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ISBN : 2253143634
Éditeur : Le Livre de Poche (07/01/1998)

Note moyenne : 3.28/5 (sur 305 notes)
Résumé :
Le vol d'un des précieux manuscrits de la mer Morte, découverts en 1947 dans les grottes de Qumran, précipite Ary, jeune juif religieux, fils d'un archéologue israélien, dans une enquête jalonnée de cadavres. De cadavres crucifiés. Ceux des savants ou des prêtres qui ont eu entre les mains un de ces manuscrits ...
Quels terribles secrets renferment-ils donc, pour être toujours en grande partie soustraits, cinquante ans après, à la connaissance du public et de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
Louis_LUCAS
  19 mars 2017
Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas fait une lecture aussi complexe ! Naïvement, en attrapant "Qumran" sur ma Pile à Lire, je m'attendais à un roman relativement accessible malgré son titre qui renvoyait aux manuscrits de la mer morte. Il faut avouer que je ne connaissais jusqu'à présent d'Eliette Abécassis que l'adaptation cinématographique de son roman "Un heureux événement" qui traitait de la maternité, de la grossesse d'une manière inédite.
La surprise fut donc de taille, d'autant plus que le roman s'ouvre sur la crucifixion du Christ dont l'auteure imagine, de façon réaliste et dénuée de foi, les derniers instants, les dernières pensées de celui que certains considèrent comme le messie. "Sa peau flétrie, tel un habit déchiqueté, parti en lambeaux, un suaire partagé, était un rouleau déplié puis profané, un parchemin vétuste dont les lettres de sang erraient autour des lignes scarifiées, parmi ratures et remords, un griffonnage." Il faut avouer qu'avec une telle introduction, Eliette Abécassis fait son petit effet et qu'elle donne immanquablement au lecteur un tant soit peu intéressé par la théologie, un bel os à ronger.
Fille d'Armand Abécassis, philosophe et penseur spécialisé dans le judaïsme, Eliette Abécassis a grandi dans une famille juive orthodoxe et connaît en conséquence mieux que personne le sujet qu'elle aborde. Il faut toutefois noter qu'elle a fait des recherches pendant trois années avant de se consacrer à l'écriture de "Qumran". Tout est parfaitement documenté, de Jérusalem à la liturgie inhérente à chaque courant religieux, de la bible à la vie de Jésus sans oublier bien entendu les manuscrits de la mer morte dont elle nous donne de larges aperçus. Chaque référence, chaque élément religieux s'inscrit dans le récit et a pour but d'accompagner, d'expliciter la quête dans laquelle Ary et son père se sont lancée.
Comme le suggère les premières pages, l'ensemble du roman tourne autour de la figure du Christ. Eliette Abécassis part d'une hypothèse qui trouve son origine dans l'un des manuscrits de la mer morte que l'on pourrait résumer ainsi : Jésus serait un maître Essénien, du nom d'une secte juive dont les pratiques et les croyances possèdent de nombreuses ressemblances avec les débuts du christianisme. Difficile dès lors de ne pas penser au "Da Vinci Code" qui s'intéressait lui aussi, par un autre prisme, à la figure du Christ même si "Qumran" lui est antérieur. Toutefois, les deux romans ont très peu en commun tant l'aspect "thriller" passe ici au second plan malgré les méthodes violentes utilisées à l'encontre de ceux qui essaient de percer le secret des rouleaux, la disparition brutale de l'un des principaux protagonistes ou l'enquête que mène Ary.
Tout au long de la lecture, on en apprend énormément tant l'auteur fait montre d'une érudition proprement hallucinante. Pourtant, malgré le sujet et le travail colossal effectué, la lecture est bien souvent pesante, la faute à un recours systématique à des descriptions longues, à des interrogations métaphysiques, éthiques, théologiques ou philosophiques à n'en plus finir proposées de surcroît dans un style parfois bien trop démonstratif. le sujet et le cadre - la communauté Hassidique - nécessite en effet de solides connaissances bibliques, sans lesquelles il est relativement difficile d'apprécier comme il se doit toute la complexité de l'histoire. Sans être un spécialiste, j'ai beaucoup lu sur le sujet, pourtant de nombreuses références me manquaient et certains passages m'ont par conséquent semblé obscurs. "Qumran" n'est pas un roman accessible et le parti-pris d'un style volontiers littéraire et, avouons-le, par instant ampoulé n'arrangent pas les choses à moins que ce ne soit moi qui soit insensible. Je vous laisse trancher avec cette citation extraite d'une scène dans laquelle le personnage d'Ary évoque la tentation que suscite le personnage de Jane, une goy qui lui est défendue de prendre pour femme. "La lumière sereine de son visage opalin était pommelée de gouttes d'un brun très clair ; les lèvres vermillon étaient une oasis de fraises et de framboises au beau milieu du désert ; le cou ivoirin avait la pâleur hâve du Néguev. Sa peau était un galet blanc sur la mer de sel, au grain serré, à l'onctuosité laiteuse et au doux polissage : une enveloppe lisse et soyeuse, raffinée, souple et blanche comme du papier, née de siècles de progrès minutieusement avancés, bel aboutissement d'une ligne de belles. L'encre coulait toute seule sur un tel grain, jamais absorbée, mais séchée sur la surface, après avoir glissé, aérienne et virevoltante comme une danseuse nue".
