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EAN : 9782812615979
187 pages
Éditeur : Editions du Rouergue (04/04/2018)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 142 notes)
Résumé :
Après son bac, Elfie se trouve un job d'été dans un parc océanographique. Très vite, on lui propose de devenir dresseuse d'orques. Un boulot de rêve, croit-elle. Elle croit aussi qu'ils sont amis, Titan et elle. Elle croit que dans ce parc, les animaux sont heureux.
Mais, si vous ouvrez ce livre, vous y lirez des pages noires. Vous y lirez la véridique histoire de cette orque magnifique, Titan, l'histoire très sombre de la souffrance des cétacés en captivité... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (66) Voir plus Ajouter une critique
rabanne
  07 novembre 2019
L'auteure s'est inspirée d'un fait réel pour construire une fiction poignante et percutante.
Les chapitres alternent entre des pages noires en lettres blanches et des pages blanches en lettres noires. Et même si la plume m'est apparue parfois irrégulière, j'ai préféré celle finement ciselée des pages noires, qui nous fait prendre conscience de toute l'horreur de la vie des animaux marins en captivité dans les parcs océanographiques.
Le cheminement moral de la dresseuse d'orques, décrit au fil des plages blanches, est sans réelle surprise, tout comme la direction choisie par l'auteure pour la fin, franchement idéalisée (sachant qu'en réalité ces cétacés meurent en captivité) mais qui a le mérite d'être porteuse d'espoir.
Je retiendrai de ce roman le cri impuissant et déchirant de Titan (sans oublier celui des dauphins, des manchots, des otaries et des ours blancs), sa colère et sa haine de l'homme, si légitimes.
Je ressens une honte profonde pour notre espèce, indigne face à la majestuosité et la sensibilité de ces êtres vivants.
Un cri silencieux... qui me hantera.
NB : parmi la sélection du 31e prix des Incorruptibles (3e / Snde)
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thedoc
  23 août 2019
Les romans ayant pour sujet les animaux n'ont jamais été ma tasse de thé mais j'avoue avoir été bouleversée par « Titan noir » qui nous plonge dans la réalité bien sombre de la maltraitance animale.
Elfie, le bac en poche, décroche un job au Parc océanographique du Ponant. Tout d'abord hôtesse d'accueil, elle est bien vite recrutée pour s'occuper des manchots puis du dressage des orques. Excitée par cet emploi inespéré, elle se retrouve au côté du gigantesque épaulard Titan. Elle qui sort tout juste des études, la voilà devenue la star du show lorsqu'elle fait ses tours avec l'orque noire. La jeune fille apprend à aimer ces animaux et est heureuse dans ce parc. Elle pense, comme beaucoup de gens, que les animaux le sont aussi. Mais captivité et privations riment difficilement avec bonheur, que l'on soit humain ou animal.
J'ai débuté cette lecture de « Titan noir » sans rien connaître des orques et en particulier de l'histoire de l'orque tueuse Tilikum qui a fait l'objet d'un documentaire, "Blackfish", qui a servi de source d'inspiration à Florence Aubry. Après avoir fait des recherches sur Internet, j'ai appris que cet épaulard a pourtant fait la une de l'actualité il y a quelques années après avoir tué en plein spectacle sa dresseuse. Tilikum avait auparavant déjà tué par deux fois. Ce drame a permis de dévoiler les conditions terribles dans lesquelles les orques sont détenues dans les parcs, après avoir été auparavant chassées, traquées et arrachées à leur famille le plus souvent lors d'expéditions effroyables. Animaux extrêmement intelligents, vivant toute leur vie au sein d'une famille élargie (associant grands-parents, parents et petits-enfants) , développant un dialecte propre à leur groupe et faisant preuve d'une sensibilité émotionnelle exacerbée, les orques font preuve de beaucoup de qualités humaines. Et de réactions humaines… D'où le désespoir lorsque l'on est arraché à sa famille. D'où la peur lorsque l'on se retrouve face à des orques étrangers qui ne possèdent pas le même langage et qui vous agressent. D'où la souffrance lorsque l'on se retrouve affamé, à avaler au mieux des seaux de poissons avariés. D'où la colère et la folie qu'engendrent la captivité et le dressage.
