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ISBN : 2823605142
Éditeur : Editions de l'Olivier (21/05/2015)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 36 notes)
Résumé :
Après son évasion d'un camp, le jeune et intrépide Edmund s'est réfugié auprès d'un groupe de partisans. Ces résistants en territoire occupé. Organisés autour de leur chef Kamil et de la vieille Tsirel, ils sont bien davantage que des âmes en sursis. Ils tendent des embuscades aux Allemands, font dérailler leurs trains, et entretiennent l'espoir grâce à la prière et à la fraternité...
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  06 avril 2016
Voici un récit émouvant de l'épopée de jeunes juifs constitués en armée de fortune pour lutter contre les Nazis, dans l'Ukraine de la seconde Guerre Mondiale..
Ils tentent de survivre jusqu'à l'arrivée de l'armée rouge en sauvant un maximum d'autres juifs qu'ils s'efforcent d'arracher aux trains de la mort.
Beaucoup d'entre eux ont "perdu" leur foi ou lui sont hostiles.
Pour mieux dire leur humanité "cette unité combattante" petite mais bien formée, l'auteur les fait évoluer dans un paysage de fin du monde, aride et désertique.
Leurs silhouettes se détachent avec une étrange netteté, au sein d'une terre désolée où ils apparaissent comme seule source de vie.
Ils avancent sous la houlette de deux hommes, l'un qui fredonne des cantates de Bach et voue un culte aux mots; l'autre dont tout l'être" exprime l'éblouissement " et qui refuse de fuir dans "l'action "au détriment "de la méditation".
Des hommes d'action tournés vers de grands idéaux qui guident leur quotidien, la force de résistance de ces partisans qui laissent crier leur humanité, endiguent leur douleur, donnent toute leur âme .
Dans leurs têtes s'affrontent des questions de plus en plus métaphysiques :
"Le temps est un flux de ténèbres épaisses et humides dans lequel nous piétinons, à moitié aveugles, tenaillés par les interrogations":
Oú sommes -nous?
Qu'avons-nous fait jusqu'à présent ?
Qu'est -ce qui nous attend?
Raconte le héros et narrateur, Edmond, terminant le lycée, jeune garçon anonyme qui s'autorise à retrouver ses parents en rêve .
Tout au long du récit nourri de la propre histoire de l'auteur pendant la guerre , au cours de chapitres courts et bien écrits, l'auteur décrit ce groupe de femmes, d'hommes et d'enfants, membres du Bund ou du mouvement sioniste tous prêts à mourir l'arme à la main.
Ils luttent contre le dénuement extrême, se préparent au combat et aux expéditions, aux embuscades nocturnes, aux incursions dans les fermes pour "emprunter" de la nourriture et récupèrer ce qu'il faut pour se protéger du froid.
Leur but: non pas seulement récupèrer armes, aliments ou vêtements chauds mais surtout récupèrer des Livres de Philosophie, "Crime et Châtiment ", poèmes de Rilke et de Heine pour les lire aux camarades.
L'auteur montre avec énergie, finesse , subtilité , sens de la dramaturgie indéniable, la dimension collective sans oublier l'histoire intime et complexe de chacun des personnages et les histoire familiales de chacun.
Dans cet ouvrage remarquable qui interroge L'Histoire " l'action" et "la Méditation se répondent sans cesse .
Les partisans enchaînent les entraînements et la lecture des textes qui créent en eux une force intérieure unique, elle les transcende, ce qui donne une incroyable densité à l'ensemble.
"Vivre privé de livres équivaut à une mutilation ".
Comme toujours Aharon Appelfeld a l'art de susciter la spiritualité et le recueillement en quelques mots bien choisis, dépouillés et simples , subtils et énergiques;
Un récit de survie puissant au cours d'une période terrible , une restitution éblouissante et digne!
Un grand livre ! À lire !



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alainmartinez
  27 janvier 2016
Aharon Appelfeld romancier Israélien nous offre un roman, comme toute son oeuvre, s'inspirant de son passé durant la Seconde Guerre Mondiale.
« Les Partisans » nous raconte l'histoire d'un groupe de partisans Juifs, échappés des ghettos et des camps de la mort, caché dans une forêt ukrainienne. Edmund, le narrateur, nous fait partager la vie de ce petit groupe formé d'hommes et de femme, d'adultes et d'enfants, de laïcs et de religieux, de communistes, membres du Bund ou du mouvement sioniste, tous prêts à mourir mais mourir l'arme à la main. Il ne raconte pas de hauts faits militaires mais les longues journées à se préparer et à s'exercer au combat, les expéditions pour voler la nourriture et récupérer ce qui faut pour se protéger du froid.
