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Babelio défie la rentrée littéraire


Avez-vous déjà lu... toute la rentrée littéraire ?

Impossible, dites-vous ? Pas si sûr...

Cette année encore, Babelio vous propose de mettre la main à la pâte pour participer à un grand défi collectif : critiquer l'intégralité de la rentrée littéraire.

Le principe est simple : vous trouverez sur cette page la liste de tous les livres qui paraissent à l'occasion de la rentrée 2022, classés par état : ceux déjà critiqués sur Babelio et ceux qui ne le sont pas encore. Ensuite, il s'agit simplement de vous faire plaisir en critiquant les ouvrages de votre choix, tout en essayant de vous concentrer sur ceux qui n'ont pas encore été critiqués.

Que vous en lisiez un, deux, ou trente, chaque critique compte. L'an dernier, nous avions critiqué 86% de la rentrée. Tous ensemble, nous parviendrons peut-être à faire mieux cette année !

Pour échanger sur vos choix d'ouvrages, partager vos avis et plus généralement parler ensemble du défi, n'hésitez pas à rejoindre le groupe de discussion dédié.

Parés pour l'aventure ?

NB : Certains de ces livres seront présents dans l'opération Masse Critique de rentrée, mais pour le reste, on compte sur vos lectures personnelles !


LES TITRES DE LA RENTREE DÉJÀ CHRONIQUÉS (366) Voir plus

ILS ATTENDENT LEUR PREMIERE CRITIQUE (109) Voir plus

Critiques et avis
Palimpseste
  07 octobre 2022
Palimpseste de Alexis Ragougneau
Dans la veine dystopique, Palimpseste n'a a priori rien de révolutionnaire, on retrouve la plupart des figures imposées du genre, à savoir une vision exaspérée de l'actualité envisagée avec une dose de surréalisme.



On n'évolue donc pas dans un cadre baroque de science-fiction, mais sous un régime politique perverti au nom fortement évocatoire : le national consumérisme, vraisemblablement un avatar de l'ultra-capitalisme dans lequel le fonctionnement social est atrophié par le consumérisme. Allié à une dérive sécuritaire construite sur l'usage dévoyé de la rhétorique de l'ennemi, le régime a installé un chaos existentiel chez les individus, un effondrement de la pensée critique puisque même les mots ont été supplantés par les images et le numérique. Dans cette ère que l'on pourrait qualifier de post-lettrée, les livres sont devenus des reliques d'un monde ancien, de bien faible poids face à la réécriture du passé, le contrôle du présent et la surveillance de l'avenir.

On retrouve donc dans Palimpseste des personnages tout à la fois dysfonctionnels, apathiques, enragés, ne trouvant d'échappatoire que dans des modèles extrêmes. C'est sombre, très sombre, mortifère même, mais cela n'empêche pas l'auteur d'exhumer à quelque occasion de l'humour, noir bien sûr.

Malgré tout, des volutes de lumière parviennent à éclairer la lecture parce que sous le vernis dystopique, un thème qui ne s'impose pas de manière impérieuse rend le livre captivant : la relation affective entre un jeune homme et son père. D'abord camouflée par l'indifférence fonctionnelle du fils, elle prend de l'ampleur au fur et à mesure que celui-ci enquête sur ce père absent. Le texte est implacable, il a quelque chose de désincarné, mais c'est par la voie intimiste qu'il atteint une réelle dimension politique à travers une relation confisquée, empêchée par les dérives du régime. Avec le redéploiement de l'histoire familiale on discerne une forme de prise de conscience, certes lente à éclore, celle du pouvoir des mots, allégeant par là même le sentiment de rigidité générale.



Difficile d'échapper à la facilité d'établir une filiation entre Palimpseste et des œuvres telles que 1984 ou La ballade de Lila K. Mais la légère mise en abyme dans la technique d'écriture donne un rythme particulier au récit. Si j'ai éprouvé quelques réticences face à la narration compacte sans respiration, elles se sont progressivement dissipées lorsque cette histoire s'est révélée plus profonde qu'il y paraît.
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Les sacrifiés
  06 octobre 2022
Les sacrifiés de Sylvie Le Bihan
Un roman qui se passe en Espagne entre deux guerres.

Un roman sur la tauromachie, le flamenco, la cuisine, l’Histoire espagnole et française.

On est transporté avec une bande de jeunes adultes épris de liberté avant tout et qui souhaite une autre société : la Génération 27.

