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ISBN : 2889276201
Éditeur : Editions Zoé (03/01/2019)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 24 notes)
Résumé :
Issue de grandes dynasties viennoises et anglaises au cosmopolitisme vertigineux, Antonia est mariée à un nanti de Palerme. Soumise et contrainte à l'oisiveté, mais lucide, elle rend compte dans son journal de ses journées-lignes et du profond malaise qu'elle éprouve. Suite au décès de sa grand-mère, Antonia reçoit quantité de boîtes contenants lettres, carnets et photographies. En dépouillant ces archives, elle reconstruit le puzzle du passé familial et de son iden... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Lolokili
  06 mars 2019
Me rappelant "Inconnu à cette adresse" par son éloquente concision, Antonia aussi est un texte court qui progresse habilement vers la métamorphose d'une existence ordinaire.
Ici toutefois, pas d'échange épistolaire mais des fragments de journal intime, les mots d'une jeune femme des années soixante qui suffoque en son quotidien de grande bourgeoise palermitaine. Un monologue intérieur pour ne pas sombrer, pour se convaincre de se sauver, dans les deux sens du terme.
Chronique touchante que celle d'Antonia que l'on découvre au fil de ses confidences et de ses pensées, mais hélas un peu trop succincte pour que l'on parvienne à s'y attacher vraiment. Je referme ce Journal assez dubitative, partagée entre la délicatesse du propos et la trop légère empreinte qui subsistera dans mes souvenirs de lecture (et accessoirement les deux ou trois fautes d'accord qui m'ont grave picoté la rétine).

Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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hcdahlem
  25 avril 2019
Gabriella Zalapi a trouvé une façon originale d'entrer en littérature. Elle a imaginé un journal illustré de photos de famille pour raconter la vie d'Antonia dans les années soixante et transcrire la chronique d'une émancipation.
Arrêtons-nous une seconde sur le genre littéraire choisi par Gabriella Zalapi pour son premier «roman». le journal intime, en rassemblant les «trois je», c'est-à-dire le «je» de l'auteur, celui du narrateur et celui du personnage principal donne davantage de force au récit. Il est aisé de s'identifier ou d'entrer en empathie avec la rédactrice, surtout quand des photos d'archives – comme c'est le cas ici – viennent conférer davantage d'authenticité à la chronique proposée. Les dates au début de chacune des entrées permettent de parfaitement situer l'action dans le temps, au milieu des années 60, et de nous projeter à cette période.
Nous voici donc le 21 février 1965, au moment où Antonia prend la plume pour dire son mal-être. Son mari entend la confiner à un rôle de maîtresse de maison et n'hésite pas à la sermonner dès qu'elle déroge à sa mission. Frieda, la nurse, entend s'arroger un droit exclusif sur l'éducation de son fils Arturo, lui interdisant – entre autres – d'allaiter et de le garder auprès d'elle durant la nuit. Quelques rares dîners mondains lui offrent un peu de diversion: «Je ne serai plus seule avec cette bouche qui mastique bruyamment. Avec cette tête qui se penche si bas sur l'assiette qu'elle pourrait se décrocher et se noyer dans le gaspacho.»
Le testament de Nonna va lui apporter le moyen d'oublier quelques instants ce sentiment d'oppression en lui offrant de se replonger dans l'histoire familiale via une boîte remplie de documents et de photos. Comme par exemple celle du second mariage de sa mère: «Dans une enveloppe vierge, j'ai trouvé la photo de mariage de Maman et de Henry, qui avait eu lieu à l'ambassade de Nassau. C'est aux Bahamas qu'elle a trouvé son deuxième mari. Combien de temps après la mort de Papa? Quelques mois? Peu après, Maman m'a annoncé qu'elle était enceinte de Bobby, ce demi-frère, ce petit putto. Son arrivée a tout modifié: j'étais devenue un rappel encombrant d'une vie passée, il fallait que ma naissance reste un acte invisible. J'ai littéralement sursauté en revoyant le visage d'Henry. le jour de leur mariage, Maman, avec une voix mielleuse, m'avait dit: "C'est lui ton nouveau papa. Il faudra l'appeler Daddy."»
On l'aura compris, la belle vie espérée est vite devenue une prison dorée. le miel s'est transformé en fiel. Mais dire les choses et poser sur le papier un diagnostic implacable apporte déjà une voie vers davantage de liberté. le constat nourrit la volonté, donne de la force. Et si quelquefois, le doute s'installe, c'est plutôt dans l'envie de trouver le mot juste que de renoncer à la liberté. Quitte à en payer le tribut.
