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EAN : 9782367628431
Éditeur : Audiolib (13/03/2019)
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Note moyenne : 4.2/5 (sur 2554 notes)
Résumé :
En ce début de treizième millénaire, l'Empire n'a jamais été aussi puissant, aussi étendu à travers toute la Galaxie. C'est dans sa capitale, Trantor, que l'éminent savant Hari Seldon invente la psychohistoire, une science nouvelle permettant de prédire l'avenir. Grâce à elle, Seldon prévoit l'effondrement de l'Empire d'ici cinq siècles, suivi d'une ère de ténèbres de trente mille ans. Réduire cette période à mille ans est peut-être possible, à condition de mener à ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (168) Voir plus Ajouter une critique
Dionysos89
  14 septembre 2012
Un monument ! Voilà comment considérer la toute première pierre apportée par Isaac Asimov à sa fabuleuse entreprise de science-fiction qu'est la Fondation !
Fondation, c'est une vision novatrice au sein de la science-fiction, pour son époque comme pour la nôtre. Fondation, c'est un concept ô combien tentant : la psycho-histoire, c'est-à-dire la prescription potentielle des événements à venir par le biais de calculs mathématiques correspondant aux grandes tendances économiques et sociétales de l'Histoire humaine. À cette imagination féconde, Isaac Asimov ajoute toute sa verve et son talent de narrateur, car incontestablement, on ne peut lui enlever son talent certain pour le récit et Fondation en est le meilleur exemple !
Des textes courts, presque des nouvelles en somme, viennent ainsi ponctuer ce premier volume de l'Histoire de la Fondation (qui prend place dans l'Histoire du Futur écrite par l'auteur). La force de cette entrée en matière réside dans le fait que la forme du récit a un rapport double avec le fond de ce même récit. En effet, la psycho-histoire met en avant les grandes tendances invariables de l'Histoire au détriment de l'action des individus, et cela est confirmé par ce choix du format « nouvelles » puisqu'on quitte des personnages une fois leur aventure terminée, sans avoir idée qu'on ne les reverra plus.
Pourtant, à l'inverse, chaque nouvelle montre bien que les individus agissent malgré tout, malgré ces « invariants ». Voilà d'ailleurs le seul bémol de ce premier tome, s'il faut en trouver un : l'habitude systématique prise par le lecteur à voir le plan de Seldon et la Fondation en général se réaliser et se préserver à chaque fois (tout petit spoiler en fait par cette phrase…) ; c'est dommage de s'attendre ainsi à ce que certaines choses arrivent sans possibilité de variations quelconques.
Cette inéluctabilité est d'ailleurs un jeu latent, orchestré par l'auteur, pour mettre en place ses deux ouvrages suivants dans le Cycle de Fondation : Fondation et Empire, puis Seconde Fondation, deux ouvrages pleinement dans la continuité talentueuse de ce début de cycle…
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CasusBelli
  26 janvier 2020
Le cycle "Fondation" d'Asimov est à la science fiction ce que le "Seigneur des anneaux" est à la littérature fantasy, ou encore "James Bond" au roman d'espionnage.
Je cite la quatrième de couverture : "Récompensé par le prix Hugo de la -meilleure série de science-fiction de tous les temps-, le cycle de Fondation est l'oeuvre socle de la SF moderne, celle que tous les amateurs ont lue ou liront un jour."
L'histoire débute à Trantor, capitale de l'empire galactique où Hari Seldon, inventeur de la psychohistoire (science se basant sur les statistiques), prédit la chute de l'empire, chute qui sera suivie de 30 000 ans de barbarie due au déclin de la science et des connaissances.
Afin d'anticiper au mieux cet événement inéluctable et réduire à 1000 ans seulement cette régression, il propose et obtient que soit créée une Fondation dont le rôle sera de rassembler le savoir de toute l'humanité dans une Encyclopédie, le lieu choisi est "Terminus", une petite planète à l'extrémité de la Galaxie.
Très vite une ambiance oppressante s'installe, les oracles ne sont pas toujours les bienvenus, surtout quand ils annoncent des désastres, et Hari Seldon doit disparaître...
Voilà pour l'introduction, ce premier tome va s'étaler sur 150 ans d'histoire post empire galactique et instaurer le mythe de "Fondation", car Hari Seldon a su voir loin, très loin même.
A intervalles réguliers, sur Terminus, il apparaîtra sous forme d'hologramme pour continuer à prédire l'avenir.
Il y a une rumeur, une rumeur qui dit qu'une seconde Fondation épaulerait secrètement la première et serait située à l'autre bout de la galaxie, aux confins, là où finissent les étoiles...
Le premier de cinq tomes qui constituent une saga haletante, riche, pleine de mystères et magnifiquement écrite, le tout s'étalant sur des centaines d'années, un must !
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Ichirin-No-Hana
  16 novembre 2017
Il m'aura fallu le temps, mais enfin, je me suis lancée dans la découverte de l'auteur Isaac Asimov, considéré par beaucoup comme un pilier de la science-fiction. Et ce fut une véritable révélation !
