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ISBN : 2070379043
Éditeur : Gallimard (1988)


Note moyenne : 4.25/5 (sur 16 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Fosco Zaga, un écrivain déjà âgé, raconte son adolescence en Russie, deux siècles plus tôt, vers 1770, quand son père est guerisseur de la Grande Catherine. Il évoque sa famille et son amour impossible pour Térésina, la très jeune épouse de son père. La famille d'enchan... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (2)

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    • Livres 5.00/5
    Par Co, le 03 septembre 2008

    Co
    L'histoire d'une famille d'enchanteurs à travers les siècles où se mêle art, amour, imaginaire, Histoire (avec la rencontre de personnages comme Freud ou Catherine de Russie) et décadence. Fosco, désormais âgé, revint sur son passé et notamment sur son amour impossible pour la très jeune épouse de son père, Téresina, à peine plus âgée que lui. Un très beau roman, une grande fresque très bien écrite, qui vous transporte.
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    • Livres 4.00/5
    Par vdujardin, le 26 avril 2012

    vdujardin
    C'est sans doute le roman le plus déroutant de ce volume, mais j'ai beaucoup aimé cette lecture. Par la magie des enchanteurs, nous découvrons par la bouche du narrateur à la première personne la tyrannie de Catherine de Russie, la Révolution russe (et la guerre civile), et plus brièvement Staline, Hitler. Aussi la vie sexuelle du père, du fils, de Teresina, les prostituées, les automates si à la mode à la fin du 18e siècle, les juifs boucs émissaires, etc.

    Lien : http://vdujardin.over-blog.com/article-les-enchanteurs-de-romain-gar..
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Citations et extraits

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  • Par thursdaynext, le 21 novembre 2010

    Il m'arrive de croire que j'invente, que je m'invente, et là encore je ne sais si c'est une suprême habileté afin de souffrir moins, un jeu que je joue avec les souris du souvenir, vieux chat malin qui ne parvient pas à oublier et prétend qu'il affabule, ou si je remue cette boue malheureuse afin d'y plonger ma plume au plus frais de la souffrance, toujours si profitable à l'oeuvre, car rien ne fait mieux fructifier le capital littéraire. Je n'existe, ami lecteur, que pour ta délectation et tout le reste n'est que tricherie, c'est-à-dire malheur des hommes. (...) Assis au coin du feu, rue du Bac méprisé et moqué en raison de mon dévouement absolu à mon métier d'enchanteur, si démodé aujourd'hui, le cahier sur mes genoux, avec mon vieux bonnet voltairien que j'ai gardé contre vents et marées au fil des siècles, me grattant le bout du nez d'un air rusé, l'air de Renato Zaga, faisant les poches de ma vie et de mes peines, afin de ne rien laisser échapper qui pourrait enrichir ma narration. Et tout le reste est Histoire et j'y prète l'oreille de mon mieux, car il y a peut-être là aussi quelque chose à prendre.
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  • Par Anneli, le 27 mars 2013

    ... il avait surgi de la souffrance la plus profonde pour répondre par ses lazzis aux siècles de péché originel, d'art gothique glorifiant la douleur, de clous et d'épines, - oui, qu'il était sorti du populaire pour déchirer d'un coup de pied le voile de ténèbres et faire la figue à tout ce qui exige de l'homme la soumission et la résignation.
    ...
    Je passais de longues heures en compagnie de cet insoumis qui gouait avec les étoiles, bondissait par-dessus les embûches semées sur son chemin et, à tous les monstres de l'inconnu chargés de lui barrer la route, répondait par le défi du rire et par le bonheur d'être vivant. Jusqu'au jour où, dans un monde bien différent de celui qui m'avait vu naître, mais qui n'a pas encore trouvé aux éternelles questions du néant et du cynisme, à tous les "à quoi bon" de l'insidieuse vermine du malheur, de meilleure réponse que le courage et l'insoumission, j'ai lu cette phrase du grande poète Henri Michaux: "CELUI QU'UN CAILLOU FAIT TREBUCHER MARCHAIT DEJA DEPUIS DEUX CENT MILLE ANS LORSQU'IL ENTENDIT DES CRIS DE HAINE ET DE MéPRIS QUI PRéTENDAIENT LUI FAIRE PEUR." Mais à ce moment-là, j'avais déjà compris depuis longtemps pourquoi, dans ce livres d'aspect si solennel et riche de toute la sagesse du monde, mon fraternel, mille ruses habiles pour tromper la Puissance et continuer à se faufiler, la hardiesse, le coeur léger, un regard si clair qu'il chasse les ténèbres, et...
    J'entendis un bruit. Mon père venait d'entrer. Il se tenait à la porte et regarde le Livre ouvert dans mes mains.
    - Et l'amour, dit-il, comme s'il avait lu mes pensées, car c'était un magicien et les rêves n'avaient pas de secrets pour lui.
    Je venais d'avoir douze ans.
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  • Par Anneli, le 27 mars 2013

