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EAN : 9782493909015
298 pages
Collection Proche (18/08/2022)
4.3/5   1032 notes
Résumé :
C'est une histoire d'orphelin et d'amour. Celle d'un vieil homme qui joue divinement du Beethoven sur les pianos publics. Il se fait appeler Joe, pour Joseph. On le croise un jour dans une gare, un autre dans un aéroport. Il gâche son talent de concertiste au milieu des voyageurs indifférents. Il attend.
Mais qui, et pourquoi ?
Alors qu'il a seize ans, ses parents et sa soeur disparaissent dans un accident d'avion. Il est envoyé dans un pensionnat reli... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (261) Voir plus Ajouter une critique
4,3

sur 1032 notes

Kirzy
  23 janvier 2021
Un vieil homme qui joue sur un piano public dans un aéroport. du Beethoven. Divinement. Il ne joue que sur des pianos publics, il ne se produit jamais sur scène malgré sa maitrise exceptionnelle. Il semble attendre quelqu'un. Il s'appelle Joe. Et il interpelle le lecteur dès la première phrase avant de le prendre par la main pour un voyage dans son enfance.
L'enfance comme moment fondateur de toute une vie nourrie de ce qu'il s'est noué durant cette période, rencontres, amitiés, amour. Comme une empreinte indélébile qui fait basculer à jamais un destin comme celui de Jo. Orphelin à 14-15 ans, placé dans un orphelinat religieux. C'est là que tout va se jouer pour lui.
Le thème n'est pas nouveau mais Jean-Baptiste Andrea en parle avec une grâce folle et une sensibilité très authentique. Ce n'est jamais facile de parler de l'enfance meurtrie, cela peut vite sonner faux, surtout dans les dialogues ou les situations. Mais là, jamais. Tout est juste, notamment dans sa subtilité à évoquer le temps et les souvenir. le temps qui fait mal , celui des maltraitances assénées par le personnel de l'orphelinat, sans misérabilisme lourdaud. le temps qui se suspend comme celui des cours de piano de M.Rothenberg ( sans doute les plus beaux passage du livre ). Les souvenirs d'amitié forte qui réparent, entre société secrète de la Vigie, émission radio doudou et bain de vent ( très belle idée ). Et le temps du premier amour qui porte le doux nom de Rose, inoubliable, définitivement inoubliable, salvateur.
J'ai souvent eu en tête l'image d'un Antoine Doinel lorsque j'ai lu car comme Truffaut, Jean-Baptise Andrea parle merveilleusement de l'énergie unique de l'enfance, celle qui propulse dans la vie. Il le fait avec son style élégant et fluide qui confirme son talent de conteur après Ma reine et Cent millions d'années et un jour. Avec une tendresse et un humour qui transcendent la tristesse de la perte d'une famille et la douleur de grandir dans un orphelinat sordide.
Si je n'aime pas beaucoup ce titre, très manichéen ( le roman l'est parfois un peu, j'ai tendance à préférer les récits plus ambigus qui floutent les frontières du Bien et du Mal ), je ne retiens que la lumière qui se dégage de ce roman très fort qui plonge le lecteur dans une émotion toujours juste et sincère.
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ODP31
  07 février 2021
Il ne joue pas du piano debout. Assis, c'est quand même plus confortable. Berger sans troupeau, le prodige pianote du Beethoven dans les aéroports et les gares. Pourquoi Joseph exprime son talent dans ces lieux de passage ? Ni pour orchestrer le roulis insupportable des valises, ni pour mettre en musique les voix autoritaires des hôtesses qui sifflent le rappel porte 8 pour embarquer le cheptel et notamment les égarés du duty free, ni pour masquer l'annonce habituelle du retard de tous les trains en provenance de partout, ni pour passer le temps qui trépasse. En fait, Joe cache un secret et le dernier roman de Jean-Baptiste Andrea va nous le révéler avec virtuosité.
Cinquante ans plus tôt, devenu orphelin à l'orée de son adolescence, Joe se retrouva dans un orphelinat aussi lugubre que perdu dans les Pyrénées, le très bien nommé « Les confins ». Sonate au clair de lune. L'abbé qui dirige cet enfer est la réincarnation d'un grand inquisiteur, aidé par un ancien légionnaire sadique qui assure avec zèle son rôle de pion. Jeux interdits.
