> Anne-Marie de Both (Traducteur)

ISBN : 274272771X
Éditeur : Actes Sud (2000)


Note moyenne : 4.25/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres
Au cœur des bois, cernée d’un rempart de végétation luxuriante, se tapit la maison Breskel. A la faveur d’une période de convalescence, Jurgen arrive dans cette ancienne propriété des grands-parents maternels de sa femme, Rina, pour vider la bâtisse inhabitée depuis des... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par EMOTION, le 25 février 2012

    EMOTION
    Il est important, selon moi, de lire ce très court roman (150 pages à peine) en une ou deux fois afin de rester bien imprégné par l'atmosphère puissante qui y circule. C'est un roman des lieux et des coeurs. Jurgen se rend dans la maison des grand-parents maternels de son épouse, Rina, afin de faire le vide de tout ce qui encombre cette demeure inhabitée depuis longtemps. Jurgen et sa femme ont une relation très difficile, lui étant tout en émotions et sentiments, elle, du moins en apparence, tout en froideur et dureté. Jurgen, qui espère mieux comprendre sa femme, va se pencher sur la destinée de la mère de Rina, mère dont sa fille ne parle jamais, cette Eline morte(noyée? Suicidée?) il y a des années.Il va s'intéresser de plus en plus à cette femme, Eline, qui prend la place de sa propre épouse dans son coeur. Il va se laisser hypnotiser par cette propriété si vibrante de poësie et de mystère au point " d'aliéner sa personnalité". Des êtres peuvent ils se ressembler et se rejoindre d'une certaine manière au delà du temps passé? Les esprits des morts peuvent ils hanter des lieux et s'approcher de ceux qui ne les ont pas connus. Combien d'illusions accompagnent nos vies, d'interprétations sur les autres, sur leurs actes! Une personne peut elle rester ancrée à jamais dans sa jeunesse et ses fantasmes? Hella S. Haasse utilise sa puissance littéraire pour nous conduire au plus profond des coeurs humains. J'ai parfois ressenti, à tort( peut être de par ma lecture qui a un peu traîné en longueur) ou à raison, une certaine éxagération dans les formules, une soumission aux clichés qui ne me permettent pas d'être parfaitement comblé par ce roman mais je n'en suis pas très loin! Quel hymne à la nature et à sa puissance!
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Lostinmypal, le 26 janvier 2012

    Lostinmypal
    Superbe ! A lire en relation avec "Les Initiés" du fait d'un personnage appartenant aux deux histoires. Théoriquement ce livre est le premier à lire mais j'ai fait l'inverse et ne m'en suis pas plus mal portée.
    C'est un livre fascinant, non seulement parce qu'il est magnifiquement bien écrit mais en plus parce qu'il nous plonge au cœur de l'âme humaine. Haasse nous trouble par ses descriptions d'une végétation vivante et mystérieuse comme le cœur des Hommes. Elle mêle à son récit la mythologie, comparant Eline et Aréthuse dont je ne révèlerai pas l'histoire pour ceux qui ne la connaissent pas, conférant ainsi une dimension encore plus étrange à cette histoire.

    Le livre porte bien son nom et la citation d'exergue, « Man is a stream, whose source is hidden », que nous devons à Emerson, est magistralement illustrée par ce roman. A travers Jurgen, le lecteur s'enfonce dans une autre forêt, celle des questionnements. Jurgen émettra des hypothèses sur le mystère Eline mais aucune réponse véritable ne sera apportée dans ces lignes.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par saphoo, le 13 avril 2010

    saphoo
    Ouvrir ce livre c'est pénétrer le monde d'Hella.S Haasse avec toute la grâce et la splendeur de son écriture, nous étonnant de page en page par des descriptions si ciselées, si réalistes que le décor nous happe et nous engloutit, nous fondant dans le roman … faites donc quelques pas en sa compagnie et voyez comme le charme soudain agit (voir sur le blog le début du livre ou sur citation babelio)
    Comprenez que la lecture de ce livre nous laisse dans un vague sentiment de conte fantastique tant les lieux sont étranges et envoûtants, tout autant que les personnages qui comme sur un échiquier glissent vers un but incertain, se heurtant sur un passé obscur, bataillant contre une vérité cachée, tentant de démasquer l'invisible rebelle d'un trouble qui s'immisce au fil de l'histoire, par dessus votre épaule vous sentez le souffle du mystère et le frisson bientôt vous surprend.
    Sans aucun doute l'auteur sait conjuguer l'étrange au naturel, peignant sur fond psychologique, les méandres de l'être humain, les destins ratés, ceux inexpliqués et ceux à reconquérir là où cet homme part sur les traces de sa femme, mais c'est la mère de celle-ci qui s'impose comme la clé de cette compréhension entre lui et son épouse, et tout simplement lui. Il se questionne dans le reflet de sa femme, elle qui n'a jamais pu lui révéler le moindre indice ni détail sur son passé et particulièrement sa mère : Eline
    C'est en fouillant dans les décombres de la maison parentale que Jurgen trouvera la lumière pour éclairer cette ombre pesante sur les non-dits de sa femme, ce grand néant qui entoure son enfance et ses souvenirs. Petit à petit il rassemble les pièces d'un puzzle pulvérisé dans le temps , à une époque où il était souhaitable de cacher certaines vérités. Plus le puzzle prend forme, plus Jurgen découvre son épouse, en passant par toute une série d'étape de ressentis, allant du doute à l'évidence, plus il commence à sonder sa propre existence.
    L'histoire défile ainsi de découvertes à des suppositions , avec tout le talent de l'auteur à nous offrir de bien belles réflexions, agrémenter d'une sublime écriture. L'histoire par elle-même n'est pas forcément la force du roman, mais bien plus l'art de nous emporter et nous subjuguer par cet enchantement qui opère dès les premiers mots dégustés. Un soupçon de légende, un décor fantastique, des personnages très marquants, le tout enrubanné de poésie et de charme, on ne peut que succomber à cette source cachée.