C’est un roman d’amour.

J’ai aimé cette plongée historique, j’ai beaucoup apprécié les descriptions des odeurs, la description des lieux.

Un beau livre touchant et intéressant.



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Les gens de Bilbao naissent où ils veulent
  06 octobre 2022
Les gens de Bilbao naissent où ils veulent de Maria Larrea
Parmi les piles de livres de la rentrée littéraire j’ai d’abord été attirée par le titre, original, qui intrigue d’emblée, la mention « premier roman » a achevé de me convaincre de plonger dans cette énigme démographique. Dès les premières pages, la narration vous attrape.

Le style est vif, mordant, le dynamisme des phrases impose un rythme soutenu dans un travelling historique qui prend naissance dans les années 40. En deux chapitres, le futur destin de Julian et Victoria est scellé dans les conditions misérables de leur naissance. Seul le portrait de leurs mères le laisse deviner, les premières années des 2 enfants en garderont la même tonalité douloureuse, aussi sombre que le contexte ambiant de l’Espagne franquiste On y sent le poids de la misère, celui du silence et des secrets, la puissance de l’église. Julian et Victoria réussissent à survivre, s’aimer, choisissent l’émigration vers la France, à Paris. Dès le 3ème chapitre Maria Larrea prend la parole comme narratrice et se met en scène, dans la vie difficile de ses parents, migrants espagnols, confrontés au logement exigu, au ménage, au gardiennage dans un théâtre parisien de la rue de la Michodière. Peu d’échappées, peu d’espoir pour eux, Maria par contre sort la tête de l’eau grâce à l’école, aux projets d’études cinématographiques. Naturellement, le regard de l’enfant sur ses parents construit une distance ambiguë, faite de sentiments contradictoires, le mépris y disputant sa place à l’amour. Le récit alors, se structure autour des scènes du quotidien, à l’ironie cruelle, traitées avec humour et dérision : les soirs devant la télé, les effets du vin sur Julian, l’école et les copines, véritable théâtre des rapports de classe où Maria joue à échapper à ses parents. L’autrice met en scène progressivement le malaise que sa naissance a induit, cette impression de ne pas être à sa place, un sentiment largement refoulé, difficile à assumer face aux parents sans générer la culpabilité de la trahison. Quelques années plus tard, ce sentiment d’une étrangeté conduira Maria à faire parler les cartes pour découvrir le mystère de sa naissance. La suite de la narration sera toute entière tournée vers cette enquête, jusqu’à son terme.

La narration est à l’image du style, dynamique, dans la succession des chapitres où le présent et le passé de Maria se télescopent. La phase est vivante, sans fard, le lecteur est associé au récit, les portraits des parents, des grands-mères sont colorés, incisifs et précis. Incontestablement ce premier roman propose une écriture personnelle qui sait convaincre. J’ai regretté toutefois que le récit soit uniquement construit sur le factuel des vies, la mise à distance du vécu par le regard et la réflexion n’est pas présente, aussi a-t-on l’impression que l’autrice a tout livré dans ce livre et que le projet d’écriture quelque part, tourne court avec l’épilogue. L’avenir dira si cet essai réussi, peut être confirmé ou pas.

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La ligne de nage
  06 octobre 2022
La ligne de nage de Julie Otsuka
Un superbe texte, rédigé dans un style original, unique et percutant, chaque partie nous fait découvrir un nouvel aspect du talent de cet auteure. Des répétitions, des phrases hachées, des narrateurs différents font un ensemble étonnant et déroutant. La 2ème moitié est poignante et aborde un sujet de société très actuel.

J'avais lu The Buddha in the Attic (Certaines n'avaient jamais vu la mer) et j'ai rencontré Julie Otsuka au Festival America à Vincennes. Elle parlait très bien de son histoire personnelle qui se mêle à ce roman.

J'ai adoré ce livre et l'ai savouré petit à petit. C'est un livre que je vais offrir !
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Une colonne pour le paradis
  06 octobre 2022
Une colonne pour le paradis de Philippe Fiévet
Je tiens tout d'abord à remercier la Masse Critique de Babelio pour m'avoir permis de lire ce livre passionnant. Mais en premier, il faut que je vous explique mon ressenti à l'ouverture de l'enveloppe reçue de l'éditeur. Le livre est d'un format agréable, un peu plus grand qu'un poche mais plus petit et maniable qu'un grand format. Ensuite la couverture est jolie mais mon étonnement est ailleurs, la texture de la couverture n'est ni mate, ni glacée, c'est une sensation de peau, assez agréable au toucher mais étonnante, je n'ai jamais ressenti de sensation pareille.

