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Annick Le Goyat (Traducteur)
ISBN : 2283023327
Éditeur : Buchet-Chastel (11/09/2008)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 308 notes)
Résumé :
Quand Ashok Sharma, homme d'affaires de Bangalore, entend à la radio que le premier ministre chinois se rendra bientôt dans sa ville afin d'en savoir plus sur la réussite des entrepreneurs de cette région, il décide de lui écrire pour lui donner sa version.

Voici donc huit lettres qui révèlent les dessous des Ténèbres, monde où vit la majorité pauvre de l'Inde et d'où est originaire ce type qui s'appelait Balram Halwai... jusqu'à ce qu'il tue quelqu'... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (62) Voir plus Ajouter une critique
latina
  07 août 2013
Ces vacances, je suis partie en Inde, chez Balram Halwai, et je peux vous certifier que ce n'était pas du tout un lieu pour touristes !
En fait, je suis restée dans mon fauteuil à lire « le tigre blanc », mais ce voyage littéraire m'a plongée d'un coup dans une Inde faite de « Ténèbres » et de « Lumière » (dixit le narrateur), celle des pauvres, encaqués dans une situation sans issue, une « Cage à poules », et celle des riches, des politiciens et des policiers, tous ceux-ci corrompus, sans scrupules et dont les pots-de-vin permettent d'avancer.
Et me voilà enfoncée jusqu'au cou avec le narrateur...Va-t-il s'en sortir ? Va-t-il m'en sortir ? Oui ! Et il le fait avec brio, cynisme et ironie.
Tout ceci est conté au travers de 8 lettres adressées au premier ministre chinois qui va se rendre en Inde. Ces huit lettres sont le prétexte à faire connaitre ce pays mystérieux et si étranger à notre culture.
On l'appelait « Munna », c'est-à-dire : « Garçon »...C'est vous dire ! Il n'avait pas de prénom ! C'est son instituteur qui a décidé de le prénommer « Balram ».
Son père était conducteur de rickshaw, ces espèces de poussettes pour adultes tirées par un pauvre hère tout maigre et tout suant : « Je vous engage à les observer de vos propres yeux. Les rickshaws ne sont pas autorisés dans les quartiers huppés de Delhi, où les étrangers risqueraient de les voir et de s'étonner. Insistez pour vous rendre à Old Delhi. Là, les rues en sont pleines. Vous verrez ces hommes, minces comme des baguettes, penchés sur le guidon de leur bicyclette, pédalant pour tirer un chariot qui croule sous une pyramide de chair bourgeoise : un gros type avec sa grosse épouse et leurs gros sacs de shopping. »
« Munna » est spécial, il est intelligent, rusé et (presque) sans scrupules. Son instituteur (qui ne l'a connu que très peu de temps) le surnommait « le tigre blanc », car il n'en parait qu'un sur toute une génération. Il veut s'en sortir, lui. Il n'accepte pas la situation sans issue du pauvre, qui n'a qu'à subir, se taire et se courber, prisonnier de la « Cage à poules ». Mais qu'est-ce que cette Cage à poules, me direz-vous ? C'est la métaphore bien choisie du système : les pauvres ne peuvent se rebeller sinon les riches se vengent sur leur famille et leur font subir les pires sévices. Donc, pas d'espoir. Accepte ta condition sinon ceux que tu aimes paieront le prix fort.
Et tant pis pour la famille de Balram ! Grâce à sa débrouillardise, sa roublardise et son tact, grâce aussi à un meurtre (dont il s'accuse et se glorifie dès le début), il gravit les échelons de la société de castes.
« Une révolution indienne ?
Non, monsieur. Cela n'arrivera pas. Les habitants de ce pays attendent toujours que la guerre de libération vienne d'ailleurs. Cela n'arrivera pas. Chaque homme doit accomplir son propre pèlerinage de libération.
Le livre de ta révolution est dans tes tripes, jeune Indien. Chie-le, et lis. »
Un livre fort, interpellant, drôle, immoral, sarcastique, diabolique...
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Marple
  23 février 2014
Un livre pas inintéressant, mais pas non plus renversant... et certainement trop amoral et absurde pour la grande psychorigide que je suis !
