Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

ISBN : 2070379043
Éditeur : Gallimard (1988)


Note moyenne : 4.13/5 (sur 38 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Fosco Zaga, un écrivain déjà âgé, raconte son adolescence en Russie, deux siècles plus tôt, vers 1770, quand son père est guerisseur de la Grande Catherine. Il évoque sa famille et son amour impossible pour Térésina, la très jeune épouse de son père. La famille d'enchan... > Voir plus
Lire un extrait Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (6)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par Piatka, le 29 juin 2013

    Piatka
    Exquise histoire d' "un amour qui ne meurt jamais ", hors du temps, semblable à un navire qui aurait largué ses amarres et au bord duquel la réalité n'aurait plus de prise. Seule l'imagination serait maîtresse à bord, au point d'être capable de lutter contre la maladie et la mort elle-même.
    Incroyable, pensez-vous ? Et pourtant, c'est l'étrange et extraordinaire aventure que je viens de vivre cette semaine, avec jubilation souvent, lenteur assurément pour faire durer le plaisir de cette lecture inclassable.
    Magie de l'imaginaire et de l'écriture de Romain Gary : tour à tour nerveuse, enlevée, rythmée pour suivre la cadence des héros de cette folle épopée qui croisent quantité de personnages historiques célèbres ( Freud, le père de Pouchkine, la Grande Catherine... ) ; puis qui devient soudainement plus poétique pour évoquer " ces vieilles forêts russes si propices aux légendes et aux rêveries " ou la féérie d'un ciel étoilé ; voire mystérieuse et envoûtante quand il s'agit d'enchantements et de secrets d'illusionnistes.
    Cette saga est tout bonnement envoûtante !
    Rapidement, le contexte :
    Tout commence en Russie sous le règne de la Grande Catherine, le père du narrateur, Giuseppe Zaga, alchimiste, guérisseur, astrologue, bref enchanteur, éblouit par ses dons de divination. Issu d'une famille de saltimbanques vénitiens qui " avait fait souche en Russie à l'époque où Pierre le Grand ouvrait la Moscovie aux lumières de l'Occident ", son fils Fosco narre leurs nombreuses et palpitantes péripéties en même temps que son initiation à l'illusion, son adolescence et son amour impossible pour Teresina, la très jeune femme de son père.
    Juste pour achever de vous donner envie de plonger à la découverte de cette inoubliable famille d'enchanteurs :
    " - Tu es resté beaucoup plus enfant que je ne le croyais.
    - Je ne vieillirai jamais. C'est très facile. Il suffit de l'encre, du papier, d'une plume et d'un coeur de saltimbanque. "
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          6 38         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par meeva, le 08 octobre 2014

    meeva
    Eh ! Un petit tour dans un monde enchanté ?
    Ferme les yeux. Tu sens l'odeur de sous-bois…
    Quelle est belle cette forêt…
    Et dans une forêt enchantée, qu'est-ce qu'on peut trouver à ton avis ? Un enchanteur peut-être…
    - Moi : Tu vois toutes ces mini fées clochettes dans le ciel ?
    - Toi : Quelles fées ? Où ça des fées ?
    - Tu vois pas, ça brille de partout, là-haut, là, autour de nous…
    - Il commence à pleuvoir ! C'est l'humidité qui brille.
    - Mais non, c'est des fées clochettes avec leurs petites ailes qui brillent… D'ailleurs, regarde mieux, il y en a qui remontent dans le ciel…
    - C'est une putain de bruine qui veut pas s'déposer au sol et qui nous glace les os. On va finir perdu dans le brouillard… Je suis sûr que tu sais déjà plus où on est depuis le temps qu'on marche.
    - Mais ! … tu s'rais pas un peu trouillard… Bah, t'inquiètes, on tombera bien sur une bonne fée si on s'est paumé… Tu trouves pas que c'est romantique tous les deux, seuls au monde, en forêt… ?

    Lorsque j'ai repris ce livre, j'ai regardé à l'intérieur, et j'ai eu comme une hésitation.
    De long paragraphes dans un livre assez gros, cela m'a rappelé Europa, que j'ai lu pour la première fois récemment et que je n'ai aimé que parce qu'il s'agit de Romain Gary et que je perds toute objectivité en sa compagnie.

    Europa a été publié en 1971 et c'est un livre « qui n'a pas été compris » par les lecteurs. Gary s'en est rendu compte, puisqu'il a ajouté une préface dans la version américaine pour s'expliquer sur le sujet.
    Deux ans plus tard, il reprend la même trame, les mêmes idées dans ce livre « Les enchanteurs ».
    Ce n'est pas la première fois que Gary me donne l'impression de se répéter, en particulier après un échec.
    Déjà « Tulipe », qui n'avait pas été un succès du tout, et « L'homme à la colombe », reprenaient tous les deux la même trame : une fausse grève de la faim de la part du héros qui se transforme en crise d'authenticité.