Bon revenons au roman ! Aux débuts du christianisme, au V° siècle en Syrie, Alef le muet, moine itinérant, nous conte les destins de deux personnages antinomiques, son condisciple Paphnuce qui quitte leur monastère et part à Antioche à la recherche de l'ascétisme le plus pur pour devenir stylite et se rapprocher de Dieu, tandis que Ruffin, riche romain paien réfugié dans cette même ville, profite d'une vie oisive à la recherche des plaisirs et de l'amour. Ces personnages et ces histoires ont réellement existé et ce roman nous apprend beaucoup sur cette période de troubles religieux, politiques et historiques. L'alternance des récits des deux personnages principaux et les chapitres courts en font une lecture fluide et rapide, j'ai beaucoup aimé !
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Une vie à étreindre
  06 octobre 2022
Une vie à étreindre de Gilles D. Perez
Un livre époustouflant grâce à son histoire, son écriture et tous les sentiments que l'auteur arrive à transmettre au lecteur. Un tourbillon au fil des pages. On vit le livre on ne le lit pas.



Une histoire sensée être triste. Il s'agit d'un pan de vie qui se termine et aboutit sur la mort. Malgré le drame du huis clos, le lecteur arrive parfois à sourire sous la plume de l'auteur qui se met à nu. Il ne se met pas à nu seul mais aussi son père le laps de temps de cette maladie qui touche à la dignité. Le passé du malade est effleuré pour nous éclairer sur sa personnalité.



Un livre tout en subtilité, ce qui fait sa force et le rend particulier. Il imprègne le lecteur jusqu'au plus profond de lui. Une histoire familiale pouvant arriver à tout le monde et qui n'arrive cependant pas à toute les familles.



Malgré un langage parfois cru, mais si réel, si concret, on en retient un roman d'amour, un hommage difficile à coucher sur le papier. Gilles D. Perez a su étreindre cette vie et faire partager cette étreinte au public avec réserve, pudeur, et amour.



Il a su rendre la dignité à l'homme qui lui tenait cher sans prosélytisme concernant les acteurs médicaux. Un roman intrinsèque à lire et ne pas passer à côté.



Je remercie Babelio et les éditions Une Heure en Été qui m'ont permis de lire ce livre de choix et précieux relation humaine.
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Coupe rase
  06 octobre 2022
Coupe rase de Georges-Patrick Gleize
Petite erreur de casting pour moi. La présentation de Coupe rase m’a vraiment fait penser à un polar même si cet ouvrage est édité dans la collection Territoires de Calman-Lévy et s’il s’agit bien d’une enquête suite à la découverte d’un corps, celui d’un militant écologiste, ce roman est plutôt destiné aux amateurs de romans de terroir. Donc, à titre personnel, ce récit plutôt bien construit m’a passablement ennuyé. D’un œil plus professionnel de bibliothécaire travaillant auprès d’un public adulte (majoritairement senior donc bon public pour ce genre de littérature ), je ne peux que trouver dans cet ouvrage d’indéniables qualités pour une bonne partie de nos abonnés.

Si un petit tour en Corrèze au rythme des téléfilms français vous tente foncez. Si vous cherchez de l’hémoglobine, du rythme, que vous appréciez quand ça défouraille à tout va, passez votre chemin.
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La Treizième Heure
  06 octobre 2022
La Treizième Heure de Emmanuelle Bayamack-Tam
« Je me demande comment font les autres pour s’arranger dès l’enfance avec le désespoir. Moi, on m’a toujours parlé de l’immortalité de l’âme et de la nature miraculeuse de toute existence.Ca aide. »



Farah, adolescente et narratrice de la première partie du roman, vit depuis sa naissance au sein d’une communauté de doux illuminés rêveurs (et angoissés) réunis autour du créateur de la Treizième Heure, qui n’est autre que le père de Farah, fondateur d’une sorte de secte des poètes disparus, où la poésie est la remède à la plupart des maux de notre monde.



Dans la seconde partie, elle laisse la parole, à Lenny son père, enfant mal aimé de ses parents, homme brisé par le chagrin d’amour de sa vie, et père aimant, empreint d’un besoin de dévouement et d’héroïsme qu’il mettra au service de la création de cette communauté pour âmes abimées.