A travers Titan, c'est donc l'histoire de Tilikum qui nous est contée (jusqu'à un certain point), et plus largement la souffrance de ces magnifiques animaux mis en captivité. le personnage principal, c'est Titan. le personnage d'Elfie, lui, est avant tout prétexte à offrir un cadre humain  et à faire avancer l'histoire. En effet, si Elfie brosse au début la vision naïve que portent les gens sur les orques des parcs, elle évolue au fil du récit pour nous dévoiler les doutes puis la prise de conscience d'une réalité abjecte. Ses aventures familiales et amoureuses restent donc au final bien secondaires face à la condition de Titan qui est bouleversante. Les pages noires qui s'alternent avec le récit d'Elfie donnent d'ailleurs le ton dès le début : telle la voix de Titan en colère, un inconnu prévient le lecteur qu'il est en présence d'une histoire très sombre qui peut très vite tourner au drame et la tension monte crescendo au fil des pages.
Roman court, bouleversant et passionnant, très bien documenté, sélectionné pour le Prix des Incorruptibles 2020 sélection lycée, « Titan noir » devrait émouvoir beaucoup de jeunes lecteurs et leur ouvrir les yeux sur la souffrance des cétacés en captivité.
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kuroineko
  20 février 2020
Quelle est douloureuse et amère, cette lecture! Florence Aubry alterne l'écriture noire sur Blanc et blanche sur noir pour montrer la réalité immonde des parcs mettant en scène des animaux "pour le bonheur des petits et des grands". Celui des animaux, on s'en fout du moment que le fric tombe.
Noir sur blanc, c'est Elfie, toute fraîche titulaire du Bac qui découvre la vie active grâce à un job d'été du tonnerre pour elle, au Parc Océanographique du Ponant.
Blanc sur noir, c'est un narrateur dont on ne connaît pas d'emblée l'identité mais dont la colère et la révolte face à ces spectacles grotesques.
Et noir sur noir, même s'il ne peut écrire, c'est Titan Noir, une orque mâle intégralement noire, dont Elfie va se retrouver être la dresseuse. Sans formation spécifique. Et sans savoir que le splendide mammifère marin a déjà été changé de parc pour avoir tué.
Ma gorge s'est nouée plus d'une fois à la lecture des méthodes et "soins" prodigués aux hôtes du parc, manchots, dauphins, ours polaires et orques bien sûr. A coup de chantage avec la faim, on fait de ces êtres vivants des objets de spectacle qui dénature autant les animaux que les spectateurs de ces souffrances au long cours. Et que dire de la scène de capture du bébé orque de deux ans et de ses cousines? Une vile boucherie qui m'a rappelé avec émotions une scène similaire dans le film Orca, de 1977. Et tout ça pour quoi? le fric, l'avidité sans fond de types - hommes ou femmes - qui détruisent sans scrupule des êtres vivants, des familles, des écosystèmes...
Ma préférence est allée au style utilisé en blanc sur noir, plus impactant. A juste titre. Même si l'évolution d'Elfie n'est pas dénuée d'intérêt, loin de là. Elle finit par réellement prendre conscience de ce que signifie pour les animaux d'être clôturés dans des milieux qui ne sont pas faits pour eux, à devoir jouer les clowns pour obtenir à manger, stressés et agressés chaque jour par des ordres grotesques, des musiques tonitruantes (quand on sait la finesse de leur perception, quelle torture!), des crépitements de flash photo sans fin...
Comme le fait dire Florence Aubry à son personnage sans nom, on se demande pourquoi les accidents mortels ne sont pas plus nombreux avec autant de stimuli agressifs et le désespoir sans fin de ces merveilles de la mer qui les conduisent jusqu'au suicide.
L'auteure s'est inspirée du film documentaire Blackfish racontant l'histoire de Tillikum, une orque mâle capturée pour un de ces parcs à fric et qui, à force de souffrances réitérées, tua trois personnes. Sur cette base, elle a tissé celle de Titan Noir qui restera telle une ombre douloureuse dans ma mémoire. Et dire que nombre de personnes répartissent les animaux en deux catégories : les gentils (dauphins, antilopes, baleines, bébé ours, ...) et les méchants (loups, requins, orques - littéralement baleine tueuse en anglais, ça veut tout dire). Ça m'a toujours énervée. Les animaux sauvages peuvent être dangereux, en raison de leurs instincts alimentaires ou de défense mais le seul qui puisse prétendre au qualificatif de méchant, je crois, c'est nous, les bipèdes humains.
