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coco4649   06 juin 2020
Oeuvres complètes, tome 9 : Poésie de Raymond Carver
Dormir





Il a dormi sur ses mains.

Sur un rocher.

Sur ses pieds.

Sur les pieds de quelqu’un d’autre.

Il a dormi dans des cars, des trains, des avions.

Dormi pendant le service.

Dormi au bord de la route.

Dormi sur un sac de pommes.

Il a dormi dans des toilettes publiques.

Dans un grenier à foin.

Au Super Dôme.

Dormi dans une Jaguar, et à l’arrière d’un pick-up.

Dormi dans des théâtres.

En prison.

Sur des bateaux.

Il a dormi dans des refuges en rondins et, une fois,

  dans un château.

Dormi sous la pluie.

Sous un soleil brûlant il a dormi.

À cheval.

Il a dormi dans des fauteuils, des églises, des hôtels de luxe.

Il a dormi sous le toit d’inconnus tout au long de sa vie.

À présent il dort sous la terre.

Dort encore et sans fin.

Comme un vieux roi.





/Traduction: Jacqueline H. jeem-Pierry Carasso et Emmanuel Moses
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Czeslaw Milosz
coco4649   06 juin 2020
Czeslaw Milosz
Don





Jour si heureux.

Le brouillard était tombé tôt, je travaillais au jardin.

Des colibris s’arrêtaient au-dessus de la fleur du chèvrefeuille.

Il n’y avait rien sur terre que j’aurais voulu posséder.

Je ne connaissais personne qui aurait valu d’être envié.

Le mal qui était advenu, je l’oubliais.

Je n’avais pas honte d’être celui que je suis.

Je ne sentais dans mon corps nulle douleur.
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coco4649   06 juin 2020
Oeuvres complètes, tome 9 : Poésie de Raymond Carver
Simple





Une déchirure dans les nuages. Le bleu

du contour des montagnes.

Jaune foncé des champs.

Noir de la rivière. Qu’est-ce que je fais ici,

seul et plein de remords ?



Je continue distraitement de manger le bol

de framboises. Si j’étais mort,

penses-y me dis-je, je ne serais pas

en train de les manger. Ce n’est pas si simple.

C’est tout simple.





/traduit de l'anglais (États-Unis) par Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso
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Musardise   06 juin 2020
Le Chat qui n'était pas là de Lilian Jackson Braun
- Que diable est-ce là ?

- C'est une relique écossaise. Le fragment d'un kilt Mackintosh qui a été porté par un jacobite rebelle à la bataille de Culloden en 1746.

- Comment le savez-vous ? On dirait un chiffon tiré d'une poubelle !

- J'ai le certificat d'authenticité. Il appartient à une vieille famille de Lockmaster. Leurs ancêtres s'étaient exilés au Nouveau Monde pendant les Scottish Clearances.

- Et que suis-je supposé faire de ce chiffon décoloré ? Il ne serait même pas bon à laver ma voiture !

- Nous vous le ferions encadrer sous verre pour le protéger comme on le fait dans un musée, et vous pourriez l'exposer. Naturellement, il faudrait choisir un emplacement qui ne soit pas trop éclairé par le jour ou la lumière artificielle.

- Cela limite l'endroit au placard à balais ou à la salle de bains des chats, dit-il. Combien cela vaut-il ?
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coco4649   06 juin 2020
Oeuvres complètes, tome 9 : Poésie de Raymond Carver
Dernier fragment





Et as-tu reçu ce que

tu voulais de cette vie, malgré cela ?

Oui.

Et que voulais-tu ?

Me dire bien-aimé, me sentir

bien-aimé sur la Terre.





/traduit de l'anglais (États-Unis) par Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso
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coco4649   06 juin 2020
Oeuvres complètes, tome 9 : Poésie de Raymond Carver
Le grenier





Son cerveau est un grenier où les choses

se sont entassées au long des années.

De temps en temps elle montre son visage

aux petites fenêtres près du faîte de la maison.

Le triste visage de celle qui est restée enfermée

et qu’on a oubliée.





/traduit de l'anglais (États-Unis) par Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso
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coco4649   06 juin 2020
Oeuvres complètes, tome 9 : Poésie de Raymond Carver
Méfiance





Essayant d’écrire un poème alors qu’il fait encore noir dehors,

il a la sensation incontestable d’être observé.

Posant la plume il regarde autour de lui. Au bout d’une minute,

il se lève pour parcourir les pièces de sa maison.

Il vérifie les placards. Rien, bien sûr.

N’empêche, il ne veut courir aucun risque.

Il éteint les lampes et s’assied dans le noir.

Fumant sa pipe jusqu’à ce que la sensation se soit dissipée

et que dehors monte la lumière. Il regarde

la feuille blanche devant lui. Puis se lève

pour faire encore une fois le tour de la maison.

Le bruit de sa respiration l’accompagne.

Autrement rien. Évidemment.

