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Claude Javeau (Préfacier, etc.)Adolphe Nysenholc (Éditeur scientifique)
ISBN : 2874159905
Éditeur : Espace Nord (04/02/2008)

Note moyenne : 3.32/5 (sur 17 notes)
Résumé :
De quoi peuvent bien parler des enseignants dans une salle de profs? De tout et de rien, de la pluie et du beau temps. Du goût du café comme des vacances, des bulletins comme de la discipline. Dans un style vif et humoristique, Liliane Wouters a su croquer, à l'heure où ils s'interrogent tant sur leur sort et leurs conditions de travail, cinq instituteurs et institutrices, tantôt jeunes et pleins d'idéal, tantôt en bout de course et désillusionnés.
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
saigneurdeguerre
  29 juillet 2019
Préambule : La pièce se déroule en Belgique où le système d'enseignement diffère de celui de la France. Il y a six années en primaire et six en secondaire. La 1ère primaire est l'équivalent du CP, la deuxième primaire c'est le CE1, la troisième le CE2, la quatrième le CM1, la cinquième le CM2, et la sixième n'a pas d'équivalent en France.
Ils sont six. Deux institutrices et quatre instituteurs. A différents moments de la journée, ils se retrouvent dans la salle des profs placée entre la cour de récréation et la cantine… Histoire de permettre aux « forces de l'ordre et des premiers secours » d'intervenir en cas de pépin.
Présentation des protagonistes :
ADAM Joseph, 55 ans, instituteur de sixième primaire ET directeur de l'école. Il fait figure d'homme sage et expérimenté, pondéré, respecté. Il est le digne représentant de l'institution « enseignement ».
JAUMAIN Mimi, 34 ans, célibataire, institutrice de 5e primaire. Elle a tendance à voir les choses positivement. Cela déroute complètement son collègue de 4e, monsieur VANDAM, qu'elle ait de l'autorité sur ses élèves sans distribuer de punitions ou presque. Et le plus perturbant pour monsieur VANDAM, c'est qu'elle puisse s'amuser en classe ! Les élèves rigolent, s'amusent ! Pour monsieur VANDAM, c'est complètement indécent !
VANDAM Robert, 56 ans, fils d'adjudant, instituteur en 4e primaire. Pour lui, l'école doit être un lieu de discipline, d'ordre. Il fait les choses avec peine et ne supporte pas que d'autres les fassent avec amusement. L'effort et la répétition sont tout ! Avec lui, pas de familiarités. Même pour ses collègues, il est MONSIEUR VANDAM, pas question de l'appeler Robert ! Tout était bien mieux avant, au début de sa carrière. D'ailleurs, il ne comprend pas que les femmes puissent enseigner… Leur place n'est-elle pas à la maison ?
BAILLY Daniel, 22 ans, instituteur en troisième primaire. Il n'arrive que le lundi 21 septembre à 15 :05. Il remplace monsieur Martens qui ne reviendra pas de sitôt. Monsieur Martens qui a craqué. Daniel BAILLY est pétri de bonnes intentions et d'idées nouvelles. Fier de la « distinction » obtenue à l'école normale, il compte enseigner sans recourir à l'autorité, sans imposer ses idées. C'est son premier poste.
DINI Marco, 38 ans, instituteur en deuxième primaire. C'est le comique et le sportif de la bande. le débrouillard aussi. Petit-fils de mineur italien, élevé par son grand-père, il aime chanter. Il aime courir. Il n'a pas l'air de prendre grand-chose au sérieux. Il aime faire enrager monsieur VANDAM. Débrouillard ? … Ah, ça, il sait jouer du piston, monsieur DINI. Il connaît la musique…
FIRQUET Denise, 48 ans, institutrice en première primaire. Son mari adore le sport… à la télévision. On devine que c'est elle qui effectue toutes les tâches ménagères à la maison.