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LuMM
  17 février 2019
Dans les pages blanches le quotidien d'Elfie, dix-huit ans, récemment embauchée dans un parc aquatique et vite promue au rang de dresseuse d'orques. Enthousiaste, impliquée…naïve ?
Dans les pages noires, la voix d'un mystérieux spectateur qui dit la réalité derrière le discours officiel, les traumatismes, la cruauté et les mensonges.
Le procédé est efficace, en assistant au cheminement d'Elfie le lecteur s'implique et réalise à son tour.
Un livre militant qui dénonce sans détours les pratiques de certains grands groupes pour qui l'animal est avant tout un produit d'appel à forte valeur commerciale.
Au-delà de l'aspect romancé, ce livre, basé sur des faits réels, est extrêmement bien documenté.
L'auteure s'est inspirée librement de l'excellent documentaire « Blackfish » retraçant l'histoire de Tilikum, tristement célèbre pour avoir été la seule orque en captivité impliquée dans des « accidents » mortels…
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Saiwhisper
  17 novembre 2018
Il y a des livres puissants et touchants dont on entend peu parler. Des plumes justes, belles, travaillées, mordantes, engagées et provoquant directement des émotions. Des thématiques qui vous cognent de plein fouet quel que soit votre âge ou votre vécu. Il y a des perles littéraires que l'on a envie de placer entre toutes les mains. L'une d'elle est venue à ma rencontre dans le cadre de mon travail… Et là, le coup de foudre. Florence Aubry a réussi à me captiver avec son ouvrage dès le premier chapitre ! Malgré la couverture peu attirante, mais qui colle merveilleusement bien au contenu, se dissimule une histoire inspirée du film de « Blackfish » et de l'orque Tilikum qui a fortement touché l'auteure. Face à cette souffrance des animaux en captivité, elle a décidé de créer cette fiction avec l'imposant Titan noir… le moins que l'on puisse dire, c'est que le résultat est là : je pense que l'on ne peut que changer sa vision sur les parcs, les zoos ou encore les spectacles animaliers. Je connaissais certaines horreurs que l'on fait aux animaux cependant, j'étais apparemment loin du compte ! Entre la reproduction des cétacés révoltantes, les conditions de vie, l'euthanasie dès que les bêtes sont vieilles, blessées et plus rentables, le suicide animal, le dressage et bien d'autres actions tout autant scandaleuses, c'est à se demander pourquoi ces barbaries continuent…
Florence Aubry a judicieusement proposé un roman à deux voix. Lorsque les pages sont noires avec le texte blanc, c'est un inconnu qui parle et s'adresse à nous à la seconde personne du pluriel. Apparemment observateur, il explique ce que traversent et ressentent les orques, notamment Oscuro, une orque régulièrement attaquée et blessée par des femelles. Avec des mots durs, profonds, réalistes et bien choisis, le narrateur mystère humanise Oscuro en montrant ce qu'il a vécu et dans quel état il est. Ennui, solitude, folie, colère, haine et désespoir sont le quotidien de cette orque que la foule vient aduler le temps d'un spectacle. J'ai profondément été marquée par cette narration où chaque phrase était comme un coup de poing. Il se dégage tant de violence et de force dans sa façon de conter… On ne peut qu'être touché… Et quand on découvre enfin qui est cette mystérieuse voix pleine de courroux, c'est de nouveau la claque ! Lorsque le texte est noir sur pages blanches, on est aux côtés d'Elfie, une demoiselle qui a d'abord mis les pieds dans le parc océanographique du Ponant en tant que caissière à l'entrée. Très vite, sans qu'elle ait besoin d'une formation, elle va se retrouver avec les animaux, notamment les manchots qui vont lui faire comprendre l'envers du décor : la faim, la peur, le harcèlement animal et humain, le mal-être, etc. À ses côtés, le lecteur s'émeut et se révolte… mais il se doit qu'avec la couverture du livre, les manchots n'étaient qu'une première étape dans l'aventure d'Elfie…
Je trouve très bien le fait de sensibiliser et de dénoncer la face cachée de ces structures. Les personnages sont tous attachants, qu'ils soient humains ou non… le sujet est important, dérangeant et sensible. Même si la thématique peut faire peur, elle est traitée avec brio, crédibilité et justesse. Ce roman conviendra aux grands ados et aux adultes. (D'ailleurs, je compte bien suggérer ce titre à mon club des lecteurs dans l'une des prochaines sessions !) Une lecture qui éveille les consciences et pousse à la réflexion à découvrir d'urgence !
