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EAN : 9782070369539
208 pages
Gallimard (14/06/1977)
3.74/5   382 notes
Résumé :
Un été des années soixante. Une petite ville française au bord d'un lac, près de la Suisse. Victor Chmara a dix-huit ans et se cache parce qu'il a peur. D'étranges personnages hantent cette ville d'eau, comme ce docteur que l'on surnomme La Reine Astrid...
Mais il y a surtout Yvonne, avec son dogue allemand...
Une recherche du temps perdu.
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
3,74

sur 382 notes

isabelleisapure
  05 décembre 2014
Merci Messieurs les jurés du Nobel de littérature d'avoir décerné le prix à l'un de nos plus grands écrivains, Patrick Modiano.
Grâce à vous je redécouvre une « vieille connaissance » qui m'enchante depuis une quarantaine d'année.
Quelle écriture sublime ! J'avais cependant une légère inquiétude en relisant « Villa triste », la magie Modiano allait-elle à nouveau opérer ?
J'ai retrouvé les mêmes émotions. Ces pages dégagent beaucoup de nostalgie à travers une histoire intemporelle, d'amitié, d'amour, de trahison.
« Villa triste » est aussi une magnifique promenade dans les rues et au bord du lac d'Annecy, même si le nom de la ville n'est jamais cité.
Beaucoup de non-dits dans ce texte, il y plane un léger mystère comme une brume qui se poserait sur le lac.
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Musa_aka_Cthulie
  22 août 2020
Publié en 1975, Villa Triste n'est pas un très bon Modiano à mon sens, mais qui reflète bien les préoccupations littéraires de l'auteur déjà à l'oeuvre dans ce quatrième roman. On reconnaîtra dans l'intrigue pas mal de motifs utilisés par la suite, ainsi qu'un procédé narratif qui lui sera habituel.

Un narrateur de trente ans revient sur les lieux où, à dix-huit ans, il a rencontré deux personnes : Yvonne Jacquet, avec qui il aura une relation amoureuse, et René Meinthe. Ce narrateur est pour autant dire obsédé par les quelques semaines des années soixante passées en leur compagnie, dans une ville du sud-est de la France, et où lui-même s'était réfugié incognito afin, apparemment, d'éviter d'être envoyé en Algérie comme soldat. Malgré quelques allers-retours entre le présent et le passé, c'est ce dernier qui prend largement le dessus, dans une ambiance superficielle et mondaine, comme le sont d'ailleurs Yvonne et Meinthe.

C'est sans doute là le problème : ces deux personnages, qui incarnent des fantômes aux yeux du narrateur, sont un peu trop réels mais tout aussi creux, et manquent cruellement de l'aura mystérieuse censée les entourer. de fait, je me fichais un peu de savoir d'où ils venaient, quelles étaient les activités peu recommandables de Meinthe, ce qu'ils avaient pu devenir, étant donnés que je les trouvais assez inintéressants. Et par conséquent, la quête du narrateur concernant son passé m'a donc paru assez dérisoire, contrairement à celle du narrateur de Remise de peine, où tout une ambiance à la fois nostalgique et inquiétante était en place.

Villa Triste permet toutefois d'observer l'évolution de Modiano dans son écriture. Il y a là une claire (première?) tentative de travailler sur la mémoire, credo de l'auteur. Et comme un Modiano n'est jamais très long, et que le style est loin d'être rebutant, le roman ne m'a pas paru déplaisant, ni franchement ennuyeux. Juste un peu creux, mais il est vrai que c'est un roman de jeunesse, ce qui me rend quelque peu indulgente.

Challenge Nobel
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Lune
  26 janvier 2022
« Villa triste » (paru en 1975).
Il faut aller au-delà de l'histoire.
Pénétrer un monde de sensations.
Percer la brume qui entoure les lieux.
Parvenir aux uns et aux autres.
Ils déambulent comme fantômes dans un monde éloigné, disparu à jamais.
Seul demeure ce que l'on devine d'eux, de leur époque.
Ils se livrent peu, gardent leurs mystères et deviennent des ombres attachantes, un monde dans le monde, parallèle, miroir aux alouettes, superficialité, du moins le donne-t-il à penser…
Parfois une impression de cinéma italien des années cinquante, robes, talons aiguille, porte-jarretelles, cheveux gominés, coupe de champagne, bourgeoisie en mal-être… des images en noir et blanc qui conviennent au livre de Patrick Modiano.
Avec ces lieux qui dévorent les êtres où ils s'auto-détruisent, ces personnages louches, ce nom inventé et qu'il faut habiter, ces non-dits qui étouffent, ces questions sans réponse.
D'après une déclaration de l'auteur à la sortie de ce livre, le héros est un peu lui-même, des images de son père ont nourri l'étrangeté du Docteur, etc…
Le début des années soixante, des noms de comédiens et autres, la guerre d'Algérie, la mode, les habitudes d'une société aisée et oisive (le passage du concours de l'élégance est un régal à lire et une « anecdote » impitoyable), le chien et sa mélancolie portugaise (saudade) qui n'est que celle des êtres qui l'entourent et particulièrement celle du narrateur.
Tant et tant de moments, de petites phrases, de cheminements dans les rues, des chambres, des maisons, tout porte un ennui inexplicable, un trouble infini, une recherche inaccomplie ou contournée.
Le héros de l'histoire est retourné dans ce passé où les visages, les voix se sont évaporées peu à peu ne laissant qu'un semblant d'amertume de n'avoir pu saisir, de n'avoir pu comprendre, de n'avoir pu retenir.
Il nous transmet cette brume qui entoure le passage de certains êtres rencontrés, la marque qu'ils laissent, le mystère de certains, l'incommunicabilité, le regret, l'amour et le désespoir, la vie et la mort.



