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EAN : 9782809711561
320 pages
Éditeur : Editions Philippe Picquier (03/03/2016)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 33 notes)
Résumé :
Bandi, qui signifie « Luciole », est le pseudonyme d’un écrivain qui vit en Corée du Nord. Après bien des péripéties, dissimulés dans des livres de propagande communiste, ses manuscrits ont franchi la frontière interdite pour être publiés en Corée du Sud. Mais pas leur auteur. Bandi a choisi de rester, lui qui se veut le porte-parole de ses concitoyens réduits au silence. Ses récits où s’expriment son émotion et sa révolte dévoilent le quotidien de gens ordinaires d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
gonewiththegreen
  14 février 2019
Voici un livre Nord Coréen , autant dire une perle rare . Ce livre a pu être diffusé après que l'auteur a réussi à faire passer ses feuillets au sud avec d'infinies précautions. Bandi , qui signifie Luciole , est bien entendu un pseudonyme, pour celui qui a décidé de rester auprès de ses compatriotes.
Il s'agit de sept récits dont les thèmes tournent bien entendu tous autour de la souffrance du peuple nord coréen et de l'absurdité du régime.
En vrac, un journaliste est obligé d'annoncer les bonnes nouvelles et la part prépondérante du partie dans le bonheur collectif, une famille est "blacklistée" en raison d'un mot de trop 50 ans plus tôt d'un aïeul, toutes les communications sont bloquées parce que le leader suprême doit emprunter cet axe , un fils est empêché d'aller voir sa mère mourante à quelques kilomètres, une famille va être condamnée à l'exil (à savoir quitter Pyongyang) pour avoir fermé les rideaux sur une photo de Kim Sun Il...
L'auteur , à travers des récits nerveux , précis , où rodent la peur de la dénonciation , du mot de trop , de l'acte non conforme au collectivisme, s'appuient sur des faits réels pour expliquer au monde entier l'absurdité du système, fondé sur la peur et la répression pour montrer la souffrance quotidienne d'un peuple qui ne demande qu'un peu de liberté.
Ce système manichéen où la bien est l'apanage du parti et les erreurs celui du "déviant" en serait caricatural s'il n'était malheureusement vrai.
Une lecture des plus intéressantes, où l'intérêt ne s'arrête pas au contenu et à son aspect insolite . l'auteur y raconte des histoires avec un véritable talent.
Un grand respect à cet écrivain.
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Under_the_Moon
  15 avril 2017
La Corée du Nord, l'une des dernières dictatures les plus dures de la planète dans le pays le plus fermé du monde.
Un leader aux déclarations folles et aux caprices qui font parfois sourire, oui mais voilà, on n'est pas dans le 1984 d'Orwell, ce n'est pas un complot des services secrets. C'est bien vrai. Et la réalité est si incroyable qu'on se demande si ce n'est pas une vaste pièce qui se joue.
Alors pourquoi ne pas passer par la fiction ?
Les nouvelles de ce recueil s'inspire de faits réels et permettent de suivre des tragédies quotidiennes dans ce régime. La fiction permet certes un filtre qu'on ne trouve pas dans un témoignage.
Ces récits sont bien inégaux d'un point de vue de la construction ou des procédés d'écriture utilisés. Mais toutes restent instructives et ont le mérite de sortir le lecteur occidental de son confort et de l'interpeller. On en apprend aussi sur la culture coréenne en dehors du régime qui semble pourtant tout régir au point de cantonner l'histoire, la culture et les aspirations de ce pays à lui.
Ni inintéressant ni fabuleux ou encore particulièrement marquant donc. Pas sûre que je conseillerai ce livre à quelqu'un qui voudrait faire une première approche littéraire sur la Corée du Nord.
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JeanPierreV
  13 septembre 2019
Le hasard fait bien les choses...vous cherchez un livre dans des rayons d'une librairie ou d'une bibliothèque, et un livre inconnu attire votre regard et votre main...et vous découvrez alors des heures de lecture insoupçonnée...ce fut le cas...Une ballade en Corée du Nord, sans visa et sans crainte de ne pas en revenir, ne se refuse pas...surtout quand le prologue vous harponne :
"J'ai écrit ces histoires,
Poussé non par le talent,
Mais par l'indignation,
Et je ne me suis pas servi d'une plume et d'encre
Mais de mes os et de mes larmes de sang
Elles sont aussi arides que le désert,
Aussi brutes que la prairie sauvage,
Aussi pitoyables qu'un malade,
Aussi maladroites qu'un grossier outil en pierre,
Mais, cher lecteur,
Je t'en prie, lis-les"
.....