Dans les années 12 000, les humains sont entrés depuis de nombreux siècles dans l'ère galactique (au point où ils ont complètement oublié leur planète d'origine). Les psychohistoriens sont un groupe de psychologues qui ont la capacité de prévoir le futur en se basant sur des données principalement psychologiques et sociologiques. Grâce à leurs travaux, ils prédisent la chute de l'Empire au bout de trois siècles pour enchainer sur une longue période de révolution et de précarité. En vue d'empêcher ce chaos ou en tout cas de réduire sa durée, les psychohistoriens ont l'idée de conserver le savoir de toute la civilisation dans une immense encyclopédie. Hal Seldon, le dirigeant des psychohistoriens propose alors d'emmener les 100 000 personnes qui composent son groupe sur une planète éloignée pour créer Fondation, une planète complètement dédiée à cet immense travail.
La principale raison du temps que j'ai mis à découvrir Isaac Asimov est que j'avais dans l'idée que les différents ouvrages écrits par l'auteur étaient complexes et scientifiques (malgré mes efforts, moi et la science avons toujours eu beaucoup de mal à se comprendre…) alors oui, l'intrigue est complète et la science n'est jamais très loin mais ce premier tome du cycle de fondation est fluide, addictif et très compréhensible. Publié au départ sous forme de nouvelles, Fondation nous propose à chaque nouvelle « partie », de nouveaux personnages, une nouvelle époque, un nouveau contexte et une nouvelle problématique et malgré cela, on n'est jamais perdu et on se retrouve très facilement sur le fil principal de l'intrigue et c'est ça un des gros talents d'Asimov pour moi. Les questionnements posés dans ce roman sont également forts intéressants et donnent envie de relire le roman une fois le cycle terminé pour peut-être avoir une meilleure vue d'ensemble de la réflexion de l'auteur. L'écriture d'Asimov est loin d'être lourde de descriptions comme j'avais peur avant de me lancer, mais au contraire, le tout est très fluide et s'appuie énormément sur des dialogues superbement écrits. Je ne rentrerai pas trop dans les détails dans cette critique, car les 108 critiques qui m'ont précédé le font beaucoup mieux que moi mais n'hésiter plus, lancez-vous !
Ce premier tome du cycle de Fondation a été une réelle découverte pour moi et m'a enfin prouvé qu'il faut que je mette mes préjugés de côté et qu'enfin je découvre les nombreux classiques de science-fiction. Je pense (j'en suis même quasi certaine) qu'il y aura un après-Asimov dans ma vie de lectrice, voilà c'est dit !
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Diomedeine
  28 juillet 2019
Grraanndd !
Voilà quelqu'un qui prend de la hauteur, du large, qui voit, qui pense grand, loin, très très loin, dans tous les sens du terme. Alors qu'on est déjà dans 22000 ans, au 13è millénaire de l'empire galactique, alors qu'on est déjà projeté dans une galaxie de 25 millions de mondes habités - on ne sait même plus si la terre, mère de l'humanité, en fait partie, et bien nous sommes encore transportés aux confins extrêmes de cette galaxie, dans ce rien, ce trou du cul de la galaxie, sur... Terminus ! Ah ! ah ! ah !
Et puis on se pose la question des 1300 prochaines années. C'est vrai quoi : et vous, qu'est-ce que vous avez prévu pour les 1300 prochaines années ?
Mais qu'est-ce que ça fait du bien de se retrouver à ces échelles ! et de se voir proposer, non seulement une histoire, un récit mais une logique de développement historique.
On est sans cesse interpellé par la mécanique des événements, qui étonne : "ah bon, on implante des installations de haute technologie à l'aide de la religion ?" Tout est ainsi truffé de paradoxes qui se résolvent simplement un peu plus loin - on comprend. On sent la patte du scientifique : les faits ne s'analysent finement qu'à la lumière d'une théorie globale. Rigueur dans le détail et hauteur de vue.
C'est tellement réaliste qu'on se demande "mais où est le loup"?
Pas de fioritures : tout se découvre au travers, principalement, de dialogues, le narrateur n'intervenant que pour camper les personnages ("Wienis souriait, mais ces yeux, eux, ne souriaient pas" ; "Verisof prit un cigare", etc.). Même les passages explicatifs, jamais très longs, sont donnés au travers de la bouche d'un protagoniste.
Le dialogue, c'est ce en quoi d'ailleurs consiste principalement l'action dans ce livre : "Ma série Fondation, Fondation et Empire est une épopée politique", explique Asimov dans une interview en 1974. Les protagonistes se battent à coups de phrases qui dessinent nettement un rapport de force. Ces dialogues l'un après l'autre racontent une histoire qui se déroule sur 150 ans, étape par étape.
Et puis, le dialogue c'est la vie : inquiétude, stress, peur, nonchalance, calme, sang-froid, détermination, concentration, ironie, mépris, douleur, empathie, agacement indignation, révolte, intelligence, arrogance, bêtise, grossiereté, duplicité, etc. on trouve tout cela dans ces dialotgues.
Mention spéciale pour l'ironie - rien d'étonnant lorsque l'enjeu de la rencontre est un rapport de force, avec, au bout, un gagnant et un perdant. Mais que c'est drôle, parfois ! Si, si, on rit surtout au détriment d'un perdant - souvent un éminent personnage. Cassé ;-)!