Je ne suis pas ressorti indemne de cette lecture dans le sens où je ne parviens pas à trancher ni dans un sens ni dans l'autre. "Qumran" est une oeuvre riche en enseignements, riche par son style et de ce fait, difficile à appréhender dans sa globalité. Si la lecture ne devait être associée qu'au plaisir qu'elle suscite, force est de constater que ce roman n'emporterait pas ma pleine adhésion mais comme chacun sait, une lecture peut-être pesante et non moins appréciée. Bref, comme je le disais en amont, difficile de trancher, d'où cette note de 3,5 en demi-teinte.
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100choses
  28 janvier 2012
Alors qu'ai-je pensé de cet ouvrage ? Et bien c'est assez complexe, et selon le point d'observation que je choisis, mon opinion change pratiquement du tout au tout ! Je vais essayer de m'expliquer sur cette bizarrerie, pour tenter de conclure sur une appréciation globale.
Commençons par être désagréable, en abordant l'aspect « archéologique » du roman. Eliette Abecassis débite tout simplement un fatras d'imbécilités sur le travail des archéologues. Je pourrais modérer mon propos, mais non. Je suis trop touchée par le sujet. Lire le comportement qu'elle prête à ses archéologues et l'image qu'elle se fait de leur métier m'a mise hors de moi. Tout le monde n'est pas sensé connaitre les réalités du métier, certes, mais quand on prétend rédiger un livre dont c'est l'ingrédient principal, on se renseigne, non de Zeus ! Non mais qui prendra les archéos, les vrais au sérieux après avoir lu ce tissu de bêtises ? Non, nous ne disposons pas des artefacts selon notre bon plaisir, et avoir la possibilité de date une US, à la fois de façon relative par rapport à celles qui l'entourent et à la fois de façon absolue grâce aux techniques radiométriques et à la présence d'une inscription datée, comme si c'était monnaie courante, relève quasiment du pur fantasme. Il y a aussi tout un tas d'imprécisions quant aux fonctions réelles de l'Ecole biblique… Et puis épigraphie et archéologie sont certes deux professions proches, souvent en rapport l'une avec l'autre, mais l'assimilation n'est pas acceptable ! Bref, refermons ce paragraphe fâcheux et passons tout de suite à autre chose, avant que je ne m'emporte encore d'avantage (et pourtant, je n'ai même pas écrit mon article à chaud; un mois s'est presque écoulé depuis ma lecture).
L'intrigue, heureusement m' a vraiment bien plu. Bon, il y a bien quelques longueurs à mi-parcours, et quelques éléments vraiment trop rocambolesques, beaucoup de libertés prises par rapport à la réelle histoire des manuscrits mais le final est tellement bluffant et génial que ces détails sont bien vite oubliés ! La révélation finale est juste merveilleuse. Certes totalement improbable, mais absolument fantastique ! Contrairement aux autres thrillers ésotériques, où la fin est souvent décevante et trop cartésienne, banale à mon goût ; ici Eliette Abecassis joue le jeu jusqu'au bout et nous offre un truc énormissime qui a très clairement fait remonter en flèche l'opinion que je me faisais de ce roman. Cette fin est juste absolument parfaite, j'avais des étoiles plein les yeux, même si les ultimes pages sont un peu trop empreintes de mysticisme à mon goût. Je suis un esprit désespérément scientifique, qui s'émerveille devant l'Evolution, débat de la beauté de la science par rapport aux religions avec sa prof' préférée, passe une bonne partie de son temps à étudier des ossements, et est persuadé qu'il n'y a rien après la mort (ce qui est beaucoup plus rassurant que ce que nous proposent toutes les religions, si vous voulez mon avis). Alors les histoires de Messie, toussa…voilà quoi. Sincèrement, il m'est beaucoup plus plaisant et facile de croire à l'existence de Poudlard et de la Terre du Milieu. Mais je m'égare.
