AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Monique Thies (Traducteur)Michel Le Bris (Préfacier, etc.)
ISBN : 2859403779
Éditeur : Phébus (1995)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 40 notes)
Résumé :
Nostalgie et désenchantement : telle est la tonalité de ce voyage à travers l'Amérique que Steinbeck entreprend en 1960 (deux ans avant de recevoir le prix Nobel de littérature), au volant de son mobil-home, avec pour seul compagnon son chien Charley - « vieux gentleman français né à Bercy ». De cette aventure, il va tirer son dernier grand livre. Pennsylvanie, forêts du Maine, interminables plaines du Middle West, hautes terres du Montana, côte Pacifique, déserts d... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
cmpf
06 juin 2015
  • 4/ 5
Lorsque j'ai choisi ce titre de Steinbeck à la librairie, je ne savais exactement qu'en attendre, ne connaissant pas ce titre. Mais j'imaginais un périple à travers une grande partie des États-Unis, beaucoup de rencontres et une sorte de rapport sur l'Amérique de 1960. En quelque sorte un livre de journaliste. En fait sur ces onze semaines, Steinbeck fait le tour des USA. S'il y a des rencontres, souvent autour d'une bouteille, elles n'apprennent pas grand-chose sur la région où elles ont lieu. Sauf peut-être dans le Sud. Rappelons qu'il voyage en 1960.
Pour avoir une image de l'Amérique, mieux vaut un autre guide. J'en ai d'ailleurs un qui at-tend son tour. Mais pour mieux connaître Steinbeck ce livre est parfait.
Je termine par un extrait de l'article du Larousse en ligne qui lui est consacré : « Il compose aussi des récits de voyage, où, d'un ton sentimental ou sentencieux, il exprime au fond son incompréhension totale du monde moderne : Un américain à New York et à Paris ou le bêti-fiant Mon caniche, l'Amérique et moi (Travers with Charley in search of American, 1962). Steinbeck n'est plus de son temps. »
Oui, Steinbeck estime que lorsque l'on voyage sur de grandes routes l'oeil rivé sur des cartes, l'on voit moins bien le paysage et qu'être pris dans une marée de voitures est plus éprouvant que plaisant. Oui il trouve que la nourriture préparée par soi-même à partir de produits frais a plus de saveur que celle sous cellophane.
Un vieux réac, quoi.
Ou quelqu'un qui apprécie que la vie ait du goût.
Un peu plus haut le même critique dit : « Des souris et des hommes, Les raisins de la colère ont longtemps valu à Steinbeck une réputation égale à celle de Faulkner et Hemingway, ses contemporains mais qui résiste mal à une analyse sérieuse. Steinbeck est probablement l'un des meilleurs romanciers régionalistes américains. C'est son principal, voire son unique mérite. Son histoire est un peu celle du paysan corrompu par la ville. Steinbeck le frustre, le romancier de l'élémentaire, de l'immanence absolue n'aurait jamais dû quitter son village qui l'inspire si bien. »
Je laisse à l'appréciation de tout un chacun.
www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/John_Steinbeck/145176
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          249
isanne
08 août 2015
  • 5/ 5
Première rencontre avec l'écriture de John Steinbeck...Et oui, la scolarité entraîne parfois, par choix des professeurs croisés, vers des écrivains plus atypiques !
Parfois les livres font embarquer pour de fabuleux voyages et cela a été le cas,ici, au sens propre du terme.
J'ai pu suivre sur une carte l'itinéraire suivi par Charley et son maître et apprécier les descriptions des paysages visités quand il y en avait. J'ai beaucoup aimé que ce livre ne soit pas juste le récit d'un road-trip mais qu'il restitue le quotidien des "deux aventuriers" : les ennuis de santé de l'un, les rencontres de l'autre, les bavardages autour d'un café ou d'un alcool mettant en avant la société américaine telle qu'elle peut être différente d'un état à l'autre, les avis du conducteur sur les attraits de la nature des grands espaces par rapport à la ville...
Le ton narratif m'a également emportée, John Steinbeck est à la fois nostalgique, parfois, et parfois très désabusé devant les différents visages de son pays.
Beaucoup de bonheur dans cette rencontre donc et le désir très vif de rattraper le temps perdu et de découvrir les autres écrits de cet écrivain.
A lire pour découvrir les différences qui font la réalité des Etats-Unis!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
jcnb68
18 août 2011
  • 5/ 5