Et l'amour, me direz-vous ? J'ai beau chercher... Pas d'amour. Pas de femmes, d'ailleurs, sinon une mégère détestée. L'amour de l'humanité peut-être ? La mission des principaux personnages est louable : sauver l'humanité de la barbarie. Mais des milliards d'êtres humains sont ici, en tous les cas allègrement manipulés, tout au long...
Mais je parle de la forme sans même dire de quoi il s'agit. (mais les babelionautes qui seront notifiés de ma critique l'auront sans doute majoritairement lu ).
Donc voilà : on est sur Trantor, surpeuplée (40 milliards d'habitants), planète capitale de l'Empire à son apogée, technologiquement super avancée. Là, un homme, Seldon, a fondé une discipline capable de calculer les grandes tendances de l'avenir, la "psycho-histoire". Or ses calculs mènent à la conclusion que dans 300 ans, 30000 ans de barbarie (anarchie) nous attendent, à moins d'un remède dont l'application durerait 1000 ans…
Bon, tout avancé qu'on est, sur Trantor, au point d'avoir produit une telle science de l'avenir, on est tout de même pas devenus des surhommes. Et cette société surabondante du futur, c'est un bon vieil empire. Vous savez, cet espèce d'Etat hyper centralisé hyper paranoïaque, hyper policier.
Ben voilà, dans 22000 ans, Azimov nous imagine encore là. Il y a encore des politiciens, des juges, des policiers, des étudiants, des touristes... et des liftiers dont le boulot est, toute la journée de vous accompagner dans l'ascenseur.
Dans 22000 ans Azimov imagine qu'il y aura encore des gens qui feront le même boulot chiant toute la journée, mais qu'en plus ils le feront sans plus jamais voir le ciel, ni la lumière naturelle, entassés qu'ils sont jusqu'à des kilomètres sous terre, tandis que l'empereur, lui, se pavane sur une propriété à l'air libre, entourée de très vastes jardins d'où il peut certainement oublier que tout le reste de la planète n'est que construction surpeuplée... La civilisation, quoi.
Bon, la suite de l'histoire montre, sur les planètes du confin de l'empire, atteintes les premières par le déclin annoncé, des sociétés qui ont tellement regressé, si misérables et violentes, que, tout oppressante qu'elle soit, une civilisation "trantorienne" passe aisément pour préférable.
Ainsi le projet de raccourcir la période inéluctable d'anarchie consiste à restaurer l'Empire, rien de révolutionnaire, a priori.
Làs ! L'empire se vexe. Les prédictions pessimistes, selon les juges impériaux, menacent l'ordre. le scientifique se retrouve donc condamné à l'exil sur cette petite planète dépourvue de toute ressources naturelles, Terminus, avec les 20000 familles des autres scientifiques ralliés à lui, qui ont déjà commencé... l'Encyclopédie, où doit être conservé le savoir sinon condamné à se perdre.
Allez-y donc sauver la civilisation, maintenant, les gars ! Bande de dangereux illuminés !
Chiche !
A coeur vaillant rien d'impossible ! Et Seldon les rassure : tout cela fait partie de son plan.
Mais là, surprise !
Son plan a consisté à... les prendre pour des imbéciles ! Ses successeurs se retrouvent bientôt à proximité de barbares de ces confins, qui ont attaqué l'empire, lui ont arraché leur indépendance - selon la prédiction même de Seldon, qui menacent de les couper de leur approvisionnement... Livrés à eux-mêmes sur une planète sans ressource, disposant de petites installations tout juste capable de leur fournir l'énergie nucléaire du quotidien, ils sont en outre incapables de prévoir eux-mêmes l'avenir puisque Seldon n'a transmis sa science à... personne !
Asimov s'arrange pour qu'on ne puisse s'empêcher de se réjouir de la tête des "encyclopédistes", pédants et arrogants, qui se croyaient les continuateurs du maître (assez stupides car dépourvus du plus petit sens politique), lorsqu'ils apprennent que ce dernier les a berné. D'autant que tout cela n'est finalement pas dramatique, puisqu'un homme de Terminus va mettre la Fondation en mesure de faire face.
Mais tout de même ! Vous n'avez pas été choqués, lecteur ? Mais quel salopard !
Mais point de morale en histoire. Ce sont ses lois qui ont rendu nécessaire ce stratagème.
Et, dès lors, les membres de la Fondation (et le lecteur avec eux) s'aperçoivent qu'ils ne sont pas maîtres de leur destinée, qu'ils n'accomplissent que celle que Seldon a tracée.
Paradoxal, n'est-ce pas, pour des hommes qui ont pour mission de contrecarrer la tendance scientifiquement calculée de l'histoire, le nécessaire déclin ?
"Les individus sont sur une large échelle les marionnettes de mouvements sociaux qui les dépassent, dit Asimov dans son interview de 1974, (...) peu importe notre action, le mouvement nous entraîne. C'est une sorte de déterminisme social."
Dans le cas des hommes de la Fondation qui survivront à Seldon, moins ils en savent, mieux c'est ! C'est Seldon lui-même qui le dit. Même s'ils ne peuvent ignorer pourquoi ils sont sur Terminus.
"Nous ne vous expliquerons pas en détail comment y parvenir [comment abréger la durée de la période de barbarie], (...) Si vous veniez à l'apprendre, le projet risquerait d'échouer(...) Car alors le développement de vos connaissances aurait accru votre liberté d'action et le nombre de variables qui seraient intervenues auraient dépassé les possibilités de la psychohistoire", dira Seldon.
