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Jeannine Kalmanovitch (Traducteur)Michel Gribinski (Traducteur)
ISBN : 2070733629
Éditeur : Gallimard (04/05/2000)

Note moyenne : 4.6/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Ce recueil d'une quarantaine de textes inédits ou dispersés dans des revues montre un Winnicott explorateur et conteur passionné.
Nombreux sont en effet les inédits qui sont le résultat d'intuitions et de perceptions déroutantes pour l'auteur lui-même, qui a ainsi éprouvé le besoin de les saisir par l'écrit, en quelques pages vives et ouvertes. Certaines de ces pages sont des notes préparatoires pour un enseignement ou une conférence, et sont enjouées, prêtes... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (2) Ajouter une critique
colimasson
23 septembre 2016
Souvent, les gens ont peur. Ils font tout pour éviter de se confronter à des situations qui les terrorisent rien qu'à y penser (et souvent, d'ailleurs, ils ne font jamais rien d'autre que d'y penser). S'ils mettaient autant d'énergie pour les affronter, ces situations imaginaires, ça s'arrangerait peut-être, on ne sait pas. On se demande parfois comment dépasser ces peurs, comment éviter la crainte de l'effondrement. Winnicott a la réponse : en reconnaissant que l'effondrement a déjà eu lieu.

Ça n'a pas eu lieu n'importe comment. La preuve, vous ne vous en souvenez plus. Pas que vous ayez refoulé l'événement, non. Si vous l'aviez refoulé, il resterait quand même là, dans votre petit inconscient puant, et vous seriez simplement névrosé, ce qui n'est pas forcément cool non plus. L'opération relève plutôt de ce genre de forclusion dont parle Lacan: le traumatisme s'est produit mais personne dans la tête n'était là pour le reconnaître, c'est-à-dire que le système psychique n'était pas encore assez mûr pour comprendre vraiment ce qui se passait.

Winnicott en a vu des patients de ce genre-là dans son petit bureau de toubi. Il nous raconte quelques exemples marrants. Il met à jour la psychonévrose, située entre la névrose et la psychose. Les individus qui en sont touchés sont les plus emmerdants à rencontrer. Souvent, ils se dissimulent derrière une surface lisse et donnent l'impression de n'avoir aucun problème. C'est leur faux self qui parle à leur place et le vrai self peut finir par se désagréger totalement derrière cette figure de cire fondue. Pour dégommer cette mascarade, le toubi doit accepter de devenir un peu fou lui aussi et de participer au transfert délirant, seul moyen d'actualiser l'expérience de l'effondrement dans le présent. C'est pour ça qu'on dit que la psychonévrose (l'état-limite) se situe entre psychose et névrose. Ce sont toutes sortes de défenses de type névrotique qui ont été dressées pour juguler le noyau psychotique de l'expérience traumatique vécue originellement sur le mode de l'absence. Sans doute faut-il avoir été soi-même un peu absent toute sa vie pour comprendre ce genre de truc. La psychonévrose, c'est pas la vraie vie. Il faut l'abattre. Il faut permettre au type devant soi, tout bien coincé du cul dans son rôle de mec parfait, de devenir fou, dépressif, manique, obsessionnel, parce que c'est dans ce genre de folie ponctuelle que l'individu peut se montrer véritablement vivant.

« Ce que je désire suggérer c'est que, du point de vue clinique, l'individu qui est réellement en bonne santé est plus proche de la dépression et de la folie que de la psychonévrose. La psychonévrose est ennuyeuse. C'est un soulagement quand l'individu est capable d'être fou et d'être sérieux et de prendre plaisir au soulagement qui est offert par le sens de l'humour et d'être capable pour ainsi dire de flirter avec la psychose ».