Lien : https://lespagesquitournent...
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critiques presse (2)
Ricochet   01 octobre 2018
Ecrit noir sur blanc, c’est le récit en « je » de la jeune et naïve Elfie, nouvelle dresseuse de Titan préférant d’abord penser que les animaux l’aiment comme elle les aime. Malgré une fin ouverte et positive, tout cela fait mal, très mal à nos petites consciences, et c’est tant mieux.
Lire la critique sur le site : Ricochet
Telerama   06 août 2018
Les deux récits s’entrecroisent enfin, le texte court, droit au but, les voix finissent par former un duo. Leur chœur est fort, il touche. Et le lecteur joint sa voix à l’ensemble.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (44) Voir plus Ajouter une citation
rabannerabanne   07 novembre 2019
Et alors, l'abominable musique se met en route, toujours la même, de jour en jour et d'année en année (...) ; ils comprennent que c'est d'un instant à l'autre, le show, parce que le grand écran lui aussi est allumé, et qu'est-ce qu'on voit sur le grand écran ? Des images d'orques en liberté. Des orques majestueuses, qui nagent librement dans un océan.
N'est-ce pas le comble du cynisme ? Ne devraient-ils pas tous se dire à ce moment, en les voyant libres sur les écrans, si entières, si vivantes, leurs nageoires toutes droites sur le dos (...) que leur présence ici n'était qu'un moment d'égarement, ne devraient-ils pas en avoir honte, prendre leurs cliques et leurs claques et filer, filer la tête basse, honteux d'avoir failli participer à cette mascarade ?
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YggdrasilaYggdrasila   01 juillet 2020
Mais comment j’ai pu être aussi aveugle ? Comment j’ai pu être aussi stupide, aussi légère ? Maman avait raison. Les autres, avec leurs pancartes, leurs manifestations du rond-point, avaient raison. Ces animaux souffrent. Ils ont mal à en crever. Tout ça pour quoi ? Pour occuper les enfants trois heures un jour où on ne sait pas quoi leur faire faire ? 
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SaiwhisperSaiwhisper   17 novembre 2018
Je suis terrifiée. Je suis morte de peur. Mais je vais continuer à travailler au parc. Pour lui. Pour Titan. je veux oublier ce qu'il a fait avant. Il a changé, je le sais, je le sens. je sens sa fatigue, je sens sa lassitude. Je ne pense qu'à ce qu'on lui a fait, à lui.
Je ne vois plus l'animal, quand je pense à lui. Je vois juste l'être vivant. L'innocence de cet être qu'on a arraché à la vie sauvage. Je ne vois que les années de souffrance et d'enfermement. L'indifférence, autour de lui. Mon indifférence. Mais comment ai-je pu être aussi aveugle ? Comment j'ai pu être aussi stupide, aussi légère ?
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thedocthedoc   20 août 2019
Alors ils ont fait ce qu'ils avaient à faire. Jeter le filet. Séparer la mère de la fille. Glisser le hamac dans l'eau. Amener le bébé à s'y positionner, en le poussant avec des bâtons pointus, des bâtons qui font mal. Le soulever dans les airs. Et l'emporter loin de sa mère, vers une autre prison sinistre, où elle passerait comme Oscuro sa vie seule mais tellement seule, à faire des singeries devant des hommes qui illuminent l'atmosphère de leurs flashs et la remplissent de leurs cris impudiques, des hommes qui ne se rendent pas compte que ce qu'ils montrent à leurs enfants, ce n'est rien de moins que la souffrance à l'état pur.
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YggdrasilaYggdrasila   29 juin 2020
Toute une vie rongée par la culpabilité, le remords d’avoir ôté cet animal spectaculaire à son milieu de vie, culpabilité réactivée par la douleur de voir à quoi sa vie animale se réduisait. Voir combien l’animal s’était éteint. Constater l’ampleur du désastre, du gâchis. Cet aileron dorsal, autrefois dressé vers le ciel, affaissé comme une chose molle, qui disait à lui seul toute la souffrance de la bête. 
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Video de Florence Aubry (1) Voir plusAjouter une vidéo
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