Pas inintéressant d'abord, par le portrait hyper-réaliste de l'Inde d'aujourd'hui, tiraillée entre 'les ténèbres', celles des pauvres, ravalés au rang de sous-hommes et d'esclaves, et 'la lumière', celle des riches et des puissants, qui entretiennent bien souvent leur statut à coup de corruption et de menace. Au début, j'ai retrouvé l'Inde romancée de Shantaram lu il y a peu, avec le jeune dadais naïf et optimiste ou le spectacle pittoresque des rues... pas bien longtemps toutefois, car ce livre montre plutôt l'envers du décor dans des descriptions souvent ironiques mais toujours corrosives.
Amoral ensuite, parce qu'on n'est pas dans un livre manichéen et donneur de leçons avec les puissants méchants et les faibles gentils. Bien au contraire. Ici, tout le monde est méchant, ou le devient, à force d'injustice, de convoitise, d'humiliations, de tentation ou juste par habitude, tradition familiale ou faiblesse de caractère... Même le héros Balram que son maître d'école appelait 'tigre blanc' pour son intelligence et sa bonté aussi rares que cet animal dans la nature, et qui devient progressivement un simple tigre, prêt à tout pour survivre dans la jungle.
Pas renversant et un peu absurde, enfin, parce que le principe des lettres écrites par Balram au premier ministre chinois en visite m'a semblé tout à fait inutile et plutôt lourd : à chaque nouvelle lettre, on doit se farcir 3 pages de politesses et d'introduction sur les entrepreneurs indiens, qui cassent le rythme de la narration et n'apportent pas grand chose à l'histoire.
Bref, un tigre blanc qui se vante beaucoup de ses rugissements, mais ne rugit pas autrement que tous les autres, et une lecture en demi-teinte pour moi.
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sabine59
  27 avril 2017
C'est le premier roman d'un auteur indien.On est tout de suite pris par l'histoire-confession, d'une ironie mordante, du narrateur.
Le livre montre bien la complexité de l'Inde ,partagée entre la modernité ,les hautes technologies et les traditions qui pèsent comme un fardeau. Mon mari y est allé pour des raisons professionnelles et a été marqué par les contrastes de ce pays déconcertant. le grand écart entre les nantis et les intouchables est impressionnant.
A travers l'ascension ( ou ne serait-ce pas plutôt une chute ?) d'un pauvre chauffeur de taxi devenu directeur d'un business de taxis à Bangalore, après avoir commis plusieurs forfaits que je vous laisse découvrir, nous voyons défiler et s'incruster en nous les images ambivalentes de l'Inde : envoûtante et sale, colorée et kitsch, fiévreuse et mortifère, un mélange de légendes , de spiritualité et de réalité crue et poussiéreuse.
Les injustices sociales criantes sont montrées du doigt mais toujours avec un détachement qui les rend plus horribles encore.Mais toujours avec ce sourire permanent des indiens, fatalistes, qui se contentent du peu qu'ils ont ...
Un livre fort, au ton décalé , offrant ,de l'intérieur, une vue saisissante de l'Inde, pays qui reste mystérieux et déroutant à nos yeux d'occidentaux ...
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palamede
  11 août 2014
Balram, indien de vingt-cinq ans, écrit au premier ministre chinois qui vient en visite dans son pays.
Dans sa lettre, il lui raconte comment il a abandonné ses études après une enfance misérable pour devenir le chauffeur d'un nouveau riche paternaliste et plutôt sympathique. Travail qui lui a donné des envies d'ascension sociale qui l'ont conduit à assassiner son patron. Alors qu'il est entrepreneur à Bangalore, pour son correspondant, il analyse cyniquement les raisons de son crime, lui montrant les aspects peu reluisants de la démocratie indienne et de son expansion économique. Selon lui, l'immense fossé qui sépare les riches des pauvres, la survivance des castes et la corruption à tous les niveaux justifient son geste pour sortir de la servitude imposée par des exploiteurs sans scrupules.
Avec ce roman, Aravind Adiga fait une critique féroce de la société indienne contemporaine. le choix de l'interlocuteur chinois n'est évidemment pas innocent. Comme la Chine, l'Inde est un pays émergent qui est confronté au manque de régulation d'un capitalisme sans contre pouvoir. Dans la charge de l'auteur, on comprend qu'il prône la révolution pour faire évoluer les rapports de force, position peut-être excessive mais qui montre l'urgence à se réformer pour la plus grande démocratie du monde. Un très bon premier roman, amoral et cynique, qui met en scène l'Inde capitaliste.
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litolff
  27 avril 2012
Vision cynique et féroce d'une Inde désenchantée
Le Tigre blanc, ainsi surnommé par son instituteur pour ses capacités intellectuelles supérieures à la moyenne, est un petit garçon, Balram, dont la famille subit les oppressions continuelles des grands propriétaires de sa région.