Il y a des écrivains, et des livres qui peuvent vous sauver une vie.
Steinbeck et ses bouquins font partie de ceux là.
Mais, pas de roman ici.
L'auteur nous décrit au jour le jour, heure par heure, minute après minute, les impressions d'un voyage de 3 mois à travers l'Amérique en mobil home accompagné de son chien Charley.
Humour, nostalgie, nonchalance et lucidité seront le pain quotidien que l'auteur vous servira.
Vous ne serez jamais aussi près de l'écrivain, qui se sert de la route et du paysage, humain autant que floral, pour nous exposer le fond de son âme avec une élégance et une pudeur incommensurable.
Le ton est donné dès le début du récit, qui commence ainsi :
-Lorsque j'étais très jeune et possédé du besoin d'être toujours ailleurs, les gens mûrs m'assuraient que la maturité me guérirait de cette démangeaison. Quand les ans me déclarèrent mûr, on m'assura encore que l'âge ferait son oeuvre. Puis l'on m'affirma que ma fièvre se calmerait avec le temps. Et, à présent que j'ai 58 ans, sans doute est-ce de la sénilité que viendra le remède.-
Voilà, en route pour la balade de John…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
keisha
28 novembre 2010
1960. Steinbeck est un écrivain reconnu (il recevra le prix Nobel deux ans plus tard) mais peu épargné par les critiques littéraires américains. Sa santé n'est plus ce qu'elle était, et poussé par une amie, il se lance dans un périple à travers les Etats-Unis avec comme compagnon Charley, caniche français et vrai gentleman né à Bercy. ..

En 1937 il avait suivi les migrants pour une série de reportages en Californie, dans une vieille camionnette de boulanger, mais cette fois il part dans un petit camion supportant une petite maisonnette aménagée, qu'il nomme Rossinante.

"Je n'avais pas entendu le langage de l'Amérique, humé l'odeur de son herbe, de ses arbres, de son fumier, vu ses collines et ses cours d'eau, ses couleurs et ses qualités de lumière. Je n'en connaissais les changements que par les livres et les journaux. Plus encore, je n'avais pas "senti" le pays depuis vingt-cinq ans. "

Pourtant il est conscient qu'il ne doit pas s'illusionner. ""La réalité a trop de formes différentes. "De fait, je ne puis vous présenter l'Amérique que vous verrez. Il y a tant à voir, et nos yeux du matin décrivent un monde qui ne sera pas celui que contempleront nos yeux de l'après-midi, cependant qu'il ne fait aucun doute que nos yeux las du soir ne pourront décrire qu'un monde fatigué."

Privilégiant la campagne à la ville dans son itinéraire, se perdant souvent, curieux de tout, le voilà parti pour reprendre contact avec une Amérique en évolution. Amérique des années 60, en pleine guerre froide, où Martin Luther King et son "I have a dream" n'avaient pas encore ébranlé le sud profond et le monde entier. Amérique où les centres villes se dépeuplent et se paupérisent, aux abords envahis par les centres commerciaux, où le gaspillage engendre des monceaux d'ordures, carcasses de voiture et autres... Amérique où grâce aux mobile- homes on peut s'installer pour un temps, puis partir ailleurs à la recherche d'un travail. Amérique qui s'uniformise par le biais de la radio et de la télévision.

De retour à Monterey, il retrouve des amis, mais les quitte rapidement car "on ne peut retourner chez soi car cela n'existe plus."
Un voyage plein de nostalgie bien sûr, raconté avec humour aussi ("sans parler du chien"). Steinbeck cherche à rencontrer les gens, à les faire parler.

Beaucoup de moments forts au cours du voyage, je choisirai son passage à la Nouvelle-Orléans :

"Deux voitures noires chargées de grands gaillards coiffés de chapeaux de feutre s'arrêtèrent devant l'école. La foule parut retenir sa respiration. Quatre policiers fédéraux sortirent de chaque voiture et en retirèrent la plus petite Noire que l'on ait jamais vue.Elle avait une robe amidonnée d'un blanc aveuglant et des chaussures neuves, blanches, si petites qu'elles semblaient rondes. Son visage et ses petites jambes très noires contrastaient avec le blanc.
Les grands policiers la déposèrent sur le trottoir et une clameur sauvage jaillit, d l'autre côté de la barricade."(...) L'étrange procession se mit en marche vers l'école."
(...) le clou du spectacle était encore à venir. La foule attendait le Bllanc qui osait amener son enfant blanc à l'école."
Ensuite jaillissent insultes, hurlements, obscénités. Nous sommes en 1960. "J'étais secoué de nausées."