En creusant l'histoire d'Antonia et de sa famille – sans oublier de la romancer ici et là – Gabriella Zalapi anon seulement fait un travail de généalogiste et d'historienne, mais aussi admirablement illustré le combat d'une femme prête à tout pour se défaire de ses chaînes. Fort, violent et sans aucun doute jubilatoire.

Lien : https://collectiondelivres.w..
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cecille
  09 juillet 2019
L'auteure Gabriella Zalapi, dans ce tout premier roman remarquable, nous présente le journal d'Antonia, rédigé entre 1965 et 1966. C'est une jeune femme, née en 1936, vivant à Palerme avec son mari qu'elle n'aime pas Franco et leur fils Arturo. A vingt neuf ans elle se pose des questions essentielles , ses "désirs tombent, s'enfoncent dans l'insonore. Impossible d'envisager une vie perfect house wife pour le restant de ses jours ". En épousant cet homme elle a cru être aimé. Peut être mais pas comme elle le désirait. Elle étouffe, se sent éteinte. Tout comme elle ne sait pas aimer son fils, croit ne pas être une bonne mère, elle jalouse la bonne et en même temps reste à distance de lui.
Mais qu'est-ce qu'être une bonne mère, cela existe t-il réellement ? Qu'est-ce qu'être une "bonne" épouse ? Que des questions !!
Elle a deux amours, sa grand-mère, mère de son père disparu, Nonna et son grand-père Vati, père de sa mère insaisissable. Ce sont ses anges gardiens.
Quand Nonna meurt, elle lui lègue des cartons de documents, des lettres, des photos et elle se met corps et âme dans ces souvenirs restituant un passé mal connu ou parfois même oublié, qui vont l'aider à ouvrir ses yeux et surtout se créer de nouveaux possibles.
Ce livre à tout pour me plaire, une très jolie maison d'édition, une belle forme que ce journal intime, une belle histoire que celle d'une femme mélancolique et qui sait se poser des questions ... alors qu'est-ce qui a manqué pour que je sois davantage transporter ... un certain romantisme absent... peut être ? Je serais curieuse de lire un prochain roman de cette auteure certainement prometteuse.
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clefran45
  07 mai 2019
Un premier livre de Gabriella Zalapi qui m'a beaucoup surprise par son épaisseur: il est tout fin!
Lorsque je suis allée le chercher à la médiathèque de ma ville, j'ai d'abord cru m'être trompée! Il me semble que c'est une chronique écoutée sur France Inter qui m'a donné envie de le lire également.
Antonia vit avec Franco, c'est un couple de la grande bourgeoisie Italienne, elle ne travaille pas, et lui semble consacrer beaucoup de temps à son travail sans que l'on sache vraiment ce qu'il fait. A eux deux ils ont un fils, Arturo, et une gouvernante qui semble, aux yeux d'Antonia, lui voler son fils et l'exclure de toute éducation à son égard.
Tout ceci se passe au milieu des années 60, dans une société au sein de laquelle la femme est avant tout un faire valoir pour l'homme (on l'exhibe dans les soirées), un sous être qui existe seulement pour "équilibrer le couple" , sourire, s'occuper des enfants, bref, une vraie vive comme toute femme en rêve n'est ce pas?!!!
Antonia est malheureuse, elle s'ennuie, s'éteint, s'appauvrit intellectuellement dans cette vie étriquée ou l'amour n'a nulle place.
Lorsque sa grand mère meurt, elle hérite de bien des choses, mais aussi de cartons remplis de carnets, de photos, de lettres.. Antonia va prendre à coeur de reconstituer une partie du passé de sa grand mère mais aussi le sien car ce faisant, les souvenirs surgissent..
Ce premier roman est à la fois très séduisant, agréable à lire (forme du journal intime), riche de réflexions sur la condition de la femme à cette époque, et la culpabilité éternelle de la femme qui souhaite s'accomplir et s'épanouir, mais qui, pour cela, doit s'affranchir d'obligations qu'on lui attribue sans qu'elle ait demandé grand chose..(sacrifier son travail parce que Monsieur travaille beaucoup, faire des efforts pour être agréable en toute circonstance, être une bonne mère c'est à dire faire passer tout le monde avant soi..)