    Dans « Les enchanteurs » comme dans « Europa », le narrateur, le héros de l'histoire, vit sur plusieurs siècles. Il fréquente le beau monde, la haute société, le pouvoir.
    Ces deux livres contiennent de grandes descriptions et de nombreuses références culturelles, à l'art, à l'histoire, à la politique, à la société et son évolution.

    Cependant, ici, l'enchantement est efficace. Les descriptions, par exemple, parfois un peu longues, sont d'une beauté remarquable. Fosco parle avec les yeux émerveillés d'un enfant de ce qui l'entoure.
    Dans la forêt de son enfance, les arbres, les rochers prennent vie autour de lui.
    « Je parvenais encore à imaginer que ce grand bougre de rocher, là-bas, si humain dans ses formes, était un prince frappé de mauvais sort, mais je ne pouvais plus rien pour lui et, surtout, il ne pouvait plus rien pour moi. Il nous arrivait à tous les deux le même malheur : il était à tout jamais changé en pierre et moi, je devenais changé en homme. »

    Ce livre contient de nombreux mots russes (neprilitchnosti, bartchouk, gospaja, klioutchnik…) qui je trouve ajoute à l'émerveillement par des touches d'authenticité.
    Souvent, dans ses livres Gary laisse des mots étrangers : yiddish dans « La danse de Gengis Cohn », tahitiens dans « La tête coupable », américains dans « Chien-blanc »… ici des termes russes.
    Cela est peut-être dû à son cosmopolitisme : Gary touche à l'universalité car il comprend et s'imprègne de la culture du pays dans lequel il vit mais il laisse à chacun ses particularités à travers ce vocabulaire qu'il ne traduit pas. Enfin c'est mon avis…

    Gary laisse encore une place de choix aux prostituées dans ce roman.
    Elles font partie de son oeuvre depuis son premier livre, « éducation européenne » où déjà Sozia « allait avec les militaires ».
    Dans « Lady L. », l'héroïne avait tenu ce rôle.
    Et bien sûr dans « La vie devant soi », Momo est un fils de pute au sens littéral du terme…

    Gary aborde aussi certains de ses thèmes de prédilections, en particulier les notions d'authenticité, d'humanité, de fraternité.
    Fosco Zaga, membre d'une famille de saltimbanques italiens, raconte une partie de son existence, en Russie, lorsque son père s'est marié avec Teresina. Fosco n'a eu de cesse ensuite d'inventer cette femme, dont il est épris, avec amour.
    La frigidité évoquée de Terersina m'a fait penser à Lili dans « la danse Gengis Cohn ».
    Et quand Fosco explique qu'il cherche à retrouver cet amour particulier pour lui dans les bras de beaucoup d'autres femmes, cela m'a fait penser à « la promesse de l'aube ».
    Les vérités qui ne sont que des « costumes d'époque » ne sont pas sans rappeler « le grand vestiaire ».
    On dit qu'un auteur passe sa vie à écrire le même livre…

    C'est un livre que je trouve très très beau, mais j'ai l'impression que c'est parce que je connais bien Gary, parce que j'aime aussi ses défauts, depuis le temps que je le fréquente…

    « Heula !! Qué qu'vous foutez là tous les deux ? »
    - Toi : Bonjour madame. Peut-être pouvez-vous nous aider à retrouver notre chemin. Je ne suis pas de la région et mon amie a voulu se promener en forêt mais je crois que l'on s'est perdu.
    « T'as d'la goule toi ! Pourquoi è dit rin, la p'tite dame ».
    - Moi : On s'disait que peut-être on trouverait une fée pour nous aider à trouver Merlin, vous voyez quoi…
    « Mé tu l'as d'jà trouvé ta fée ! Moi c'est Gisèle. Et y'a pas d'Merlin ici à c'que j'sais »
    - Toi : ahahaha… c'est drôle… Mais peut-être que vous pourriez vous indiquer notre chemin par contre…
    « de quoi qu'tu ris ? de d'là à m'fâcher, y'aurait pas loin ! »
    - Moi : Et vous sauriez vraiment pas où on peut trouver Merlin ?
    « Y'a pas d'Merlin que j'te dis. Demande à ton galant de te sortir sa baguette, y saura bien t'enchanter avec ça »
    Enchantée de t'avoir rencontré…