Ainsi après Seldon, qui a tout calculé, les autres ne pourront voir la solution que lorsqu'elle sera sous leur nez (ce qui n'enlève rien à leur mérite - et le roman décrit toutes les qualités de ces hommes en train d'accomplir leur mission révolutionnaire). La bonne attitude intellectuelle, après la psychohistoire scientifique, sera plutôt.... le pragmatisme.
Ce sont les circonstances qui, en fonction du genre d'activité de tel ou tel homme à un moment donné (qui découle des nécessité de la vie quotidienne sur Terminus), va le mettre en situation de comprendre comment débloquer la situation : hier un savant, aujourd'hui un politique, demain un prêtre (enfin, un faux prêtre, on est plutôt athée sur Terminus), après-demain un commerçant, puis un gros entrepreneur d'origine étrangère... Il faut juste qu'il soit capable de suffisamment de recul face aux certitudes de son époque à la Fondation, devenus des préjugés, pour apprécier les nouveaux défis ; qu'il ait le courage d'agir, même contre les lois de la Fondation. Pas besoin d'avoir une mentalité de sauveur, il peut même être guidé par son intérêt personnel. Les remèdes apportés, de leurs côtés, dépendront des circonstances.
Pas d'école, pas de méthode particuliere (sinon du pragmatisme, de "l'improvisation", même). Crise après crise, ceux qui auront la solution auront été le produit des circonstances et ce seront retrouvé au bon endroit, au bon moment.
Il aura sufit que Seldon donne la bonne impulsion au départ de son projet.
C'est étrange et ingénieux cette façon de montrer des personnages plutôt indépendants, réfléchis et actifs, qui, à la fois, n'ont aucune marge de manoeuvre. Cela fait réfléchir.
Surtout que les situations sont extremement variées, réalistes, liées aux nécessités concrètes. Asimov n'oublie rien des contraintes où la Fondation se trouve placée. le danger peut venir de l'intérieur (il y a bientôt plusieurs millions d'habitants sur Terminus) comme de l'extérieur (les tyrans des planètes barbares). Rien de surnaturel n'arrive jamais, les protagonistes ne sont jamais mystiques, même s'ils peuvent utiliser la religion. Pas de vieux sages comme dans la Guerre des étoiles. Tout le monde est d'un prosaïsme - parfois d'un cynisme - absolu.
Asimov fait toujours gagner les pacifistes contre les "actionnistes", direz-vous. Est-ce qu'il ne serait pas un peu un philosophe idéaliste ? Par exemple, ne fait-il pas répéter aux protagonistes, génération après génération, la devise de celui qui gère le tournant des deux premières crises, Salvor Hardin : "la violence est le dernier refuge de l'incompétence" ?
A regarder de plus près, il semble que, plutôt qu'à un pacifisme de principe, on ait à faire au pacifisme de celui qui n'a pas les moyens militaires de gagner la guerre...
En l'occurence, Salvor Hardin, s'il semble gagner par la politique (par opposition à la violence), gagne sur la base d'un rapport de force concret. Certes, il n'écrase pas militairement l'adversaire, mais comme il parvient à lui imposer la dépendance énergétique, il dispose d'un moyen de pression très concret (de quelle manière, lecteur, cela vaut son pesant de cacahuètes, c'est épique et je vous laisse découvrir le talent et l'imagination de l'auteur - 20 ans quand il commence à rédiger sa saga ! ; "grève des prêtres", c'est tout ce que je peux dire, pour vous allécher).
Couper sa source d'énergie à une population, n'est-ce pas une certaine "violence" ? Salvor Hardin ne triomphe donc pas seulement par sa "compétence"... à manipuler (encore ! Bon, légitime défense).
Mais déjà, les témoignages se répandent dans la galaxie, concernant les méthodes de la Fondation pour prendre le contrôle de royaumes entiers, 1 million de fois plus peuplé que Terminus.
Cette dernière doit s'adapter.
Ce n'est plus par l'énergie elle-même, servant aux infrastructures vitales (santé, transports, défense, etc.) mais par les objets du quotidiens fonctionnant à l'énergie nucléaire (possible ?), que les barbares vont tomber dans la dépendance à l'égard de la Fondation. C'est par un certain commerce de pacotille que cette dernière va pouvoir préserver le contrôle.
Et pour opérer cette adaptation, cette transition, elle va trouver en son sein, comme l'avait prévu Seldon, le nouveau type d'homme capable de la mettre en oeuvre, cette fois, un commerçant.
On est loin de la science prédictive. On est ramené aux tâtonnements (ou aux nécessités aussi, peut-être) de la vieille histoire terrestre. Vous vous souvenez : le commerce triangulaire. Esclaves contre pacotille. Bon, au 16e siècle après JC sur terre (il faut préciser ;-), les colons avaient tout de même aussi et surtout, le fusil.
Tous ces clins d'oeil sont évidemment volontaires.
Certains commentateurs parlent de métaphore de l'histoire antique où se sont succédé République et Empire, puis déclin au profit des barbares.