Rien.





/traduit de l'anglais (États-Unis) par Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso
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Jacopo   06 juin 2020
Enseignements spiritualistes reçus par William Stainton Moses de William Stainton Moses
J'ai eu le privilège d'assister aux séances qui ont eu lieu pendant les deux dernières années de la médiumnité de M. Moses. Les impressions d'un autre témoin peuvent être utiles, elles confirment de nouveau les pouvoirs extraordinaires du médium et la réalité des phénomènes obtenus par son intermédiaire.
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Jacopo   06 juin 2020
Oiseaux de passage : rimes fantastiques, rimes d'ébène de Stanislas de Guaita
L'ALCHIMISTE

Aux sources du Danube,en pleine Forêt Noire,

S'ouvrait une caverne; la lugubre histoire,

Suspendu eaux lianes verts du mont,près d'un vieux pin,

Entre la roche a pic et le profond ravin.

Tout bruit donnait autour de cet autre sauvage

Et fumeux.—Un sorcier (comme on dit au village),

Alchimiste au front blanc, formidable écolier

D'Hermès, dans cette grotte avait son atelier.

Plus loin, dans un jardin perché sur la colline,

Des simples vénéneux végétaient: la sabine

Y roulait en buissons un feuillage noirci;

La svelte digitale y fleurissait aussi;

L'aconit bleu de cuivre, et la grande ciguë,

Et l'if, s'y mariaient avec l'ortie aiguë.

Une épaisse fumée au loin se répandait

En noirâtres flocons,puis dans l'air se perdait

Après avoir roussi les fleurs sur son passage;

Et les petits oiseaux redoutaient ce nuage

Qui recelait pour eux la mort.

Mais toi, vieillard,

Dans ton laboratoire où règne un jour blafard,

Que fais-tu donc, savant à chevelure blanche?

Que prépares-tu donc en retroussant ta manche?

Et que sortira-t-il de ton sombre alambic?

Un dragon vert ?—de l'or ?—des vapeurs d'arsenic?



Dans ta grotte de pierre où se meurt la pervenche,

Lorsque sur ton fourneau ton front rêveur se penche,

Quand ton œil est fixé sur les métaux fondus,

Et cherche a distinguer dans le sein du mélange

Si le filon grossier en lingot d'or se change,

Tes labeurs sont-ils donc perdus?



Réaliseras-tu ton Idéal? —Le monde

Sera renouvelé par ton oeuvre féconde:

Paracelse l'a dit; cela suffit: tu crois!

Tu suis aveuglément les pas de ce prophète;

Tu marches hardiment a l'ombre de sa tête,

Comme un chrétien fidèle à l'ombre de la croix!



Non! la pierre philosophale

N'ornera jamais ton réduit!

L'or, le diamant et l'opale

De tes travaux obscurs ne seront pas le fruit;

Mais ta main,si débile encore,

Ouvre les portes de l'aurore

A l'astre grandissant qui dore

Le front du monde ténébreux !

Mais,fruit de ton expérience,

Fruit de ta longue patience,

Celle qu'on nomme la Science

A percé la voûte des cieux!

Ta main a déchiré le voile

Qui recouvre la vérité!

Sur ton front a brillé l'étoile

Qui brille sur le front de la Postérité!

Oh ! vieux rêveur du moyen-âge,

Vieux sorcier au blême visage,

Sois fier, sois fier de ton ouvrage!

Sois content,vieil halluciné!

Tes découvertes sont célèbres

Soulève tes voiles funèbres!

Du siècle maudit des ténèbres,

Le siècle de lumière est né !
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Fierdre   06 juin 2020
Les Annales du Disque-Monde, Tome 11: Le Faucheur de Terry Pratchett
La plupart des espèces évoluent toutes seules au fil du temps, ainsi que

l’a voulu dame Nature. Une méthode parfaitement naturelle, donc,

organique, accordée sur les cycles mystérieux du cosmos, lequel estime

que rien ne vaut des millions d’années d’essais et d’échecs bien frustrants

pour dérouiller une espèce et, dans certains cas, lui donner une bonne

trempe.

Ce qui est sans doute bien joli au niveau de l’espèce en général, mais du

point de vue des individus concernés, c’est une vraie cochonnerie, du

moins un petit reptile rose amateur de racines susceptible d’entrer un jour

dans la famille porcine.

Aussi les pins comptables évitent-ils tous ces désagréments en laissant

les autres végétaux se charger de leur évolution à leur place. Une graine de

pin qui se dépose n’importe où sur le Disque récupère aussitôt le code

génétique local le plus efficace grâce à la résonance morphique et pousse

sous la forme la mieux adaptée au terrain et au climat, en quoi elle se

révèle beaucoup plus habile que les arbres indigènes qu’elle spolie

d’ailleurs la plupart du temps.

Mais ce qui rend les pins comptables particulièrement intéressants,

c’est leur façon de compter.