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sylvaine
  25 mai 2015
Que faisais-je à dix-huit ans au bord de ce lac, dans une station thermale réputée? Rien.
de retour une dizaine d'années plus tard " Victor Chmara" comme il se faisait alors appelé arpente la ville d'A ( Annecy ?) Les souvenirs lui reviennent par bribes. Sa rencontre avec Yvonne Jacquet à l'hôtel de l'Hermitage, son ami et complice Meinthe médecin en Suisse. Victor a fui Paris la guerre d' Algérie (années 1960) est à la une et lui a peur.Il va donc passer avec ces 2 amis un été si je peux dire entre parenthèses essayant de se trouver de choisir un chemin une destination lui l'apatride .
Cela faisait longtemps que je n' avais pas ouvert un roman de Modiano et je me suis laissée surprendre par cette écriture intimiste où semble t' il ne se passe rien et pourtant ... Modiano incarne en partie cette littérature des années 1970 Villa triste est le premier titre choisi par Modiano pour le recueil de la collection Quarto de Gallimard , ouvrage qui réunit 8 de ses romans " épine dorsale des autres qui ne figurent pas dans ce volume "
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heros_pitch
  03 mars 2020
Patrick Modiano est probablement un observateur formidable car il utilise un magnifique style descriptif pour planter les décors et les personnages. Tout y passe: les vêtements, les sons, les parfums, les avenues, etc. Nous sommes avec le narrateur et nous "voyons" la scène. Les actions, de leur côtés, ne sont pas forcément très détaillées mais plutôt suggérées. Nous sommes pris dans cette bulle descriptive, douillettement emmitouflés dans ces mots remplis d'images. L'auteur joue également avec le temps, nous passons d'une époque à une autre en glissant sur des passerelles chronologiques, révélant une sorte de puzzle temporel qu'il nous plaît à reconstituer lentement. Pour finir, l'histoire, qui passe presque en second plan, a pour sujet un amour fugitif sur fond de conflit algérien, tout cela au bord du lac d'Annecy, sans jamais le citer. Très bon roman.
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
EleanorTilneyEleanorTilney   05 septembre 2020
J'étais étonné de découvrir chez Yvonne une telle aptitude à l'abandon. Chez moi, cela correspondait à une horreur du mouvement, une inquiétude vis-à-vis de tout ce qui bouge, ce qui passe, ce qui change, le désir de ne plus marcher sur du sable mouvant, de me fixer quelque part, au besoin de me pétrifier. Mais chez elle? Je crois qu'elle était simplement paresseuse. Comme une algue.
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zabeth55zabeth55   26 avril 2013
Ils ne savent pas que c’est leur dernière promenade dans Paris. Ils n’ont pas encore d’existence individuelle et se confondent avec les façades et les trottoirs. Sur le macadam, rapiécé comme un vieux tissu, sont inscrites des dates pour indiquer les coulées de goudron successives, mais peut-être aussi des naissances, des rendez-vous, des morts. Ils en ont capté tous les reflets. Ils n’étaient que des bulles irisées aux couleurs de cette ville : gris et noir.
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wowiewowie   28 mai 2020
Sa peau avait pris une teinte opaline. L'ombre d'une feuille venait tatouer son épaule. Parfois elle s'abattait sur son visage et l'on eût dit qu'elle portait un loup. L'ombre descendait et lui bâillonnait la bouche. J'aurais voulu que le jour ne se levât jamais, pour rester avec elle recroquevillé au fond de ce silence et de cette lumière d'aquarium. Un peu avant l'aube, j'ai entendu une porte claquer, des pas précipités au-dessus de nous et le bruit d'un meuble qui se renversait. Et puis des éclats de rire. Yvonne s'était endormie. Le dogue rêvait en poussant, à intervalles réguliers, une plainte sourde. J'ai entrebâillé la porte. Il n'y avait personne dans le salon. La veilleuse était toujours allumée mais sa clarté paraissait plus faible, non plus rose, mais vert très tendre. Je me suis dirigé vers la terrasse pour prendre l'air. Personne non plus, sous la lanterne chinoise qui continuait de briller. Le vent la faisait osciller et des formes douloureuses, quelques-unes d'apparence humaine, couraient sur les murs. En bas, le jardin. J'essayais de définir le parfum qui se dégageait de cette végétation et envahissait la terrasse. Mais oui, j'hésite à le dire puisque cela se passait en Haute-Savoie : je respirais une odeur de jasmin.
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PetitebijouPetitebijou   12 mai 2013
Les chambres des palaces font illusion, les premiers jours, mais bientôt, leurs murs et leurs meubles ornes dégagent la même tristesse que ceux des hôtels borgnes. Luxe insipide, odeur douceâtre dans les couloirs, que je ne parviens pas à identifier, mais qui doit être l’odeur même de l’inquiétude, de l’instabilité, de l’exil et du toc.
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sabine59sabine59   18 juin 2016
Ce qui nous rend la disparition d'un être plus sensible, ce sont les mots de passe qui existaient entre lui et nous et qui soudain deviennent inutiles et vides.
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Vidéo de Patrick Modiano
Jacques Chancel s'entretient avec Patrick Modiano en décembre 1972 après l’obtention par celui-ci du Grand prix du roman de l'Académie française pour son troisième livre « Les Boulevards de ceinture ». Il évoque « cette graine de « futur grand romancier » et n’hésite pas à projeter Patrick Modiano dans le futur et lui prédire qu’il est « condamné à la grande œuvre ».
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