Et puis, il y a Hind, qui clôture le récit . Hind, grand amour perdu de Lenny, et mère d’intention et absente de Farah, à la beauté sulfureuse, et… père biologique de Farah.

Je n’en dis pas plus et vous laisse partir à la rencontre de cette communauté, sorte d’arche de Noé pour désespérés en quête de sens à donner à la Vie.



Un Roman, inclassable, ultra contemporain, qui pourrait heurter de chastes oreilles, aussi déjanté que poétique, aux références littéraires multiples.

Un roman sur la quête de sens et d’identité, sur la différence et la tolérance, et tant d’autres choses encore. Un roman atypique, marquant et qui clôture mes lectures dans le cadre du Prix landerneau des lecteurs . Une agréable surprise, moi qui partait avec un à priori, mais qui n’aura cependant pas suffi à en faire mon élu de cette édition 2022 du Prix.

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La nuit des pères
  06 octobre 2022
La nuit des pères de Gaëlle Josse
On ne choisit pas sa famille et malheureusement celle ci peut faire plus de mal que de bien parfois (souvent ?).



Cela fait plusieurs années qu’Isabelle n’est pas revenue dans sa montagne natale, depuis une énième parole cinglante de son père. Néanmoins, lorsque son frère Olivier lui demande d’être présente et lui annonce qu’Alzeihmer a fait son entrée dans la vie de leur père, elle décide de rester plus longtemps que prévu.



Il y a peu de dialogues dans ce texte, nous sommes principalement dans les pensées d’Isabelle qui nous raconte son père, son enfance auprès de ce père blessant, indifférant, cassant, la colère chevillée au corps et leur mère servant de « paratonnerre ».



Ce retour dans la maison familiale est un terrible retour dans le passé et les souvenirs que chaque objet, chaque pièce de la maison ranime.

Mais c’est aussi et finalement une belle histoire de pardon, en tout cas un cheminement vers celui ci, entre cette fille et son père.



Gaëlle Josse vient de la poésie et ça se lit. Son sens du rythme et du phrasé est remarquable. Son style est très agréable à lire. Malgré peut être quelques longueurs, ses descriptions des sentiments, des souvenirs, des décors sont admirables, ses mots sont justes et marquants. C’est le premier mais certainement pas le dernier livre de cette autrice que je vais lire !
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Le meilleur que nous ayons couronné
  06 octobre 2022
Le meilleur que nous ayons couronné de Cédric Meletta
Goncourt. Haute-Marne. L'agitation règne ce jour de 2003 où le village s'apprête à fêter les cent ans de ce prix littéraire. Une fois l'effervescence passée, alors que l'on range et se disperse, une ancienne photo et un cartouche attirent l'œil :

Eugène Torquet, dit John-Antoine Nau

Né à San Francisco (USA), le 19 novembre 1860

Mort à Tréboul (Finistère), le 17 mars 1918



Qui était cet homme qui fut le premier lauréat de ce prestigieux prix ?

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Dans ce roman de Cédric Meletta, Goncourt ouvre le bal des festivités et le fermera en ayant laissé s'immiscer une rétrospective tropézienne : celle de la vie de John-Antoine Nau. L'auteur retrace la vie de cet homme de lettres et n'évoque qu'avec parcimonie ce pan littéraire pour laisser une grande place à l'amitié, la peinture, la pêche, les repas et toutes ces occasions de rester entre amis (avec Signac, notamment).



➡️De cette histoire, j'ai découvert la vie de ce premier primé dont je ne connaissais rien.

➡️J'ai été sensible à la discrétion et la simplicité de Gino et de son entourage qui se calquent sur celles de Goncourt et ses habitants. Belle cohérence dans/de ce détachement tout au long du roman avec ces deux villages aux antipodes géographiques et climatiques.

L'agitation est ailleurs.

Beaucoup d'humanité et de fraternité émanent de ces personnages ❤️

➡️Un gros bémol à cette lecture : j'ai eu du mal à m'immiscer à Saint Tropez auprès de Gino, Signac et les autres. J'ai donc survolé ce qui se passait entre eux sans émotion car je n'ai pas réussi à être à leurs côtés.

➡️Enfin, j'ai beaucoup aimé la fin de ce roman et ce retour à la source.



Coup de cœur pour la fin de la page 184 et la 185 😍



Merci à Babelio pour cette masse critique et aux éditions du Rocher.
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