    Lien : http://lesmotsdepascale.canalblog.com/archives/2010/04/13/17557979.h..
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par spleen, le 24 mars 2012

    spleen
    Il faut se laisser porter par la musique des mots, déambuler dans cette maison abandonnée et si pleine de souvenirs , errer dans la forêt à la poursuite de Eline, cette jeune fille disparue mystérieusement.
    L'histoire est presque secondaire et laisse un goût de tristesse devant la difficulté de la création quand on ne cherche que la perfection et devant la solitude des êtres quand la communication est impossible.
    J'ai choisi ce livre par hasard dans les rayons de la bibliothèque et j'ai plongé pendant quelques heures avec volupté dans une atmosphère mystérieuse, un brin féerique avec une écriture fort poétique.


    Lien : http://lejournaldelouloune.over-blog.com/article-la-source-cachee-pa..
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par ecumeuse, le 08 mars 2012

    ecumeuse
    Belle écriture pour ce roman psychologique. de belles descriptions champêtres. Une histoire familiale qui se découvre par affleurements. La rencontre d' un mystère fait d'absence et de silence. Jurjen en se penchant sur le passé de la famille de sa femme part à la rencontre de l'âme de cette dernière.
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Citations et extraits

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  • Par EMOTION, le 22 février 2012

    Infinie est la diversité des images d'un solstice à l'autre ; celui qui observe d'un regard aiguisé par un si grand désir voit comment, à chaque seconde, naît une nouvelle situation sans rapport avec tout ce qui précédait et différente de tout ce qui suivra. Jamais une tache d'ombre n'est deux fois la même sur une feuille ou sur le sol ; comment puis-je conserver l'image de la courbe décrite par une volée d'oiseaux fendant le ciel comme une flèche ?
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  • Par saphoo, le 13 avril 2010

    La maison est cachée dans la lumière incertaine des bois, comme un coquillage au fond de l’océan. Entre les murs flotte un bruissement de vent dans la cime des arbres, de gouttes de pluie sur le sable, de fuites invisibles d’animaux à travers les fourrés. La maison est séparée du bois de trois côtés par un fossé profond, couvert de lentilles d’eau ;un pont mène à la cour intérieure, pavée de pierres plates, grises, entre lesquelles pousse l’herbe. Les fenêtres, qui emprisonnent le reflet des arbres, semblent aussi vertes qu’eux. Le lierre s’accroche au mur et au toit, et la balustrade de la terrasse est envahie par une prolifération de roses. Derrière la maison s’étend une combe avec ses ondulations de terrains herbus, un vallon plein de bouleaux — je présume que des violettes y poussent encore en automne —, à part cela, seulement la forêt, rien que la forêt ombreuse et verte. J’étais debout entre les troncs, parmi les fougères et les halliers qui m’arrivaient aux genoux et je me croyais au fond de la mer. Chose curieuse, il y a peu d’oiseaux. J’ai écouté intensément mais je n’ai rien entendu d’autre que le frémissement des feuilles dans le vent et les battements de mon cœur.

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    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par veronique55, le 01 septembre 2010

    Au fond de chaque être se cache – j'en suis convaincu- un sentiment de jalousie envers la nature, qui si elle est mortelle, ne cesse de se renouveler. Comment fixer à jamais cette richesse périssable et pourtant éternellement vivace de formes, de couleurs et de lignes, comment capter l'essence de la beauté, l'élément fugace qui sans cesse nous séduit et nous trahit?
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  • Par saphoo, le 13 avril 2010

    Cette maison est vraiment pareille à une coquille : une enveloppe vide, étrangement remplie du murmure du temps. Si j’avais l’oreille plus fine, je pourrais peut-être distinguer les voix qui forment ensemble ce murmure dans lequel se confondent l’hier et l’aujourd'hui.”
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par saphoo, le 13 avril 2010

    Là, le temps semble s’être arrêté ; ce que nous sommes convenus d’appeler “le monde” n’a aucun sens. La senteur des roses est perceptible jusqu’au cœur de la forêt. Le silence, qui parfois prend possession de la maison et du jardin, cette absence soudaine de bruit et de mouvement, contient un élément d’attente tendue, de passion que je ne peux expliquer
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