J'ai aimé lire ces moments de profond désespoir d'une femme qui veut se libérer de carcans sociaux très forts: divorcer ne se fait pas, partir n'est pas envisageable..
Pourtant, j'ai trouvé dommage que le récit s'achève aussi rapidement!
Sur les dernières pages il y a un sentiment d'accélération dans le récit, et du coup, une sensation de fin "bâclée" et c'est bien dommage.
Peut être l'auteure ne savait elle pas comment finir, ou du moins où ce récit intime allait mener?
C'est dommage, on aurait envie de suivre encore Antonia, dans ses hésitations, ses constats et sa certitude de s'être trompée en s'engageant ainsi dans un mariage qui la rend malheureuse.
Bien entendu, ce livre nous invite à réfléchir également à ce que l'on souhaite vraiment au fond de soi, les rêves que l'on a enterrés, les idéaux qui se sont envolés..
En tant que femme Gabriella Zalapi pose la question de l'obligation que se font un grand nombre de femmes, d'être une bonne mère, une bonne épouse, évitant les conflits, prenant soin de son entourage en s'oubliant.
A méditer car ce livre, bien que se situant dans les années 60, a vraiment des parfums d'actualité..
Pour ma part, l'auteure promet certainement de beaux livres à venir.
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motspourmots
  03 janvier 2019
Un livre minuscule, qui tente de brosser, en quelques entrées de journal intime, le portrait d'une femme enfermée dans un carcan familial, sous le poids d'une société patriarcale. le portrait d'Antonia est esquissé, mais simplement esquissé ce qui ne serait pas déplaisant si les petites touches parvenaient à former un tableau consistant. Ce n'est pas le cas et c'est dommage. Ce livre minuscule se lit très vite, sans déplaisir mais sans non plus susciter de sentiments particulier. On aperçoit très vite une société sicilienne ancrée dans le passé, une Europe encore marquée par les traces des conflits ... Tout ceci contribue à créer un décalage entre le temps annoncé de la narration (les années 60) et le temps que l'on perçoit. On a l'impression d'un récit situé à la fin du 19ème siècle et non à l'époque des yéyés...
Vite lu donc, et vite oublié. Disons qu'il ne marquera pas mon parcours littéraire
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critiques presse (1)
LaLibreBelgique   12 février 2019
À travers ces pages d’une écriture raffinée et dense, se dessine la figure d’une jeune femme prise au piège d’un mariage qui n’en est pas un.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   25 avril 2019
INCIPIT
21 février 1965
Ce matin, lorsque j’ai ouvert les yeux, j’étais incapable de bouger. Mon corps semblait s’être dissous dans les draps et baignait dans une sueur toxique. Ce n’est qu’en entendant la gouvernante – Nurse comme elle désire être nommée – que j’ai sauté du lit. Elle était sur le pas de la porte avec Arturo. Où allez-vous? «Nous allons à l’école, of course», a-t-elle dit de son petit air choqué. Elle m’a pratiquement claqué la porte au nez. Puis je me suis souvenue qu’hier soir au dîner, j’avais promis à mon fils de l’emmener en classe ce matin. J’ai eu honte.

3 mars 1965
Je perds mes cheveux. J’ai des migraines. Je grossis à vue d’œil et ne rentre plus dans mes habits. Ma nouvelle habitude : dès que Franco part travailler, j’étends des draps noirs sur les miroirs.
Hier il m’a reproché de ne pas savoir donner des ordres aux domestiques. D’être trop gentille avec eux. Il y avait du mépris dans sa voix. En disant trop gentille, il a bien décomposé les syllabes et des bulles de salive s’accumulaient sur les côtés de sa langue qui roulait. Il persiste à appeler Maria «la bonne».

4 mars 1965
Nurse m’épie l’air de rien avec sa tenue d’infirmière. J’aurais dû la faire partir dès le début. C’est elle qui m’a interdit d’allaiter Arturo et de le garder près de moi la nuit. Elle a pris trop de place entre lui et moi, avec son chignon parfait, sa peau lisse, sa petite moustache drue, ses règlements, ses yeux bleu glace.

12 avril 1965
Rendez-vous ce matin à 9h au cabinet du notaire Via Cavour avec Oncle Ben. Nous avons finalement résolu les derniers petits conflits liés au testament de Nonna.