Mais je n'y connais rien en antiquité, tandis que je vois des similitudes avec la colonisation europénne en Afrique. L'indigénat pour les colonisés, avec reconnaissance du contrôle par les dignitaires religieux d'un côté (certes issus d'une religion ou coutume locale, mais aux ordres des colonialistes), la République laïque et la citoyenneté de l'autre.
Et on se demande effectivement si ce n'est pas la condition humaine elle-même qui est présentée ici, ainsi que la logique de son développement historique.
Ce futur, n'est-ce pas la métaphore de notre passé ? Il n'y a peut-être pas eu de Seldon par le passé, pas d'énergie nucléaire, mais la maîtrise inégale des ressources n'a-t'elle pas donné à telle ou telle population un avantage concret sur telle autre, les hommes ayant à se débrouiller ensuite pareillement au milieu de contraintes socio-économiques qui les dépassaient ?
Et ce "psychohistorien", Seldon, qui est seul et qui sera à jamais le seul à avoir été capable de calculer l'avenir, tandis que ses successeurs sont éduqués dans sa légende et dans la conscience de la mission qu'il leur a donné mais sont surtout impuissants à échapper au destin qu'il leur a tracé, quelle différence avec un Dieu ? Sinon un dieu humain, juste non surnaturel ?
Franchement, que pensez vous de la seule explication qu'Asimov donne par la bouche de Seldon pour justifier le fait qu'il ait gardé le secret sur les règles de calculs de la psychohistoire (alors qu'à son procès il affirme qu'un autre mathématicien - et ils furent nombreux à le suivre sur Terminus - aurait pu les comprendre) : "nous n'avons pas pu vous dire la vérité à propos de la Fondation. Si vous veniez à l'apprendre, le projet risquerait d'échouer(...) Car alors le développement de vos connaissances aurait accru votre liberté d'action et le nombre de variables qui seraient intervenues auraient dépassé les possibilités de la psychohistoire" ?
Ça se tient. C'est rationnel... hum.
Mais c'est balot, non ? On était à deux doigts de tout pouvoir anticiper par simple calcul !
Alors que là, on se retrouve à devoir agir au coup par coup, empiriquement, avec la petite voix intérieure qui vous dit "courage, Seldon a promis qu'on trouverait la solution à la crise".
D'ailleurs, j'ai trouvé dans le tome 2 que je viens de commencer une citation dont je ne sais pas si elle figure sur le premier "aide-toi, le plan Seldon t'aidera".
On n'est guère plus avancé qu'avec la bonne vieille religion...
Par contre, par rapport à cette dernière qui fait intervenir des facteurs surnaturels à tout bout de champ, on est avec Asimov dans le bannissement de tout élément surnaturel pour expliquer les crises et leur dénouement. Tout est concret et réaliste ( à cet égard, on fait d'une pierre deux coups : on résout la crise et on accroît le prestige du fondateur !).
C'est pourquoi, sans doute, certains commentateurs (wikipedia) parlent de matérialisme historique, comme source d'inspiration d'Asimov.
Aucun recours à une quelconque cause surnaturelle ni à aucune ruse ou astuce d'une prétendue Histoire avec un grand "h", dans le matérialisme historique en effet.
Mais, tandis qu'Asimov ne dit rien des lois "mathématiques traitant des réactions des ensembles humains en face de phénomènes sociaux et économiques constants" (définition de la psychohistoire selon Dornik Gaal, dans l'Encyclopedia Galactica) et se contente de dérouler le récit de ces réactions, crise après crise, le matérialisme historique énonce les lois du développement historique, à partir du récit désidéalisé du passé, ramené à ses bases matérielles, éclairé par les crises révolutionnaires que leurs fondateurs Marx et Engels ont eues sous les yeux (1848) ou non loin (1789 : le développement des forces productives, la lutte des classes (énoncé par des historiens de la révolution française avant eux), etc.
Et la science qu'ils prétendent ainsi (aussi) fonder, loin de la vouloir secrète, ils l'affirment au contraire comme destinée au plus grand nombre, les travailleurs, dans leur combat pour leur émancipation, combat qui les met en même temps à même de résoudre la crise de leur époque, la crise du capitalisme, et de libérer les forces productives.
Le matérialisme historique est une science qui nous éclaire, nous montre une voie, au lieu de nous manipuler, nous prédestiner.
Et justement, l'issue n'est pas certaine.
Ainsi, à l'époque à laquelle Asimov écrit son roman, 1940-1942, le matérialisme historique est en fâcheuse posture - autant que les travailleurs d'ailleurs. C'est la guerre mondiale. Un capitalisme en crise d'un côté, qui produit le fascisme et l'armement généralisé, une révolution ouvrière dégénérée de l'autre, avec des imposteurs professionnels, les staliniens, Staline décidant de tout jusqu'aux résultats scientifiques.
Comment être optimiste sur la capacité des travailleurs à agir sur les destinées humaines ? Trotsky qui l'était et venait de créer la quatrième internationale… venait d'être assassiné.
Aussi cette guerre, annonçait-elle plus un déclin qu'une promesse de lendemains qui chantent ! En 1942, c'est la « solution finale » côté nazi. du côté des intellectuels universalistes et humanistes, Stefan Zweig se suicide.