Critique :
TOUT EST VRAI ! Pour caricaturaux que puissent paraître à certains les six personnages qui jouent ce mélodrame, ils sont bien réels pour qui fréquente un studio des profs depuis près de quarante ans. de même, les situations, les allusions aux changements de programmes et de doctrines pédagogiques, les différences de vues entre l'école normale qui forme les instits et l'école primaire où ils exerceront, tout cela est authentique. Qu'est-ce qui a changé depuis les années quatre-vingt ? Peu de choses en réalité : les francs belges ont été remplacés par les euros et la télé a perdu la première place dans les centres d'intérêt des élèves au profit des smartphones et des consoles de jeu, mais à part ça…
« La Salle des Profs » est un travail de commande. C'est la ville de Mons qui a demandé à Liliane Wauters d'écrire une pièce de théâtre avec des exigences très précises : six acteurs, quatre hommes et deux femmes, un lieu unique, création en février 1982. Elle a tout de suite pensé à des instituteurs. Enseignante pendant plus de trente ans, elle a tout tiré de son vécu. Chacun de ses personnages est le condensé de trois ou quatre collègues rencontrés au cours de sa carrière. L'auteure a déclaré : « Une pièce que je n'aurais pas écrite si je n'étais restée si longtemps dans l'enseignement. C'était le trop-plein qui débordait. » Seul(e) un(e) instituteur/trice pouvait parler ainsi du monde de l'enseignement, avec autant de dureté, de vérité, mais aussi de drôlerie et de tendresse.
A lire, que vous soyez profs, parents d'élèves, ou étudiants… Lecture indispensable pour tout futur instituteur, pour toute future institutrice car pour eux, ce serait plutôt « Salle des Profs, mode d'emploi » ou «Guide de Survie en Salle des Profs » .
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daniel_dz
  10 juin 2019
Douze scènes dans la salle des profs d'une école primaire, sans doute inspirées par les trente années d'enseignement de l'auteure. Confrontation de jeunes et d'anciens, d'hommes et de femmes, d'enthousiastes et d'aigris, le texte fluide et vivant donne des tableaux très réalistes. La pièce a eu un grand succès à sa sortie en 1983. Une oeuvre gréable à lire, pour le texte en lui-même, et pour voir qu'avec le temps qui passe… rien ne change, fondamentalement!
Je découvre Liliane Wouters avec ce texte. Née en 1930 à Ixelles, elle y a été institutrice de 1949 à 1980, tout en écrivant des poèmes et des pièces de théâtre; elle a aussi traduit des poèmes depuis le néerlandais.
« La salle des profs » est sortie en 1983. À l'époque, elle a connu un vif succès. Incontestablement, le texte le méritait. Mais si j'ai bien compris, c'était également une période de grogne sociale pour les enseignants, qui ont probablement été heureux de voir la mise en scène d'une partie de leur quotidien.
Au premier degré, sans se poser la question de savoir si le récit colle ou pas à la réalité, on prend plaisir à les lire la douzaine de scènes. C'est amusant, enlevé, on passe un bon moment !
Dans un deuxième temps, bien sûr, on peut faire comme si les douze scènes étaient tirées de la réalité. Là, deux aspects m'ont frappé. D'une part, même si j'ai senti que les différents enseignants aiment leur métier et qu'aucun (sauf peut-être le débutant) ne voudrait pour rien au monde en changer, j'ai trouvé que l'impression générale, qui restait dans mon souvenir à la fin de la lecture, était davantage teintée d'aigreur que d'enthousiasme.
D'autre part, j'ai souri en réalisant que, depuis 1983, et probablement depuis plus longtemps, rien n'avait fondamentalement changé dans les sujets qui minent les enseignants: les élèves immaîtrisables, les parents qui délèguent à l'école la totalité de l'éducation de leurs enfants, l'administration… Alors, était-ce vraiment mieux avant ? J'en doute. Dans la forme, peut-être, les comportements ont évolué, mais fondamentalement, y a-t-il tant de changement ? Voyez les citations que j'ai publiées en marge de ce commentaire.