    Pour s'inspirer, quoi de mieux qu'une chanson délirante, ça aussi ça enchante :
    « Dans la rue il y a toujours au moins quatre grand-mères à faire traverser
    Si ton but c'est de faire le bien, ici tu vas pas t'ennuyer
    Ici les gens se battent avec des SDF pour leur donner d'l'argent
    Si Madelin débarquait ici, il se sauverait en courant
    […]
    Moi je vis chez Amélie Poulain
    Le pays où tout va bien
    Chez Amélie Poulain
    Le film où on ne meurt qu'après le générique de fin
    Chez Amélie Poulain
    […]
    J'fais pas de collection débile alors du coup je m'insère pas
    J'ai mal aux yeux à force que les couleurs soient à fond
    […]
    J'prends des aveugles dans la rue et je leur raconte n'importe quoi
    Tiens y a deux chiens qui discutent, y a une p'tite fille qui vient de perdre ses doigts
    Je veux aller dans un autre film Orange mécanique ou Funny game
    J'en ai marre de discuter trois heures par jour avec la gardienne
    Je veux lui dire que son mari s'est cassé parce qu'elle est conne et moche !
    Le soir je rêve de r'monter des kalachnikovs
    […] »
    (extrait de « Amélie Poulain », Les Fatals Picards : http://www.youtube.com/watch?v=bEhg1yGax78)
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          6 12         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Amby88, le 28 juillet 2015