D'abord garçon à tout faire dans une échoppe à thé, il parviendra à apprendre à conduire et à devenir chauffeur de maître, un statut dont sa famille n'aurait jamais osé rêver… Mais Balram est assez intelligent pour percevoir le fonctionnement de la société indienne et son injustice criante, et il décidera d'inverser l'ordre des choses, de devenir un maître, lui aussi…
Son histoire, celle de tout un peuple tiraillé entre les sirènes de la croissance, l'avidité de la classe dominante et le drame de la pauvreté, Balram la raconte dans une lettre au Premier ministre chinois qui doit venir visiter Bangalore.
Dans une diatribe cynique et violente contre son pays dont il n'hésite pas à décrire les côtés les moins reluisants, Aravind Adiga attire l'attention sur la corruption qui règne en maître sur le sous-continent, le fonctionnement aberrant d'un pays à deux vitesses où une partie de la population est encore maintenue à l'état d'esclave et traitée comme des sous-hommes, mais aussi le coté fondamentalement individualiste des indiens.
A n'en pas doute, l'auteur espère attirer l'attention internationale sur ce qui se passe dans son pays ; il aurait en effet déclaré que les critiques d'écrivains omme Flaubert, Balzac et Dickens ont beaucoup contribué à améliorer l'état de la société en Angleterre et en France au XIXe siècle…
Si je n'ai pas outre mesure apprécié le procédé narratif, j'ai cependant été passionnée par cette description sans concession d'un pays en pleine mutation dont nous, occidentaux, sommes abreuvés de clichés exotiques et bollywoodiens.
UN ACTE D'ACCUSATION PASSIONNANT CONTRE LA POLITIQUE INDIENNE CONTEMPORAINE.
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Citations & extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
caro64caro64   25 août 2010
Je suppose, votre excellence, que moi aussi je devrais commencer par embrasser le cul d’un dieu quelconque. Mais lequel ? Le choix est vaste. Les musulmans ont un dieu. Les chrétiens en ont trois. Nous, les hindous, trente-six millions. Soit un total de trente-six millions et quatre culs divins parmi lesquels choisir. (...) Ces dieux, il faut bien l’admettre, semblent accomplir peu de choses - comme la plupart de nos politiciens - pourtant ils continuent d’obtenir leur réélection sur les leurs trônes dorés, au paradis, année après année.
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AncolieAncolie   21 février 2013
Pourquoi mon père ne m’avait-il jamais dit de ne pas me gratter l’entrejambe ? Pourquoi mon père ne m’avait-il jamais appris à me brosser les dents avec de la pâte moussante ? Pourquoi m’avait-il appris à vivre comme un animal ? Pourquoi tous les pauvres vivent-ils dans la crasse et la laideur ?
Frotter. Frotter. Cracher.
Frotter. Frotter. Cracher.
Si seulement un homme pouvait cracher son passé aussi facilement !
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luocineluocine   06 juin 2010
Les rêves des riches ne coïncident jamais avec ceux des pauvres, n’est ce pas ? Toute leur vie, ces derniers rêvent d’avoir assez à manger et de ressembler aux riches. Et de quoi rêvent les riches ?

De perdre du poids et de ressembler aux pauvres.
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NATBNATB   15 avril 2015
Voyez-vous, monsieur le Premier ministre, dire que l'histoire du monde n'est rien d'autre que l'histoire d'une guerre d'intelligence de dix mille ans entre les riches et les pauvres n'a rien d'original.Chaque camp cherche perpétuellement à duper l'autre, et c'est ainsi depuis la nuit des temps.Les pauvres remportent quelques batailles, tandis que les riches, bien entendu, gagnent la guerre depuis dix mille ans.C'est la raison pour laquelle, un jour, par compassion envers les pauvres, quelques hommes sages ont laissé des signes et des symboles sous forme de poèmes, lesquels semblent à première vue parler de roses ou de jolies jeunes filles, mais en réalité, lorsqu'on les pénètre, dispensent des secrets qui permettent aux plus miséreux d'achever l'interminable guerre d'intelligence dans des conditions plus favorables pour eux.
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PiertyMPiertyM   27 avril 2016
Les rêves des riches ne coïncident jamais avec ceux des pauvres, n'est-ce pas ? Toute leur vie, ces derniers rêvent d'avoir assez à manger et de ressembler aux riches. Et de quoi rêvent les riches ? De perdre du poids et de ressembler aux pauvres.
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