Bref, je vous recommande ce texte à succès. Plaisant comme une comédie de boulevard au premier degré, intéressant témoignage et source de discussions sans doute passionnées dans un deuxième temps !
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ProfesseurDan
  07 avril 2016
Cette pièce nous offre un regard en même temps précis, perçant et drolatique du monde des enseignants à travers cette figure du repos du guerrier que constitue la salle des profs. Ce qui me plaît davantage dans cette pièce, c'est la diversité et la complétude du traitement des personnages, aucun type de prof n'est épargné.
Liliane Wouters a eu le trait de génie d'exploiter chacun des ces types de professeur au plus profond de son être. de plus, au-delà de la psychologie professorale, chaque découpage scénique évoque une préoccupation différente de la vie de professeur, afin, je crois, de déjouer toutes les caricatures qui entourent le métier. Liliane Wouters a aussi coeur à critiquer l'enseignement tel qu'il est pratiqué aujourd'hui et les donneurs d'ordre inconscients qui le régissent.
En résumé, une pièce qui oscille entre la partie drôle de chaque situation que rencontrent les profs et le sérieux du traitement et de la critique du monde de l'enseignement tel qu'il était dans les années 1970 et qu'il est je pense encore aujourd'hui.
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klimt4
  21 septembre 2019
AUTEUR: Liliane Wouters.
TITRE : La salle des profs.
EDITIONS : Espace Nord.
PAGES : 145
SYNOPSIS :
De quoi peuvent bien parler des enseignants dans la salle des profs? de tout et de rien , de la pluie et du beau temps . du gout du café comme des vacances, des bulletins comme de la discipline .
Dans un style vif et humoristique , Liliane Wouters a su croquer , à l'heure où ils s'interrogent tant sur leur sort et leurs conditions de travail , cinq instituteurs et institutrices , tantôt jeunes et pleins d'idéal , tantôt en bout de course et désillusionnés.
MON AVIS :
Ce livre humoristique tire plus vers une pièce de théâtre.
Cela m'a bien fait rire.
Des souvenirs ont surgi . Je me revoyais autour de la photocopieuse ..Un bon moment !
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
daniel_dzdaniel_dz   10 juin 2019
[Un instituteur débutant, déçu par sa première année d’enseignement, annonce à ses collègues qu’il veut quitter l’enseignement.]
BAILLY.- J'ai bien écouté. J'ai bien regardé. Je vous ai regardés. Je vous ai écoutés. Je ne veux pas vivre comme un rat. Je ne veux pas être pris au piège. (Pause.) Trois mois de vacances. On les paie trop cher. Une bonne pension. On l'attend trop longtemps. Le temps d'être gâteux. Le temps d'être mort. De végéter. De ruminer. De s'énerver. D'avaler des couleuvres. De tourner sa langue dans sa bouche. Sept fois. Septante-sept fois. De retenir le geste commencé. De ne pas lever la main. De baisser la tête. De ne pas dire merde. D'avoir un infarctus. De faire toujours les mêmes gammes. De les faire faire à qui ne veut pas les faire. De corriger toujours les mêmes erreurs. De donner chaque fois les mêmes explications. De savoir qu'un tiers des élèves ne peut pas comprendre. De faire semblant de croire qu'ils pourraient comprendre. De ne pas cogner quand on dit que c'est votre faute s'ils n'ont pas compris. De niveler toujours un peu plus bas. De faire cours toujours un peu plus haut. Avec un rhume, avec une laryngite, avec une extinction de voix. D'entendre les ministres édicter, les conseillers proposer, les pédagogues proclamer, les psychologues interpréter, les sociologues constater, les inspecteurs souhaiter, les directeurs exiger, les parents contester, les enfants revendiquer. D'être tout seul et pas tellement malin en face des décrets, des théories, des essais, des contre-essais, des remises en question, des questions remises, des recyclages. des cyclothymes, des réunions, des associations, des tests, des toasts, des trusts. (Pause.) J’en ai assez d’être un homme-orchestre. D’être un chef d’orchestre. Un maestro dont la plupart des musiciens jouent faux, il n’en peut mais. (Pause.) Mais c’est toujours à cause de lui. (Pause.) Dit-on. (Pause.) Je veux faire un travail dont le résultat ne dépende que de moi. Je veux aimer mon travail.