Dans ces condition pour le jeune homme qu'était Asimov (20-22 ans en 1940-42), imaginer, si déclin, voire ruine totale de la civilisation, il devait finalement y avoir, la possibilité de l'écourter, c'était garder la tête hors de l'eau, ne pas désespérer complètement. En outre, Asimov préserve l'aspiration à comprendre concrètement le développement historique et ses étapes ; il préserve la conviction que les hommes peuvent se sortir de leurs ornières en étant bien attentifs à la situation présente qui peut leur offrir certaines clés d'intervention. Mais il désespère de l'idée que la compréhension des lois historiques permette de tracer une perspective et d'aider à la faire advenir. Et il se tourne vers une prédestination du genre de celle que sa formation lui inspire, d'origine scientifique.
Enfin je spécule, évidemment. Je n'ai pas entendu Asimov s'exprimer là dessus.
Cet espoir, ce n'est sans doute pas de ceux d' « en haut », les chefs, les dirigeants, les grands « marchands » - pour qui la politique c'est manipuler, ce n'est pas en observant leurs actes et réflexions, comme le fait Asimov tout au long, qu'on peut l'obtenir ; si on observait ceux d'en bas, ceux qui font tout tourner ceux dont Asimov n’imagine même pas qu’ils puissent être libéré un jour de leur boulot ingrat quotidien, si on était attentif à leur état d’esprit, à leurs initiatives. C’est peut-être de là, d’en bas, qu’on peut espérer la résolution de la crise que nous vivons. En plus, certains, donc, disent que c’est scientifiquement assuré !
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Sachenka
  26 janvier 2020
Le cycle de Fondation. Enfin, je me lance enfin dans cette oeuvre magistrale ! On m'en a parlé la première fois il y a plus de vingt ans mais ce fut un rendez-vous continuellement repoussé. Je m'y suis enfin mis. Je dois dire que mon opinion de ce roman a continuellement changé en cours de lecture. Les premiers mots ne m'ont pas accrochés particulièrement mais l'intrigue m'a paru fort originale : le jeune Gaal arrive sur Trantor, la planète-capitale de l'Empire. Quelle impression un pareil paysage peut provoquer ! Il s'y rend pour travailler avec Hari Seldon, qui développe sa théorie de la psychohistoire. Qu'est-ce que c'est ? Une tentative de prévoir le cours des événements à partir de la psychologie humaine et des phénomènes sociaux. le reste n'est que statistique. Seulement, voilà, cette théorie dérange parce qu'elle prédit la chute de l'Empire. À peine arrivé, Gaal est épié puis arrêté. Pareillement pour Seldon. La solution ? Les envoyer, avec quelques cent mille collaborateurs, sur une planète à la frange de la galaxie : Terminus. Ce sera la Fondation. de là viendra une nouvelle civilisation.
Puis, ces personnages qu'on a à peine eu le temps de connaître cèdent leur place à d'autres, dont Salvor Hardin. La deuxième partie se déroule une cinquantaine d'années plus tard. (Bien que Seldon fasse quelques apparitions sous forme holographique.) Sur le coup, ça m'a fait un peu drôle de changer de groupe de personnages, surtout après seulement 70 pages mais je m'y suis fait. Il me semblait avoir eu si peu le temps de suivre, de comprendre Seldon. Mais bon, il a joué son rôle, «créer» la psychohistoire, il était temps de passer le flambeau. Et ce Hardin, si au début il ne m'avait pas fait une si bonne impression, il s'est révélé fin calculateur, de l'étoffe des grands de ce monde, face aux planètes belliqueuses qui les entourent. Pour une planète isolée et sans défense, c'est primordial.
Malheureusement, les quatrième et cinquième parties se déroulent plusieurs décennies plus loin encore, donc, inévitablement, on se retrouve avec une nouvelle galerie de personnages. Ouf ! Et le nouveau protagoniste, Hober Mallow, un marchand en apparence cupide, n'avait pas l'étoffe des précédents… à première vue. J'étais un peu dépité de ce changement. Ça a obscurci un peu mon jugement. Est-ce que ce sera ainsi à chaque fois ? Une nouvelle partie qui bouleversera tous mes repères, m'obligera à me familiariser avec tous ces nouveaux-venus ? Mais je me suis un peu calmé, ce n'est pas pire que lire un recueil de nouvelles. Un autre élément m'a un déplu, bien que je ne m'en sois pas rendu compte sur le moment : on n'y retrouve pas de personnages féminins importants.
Néanmoins, tous ces acteurs jouent le jeu de la Fondation. Prévoir les différentes menaces au fur et à mesure et les affronter avec les armes à leur disposition à ce moment, que ce soit l'autorité religieuse ou l'emprise commerciale. Était-ce une réflexion sur les types de pouvoir sur Terre ? Dans tous les cas, ils y excellent, tout en cachant bien leurs agendas, créant quelques rebondissements très intéressants pour. Je craignais que le roman ne devienne trop cérébral (l'intrigue est tout de même basée sur un postulat scientifique) mais plusieurs informations sont cachées au lecteur et il les découvre en même temps que les personnages. Bien souvent, ces informations sont résumés clairement et succinctement à travers les dialogues. Finalement, ce qui semblaient être cinq histoires distinctes se révèlent liées habilement par un fil conducteur qui témoigne du grand talent d'Isaac Asimov.