Pour essayer d'arracher des Juifs aux trains de la mort, ils les font dérailler. Ils doivent soigner et nourrir les rescapés.
La fin devrait être belle avec l'arrivée des troupes Russes, ils redescendent dans la plaine pour enterrer leurs morts et ce sont des propos antisémites qui les accueillent, les rescapés les quittent sans rien dire.
Dans un style simple Aharon Appelfeld nous raconte une période terrible. A lire.
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Drych
  17 octobre 2015
Un récit émouvant de l'épopée de partisans juifs ukrainiens retranchés dans les Carpates, tentant de survivre jusqu'à l'arrivée de l'armée rouge, en sauvant un maximum d'autres juifs, qu'ils s'efforcent d'arracher aux trains de la mort. Mais si l'action sert de trame au récit, elle n'en est pas le seul ressort car elle est en permanence analysée sous l'angle de la spiritualité et de la méditation, même si beaucoup des combattants ont perdu leur foi, voire lui sont hostiles, s'agissant notamment des communistes. le récit est composé de nombreux chapitres courts, très bien écrits et passionnants à lire. Je ne connaissais pas cet auteur mais lirais volontiers d'autres livres de lui.
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kathel
  05 août 2015
Si on lit quelques éléments de biographie d'Aharaon Appelfeld, on remarque que sa vie inspire en grande partie son oeuvre, pourtant ses livres sont intitulés romans. Son dernier roman, Les partisans, commence ainsi : « Je m'appelle Edmund et j'ai dix-sept ans. » Edmund est un jeune homme qui a fui au moment où ses parents ont été déportés et à rejoint d'autres partisans juifs dans une forêt ukrainienne. Leur chef, Kamil, de profonde conviction religieuse, admet cependant d'autres tendances au sein du groupe qui s'étoffe petit à petit, des femmes et des enfants égarés s'y joignent même. La dureté de l'hiver les oblige à voler pour se nourrir et se réchauffer, en récupérant parfois des biens spoliés à des juifs, avant de mettre en oeuvre des attaques contre les Allemands, qui vont faire une priorité, avant de se replier, de tenter d'abattre ces partisans.
Comme dans le garçon qui voulait dormir, l'auteur raconte cette histoire, qui peut-être est son histoire, par phrases courtes, aussi précises que poétiques, prend parfois le chemin de traverse du rêve, pour mieux revenir à la réalité tranchante. La petite musique envoûtante des mots, la force des personnages, en font une très belle lecture.
Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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miriam
  30 juin 2015
J'ai cherché la mention roman sur la couverture. Témoignage ou roman? C'est bien une fiction. L'auteur s'est inspiré de son expérience personnelle pour raconter cet épisode de la guerre, le narrateur- Edmund, un jeune homme terminant le lycée - est plus âgé que l'auteur-enfant. Appenfeld, même s'il a recours à l'imagination n'en demeure pas moins un grand témoin de la Shoah.
Quel est donc ce Pays de l'Eau qui a caché les partisans? Ukraine, Bucovine ou Moldavie? entre Prut et Dniestr, au bord des Carpates. Cette région était investie par les armées allemandes, partie du Shtetl les juifs vivaient aussi dans des villages, peuplés d'Ukrainiens empressés d'aider les nazis à éliminer les Juifs et de s'emparer de leurs maisons et leurs biens.
Le groupe des partisans regroupe des personnalités variées, hommes mais aussi trois femmes et deux enfants, et même le chien Eduard qui retrouve son maître. la vieille Tsirel est la gardienne des traditions, d'autres, comme Karl sont communistes et les rejettent, Isidore connait les prières sans avoir la foi, Kamil, le commandant se réfère au Baal Shem Tov et à Martin Buber, il se définit comme un anarchiste du judaïsme. Toutes les nuances de croyances sont représentées et si les prières deviennent omniprésentes vers la fin du livre, c'est qu'il faut enterrer convenablement les combattants morts dans la forêt.
On s'attendrait à des faits d'armes, et c'est de livres qu'il s'agit. Les partisans n'ont rien emporté avec eux, il leur faut réquisitionner armes, vêtements chauds et nourriture. Ces expéditions de ravitaillement auprès des paysans ukrainiens occupent la majeure partie du temps des partisans. La plus grande richesse rapportée d'une maison juive occupée par des paysans est justement le contenu18 d'une bibliothèque. Livres de philosophie et de religion mais aussi Crimes et Châtiments, ou poèmes de Heine. Importance des mots, choisir la bonne formule, le mot juste est la préoccupation majeure de Kamil qui lie étude et morale à l'action armée.