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saigneurdeguerresaigneurdeguerre   28 juillet 2019
JAUMAIN : Qu'est-ce que je fais de si particulier?

VANDAM: Vous vous amusez, Mademoiselle, vous vous amusez. Et vos élèves aussi s'amusent. (Pause.) J'entends souvent rire de l'autre côté du mur.

JAUMAIN : - C'est défendu ?

VANDAM : C'est indécent.

JAUMAIN : - Indécent ?

VANDAM : - Indécent, oui. Indécent de prendre plaisir à ce qui doit donner du mal. Indécent de travailler par plaisir. Dans le plaisir. Avec plaisir.
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daniel_dzdaniel_dz   10 juin 2019
[Dialogue entre une institutrice et un instituteur.]
Jaumain. - Qu’est-ce que je fais de si particulier ?
Vandam. - Vous vous amusez, Mademoiselle, vous vous amusez. Et vos élèves aussi s’amusent. (Pause.) J’entends souvent rire, de l’autre côté du mur.
Jaumain. - C’est défendu ?
Vandam. - C’est indécent.
Jaumain. - Indécent ?
Vandam. - Indécent, oui. Indécent de prendre plaisir à ce qui doit donner du mal. Indécent de travailler avec plaisir. Dans le plaisir. Avec plaisir.
Jaumain. - Vous êtes contre le plaisir ?
Vandam. - Je suis pour le devoir ! Pour la fatigue ! La difficulté !
Jaumain. - Mais, moi aussi, Monsieur. Quand il faut.
[...]
Vandam. - Parce que, Mademoiselle, quand je fais les choses avec peine, il m’est désagréable de voir certains les faire en jouant.
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daniel_dzdaniel_dz   10 juin 2019
[Bailly est un instituteur débutant. Il rédige ses préparations.]
Dini. - Et vous écrivez ça dans un cahier ? Des fiches, mon vieux, des fiches. Elles serviront pendant quarante ans.
Bailly. - Mais les élèves n’en seront pas toujours au même point.
Dini. - Vous les y mettrez ! C’est d’ailleurs le but de l’enseignement. On coupe, on rabote, on lime. Pas de têtes qui dépassent, tout le monde en rang. Les champions, c’est bon pour le sport. Là, oui, on sélectionne. On pousse les plus doués.
Bailly. - Vous êtes d’accord avec ça ?
Dini. - On ne vous demande ps d’être d’accord, on vous demande de marcher au pas.
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saigneurdeguerresaigneurdeguerre   28 juillet 2019
DINI : - [...] Il était bien content, Nonno. Il contemplait en moi le maître. Le maître ! On est des pions, mon vieux, des pions, des pigeons, de pauvres cons sous-payés que le boucher regarde de haut parce que son rôti coûte plus cher qu'une heure de nos leçons, que l'universitaire méprise parce que son diplôme nous en impose, que l'ouvrier chicane parce qu'il se souvient de ses années d'école et que chacun envie parce que nous avons trois mois de vacances. Nous sommes des inclassables, à coup sûr fonctionnaires, vaguement indépendants, plus du tout manuels, pas vraiment intellectuels, des sans statut, des sans avoir, à mi-chemin entre minables et notables.
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Videos de Liliane Wouters (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Liliane Wouters
Journal du Scribe (début), Liliane Wouters lu par Denis Podalydès
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