos de Oscar Wilde (72) Voir plusAjouter une vidéo
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