La véritable santé, le copain Nietzsche nous en avait déjà causé, ce n'est pas de cette moyenne basse dont nous parlent les instituteurs pour forcer les gamins à faire la ronde sagement alors que tous rêvent de se transformer en satyres et de brûler l'instituteur au centre du cercle. Winnicott nous dit qu'il est important parfois de faire naître l'individu à la haine. Selon lui, c'est l'agressivité qui crée la réalité. En exerçant son agressivité, l'individu prend conscience de la nature de l'objet sur lequel il exerce ses pulsions destructrices. Si l'objet survit à ces assauts (c'est-à-dire, s'il ne fait pas de représailles), alors l'objet peut véritablement exister aux yeux de l'individu et celui-ci peut naître à des relations vivantes avec les autres autour de lui. Avant le véritable amour, la haine. Souvent, cette étape n'a pas pu être franchie avec le premier objet rencontré par l'individu (la figure maternelle, on s'en serait douté), soit qu'elle n'ait jamais été vraiment là, soit qu'elle n'ait pas survécu à l'agression, soit qu'elle se soit montrée trop vulnérable pour que l'enfant ose l'agresser. Il a alors fallu refouler l'envie de la buter, et ça ne se fait jamais au prix d'un vulgaire croissant chaud du dimanche matin.
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libellule1
15 mai 2016
Ce livre est un monument peu connu de la littérature psychanalytique. A découvrir.
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Citations & extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson19 octobre 2016
Dans certains cas, l’hallucination est pathologique parce qu’elle renferme un élément compulsif qui peut être compris de la façon suivante. Quelque chose a été supprimé, « déshalluciné », et secondairement le patient a une hallucination, qui dénie la suppression. C’est complexe parce qu’au tout début, quelque chose a été vu, puis omis, puis une longue série d’hallucinations a alors essayé de remplir le trou produit par la scotomisation.
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JunieJunie25 avril 2012
signification de "breakdown"

C'est à dessein que j'ai employé le mot "breakdown", parce que ce mot est vague et qu'il pourrait vouloir dire diverses choses. Grosso modo, dans ce contexte, le mot peut signifier: échec de l'organisation d'une défense. Mais aussitôt nous demandons: une défense contre quoi? Ce qui nous conduit à une signification plus profonde du mot, puisque nous avons besoin d'employer le mot "effondrement" pour décrire l'état de choses impensable qui est sous-jacent à l'organisation d'une défense.
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colimassoncolimasson27 septembre 2016
Pour la nature humaine, la droiture [honesty] semble bien près d’être quelque chose d’irréductible, et je vais exposer pourquoi je pense que ce n’est pas véritablement irréductible et la façon dont on peut, selon moi, analyser cela plus avant. Mais, quelle que soit l’origine de la droiture, il est certain que le petit enfant […] peut être vilainement touché lorsqu’il découvre qu’il n’est ni bien ni bon d’être droit.
Sans entrer dans le bien ni dans le bon, qu’est-ce qui fait que l’enfant en vient à comprendre que la droiture n’est pas forcément la meilleure ligne de conduite ?
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JunieJunie25 avril 2012
La crainte de l'effondrement est une particularité d'une grande portée chez certains de nos patients, mais pas chez d'autres. Si cette observation est juste, on peut conclure que la crainte de l'effondrement a trait à l'expérience du passé de l'individu et aux caprices de l'environnement.
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colimassoncolimasson06 octobre 2016
Le déprimé méprise l’obsessionnel qui ne sent plus rien. L’obsessionnel ne peut supporter que le déprimé soit capable d’avoir une humeur ; la possession d’une humeur veut dire espoir, et de fait l’humeur basse a tendance à se relever spontanément avec le temps.
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Video de Donald W. Winnicott (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Donald W. Winnicott
Il y a soixante-cinq ans, Donald W. Winnicott présentait à la Société britannique de psychanalyse son célèbre exposé sur les « objets et phénomènes transitionnels » qui allait bouleverser l?accompagnement psychologique du tout-petit enfant? et l?économie du jouet.
Aujourd?hui, les parents achètent le précieux « doudou » que l?enfant est censé « trouver-créer » dans son environnement immédiat pour, entre autres, apprivoiser l?absence de la mère (du père, des parents?). Ces nouveaux objets transitionnels, surinvestis par les adultes (parents et professionnels), jouent-ils toujours leur rôle initial ? Que disent-ils de la fragilité de nos liens ?
Les objets numériques (téléphones portables, jeux vidéos, robots?) qui nous relient les uns aux autres et meublent notre solitude, sont-ils les doudous d?aujourd?hui ? Ou des objets-fétiches, si l?on en croit notre dépendance à leur égard ?
Psychiatres, psychologues, psychanalystes, sociologues, philosophe et puéricultrice revisitent le concept de Winnicott à l?ère de la marchandisation et des nouvelles technologies.
+ Lire la suite
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