Sur le plan de la forme, deux choses m'ont marquée. Tout d'abord, j'ai aimé que chaque grande partie corresponde à un rouleau. La forme des deux derniers rouleaux est particulièrement intéressante, et leur lecture n'est pas du tout rebutante comme je le craignais. Cela renforce l'impression de mysticisme évoquée plus haut, qui si elle m'a parfois agacée est quand même nécessaire à l'ambiance globale du récit, et en même temps ça coule tout seul. J'ai également trouvé que ce roman n'était pas sans rappeler le nom de la rose, avec ses nombreuses digressions instructives, ses nombreuses citations bibliques, son style, son rythme rappelant bien souvent celui de l'hébreu ancien (bien sûr, il s'agit du latin dans l'ouvrage de U. Eco). Mais le résultat est ici beaucoup plus accessible au grand public. Toutes les citations sont données en français, et puis les digressions ne sont pas interminables et sont très concrètes. Elles nous apprennent un nombre certes, beaucoup plus limité de choses mais au moins on les saisit, les comprend et les retiens sans risquer la migraine.
Enfin, au vu du cadre dans lequel est publié ce billet, je voudrais insister sur ce que cet ouvrage nous apprend d'Israël. En réalité, peu de thèmes sont abordés, mais c'est plutôt pas mal fait du tout. On croise essentiellement deux groupes humains : les bédouins et les juifs orthodoxes de Mea Shearim. Sur le plan géographique, c'est essentiellement Jerusalem et le nord du désert de Judée, où se trouve Qumran. On a bien sûr droit à quelques évocations de l'armée, des guerres, du caractère carrément mécréant de la plupart de la population, mais sans insistance. Les passages auprès des Bédouins m'ont tout particulièrement plu ; on apprend énormément sur leurs traditions, leur croyance, au-delà de ce que l'on peut connaitre d'eux habituellement. On a beau les côtoyer régulièrement, connaitre quelques-unes de leurs habitudes, ils restent vraiment un groupe assez isolé au sein du pays, dont le citoyen lambda ne sait pas forcément grand-chose. le travail fait sur Mea Shearim est également particulièrement intéressant, parce que ce groupe, pourtant plus connu en apparence, recèle en réalité des trésors de pratiques et traditions totalement ignorées. Eliette Abecassis ne se contente pas de nous en donner une description extérieure. Elle nous fait réellement découvrir les choix de vie de ses habitants, leur mode de pensée, leurs conventions. Et alors, même si l'on est bien loin de partager leurs opinions ‘et que l'on ne passe pas même une journée sans les maudire, parce qu'ils ont une légère tendance à emmerder le monde), l'on comprend au moins leur comportement, comment et pourquoi ils arrivent encore en plein XXIème siècle à vivre hors du monde. beaucoup d'informations sont également données sur le judaïsme, comment ça n'est pas seulement une religion mais une culture, une identité. Peu de découvertes pour moi de ce côté là, depuis le temps que j'étudie et côtoie le sujet, mais j'imagine qu'il y a beaucoup à apprendre pour le lecteur lambda.
Bref, je crois pouvoir dire au terme de ce billet que c'est finalement un ouvrage qui m'a beaucoup plu malgré ses défauts. La fin, magistrale a vraiment su me faire oublier tout ce qui m'avait déplu. La suite m'attend malheureusement dans ma PAL française, car sinon c'est avec plaisir que je l'aurais déjà entamée, même si ce roman constitue une unité parfaitement indépendante qui se suffit à elle-même.
Lien : http://leboudoirdemeloe.co.u..
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carre
  20 avril 2012
Houlala, en refermant le roman de la splendide Eliette Abécassis, j'ai pris un doliprane 1000 (à vrai dire plusieurs car la lecture fut longue). Mélangeant roman historique, thiller, croyance et religion, "Qumran" promettait un moment excitant. Hélas devant l'érudition de la belle, l'histoire alambiquée au possible et les traductions des manuscrits de la mer Morte sont surement essentiels pour un historien, mais pour le simple lecteur, il faut s'accrocher. Un roman certainement ambitieux et passionnant mais Eliette Abécassis qui montre son grand savoir à chaque page m'a larguée bien trop vite pour l'apprécier.