Un récit à découvrir, où Steinbeck se découvre mieux, et qu'importe si cette Amérique a déjà un demi-siècle, il est des réflexions qui ne perdent pas de leur justesse.
Lien : http://en-lisant-en-voyagean..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
lnbsi
23 novembre 2010
  • 4/ 5
Au début des années 60, John Steinbeck ne sait plus très bien où il se situe par rapport à son oeuvre et surtout comment la faire évoluer tout en restant au plus près de ces préoccupation de toujours. En effet, il a toujours écrit sur son peuple, les Américains. Mais désormais, cela fait si longtemps qu'il n'a pas vraiment voyagé dans son propre pays qu'il a bien peur de ne plus les connaître. Il décide donc de partir pendant 3 mois faire le tour des Etats-Unis dans un véhicule hors du commun, nommé Rocinante (en hommage au cheval de Don Quichotte) et de son vieux chien Charley, un caniche français, qui lui tiendra compagnie tout au long de son périple. Et l'on suit notre écrivain sur les routes et autoroutes américaines dans un road trip à la recherche de ses américains. Mais trouvera-t-il dans ce voyage ce qu'il est venu y chercher ?
(Cliquez sur le lien pour lire la suite)
Lien : http://aufildeslivres.over-b..
Commenter  J’apprécie          10
Citations & extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
cmpfcmpf06 juin 2015
Lorsque je fus sur pieds, on me tint le discours habituel : me reposer, perdre du poids, prendre garde au cholestérol. Cela arrive à beaucoup d’hommes et les médecins, je pense, ont appris la litanie par cœur. Nombre de mes amis les ont entendu aussi ces : « Changez de rythme. Vous n’êtes plus aussi jeune que vous l’étiez. » J’en ai tant vu empaqueter leur vie dans un cocon de laine, freiner leurs impulsions, encapuchonner leurs passions et, graduellement, renoncer à leur état l’homme pour entrer dans une sorte de semi-invalidité spirituelle et physique ! Et ils y sont encouragés par leur femme et leurs proches. Le piège est si tentant…
Qui ne souhaiterait pas être ainsi l’objet de toutes les attentions ? Une sorte de seconde enfance recommence pour beaucoup d’hommes. Ils gradient leur violence contre la promesse d’une petite augmentation de la durée de leur vie. Et le chef de famille finit par en devenir le plus jeune des enfants. J’ai fouillé en moi, horrifié à l’idée d’y découvrir une pareille éventualité. Car j’ai toujours vécu violemment, bu d’abondance, mangé trop ou pas du tout, dormi vingt autre heures d’affilée ou veillé deux nuits d’affilée, travaillé trop dur et trop longtemps pour la gloire ou bayé aux corneilles par simple paresse. J’ai hissé, tiré, tranché, grimpé, fait l’amour avec joie, et subi mes gueules de bois comme une conséquence de mes excès, jamais comme une punition. Et je ne veux pas abandonner toute ardeur pour tenir le ballon un peu plus longtemps. Ma femme a épousé un homme, je ne vois pas pourquoi elle hériterait d’un bébé.
Je savais que conduire un camion pendant dix à douze mille milles, seul, sur des routes de toutes sortes, serait une tâche rude. Mais, pour moi, cela représentait l’antidote au poison du malade professionnel.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
cmpfcmpf06 juin 2015
Partout un développement fantastique, dévorant. Les bulldozers jetaient à bas les forêts vertes, entassaient les branches pour les brûler. Les troncs blancs arrachés s’empilaient le long de murs gris. Je me demande pourquoi le progrès ressemble tellement à la destruction.
Commenter  J’apprécie          100
Bruno_CmBruno_Cm06 novembre 2015
Les techniques pour entamer le dialogue sont universelles. Je l'ai su il y a longtemps et j'ai découvert que la meilleure façon d'attirer attention, aide et confidences, est d'être perdu. Un homme qui, voyant sa mère mourante de faim, gisant par terre, serait capable de la rouer de coups de pieds et de lui passer sur le corps pour libérer le chemin consacrera avec empressement plusieurs heures de son temps à fournir des indications fausses à un étranger qui se plaindra d'être égaré.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Bruno_CmBruno_Cm08 novembre 2015
Qui n'a pas constaté qu'un voyage était terminé et mort avant le retour du voyageur ? L'inverse est tout aussi vrai : il en est qui durent bien après que tout mouvement dans le temps et l'espace a cessé. Je me rappelle un homme de Salinas, d'un certain âge déjà, qui se rendit à Honolulu et en revint aussitôt, mais son voyage dura le reste de sa vie. Nous le voyions, dans sa chaise longue, devant sa porte, les yeux mi-clos, le regard perdu, embarqué pour Honolulu; indéfiniment.
Mon propre voyage débuta bien avant que j'aie pris la route et se termina avant mon retour. Je sais exactement où et quand il prit fin.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Bruno_CmBruno_Cm08 novembre 2015
Il y a, paraît-il, en Chine, une loi non écrite qui veut que, lorsqu'un homme a sauvé une vie, il en devient responsable jusqu'à la fin de son existence. Car, étant intervenu dans le cours des événements, le sauveur ne doit pas échapper à ses responsabilités. Cela m'avait paru très logique.
Commenter  J’apprécie          00
Videos de John Steinbeck (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de John Steinbeck
Extrait (en VOST) : Les raisins de la colère de John Ford (1947) tiré de l’œuvre de John Steinbeck
autres livres classés : états-unisVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Des souris et des hommes

En quelle année est paru ce roman de John Steinbeck ?

1935
1936
1937

10 questions
456 lecteurs ont répondu
Thème : Des souris et des hommes de John SteinbeckCréer un quiz sur ce livre