Si d'un point de vue narratif changer autant de fois les protagonistes pouvait se révéler dangereux, l'idée à la base est tellement originale que ça compense amplement. J'ai hâte de lire les tomes suivants afin de découvrir comment l'Empire s'effondrera et ce que le futur réserve à la Fondation. On reconnait un bon roman quand on continue à y penser, à cogiter, même plusieurs jours après la lecture. Je dois admettre que c'est effectivement le cas avec celui-ci. Et visiblement beaucoup d'autres lecteurs ont vécu la même expérience, il est donc facile de comprendre pourquoi le cycle de Fondation eut un tel retentissement. Donc, c'est une aventure à suivre…
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critiques presse (1)
SciFiUniverse   17 janvier 2013
Cette première brique fait partie intégrante d'un chef-d'oeuvre de la science-fiction, une œuvre aux multiples thèmes abordés avec une très grande justesse, et ce sans jamais oublier ce petit souffle narratif qui nous pousse à faire défiler les pages avec plaisir.
Lire la critique sur le site : SciFiUniverse
Citations et extraits (127) Voir plus Ajouter une citation
ArnoTArnoT   20 mai 2020
— Qu’Anacréon ne se servait plus de l’énergie atomique. Sinon, notre ami aurait su qu’on n’utilise plus de plutonium dans les centrales. Il s’ensuit que le reste de la Périphérie ne possède pas davantage d’industrie atomique. Smyrno n’en a certainement pas, puisqu’elle a été battue récemment par Anacréon. Intéressant, vous ne trouvez pas ?
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Dionysos89Dionysos89   25 août 2012
Un cheval, qui avait pour ennemi un loup aussi puissant que dangereux, vivait constamment dans la hantise de périr sous les crocs du féroce animal. Poussé par le désespoir, l’idée lui vint de s’attirer les faveurs d’un puissant allié. Il alla donc trouver un homme et lui proposa de faire un pacte avec lui, arguant que le loup était également l’ennemi de l’homme. L’homme accepta aussitôt et proposa de tuer le loup sans tarder, à la condition que le cheval mît sa vélocité, qui était considérable, au service de son nouvel allié. Le cheval y consentit volontiers et permit à l’homme de lui passer une bride au cou et de mettre une selle sur son dos. L’homme enfourcha le cheval, partit aussitôt en chasse, retrouva le loup et le tua.
Le cheval, tout à la joie d’être débarrassé de son ennemi, remercia l’homme en ces termes : « Maintenant que notre ennemi commun est mort, retire cette bride de sur mon cou, ôte cette selle de mon dos, et rends-moi ma liberté. »
Ce à quoi l’homme répondit en éclatant de rire : « N’y compte pas ! » Et il l’éperonna derechef.

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VALENTYNEVALENTYNE   06 janvier 2013
« Je vais vous raconter une histoire, dit-il, une légende si ancienne que les plus vieux ouvrages qui en font état se contentent en fait de citer des sources plus anciennes encore. Je crois que ça devrait vous intéresser.
« Un cheval, qui avait pour ennemi un loup aussi puissant que dangereux, vivait constamment dans la hantise de périr sous les crocs du féroce animal. Poussé par le désespoir, l’idée lui vint de s’attirer les faveurs d’un puissant allié. Il alla donc trouver un homme et lui proposa de faire un pacte avec lui, arguant que le loup était également l’ennemi de l’homme. L’homme accepta aussitôt et proposa de tuer le loup sans tarder, à condition que le cheval mît sa vélocité, qui était considérable, au service de son nouvel allié. Le cheval y consentit volontiers et permis à l’homme de lui passer une bride au cou et de mettre une selle sur son dos. L’homme enfourcha le cheval, partit aussitôt en chasse, retrouva le loup et le tua.
Le cheval tout à la joie d’être débarrassé de son ennemi, remercia l’homme en ces termes : « Maintenant que notre ennemi commun est mort, retire cette bride de sur mon cou, ôte cette selle de mon dos, et rends moi ma liberté. »
« Ce à quoi l’homme répondit en éclatant de rire : N »y comptes pas ! » Et il l’éperonna derechef »
Le silence se fit dans la pièce. Wienis, ombre parmi les ombres, ne bougea pas.
Hardin poursuivit tranquillement : « Vous voyez l’analogie, j’espère. Dans leur désir de s’assurer à jamais la domination sur leurs peuples, les rois des quatre royaumes ont accepté la religion de la science, laquelle leur octroyait un statut divin. Mais cette religion leur a ôté la liberté car elle plaçait l’énergie atomique entre les mains du clergé, lequel, vous l’avez oublié prenait ses ordre de nous, et non de vous. Vous avez tué le loup, mais vous n’avez pas pu vous débarrasser de l’’h… »
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LilionieLilionie   10 février 2017
Question. - Voyons, docteur Seldon, combien d'hommes travaillent actuellement au projet que vous dirigez ?
Réponse. - Cinquante mathématiciens.
- Y compris le Dr Gaal Dornick ?
- Le Dr Gaal Dornick est le cinquante et unième.
- Alors, cela nous en fait cinquante et un ? Un petit effort de mémoire, docteur Seldon. Peut-être sont-ils cinquante-deux, ou cinquante-trois. Ou peut-être même plus ?