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MissSherlock
  19 septembre 2014
Comme pour LA PROMESSE DES TÉNÈBRES de Maxime Chattam, j'ai profité d'une opération promotionnelle de mon libraire pour découvrir un roman de Éliette Abécassis qui jouit d'une bonne réputation dans le milieu littéraire. Et comme pour le roman de Chattam j'ai été très déçue. Dorénavant je me méfierai comme de la peste des promos de mon libraire.
QUMRAN était pourtant très bandant sur le papier : un jeune juif religieux part sur les traces de manuscrits de la mer Morte volés par des individus qui n'hésitent pas à torturer et tuer tous ceux qui se mettent sur leur route.
De confession catholique et agnostique, je trouvais l'idée d'en savoir plus sur la religion juive très sympa. Et j'adore les chasses au trésor !
Rapidement, je me rends compte que je vais devoir m'accrocher : je n'aime pas du tout le style de l'auteur que je trouve à la fois pompeux et soporifique. Pompeux parce que Éliette Abécassis écrit des dialogues pédants prononcés par des personnages qui le sont tout autant. Et soporifique car l'auteur étale sa science sans se soucier du lecteur. Elle a fait des recherches, c'est bien, mais elle aurait dû penser que tous ses lecteurs n'avaient pas de doctorats en théologie et que la majorité d'entre eux étaient là pour apprendre en s'amusant pas pour chercher un substitut au Stilnox®.
Pour la première fois depuis les lectures imposées au collège, j'ai sauté des pages et j'en ai lu d'autres en diagonales. C'était le prix à payer pour terminer cette brique insipide.
Je n'ai pas du tout aimé le personnage central qui est un benêt arrogant, dilettante et insensible. Des meurtres atroces sont commis mais il ne prévient pas la police, à peine son sommeil s'en trouve-t-il troublé. Son père se fait kidnapper mais il ne bouge pas d'un poil. À la place il préfère tomber amoureux d'une femme et se poser des questions sur sa foi.
L'enquête policière que j'espérais n'aura jamais lieu, il n'y aura aucun suspense, aucun rebondissement, aucun rythme. Seulement des pages et des pages de pensées «philosophiques» d'un type qui a tout du fanatique.
Et pois chiche sur le couscous, j'ai détesté la fin : plus tarte, tu meurs. La lecture de la dernière partie a été particulièrement pénible puisqu'il s'agit des fameux rouleaux dont le contenu est dévoilé sous nos yeux endormis. Soit cent pages d'un blabla mystique à deux balles.
Pourtant je me garderai bien de déconseiller ce roman puisqu'il ne s'agit que de mon avis pas humble du tout et que d'autres ont apprécié. Pourquoi pas vous ?
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Epytafe
  12 octobre 2011
J'ai découvert Eliette Abecassis lors d'une émission radio et je me suis précipité dans ma librairie pour me procurer ce roman, réjouis à l'idée de lire un ouvrage sur la thématique de Qumran écrit par une auteur au CV si bien fournit.
La déception fut à la mesure des espoirs. Ce livre dégouline de bon sentiments bébêtes et la trame ne vaut même pas la comparaison avec le Da Vinci machin. Même si l'arrière plan historique est mieux construit que chez Dan Brown, une bonne dose de café est vite nécessaire pour ne pas s'assoupir sous le poids de l'ennui.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Louis_LUCASLouis_LUCAS   08 mars 2017
Pendant qu'il parlait avec animation, j'essayai de déchiffrer les traits de son visage. Cela paraissait facile : comme Joseph, il avait une figure régulière qui inspirait la sympathie. A l'observer de plus près, je remarquai deux veinules horizontales, de part et d'autre du front, sur la tempe droite et la tempe gauche, qui se gonflaient et palpitaient lorsqu'il parlait. A l'extrémité de l'une d'elles, deux fins vaisseaux en croisaient un troisième, vertical. On aurait dit que l'ensemble formait deux lettres hébraïques : vav et tav. Ces deux lettres pouvaient donner naissance à un mot : tav, qui veut dire "note". Je pensai que cet homme avait certainement une musique intérieure plaisante qui se reflétait intérieurement, à condition de savoir la lire.
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AuroraeLibriAuroraeLibri   06 mai 2017
Oserais-je l'avouer ? Pourrai-je le dire ? Je méditais beaucoup à propos du Christ, même si de cette pensée interdite je n'aurais fait part à personne, pas même à Yéhouda. Je rêvais du Christ comme on le fait dans la souffrance, la misère et l'injustice. J'y trouvais du réconfort. Un jour, à Manhattan, je passai devant une église, baroque au milieu des gratte-ciel ; poussé par une envie brusque, j'entrai. Bien entendu, il nous est strictement interdit d'entrer dans une église, et encore plus d'y faire ce que j'y fis.