    Il était important pour moi de bien comprendre combien certaines ruses sont nécessaires lorsqu'il s'agit de combattre la haine et le mépris que la plus grande force spirituelle de tous les temps, dont le nom est la Bêtise, ajoute aux autres embûches et périls qui nous guettent sur notre chemin.
    Les Juifs étaient accusés d'avoir introduit délibérément la peste en Russie pour faire mourir les chrétiens, alors qu'ils en étaient eux-mêmes préservés par leur sang impur. On les brûlait, on les lapidait ou bien on les tuait honnêtement, à coups de sabre. La rumeur courait d'un massacre général imminent, sur l'instigation de leur plus grand ennemi, le patriarche Guérassim. Il faut reconnaître que Catherine était fortement opposée à l'idée d'exterminer les Juifs, redoutant que le peuple, n'ayant plus personne à haïr vers le bas, ne se mît à haïr vers le haut.
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  • Par Anneli, le 27 mars 2013

    il m'arrive de me représenter le Destin en Polichinelle qui aurait échappé à sa mesure pour pousser son goût du comique jusqu'à la tragédie, ayant épuisé sans doute toutes les ressources de son répertoire. A d'autres moments - mais j'en ai parlé longuement ailleurs -, je le voyais en singe-dieu, incapable de distinguer encre ce qui est farces et attrapes et ce qui est massacre, souffrance et terreur. Au somment de cette pyramide de tours de cochon, on ne fait sans doute plus la différence entre le comique et l0horreur la sensibilité ayant disparu quelque part parmi les ficelles, les mécanismes et les techniques, lesquelles sont toujours les mêmes, qu'il s'agisse de drôleries désopilantes ou de sanglantes tragédies. C'est uniquement une question de proportions, de dimensions que l'on donne à la peau de banane.
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  • Par Anneli, le 27 mars 2013

    ... la beauté de l'imaginaire rend insupportables les laideurs et les injustices de l'ordre des choses qui nous a été imposé. ...
    ... je serais le maître de mille destins que j'aurais moi-même créés.
    Ainsi donc, mon père se trompait. Mon enfance n'allait jamais me quitter. Simplement, elle s'était cachée pour m'aider à mieux faire semblant d'être un adulte. Maternelle, elle voulait ainsi me permettre de me durcir, car il ne fait pas bon aller parmi les hommes lorsqu'on n'a pas appris à protéger d'une carapace solide ce roseau vulnérable et rêveur que l'on garde en soi. Ce n'est pas que les hommes soient délibérément méchants, cruels et acharnés à meurtrir, c'est seulement qu'ils ne savent pas tellement où ils mettent les pieds.
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Vidéo de Romain Gary

Extraits d'une conférence prononcée en mai 2009 par mon ami, le philosophe Paul Audi, sur l'oeuvre de Romain Gary, auquel il a consacré un très beau livre, intitulé Je me suis toujours été un autre (Christian Bourgeois, 2007). Où il est en particulier question de La danse de Gengis Cohn, un admirable roman de Gary qui n'est peut-être pas le plus connu et que je vous invite vivement à lire.








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