Pour résister à la maltraitance et rêver d'évasion, Joe va se lier d'amitié avec d'autres camarades, surnommés Sinatra, Souzix, La Fouine, Grenouille et Momo. Ils vont se réunir la nuit pour écouter en secret une émission de radio. Cette société secrète rappelle « Les disparus de Saint-Agil ».
Le jeune garçon va aussi se raccrocher aux souvenirs des cours de piano suivis auprès de son vieux maître qui l'incitait à chercher le rythme caché derrière les notes. Dans les sentiments.
Roman initiatique, Joseph va aussi rencontrer Rose, fille d'un riche donateur de l'orphelinat à qui il doit enseigner la musique tous les samedis et qui va lui révéler le solfège de l'amour. Ré mi fa sol, sans famille. Cela va twister dans le coeur de cet Oliver.
Autour de Joe, l'auteur construit des personnages très incarnés. le récit est poignant mais ne sombre jamais dans le tragique gratuit. Il ne fait jamais l'aumône de larmes. A vot bon coeur m'sieurs dames. Certains passages comme celui du concours des histoires les plus tristes où chaque gamin raconte sa propre vie sont des bijoux littéraires. J'ai adoré cette faculté à rendre drôle des moments si tristes.
Si l'ambition de Jean-Baptiste Andréa était d'écrire la musique au-delà des notes, sa partition est parfaite et le zeste d'aventures qui pulpe le récit autour des enfants me fait regretter une seule chose : d'être trop vieux pour avoir la chance de pouvoir découvrir ce roman à l'adolescence. J'aurai adoré le lire en cachette à la lampe de poche, sous mes couvertures.
Rien à jeter dans ce roman, à part son titre, digne d'un Dan Brown sous morphine.
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Afleurdelivres
  29 mars 2021
Quel beau roman! « beau comme un do mineur » dirait Joe. Mais qui est-il donc? Au début de l'histoire, un vieux pianiste virtuose qui ne se produit que dans les gares et aéroports sur des pianos publics en n'ayant rien perdu de son énergie ni de sa flamboyance. Interpellant le passant apostrophant le lecteur il semble attendre quelqu'un. Puis on remonte le fil pour découvrir le destin de cet enfant fantasque à l'humour décalé devenu orphelin après que ses parents et son « insupportable soeur » disparaissent dans un crash aérien. La musique le constitue, très tôt « le rythme allait entrer dans ma vie...Le rythme de Dieu, celui du diable ».
21 juillet 1969, alors qu'Amstrong fait ses premiers pas sur la Lune, Joe pose un pied aux Confins, un orphelinat déshumanisé dirigé par un Abbé sinistre. Dans le lit 54 de sa « crypte » ce garçon lunaire prie ses propres dieux Beethoven et l'astronaute Michael Collins. Fasciné par la conquête spatiale ses pensées voyagent de la terre à la lune. Ce « grand pas pour l'humanité » intéresse la terre entière quand les petits pas de Joe n'intéressent personne. L'intime et l'universel se télescopent pourtant, conquête de soi et de l'univers finissent par se faire écho grâce aux adjuvants rêve et poésie. Intégré dans une bande avec d'autres enfants meurtris on suit leur aventures entre tristesse et joie, rudesse et tendresse, enfermement et liberté, fidélité et trahison, amour et haine, peur, abus, plans de survie, jusqu'à la rencontre avec Rose « l'extraordinaire » mais aussi «pimbêche, gâtée, trop riche » avec laquelle au départ Joe croise le fer. Son piano finira par devenir un moyen de communication, ses morceaux musicaux un appel. Avec un phrasé rhythmique dense JB Andrea fait battre la mesure à ses mots livrant un récit mélodique, poétique et dynamique qui nous emporte dans un grand tournoiement aussi entraînant qu'une valse. Un roman au thème sombre mais tellement lumineux par le traitement, par la musicalité, sa tendresse et son humour que l'auteur parvient à éviter les poncifs racoleurs et le mélodrame. Car dans ces pages la musique pulse autant que la vie. Une réussite.
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marina53
  22 février 2021
Un grand merci à Babelio et aux éditions L'Iconoclaste...