    Amby88
    Les Zaga sont une illustre troupe de saltimbanques. Leur existence est vouée à une haute mission : ne pas succomber à la triste réalité mais faire triompher le rêve, l’imaginaire, la fiction pour la joie et le salut de tous. Jongleurs, comédiens, alchimistes, astrologues, guérisseurs, cette famille a traversé les siècles sur un air d’opérette distillant le rire, l’espoir, le merveilleux aux personnes croisées sur leur chemin sinueux. Certains ont fini par se prendre eux-mêmes au sérieux, or, comme « rien n’est plus pénible à voir qu’un illusionniste qui succombe aux choses telles qu’elles sont et n’a plus le courage qu’il faut pour en inventer d’autres », la grande tradition des Zaga doit persister.
    Dans les premières années du XVIIIème siècle, sous le règne de Pierre le Grand (fondateur de Saint-Pétersbourg et empereur de toutes les Russies), Renato Zaga (grand-père du narrateur et personnage principal Fosco), a fui Venise pour la Russie « avec pour tout bien, un singe savant, quelques saintes reliques, un costume d’arlequin et cinq piegeni, ces masses creuses en bois en forme de bouteilles qu’utilisent encore aujourd’hui les jongleurs ». Il s’est rapidement « mis au goût du jour » assurant réputation, fortune et confort à ses descendants.
    Nous suivons l’histoire de Fosco Zaga, son petit-fils. Celui-ci nous raconte, depuis le XXème siècle – alors qu’il est devenu un auteur reconnu et adulé – son enfance, adolescence et passage à l’âge adulte aux côtés des trois autres personnages principaux du livre. Son précepteur, le vieil Ugolini, qui promène partout avec lui une malle avec les costumes traditionnels de la Commedia dell’arte ; son père, Giuseppe, qu’il admire et jalouse à la fois ; sa belle-mère Teresina avec sa chevelure flamboyante, son « cul magnifique » et ses « mollets de paysanne ».
    Menacés par l’Eglise orthodoxe, concurrencés par de nouvelles générations de charlatans, en délicatesse auprès du pouvoir, jalousés par beaucoup, les Zaga doivent fuir la Russie aux environs de 1780 pour Prague la « glaciale », les forêts de Bavière et le « royaume d’Albrecht Dürer » avec un objectif en tête : retrouver Venise, la Patrie, et tout ce qu’elle symbolise.
    Bien que le narrateur enjambe allègrement les siècles, on suit facilement son apprentissage et les différentes étapes qu’il traverse. Plus qu’une histoire avec une trame précise, chaque chapitre est un nouveau tableau dans la continuité du précédent et peut se lire individuellement avec la même délectation.
    Roman complexe, aux multiples références, jonglant avec beaucoup de styles et mélangeant fait historique, pastiche, romance, autobiographie ou pure invention, Gary se régale et nous perd avec jubilation. On découvre le règne de Catherine la Grande sous un nouveau jour. Ses nombreux amants et humeurs changeantes ne sont pas des inventions, mais l’auteur a pris un malin plaisir à la constiper au point d’influencer ses choix politiques. Le destin des Zaga – Giuseppe étant un brillant guérisseur – est donc suspendu pendant un temps au « caca de la reine ». On croise Casanova, Cagliostro, Freud, Pouchkine ou Lénine au détour d’une ligne ou d’une référence. On traverse en suivant les pas des Zaga la révolte du « petit peuple » menée par Pougatchev (1773-1775), avant qu’elle ne soit écrasée dans le sang. Pour assurer leur survie, nos enchanteurs doivent en effet divertir chaque jour les cosaques livrés à leur triste sort. Une des scènes les plus poignantes du livre raconte le bal de ces soldats tristes et rancuniers au point de danser furieusement sur des estrades portées à bout de bras par des nobles emprisonnés, jusqu’à ce qu’ils soient écrasés sous le poids. On s’émerveille des stratagèmes mis en place par Giuseppe Zaga pour assurer la survie des juifs au moment de l’épidémie de peste de 1771 à Moscou ou de ses combines aux cartes avec le nain Van Kroppe de Jong, illustre docteur, qui a démontré l’immortalité de l’âme par les mathématiques. On explore avec Fosco la mystérieuse « forêt enchantée capable de toutes les métamorphoses » qui symbolise son enfance, on guette avec lui les servantes au bain ou l’on se perd dans le grenier aux merveilles des Zaga. Enfin, Gary, nous dresse avec talent et virtuosité un portrait très complet des grandes évolutions des sociétés européennes à cheval entre XVIIIème et XIXème. On découvre également l’histoire des Saltimbanques et une foule d’anecdotes passionnantes sur un mode de vie si particulier.
    L’amour, parfois très grivois, est bien entendu au cœur du roman. Celui très émouvant de Giuseppe pour son fils. La mère de Fosco est en effet décédée en le mettant au monde, son père assure donc toute son éducation. L’amour de Giuseppe pour Teresina est plus trouble. Malgré sa solide réputation auprès des femmes, la sienne se refuse toujours de céder à la jouissance. A tel point qu’il imagine des artifices pour prolonger les ébats (sorte de viagra avant l’heure) pour enfin lui « arracher des cris de plaisir ». Mais, la grande histoire est, bien entendu, celle de l’amour impossible entre Fosco et Teresina. A peine plus âgée que lui, Fosco en est éperdument amoureux. Teresina refuse pourtant de lui céder pour qu’il puisse continuer de l’imaginer et vivre ainsi éternellement à travers lui. En bon enchanteur, Fosco s’est donc promis de « l’imaginer toujours » par la toute puissance de l’encre, du papier et de la plume.
    Enfin, la thématique principale du livre est, à mon sens, celle du combat qui se décline sous de nombreuses formes et se mène sur tous les terrains : combat pour survivre ; combat contre la mort « cet auteur inconnu et pourtant si craint et si révéré que l’on dit cacher dans les coulisses » – considérée comme une défaite absolue, on la fuit comme la peste, on l’écarte avec mille stratagèmes et l’on doit parfois sa survie à un automate roulant seul au milieu d’un incendie – ; combat contre « Monsieur le Temps Sa Majesté si germanique », ce « grand propriétaire terrier, barine toujours pressé de faire ses récoltes » et qui n’a de cesse de vouloir traverser nos existences ; combat enfin de chaque instant pour « lutter contre une réalité odieuse par la seule puissance de l’imagination et du rêve », ne pas lui céder un seul pouce et lui résister. Gary semble vouloir crier que cette lutte continue toujours et n’a jamais été aussi vitale à mener. La question étant de savoir si l’imagination et le rêve sont les seuls combats qui méritent encore d’être menés. Sa vie semble prouver le contraire.
    Les Enchanteurs est le quatrième ouvrage que je lis de Gary après la Vie devant Soi, les Racines du Ciel et Chien Blanc (trois livres remarquables avec des thématiques et des styles totalement différents). Chaque nouvelle lecture renforce mon admiration pour ce grand auteur et personnage mystérieux du XXème siècle. Je n’ai plus qu’un désir, lire le suivant.




    Lien : http://livredelire.com/les-enchanteurs-romain-gary/
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 1         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Co, le 03 septembre 2008

    Co
    L'histoire d'une famille d'enchanteurs à travers les siècles où se mêle art, amour, imaginaire, Histoire (avec la rencontre de personnages comme Freud ou Catherine de Russie) et décadence. Fosco, désormais âgé, revint sur son passé et notamment sur son amour impossible pour la très jeune épouse de son père, Téresina, à peine plus âgée que lui. Un très beau roman, une grande fresque très bien écrite, qui vous transporte.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 4         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Laerte, le 04 mars 2014

    Laerte
    Quelle belle histoire, quelle belle langue, quel grand écrivain fut Romain Gary.
    Au début, il faut un peu s'accrocher pour se mettre dans l'ambiance, mais une fois qu'on y est, quel bonheur!

