> Georges Nivat (Préfacier, etc.)
> Edouard Beaux (Traducteur)

ISBN : 2070389421
Éditeur : Gallimard (1994)


Note moyenne : 3.8/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
Tolstoï entame une enquête immense, descend dans l'enfer putride des prisons, scrute les détenus, polémique avec les " idéologues " révolutionnaires, interroge le peuple. Résurrection se veut un roman total, mais cette fois-ci le Tolstoï millénariste refuse la durée et ... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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  • Par Aela, le 23 janvier 2011

    Aela
    Résurrection est un roman moins connu que "La guerre et la paix" et "Anna Karénine" pourtant avec ce livre, Tolstoï entreprend une enquête qui le mènera au coeur du système carcéral de la Russie des tsars et au coeur des idéologies révolutionnaires.
    C'est une histoire tragique, celle de Katarina Maslova, jeune fille pauvre recueillie par de la famille éloignée et qui sera séduite par le neveu de ses bienfaitrices, le prince Nekhlioudov. Enceinte et rejetée par sa famille d'accueil, elle va connaître la misère et la déchéance avant de se faire injustement accuser d'un vol, accusation qui la mènera en Sibérie..Le prince veut racheter sa conduite, accompagne le convoi et renonce à sa fiancée qu'il a connue après Katarina.. Mais une rédemption, une Résurrection est-elle possible?
    Un roman moins connu mais qu'il faut lire pour mieux comprendre l'oeuvre de Tolstoî, un roman à la fois social et philosophique sur les conséquence de nos actes et les possibilités de racheter nos actes.
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    • Livres 5.00/5
    Par raizouli, le 12 avril 2012

    raizouli
    Résurrection de Tolstoï est un formidable livre sur le mal institutionnalisé, justifiable parce qu'une institution permet à chacun de se déresponsabiliser du crime qu'il est en train de commettre.

    Lien : http://tresors-infimes.blogspot.com/
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Citations et extraits

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  • Par Aela, le 23 janvier 2011

    Nekhlioudov lui offrait le mariage par grandeur d'âme et en conséquence de ce qui s'était passé autrefois, mais Simenon l'aimait telle qu'elle était à présent et l'aimait simplement parce qu'il l'aimait. De plus, elle avait l'impression qu'il la considérait comme une femme extraordinaire, différente de toutes les femmes, douée de qualités morales exceptionnellement hautes. Elle ne savait pas au juste lesquelles il lui attribuait, mais en tout cas, pour ne pas le décevoir, elle s'efforçait de faire naître en elle les meilleures qu'elle pouvait imaginer. Ce désir l'obligeait à essayer d'être aussi bonne qu'elle pouvait l'être.
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  • Par raizouli, le 12 avril 2012

    Il ne venait à l'idée de personne, à commencer par le prêtre et le directeur pour finir par Maslova, que ce même Jésus, dont le prêtre répétait avec un sifflement le nom un nombre incalculable de fois en l'accompagnant de louanges bizarres, que ce même Jésus avait précisément défendu ce bavardage insensé et ces incantations sacrilèges prononcées par les prêtres ses disciples sur le pain et le vin, mais il avait interdit de la façon la plus formelle que des gens appellent d'autres gens leurs maîtres, interdit les prières dans les temples et ordonné de prier dans la solitude, interdit ces temples mêmes et proclamé qu'il était sur terre pour les détruire et qu'il fallait prier non pas dans les temples, mais en esprit et en vérité. Par-dessus tout, il avait défendu aux hommes de juger leurs semblables, de les enfermer dans des prisons, de les tourmenter, de les déshonorer, de les châtier, ce qui se pratiquait ici. Il avait interdit toute violence, car il était venu pour rendre la liberté à ceux qui en étaient privés.

    Il ne venait à l'idée d'aucun des assistants que ce qui se déroulait devant eux était un monstrueux sacrilège, une farce aux dépens du Christ, au nom duquel tous ces actes s'accomplissaient. Que cette croix dorée, décorée à ses extrémités de médaillons émaillés, n'était autre chose que la représentation de ce gibet sur lequel fut sacrifié le Christ., justement parce qu'il avait interdit ce qui se faisait maintenant en son nom, à cela nul ne pensait. Il ne venait à l'idée de personne que ces prêtres, qui s'imaginent sous l'espèce du pain et du vin manger le corps et boire le sang du Christ, mangent réellement son corps et boivent son sang non pas dans les morceaux de pain ni dans le vin, mais parce que tout en scandalisant "ces petits" auxquels le Christ s'identifiait, ils les privent en outre du bien suprême et les soumettent aux plus cruelles souffrances, en dissimulant aux hommes la Bonne Nouvelle qu'il leur a apportée.

    Le prêtre remplissait son office avec une conscience tranquille, parce que dès l'enfance, on lui avait inculqué que c'était là la seule vraie foi, à laquelle avait cru jadis tous les saints et à laquelle croyaient maintenant toutes les autorités spirituelles et temporelles. Il ne croyait certes pas que le pain se transformait en chair et qu'il était bon pour l'âme de prononcer un certain nombre de mots, ou que véritablement il avait mangé un petit morceau de Dieu - cela on ne peut le croire - mais dans cette croyance, c'est que l'exercice de ses fonctions religieuses lui avait, depuis dix-huit ans déjà, procuré un revenu qui lui permettait de faire vivre sa famille, d'envoyer son fils au lycée et sa fille dans une institution religieuse.
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