- Le Dr Dornick n'appartient pas encore officiellement à mon organisation. Lorsque ce sera le cas, l'équipe comptera cinquante et un membres. Pour l'instant, ils sont cinquante, comme je vous l'ai dit.
- Ils ne seraient pas plutôt voisins de cent mille ?
- Cent mille mathématiciens ? Non.
- Je n'ai pas parlé de cent mille mathématiciens. Votre groupe comporte-t-il cent mille hommes, toutes activités confondues ?
- Toutes activités confondues, il se peut que votre estimation soit correcte.
- Il se peut ? Je l'affirme : je prétends que votre projet occupe quatre-vingt-dix-huit mille cinq cent soixante-douze individus. Cessons d'ergoter.
- J'accepte ce chiffre.
(consultant ses notes) - Mettons cela de côté pour le moment, voulez-vous. J'aimerai à présent revenir sur un point que nous avons déjà abordé tout à l'heure. Voudriez-vous nous répéter, docteur Seldon, ce que vous pensez de l'avenir de Trantor ?
- Je l'ai dit, et je le répète, que, dans trois siècles d'ici, Trantor ne sera plus que ruines.
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fanfan50fanfan50   17 octobre 2016
Pherl leva vivement les yeux et considéra le Marchand avec attention. Il semblait à la fois surpris et satisfait.
« Pas bête. Et maintenant expliquez-moi pourquoi vous teniez tellement à attirer mon attention.
- Voilà. Dans les brèves périodes que j’ai passées ici, j’ai observé des faits utiles qui vous concernent et qui, moi, m’intéressent. Ainsi, vous êtes jeune, fort jeune pour être membre du Conseil, et, de plus, votre famille elle-même n’est pas très ancienne.
- Critiqueriez-vous ma famille ?
- Absolument pas. Vos ancêtres sont grands et saints, tout le monde le reconnaît. Mais certains disent que vous n’appartenez pas à l’une des Cinq Tribus. »
Pherl se renversa sur son siège. «Avec tout le respect que je leur dois, dit-il sans chercher à cacher sa haine, les Cinq Tribus ont du sang de navet. Il n’en reste pas cinquante membres vivants.
- Il n’empêche qu’il y a des gens pour affirmer que le pays n’acceptera pas de Grand Maître autre qu’originaire des Cinq Tribus. Et le nouvel arrivé et si jeune favori du Grand Maître que vous êtes ne peut que s’attirer des ennemis acharnés parmi les grands personnages de l’Etat ; c’est du moins ce que l’on dit. Sa Grâce vieillit et sa protection ne durera pas au-delà de sa mort : elle cessera sûrement quand un de vos ennemis deviendra celui qui interprète les paroles de son Esprit. »
Pherl parut furieux. « Vous entendez beaucoup de choses pour un étranger. Des oreilles comme les vôtres sont faites pour être coupées.
- C’est une décision que vous pourrez prendre par la suite.
- Voyons. » Pherl s’agita sur son siège. « Vous allez m’offrir la puissance et la fortune grâce à ces petites machines diaboliques que vous avez à votre bord. Et alors ?
- Supposons-le. Quelles seraient vos objections ? Vos idées sur le Bien et le Mal ? »
Pherl secoua la tête. « Pas du tout. Ecoutez, l’opinion que quelqu’un du dehors comme vous, c’est-à-dire un homme sans foi, peut avoir de moi est ce qu’elle est ; mais, quoi qu’il y paraisse, je ne suis pas entièrement esclave de notre mythologie. Je suis un homme cultivé, monsieur. La religion telle que vous la voyez, c’est-à-dire rituelle plutôt qu’éthique, est pour les masses.
- Quelles sont vos objections, alors ? insista Ponyets très calme.
- Les masses, justement. Moi, je peux être prêt à traiter avec vous, mais, pour être utiles, il faudrait encore que vos petites machines puissent être utilisées. Comment pourrais-je devenir riche s’il me fallait me servir d’un de ces rasoirs que vous vendez, par exemple, seulement dans le plus grand secret et en tremblant de peur ? J’aurai beau être mieux rasé que les autres et plus vite, comment acquerrais-je la richesse ? Et si l’on me surprenait en train de me servir d’un de ces engins, comment éviterais-je de périr dans la chambre à gaz, ou sous les coups d’une populace déchaînée ? »
Ponyets haussa les épaules. « Votre raisonnement est juste. Je pourrais vous faire remarquer que le remède consisterait à enseigner à votre peuple l’usage des objets atomiques pour leur confort et votre profit. Ce serait un travail gigantesque, je n’en disconviens pas, mais les bénéfices en seraient plus gigantesques encore. Enfin, c’est vous que tout cela concerne et non moi, pour l’instant. Car je ne suis en train de vous offrir ni rasoir, ni couteau, ni vide-ordures mécanique.
- Que m’offrez-vous alors ?
- L’or lui-même. Directement. Vous pouvez entrer en possession de la machine dont je vous ai montré le fonctionnement la semaine dernière. »
Pherl se raidit et se mit à plisser le front par mouvements quasi spasmodiques. « Le transmutateur ?
- Exactement. Votre réserve d’or égalera votre réserve de fer.
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