    Commenter     J’apprécie          0 0         Page de la critique

> voir toutes (48)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Piatka, le 25 juin 2013

    C'était la saison des étoiles filantes et je me demandais pourquoi elles choisissaient pour tomber le même mois que les fruits mûrs. Couché sur le dos, je me perdais dans le ciel ; je me promenais sur la Voie Lactée, grimpais sur la Grande Ourse comme sur un arbre, m'égratignais les mains en me hissant sur le Chariot, fréquentais Sirius, ramassais à mes pieds certaines étoiles sans nom et trop humbles pour oser me le dire : je les portais à mon oreille pour guetter leur murmure comme celui des coquillages et me mettais à jongler avec Castor et Pollux, dont on méconnaît en général les humeurs espiègles. Je m'endormais ainsi en plein rêve et lorsque je me réveillais, tout ce tapis étincelant et brodé avec un si profond souci de plaire au regard avait disparu.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          3 27         Page de la citation

  • Par Jooh, le 08 août 2013

    Je vais vous avouer qu'il m'arrive souvent de donner une préférence au rêve, ne laissant jamais à sa rivale la Réalité plus de cinquante pour cent des bénéfices, ce qui explique peut-être ma longévité, dont tant de gens s'étonnent, car ne vivant vraiment qu'à moitié, il est normal que ma ration de vie s'en trouve doublée.

    Commenter     J’apprécie          0 39         Page de la citation

  • Par Piatka, le 28 juin 2013

    Mon père plaisait beaucoup aux dames ( Un célèbre illusionniste ).
    Celles-ci étaient convaincues que ses pouvoirs extraordinaires ne s'arrêtaient pas à la porte de l'alcôve, bien au contraire, et attendaient là aussi de Giuseppe Zaga des exploits sans précédent dans le répertoire.
    Liszt devait me dire un jour qu'il s'était heurté à la même difficulté : " C'est très curieux où les femmes vont parfois chercher le génie. "
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 18         Page de la citation

  • Par Unity, le 15 mars 2015

    Je n’avais que douze ans et demi, l’âge auquel on est parfois marqué à jamais par une émotion profondément ressentie. Je ne sais ce qu’en pensent aujourd’hui les nouveaux psychologues, mais je suis convaincu qu’à partir de cet instant, mon existence devint une inlassable poursuite de ce que je ne pouvais jamais saisir. Rien ne pouvait plus tenir une promesse que seul ce moment était capable à la fois de donner et d’accomplir. Après cela, il n’y eu que des pauvretés. Depuis, je n’ai cessé de chercher, de femme en femme, de boudoir en bouge, d’étreinte en étreinte, ce que m’avait promis le premier baiser de Teresina et que lui seul eût pu tenir. A partir de là, tout ne fut plus que plaisir. Qu’on n’aille point chercher là quelque romantisme d’un autre âge, quelque factice exaltation d’un écrivain qui fouette son imagination comme un vieux cheval fatigué. L’explication est simple. En un instant, au contact de ces lèvres, l’enfant était devenu un homme et ne pouvait donc plus jamais retrouver ce qu’il avait connu, pressenti, attendu, parce qu’il ne pouvait plus redevenir enfant.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 5         Page de la citation

  • Par voilier, le 22 septembre 2014

    C'est qu'il y a toujours un moment où le silence est pris pour de l'indifférence, et il faut absolument meubler le vide (…) – et qui donc a envie de se trouver dans un lit avec un être humain ? Lorsque j'étais jeune et lorsque l'être humain se révélait ainsi dans mes draps, se mettait à penser à haute voix et essayait même de communiquer avec moi, il me suffisait de lui clore les lèvres par un baiser et de le serrer à nouveau dans mes bras pour que l'être humain disparaisse et que l'on se retrouve entre amants.

    Fosco
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 9         Page de la citation

> voir toutes (16)

Videos de Romain Gary

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Romain Gary


MP 2014-08-28-124-003048BDD2D9.mp4
Payot - Marque Page - Romain Gary - Une petite femme.








Sur Amazon
à partir de :
8,17 € (neuf)
0,01 € (occasion)

   

Faire découvrir Les enchanteurs par :

  • Mail
  • Blog

Découvrez la collection Folio

> voir plus

Lecteurs (104)

> voir plus

Quiz