Je m'assis sur un banc, face à une crypte où se dressait une statue de Jésus. Pour la première fois, je ne regardais plus cette figure comme une adoration paienne, comme la représentation interdite d'un dieu impossible, mais je me mis à la contempler vraiment, à penser intensément à cet homme crucifié, à cet homme juste. J'y pensais non comme l'on pense à Dieu, mais comme à un personnage de la Bible. Et cela me consola. Lui, au moins, il était là, en chair et en esprit, et pour peu que l'on crût à son existence, tout découlait miraculeusement : le monde futur, le sens de la vie, la création, le bonheur et la résurrection des morts.
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TempsdelectureTempsdelecture   11 novembre 2019
Qumran n’est certainement pas le jardin d’Eden. En vérité, ce lieu est en plein désert, au plus profond de la désolation. Mais il semble qu’il y fait un temps plus doux, et que l’air y est moins chaud qu’aux abords de la mer Morte. L’eau douce, intermittente mais abondante, permet d’entretenir un bassin permanent sur la seconde terrasse, réserve suffisante pour la vie de l’homme. Les sources saumâtres abreuvent les palmeraies. Les profonds ravins constituent un rempart naturel qui isole presque totalement le promontoire ou se situe l’établissement. C’est pourquoi, en dépit des apparences, la vie y est possible.

Les Esséniens avaient choisi de s’établir dans ce lieu proche des origines, comme si, en se rapprochant du début, ils pensaient atteindre la fin. C’est pourquoi ils avaient bâti leur sanctuaire non loin de cet endroit, à Khirbet Qumran, dans une des régions les plus désolées de la planète, les plus privées de végétation, et les plus inhospitalières pour l’homme, en ces falaises de calcaire, abruptes et anfractueuses, entrecoupées de ravins et percées de grottes, en ces pierres blanches, cicatrices rugueuses et indélébiles, stigmates des convulsions du sous-sol, des ardentes pressions tectoniques, des lentes et douloureuses érosions, en ce repaire de rebelles, de brigands ou de saints.

C’est là que Shimon amena mon père, devant le monastère en ruine. Il ramassa sur le sol un petit bout de bois qu’il commença tranquillement à mâchonner. Au bout de quelques minutes, il se décida enfin à parler.

« Tu connais cet endroit. Tu sais qu’on y a trouvé, il y a plus de cinquante ans, des manuscrits d’un monastère essénien: les rouleaux de la mer Morte. Il semble qu’ils datent de l’époque de Jésus et qu’ils nous apprennent des choses cachées et difficiles à admettre sur les religions. Tu sais aussi que certains manuscrits ont été perdus, ou plutôt volés, devrais-je dire. Ceux qui sont en notre possession, nous les avons conquis par la ruse ou la force. »
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ChouchaneChouchane   18 juillet 2011
Je lui enseignai les marques distinctes du visage, qui ne sont pas innées, mais se modifient selon la condition de l'homme. Car les vingt-deux-lettres de l'alphabet sont imprimées sur chaque âme, et celle-ci à son tour s'exprime sur le corps qu'elle anime. Si la condition de l'homme est bonne, les lettres sont disposées sur son visage d'une façon régulière : sinon,elles subissent une interversion qui laisse une trace visible. Je lui montrait l'homme qui marche dans la voie de la vérité, aisément reconnaissable pour le cabaliste, à la veinule horizontale qu'il porte sur les tempes.
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AuroraeLibriAuroraeLibri   06 mai 2017
Et quand mon regard parfois croisait le sien, qui était d'un brun sombre et intransigeant, je baissais les yeux, honteux d'avoir été surpris à regarder une femme.
Et cela ne m'était pas permis. Non que l'amour fût une mauvaise chose en soi, ni une chose interdite par la religion, mais elle n'était pas juive. et elle était chrétienne, protestante et fille de pasteur.
Certes, si j'avais été autre ou si cela m'avait été permis, si elle avait été juive ou si je n'vais pas été Cohen ni Hassid, ou même si j'avais été goy, protestant ou catholique, si nous avions été tous deux athées, ou si j'avais été agnostique et elle protestante, si je n'avais pas été pratiquant, si j'étais resté comme mes parents, alors, oui, je crois que je l'aurais aimée.
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Videos de Eliette Abecassis (22) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Eliette Abecassis
Soirée de lancement de l'ombre du Golem avec Benjamin Lacombe et Eliette Abécassis au Comptoir Général (Paris 10).
Lecture dessinée en musique.
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