Bien qu'il joue divinement bien du piano, du Beethoven la plupart du temps, Joe ne remplit pas les salles sombres. Et pourtant, les gens l'écoutent. Surpris d'entendre une si belle mélodie dans ce lieu où chacun ne fait que passer. Orly, Roissy, Montparnasse, Union Station ou encore John F. Kennedy Airport. S'il joue, ce n'est pas pour être connu mais pour être reconnu...
Des décennies auparavant... Joseph vit paisiblement sa petite vie d'enfant auprès d'un père vendeur de matelas et de chaussures, d'une mère aux origines anglaises, d'une insupportable soeur et du vieux Rothenberg, son professeur de musique. Paisible jusqu'à ce que, tragiquement, sa jeunesse se termine le 2 mai 1969, à 18h14, lorsque l'avion qui transportait ses parents et son insupportable soeur s'écrase devant lui. C'est alors qu'il se rend compte qu'il n'a personne d'autre au monde. Il est alors envoyé à l'orphelinat, Les Confins, tenu d'une main de maître par l'abbé Armand Sénac et Grenouille, le surveillant général...
Dès les premières notes de musique, l'on tend l'oreille pour écouter ce que cet homme, assis droit devant le clavier d'un piano, nous murmure. Il nous prend ensuite par la main et nous emmène loin de cette gare, dans les montagnes pyrénéennes, où cinquante ans auparavant, après le décès si brutal de ses parents et de sa soeur, il a franchi les portes de l'orphelinat. C'est dans l'enceinte de ces murs qu'il va faire la connaissance d'adolescents comme lui qui laisseront une empreinte indélébile dans son coeur. C'est avec beaucoup d'émotions, de justesse et de sensibilité que Jean-Baptiste Andrea nous conte l'enfance de Joe. Des amitiés sincères et profondes à la rencontre inoubliable d'une Rose en passant par les coups durs, au sens propre comme au figuré, ou encore les trahisons, le séjour du jeune garçon marquera à jamais l'homme qu'il est devenu aujourd'hui. Un roman très touchant et émouvant, pétri de tendresse, que la plume de l'auteur, élégante et profonde, accompagne au diapason...
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Cannetille
  25 avril 2021
Le vieux Joseph gâche ses talents de pianiste concertiste en jouant Beethoven à la perfection dans les gares et les aéroports, où il semble indéfiniment guetter quelqu'un. Cinquante ans plus tôt, un adolescent débarque au pensionnat religieux Les Confins, dans les Pyrénées. Récemment orphelin, il découvre privations et brimades dans cet établissement quasi pénitentiaire, où échouent enfants abandonnés ou différents. Mais il y aperçoit aussi Rose, une jeune fille dont la famille possède une résidence à proximité.

Le coeur du roman est très sombre, puisqu'il nous plonge dans la violence et la maltraitance subies par des enfants confiés à un pensionnat religieux. L'aperçu des conditions de vie ineptes, soigneusement camouflées pour ne pas transparaître au-dehors – châtiments corporels, mise à l'isolement, malnutrition, humiliations… –, s'accompagne du portrait au vitriol d'un homme d'église au coeur sec, totalement dépourvu d'empathie, obsédé par une discipline brutale et vengeresse. Sa cruauté, perversement dissimulée sous une façade charitable et paterne destinée aux occasionnels témoins extérieurs, s'exerce sans frein dans l'enceinte fermée qui livre à sa merci des victimes sans recours.

Pourtant, jamais le récit ne cède tout à fait à la noirceur. L'amitié et la solidarité entre pensionnaires, puis bientôt l'amour pour une jeune fille elle-même en rébellion contre la condition féminine de son milieu bourgeois, viennent préserver émotion et humanité dans un texte traversé par l'espoir, l'envie de liberté, et la beauté musicale. Nombreux sont les personnages bouleversants. A commencer par le vieux professeur de piano de Joseph autrefois, un génie bougon et exigeant qui n'aura jamais su à quel point il aura servi de tuteur à son élève. Mais aussi, Momo, l'enfant que sa déficience rend doublement orphelin, de sa famille et de lui-même, et pour qui l'enfer du pensionnat vaut encore mieux que ce qui l'attend au-dehors. Et bien sûr, Joseph vieilli, qui se souvient, et dont on devine, au travers des non-dits, le gouffre qu'est demeuré sa vie, lui permettant du même coup, avec une cruauté ironique, d'atteindre à son tour la perfection musicale.