L'amour tient aussi une grande partie dans le récit, amour qui lie tous les partisans entre eux dans l'admiration pour Kamil, dans l'affection que tous portent aux enfants et à la vieille Tsirel. Amour dans les choses simples, comme la soupe et les plats délicieux que Tsila prépare pour tous.
Les partisans essaient d'arracher le plus de juifs aux trains de la mort qu'ils font dérailler. Ils doivent prendre en charge les rescapés. Après Stalingrad, les canons de l'Armée Rouge se rapprochent. Pourtant la libération n'est pas la fête attendue. Même aux abois les nazis s'acharnent contre les Juifs et la base des partisans est attaquée. La fin du livre qui devrait être joyeuse avec la fuite des Allemands est au contraire nostalgique : Kamil, Karl, Myriam et d'autres ont été abattus, les rescapés les quittent. La grande fraternité s'émiette.
Appelfeld montre la dimension collective sans oublier la complexité de chacun des personnages, personnalités diverses et histoires familiales différentes. Cela donne une grande densité à l'ouvrage.


Lien : http://miriampanigel.blog.le..
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critiques presse (2)
LeFigaro   18 juin 2015
L'errance de résistants juifs traqués par l'armée allemande prend des accents bibliques dans le nouveau livre d'Aharon Appelfeld.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Telerama   03 juin 2015
Un récit de survie puissant.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
Annette55Annette55   06 avril 2016
"Livres, livres, où êtes vous? Avez- vous seulement existé?Ce n'est jamais une voix solitaire qui pose ces questions à mes oreilles, mais une rumeur collective qui s'élève du plus profond de nous - mêmes.L'absence de livres, voilà ce qui détermine la différence entre nos vies d'avant et celles d'aujourd'hui........"
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SZRAMOWOSZRAMOWO   22 avril 2016
Cette nuit-là j’ai fait un rêve. Ma mère, mon père et moi retournions à Baden près de Vienne. Par un fait incroyable, rien n’avait changé. Le chef de gare portait toujours sa casquette bleue sur le quai. La jeune fille blonde de la buvette était derrière son comptoir, prête à servir une limonade. Mais celui que j’étais le plus heureux de retrouver était le cocher, à sa place habituelle, dans ses habits élimés. Il était très ému de nous revoir et nous applaudit, comme si nous avions réalisé une mission impossible (…). La ville était pareille à elle-même, douce, ne manifestant nul signe de malaise ou de sidération. Au contraire, les gens allaient de leur pas paisible, si familier. Je m’interrogeais un instant sur ce que ces gens ignoraient et que je savais. Ma mère regarda autour d’elle : “C’est bien que nous soyons revenus.” Mon père ne réagit pas, le ­regard soupçonneux, examinant chaque recoin, un léger sourire tremblant à ses lèvres.
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kathelkathel   05 août 2015
Il a pour projet d’organiser des soirées de réflexion, mais nous manquons de textes. Pendant des années, les livres étaient notre préoccupation principale et voici que nous avons été brutalement séparés d’eux. Comme il est étrange que nous nous soyons si vite habitués à vivre sans livres. Parfois, dans l’après-midi, j’ai la sensation d’un livre entre les mains, à l’heure où j’avais l’habitude de m’installer dans un fauteuil.
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kathelkathel   05 août 2015
L’armée gigantesque postée le long des routes et des fossés ne nous laissera pas de repos. Un jour, l’ordre de nous encercler sera donné et on nous écrasera. La fuite qui nous a menés là est une illusion, pour ne pas dire une tentative d’autopersuasion. L’empire qui décide d’exterminer un peuple l’exterminera. Il a tout son temps. Il nous laissera piétiner dans la boue encore un mois, peut-être deux.
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PecosaPecosa   13 mai 2019
Vivre privé de livres équivaut à une mutilation.
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Videos de Aharon Appelfeld (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Aharon Appelfeld
Lecture en musique composée à partir du livre d?Aharon Appelfeld [L?Olivier, 2011 ; rééd. Points, 2019]. Extraits lus en français et en hébreu. avec : Laurent Natrella (de la Comédie Française), Valérie Zenatti (voix en hébreu), Eric Slabiak (violon), Franck Anastasio (guitare).
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