Vaguement conscients que les humains avaient appris à déterminer

l’âge d’un arbre en dénombrant ses anneaux, les premiers pins comptables

se sont dit que c’était la raison pour laquelle on les abattait.

Durant la nuit, chaque pin comptable rectifiait son code génétique afin

d’afficher sur son tronc, à peu près au niveau des yeux et en lettres pâles,

son âge précis. En l’espace d’un an ils frôlèrent l’extinction, décimés par

l’industrie de la plaque ornementale des numéros de maisons, et quelquesuns seulement survécurent dans des secteurs difficiles d’accès.
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Diabolo44   06 juin 2020
La joueuse de théorbe de Patrice Salsa
Quoique abasourdi, je m'enquis des circonstances de la mort de celui que je n'avais osé appeler mon ami, titre que l'annonce soudaine de sa disparition lui conférait ex abrupto – ainsi est fait l'homme, qui ne mesure la valeur d'une relation qu'au moment où une perte irrémédiable l'en dépossède à tout jamais.
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Diabolo44   06 juin 2020
La joueuse de théorbe de Patrice Salsa
Le spectacle de la déchéance d'autrui agit habituellement sur moi comme un répulsif, et je me sens toujours fort démuni dans les circonstances où j'en suis le témoin. Une paralysie de la fibre empathique m'empêche de prononcer les mots compatissants qui sont d'usage ou les paroles réconfortantes qui s'imposent lorsqu'un de nos semblables se trouve affligé, que ce soit par des circonstances extérieures ou qu'il ne puisse s'en prendre, en toute objectivité, qu'à lui-même. Cette ankylose a bien pour effet de restreindre un peu le cercle de ma vie sociale, mais ceux qui appartiennent à celui-ci s'en accommodent, et d'autant plus qu'ils savent que je n'attends aucunement les consolations que je suis incapable de prodiguer. Un peu de tenue, que diantre.
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DianeRocch   06 juin 2020
Gouverner au nom d'Allah. Islamisation et soif de pouvoir dans le monde arabe de Boualem Sansal
Et l’orientalisme créa l’occidentalisme. Les deux mondes avait installé entre eux un miroir déformant qui allait leur jouer bien des tours. Passé le charme, vint l’incompréhension.
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DianeRocch   06 juin 2020
Gouverner au nom d'Allah. Islamisation et soif de pouvoir dans le monde arabe de Boualem Sansal
C’est au nom d’Allah et tout fièrement qu’ils condamnent, pillent, saccagent, violent et tuent.
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Kawane   06 juin 2020
Le cerbère blanc de Pierre Raufast
La nature parle, les humains font semblant. L'amour serait-il une vaste comédie destinée à nous occuper ?
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Kawane   06 juin 2020
Le cerbère blanc de Pierre Raufast
Nous fumâmes en silence, face à l'océan. La confiance se passe de mots. La beauté finalement est le meilleur ciment entre les hommes.
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tristantristan   06 juin 2020
Les lois de la frontière de Javier Cercas
Le résultat de cette réflexion fut que je ne répondis même pas à la lettre de Zarco. Et le résultat de ce résultat fut que je me sentis tout à coup super léger et souverain, comme si on venait de m'enlever d'autour du cou un collier de plomb dont j'ignorais jusqu'alors l'existence.

Texte original:

El resultado de esta reflexion fue que ni siquiera contesté la carta del Zarco. Y el resultado de este resultado fue que de un golpe me senti ligerisimo y soberano, como si acabaran de quitarme del cuello un collar de plomo con el que no sabia que cargaba.

(p. 324 ed. de bolsillo, espana, 2004)
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tristantristan   06 juin 2020
Les lois de la frontière de Javier Cercas
Bien que ce soit une petite ville et qu'ici tout le monde se connaisse et que tout le monde croise tout le monde, je n'ai pas revu El Gafitas depuis longtemps.

Texte original: Aunque esta es una ciudad pequena y aqui todo el mundo se conoce y todo el mundo se cruza con todo el mundo, no volvi a ver El Gafitas en mucho tiempo.

(p. 161 éd. de Bolsillo, Espagne, 2004)
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Thomasthink   06 juin 2020
Tsahan de Alex Parker
Les reflets du ciel se parent de couleurs changeantes, tandis que les premières étoiles tremblotent dans l’immensité crépusculaire, angélisant les pensées des créatures qui les regardent. Dans une lumière incertaine, Rean et Elun admirent les rayons déclinants témoigner des derniers sursauts du jour.
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Thomasthink   06 juin 2020
Tsahan de Alex Parker
La lumière de l’aube s’infiltre à travers l’épaisse végétation, puis vient me titiller les rétines jusque dans mon lit… S’il y a d’admirables réveils, celui-ci en est un. C’est la saison chaude, celle de la pluie qui cesse et des longues soirées, une période qui me réjouit comme une fête.
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