L'on retrouve avec plaisir le style de Jean-Baptiste Andrea, son juste choix des mots et des images, avec toutefois le regret que l'écriture paraisse un peu moins travaillée que dans Cent millions d'années et un jour. Même si cette déception est toute relative, je n'ai pas retrouvé aussi nettement et aussi souvent la beauté des phrases qui m'avait alors séduite au-delà du coup de coeur, faisant de ce précédent roman de l'auteur une de mes lectures phares de l'année 2019. Cela n'empêche pas Des diables et des saints de rejoindre mes coups de coeur de 2021, la nuance de jugement s'établissant seulement entre l'excellent et l'exceptionnel.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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critiques presse (3)
Actualitte   11 février 2021
Un roman qui se lit comme un adagio de Beethoven avec ses ruptures et ses cassures inédites, ses émois en staccato, ses notes d'espoirs et d'amour en do mineur. Et possède la profondeur de ces destins sidérés.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Actualitte   10 février 2021
Un roman qui se lit comme un adagio de Beethoven avec ses ruptures et ses cassures inédites, ses émois en staccato, ses notes d'espoirs et d'amour en do mineur. Et possède la profondeur de ces destins sidérés.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LeFigaro   21 janvier 2021
Des diables et des saints, une nouvelle histoire d’enfance abîmée.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (193) Voir plus Ajouter une citation
Marine1608Marine1608   17 novembre 2022
Il y a le rythme. Pas besoin de fusée pour aller sur la Lune. Elle est là, au bout de tes doigts. Ludwig voyageait déjà dans l’espace il y a cent cinquante ans, et Bach, et Pergolesi, et Schumann, qui partit tôt pour le voyage. Et je ne devrais pas le dire, mais peut-être aussi ce salopard antisémite de Wagner. Tous ces hommes ont fait de longues promenades en apesanteur. Ils connaissent le nom secret des astres.
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Marine1608Marine1608   17 novembre 2022
Chostakovitch, qui adorait son terrier Tomka, affirmait que si les chiens avaient une vie si courte c’est parce qu’ils prenaient trop les choses à cœur.
Pergolesi, vingt-six ans. Mozart, trente-cinq ans. Schubert, trente et un, Purcell, trente-six, Lili Boulanger, vingt-quatre ans. Et même Brian Jones, qui avait fondé les Stones, vingt-sept ans. La plupart des grands n’ont pas vécu très vieux. N’en déplaise aux légistes, je vous dis, moi, que c’est toujours un problème de cœur.
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Marine1608Marine1608   17 novembre 2022
Il était Elvis Presley obèse, Schumann dans son asile, Schubert tremblant de syphilis, Beethoven dirigeant ses propres symphonies à contretemps parce qu’il n’entendait pas l’orchestre. Haydn gâteux, Sibelius ivre mort, Chet Baker édenté. Celui qu’on veut ne plus voir, effacer de sa mémoire, pour ne se souvenir que des grandes années.
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armand7000armand7000   15 novembre 2022
Ma grand-mère, l’anglaise disait de son vivant : vous, les français, je ne vous comprend pas avec vos histoires de genre. Vous inversez le masculin et le féminin. Vous êtes aveugles à la beauté, vous célébrez l’ennui. Tenez, vous dites une voiture. On devrait dire « un » pour un truc cubique, si ennuyeux. Alors que vous dites un baiser, pour un miracle qui peut durer toute une vie. Il faudrait dire une baiser. « Il m’a donné une baiser dans le voiture » ce serait tellement plus beau, non ?
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dannsodannso   29 novembre 2021
Le rythme. C'est là que je l'entendis. Ça commença par le rire de Danny, qui avait fait machine arrière pour prendre Souzix sur son dos, un effort de légende urbaine, l'effort de ces mères qui soulèvent la voiture sous laquelle leur bébé est coincé. Ensuite, le cœur de Rose qui battait près du mien, un oisillon en armure Dior. Et puis le vent, et puis l'espace immense entre les notes, et puis la joie de Souzix, qui pour la première fois de sa vie ne voyait plus ni murs, ni grillages. Une joie qui fusait à grands traits, dont certains s'égaraient et faisaient parfois exploser les avions, tout était lié, tout était là à portée d'oreille.
Le rythme, la chose qui tenait tout, nos vies debout. Et je sus que cette fois, je ne l'oublierai pas.
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