Tout s’est passé dans le calme. J’étais anesthésiée. J’ai hérité de ce qui revenait à Papa: une importante somme d’argent, la moitié des meubles de Villa Clara (où vais-je les mettre?) et les six appartements de Florence (une entrée d’argent mensuelle). Cette affaire qui a traîné si longtemps est finalement close. Je suis heureuse de savoir que jamais je ne dépendrai financièrement de Franco.
Chez le notaire, j’ai réalisé que cinq ans se sont écoulés depuis la disparition de Nonna. Pourtant je me surprends encore, quand le téléphone sonne, à croire, à espérer entendre sa voix. Et cette sidération qui suit. Cette déception.
Quand est-ce que je reverrai Oncle Ben? À l’aéroport, j’ai mesuré à sa démarche combien il a vieilli. Lui rendre visite à Londres absolument.

30 avril 1965
Dîner à la maison avec Valentina, Felice, Matilde et époux.
Menu:
Timbalines de macaronis à la sauge
Filets de soles à la Diplomate
Petits pains de foie gras à l’aspic
Salade Jockey-Club
Mousse aux abricots
Ces dîners mondains sont une manière de faire diversion aux interminables tête-à-tête avec Franco. Je ne serai plus seule avec cette bouche qui mastique bruyamment. Avec cette tête qui se penche si bas sur l’assiette qu’elle pourrait se décrocher et se noyer dans le gaspacho. Ce soir, pas de «Quoi, qu’est-ce que tu as dit?»
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hcdahlemhcdahlem   25 avril 2019
Dans une enveloppe vierge, j’ai trouvé la photo de mariage de Maman et de Henry, qui avait eu lieu à l’ambassade de Nassau. C’est aux Bahamas qu’elle a trouvé son deuxième mari. Combien de temps après la mort de Papa? Quelques mois? Peu après, Maman m'a annoncé qu’elle était enceinte de Bobby, ce demi-frère, ce petit putto. Son arrivée a tout modifié: j’étais devenue un rappel encombrant d’une vie passée, il fallait que ma naissance reste un acte invisible. J’ai littéralement sursauté en revoyant le visage d’Henry. Le jour de leur mariage, Maman, avec une voix mielleuse, m’avait dit: "C’est lui ton nouveau papa. Il faudra l’appeler Daddy." 
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hcdahlemhcdahlem   25 avril 2019
10 mai 1965
Franco, avec son dos de prêtre, m’exaspère. Je n’en peux plus:
de ses petits gestes maniaques lorsqu’il plie ses habits
de sa manie de se moucher bruyamment avant de se coucher
de ses affreux pyjamas rayés, cadeaux de sa mère
de ses crachats sonores lorsqu’il se lave les dents
de son corps blanc et flasque
Avant, pour l’éviter, j’invoquais une excuse en m’éclipsant de la chambre, maintenant je ne dis plus rien. La répétition a engendré un silence complice. Je sors et vais m’asseoir au pied du lit d’Arturo qui dort comme un petit ange. Dans la pénombre, son visage et son souffle m’apaisent. Lorsque je quitte Arturo, cette sorcière de Nurse ouvre immanquablement la porte et me demande d’une voix basse et pourtant aiguë « Est-ce qu’il y a quelque chose qui ne va pas ? »
J’ai repensé à ce mot, « Nurse ». Je réalise qu’il contribue à mon sentiment de vivre avec une étrangère. Elle reste impénétrable. Qui est cette Frieda? Oui, elle a de la famille dans le Nord de l’Angleterre ; oui, elle aime la musique classique ; oui, elle suit un régime très strict; oui, elle va à la messe tous les matins. Franco dit «Qu’elle fasse son métier, c’est tout ce qu’on lui demande.» Il l’a recrutée via une agence très réputée de gouvernantes professionnelles et elle exerce ce métier depuis trente ans. Et alors? Je rate des occasions d’aimer mon fils.
A faire:
Aller chez le coiffeur
Acheter les médicaments pour Arturo
Commander du champagne
Lampe
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pgremaudpgremaud   07 février 2019
Franco, avec son dos de prêtre, m'exaspère. Je n'en peux plus :
de ses petits gestes maniaques lorsqu'il plie ses habits
de sa manie de se moucher bruyamment avant de se coucher
de ses affreux pyjamas rayés, cadeaux de sa mère
de ses crachats sonores lorsqu'il se lave les dents
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cathulucathulu   10 mars 2019
Face à les infimes changements, Franco ne sourcille pas. Il ne voit rien, noyé dans son absence.
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