Comment refuser d'écouter ceux qui sont condamnés à se taire, condamnés à vivre, ou plutôt à survivre dans un monde d'interdits, de répression, de violence, du secret, de faim et de froid...Un monde absurde, brisant les hommes, comme surent en créer d'autres malades tels que Staline, Hitler, Mao... Délations, répressions, violences, déportations, disparitions, obéissance aveugle aux ordres, sont les constantes de ces régimes aux ordres de fous furieux qui trouvent des serviteurs d'un jour qui seront les bannis de demain...des serviteurs zélés qui confirment la cruauté, la servilité, face à la force de l'espérance du genre humain.
Servilité de certains, volonté de parler des autres, passivité imposée du plus grand nombre.
Tous condamnés à se taire, à obéir, à défiler, à honorer le dirigeant-dieu... condamnés à se comporter en spectres ..l'une des nouvelles de l'ouvrage
On l'a lu mille fois, rien n'est nouveau sous ces latitudes, chacun de ces fous-dirigeants réinvente à sa sauce les brimades, les interdits, le culte de la personnalité, les grands défilés à sa gloire, ses hommes de main, le mensonge, les brimades,....le mot est faible...la faim, le froid
Et dans chacun de ces royaumes où l'absurde et le silence sont les règles, des hommes se lèvent pour dire au monde ce qui doit être tu, des hommes arrivent à transmettre au monde la souffrance de leurs concitoyens, la disparition d'innocents...Alors il est bon de les écouter, de les lire.
D'autres se couchent en espérant devenir des seigneurs. le régime, quant à lui fonctionne selon trois règles principales, interdire, punir et condamner au silence...
On retrouve ce que d'autres ont écrit, dans d'autres temps, sous d'autres cieux. le texte n'a pas toujours la qualité littéraire de ceux de Grossman, Soljénitsyne, Kafka, ou Remarque, mais qu'importe...Il faut le lire.
Face au courage de parler, il faut avoir le courage de lire, de découvrir ce sinistre article 149 qui permet de persécuter une famille de génération en génération.
Quel autre auteur nous parle depuis la Corée du Nord?
Bandi, est le pseudonyme de l'auteur, un écrivain opposé au régime, de l'inconnu qui nous parle. Il a pu, on ne sait comment, faire passer ces sept nouvelles à notre monde,
Certains s'interrogent quant à la véracité de ces écrits, tous relatifs à des événements des années 90, alors que Kim Il-sung régnait, s'interrogent quant à l'existence de Bandi...d'autres l'ont également fait dans les années 30 et 40. A une époque où les bombes n'étaient pas les mêmes.
A une époque où les bombes n'étaient pas les mêmes.
Deux fous se faisaient face. On sait comment ce face à face se poursuivit.
Alors, oui, il est important de lire ces messages d'un autre monde, on apprécie encore plus le nôtre, et nos petites contraintes.
Oui, il est important de découvrir Bandi.....cette petite luciole qui nous éclaire
"Ce barbu européen
A affirmé que le capitalisme est un monde d'obscurité
Tandis que le communisme est un monde de lumière
Moi, Bandi, qui vis dans le monde de lumière
Mon destin est de ne briller que dans l'obscurité
Et je dénonce haut et fort que
Si cette obscurité est une nuit sans lune
Le monde de lumière de ce barbu est un abîme
Où il fait un noir d'encre"
Lien : https://mesbelleslectures.co..
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Nuageuse
  03 avril 2020
Je salue le courage de l'auteur Nord-coréen, sous le pseudonyme Bandi qui signifie Luciole, d'avoir écrit ces nouvelles qui montrent l'état actuel de la dictature de son pays. Une parente à lui les a réceptionnées et les a fait publier hors de la Corée du Nord.
Ces nouvelles sont dures à lire. J'ai pleuré avec tous les personnages. Tout est dans la dénonciation et dans le refus de comprendre/ de ressentir ce que vit ce peuple.
Imaginez qu'on vous arrête car vous avez tiré les doubles rideaux de votre appartement pour éviter les crises de convulsions de votre enfant déclenchées par la vue du portrait de Marx. S'il convulse rien qu'à cette vue, c'est que vous ne lui avez pas inculqué l'idéologie communiste et que vous n'y croyez pas non plus.
Imaginez qu'on vous empêche de rejoindre votre mère agonisante malgré la réception de trois télgrammes les plus alarmants car le chef suprême est de passage dans la région où elle se trouve. Vous décidez d'y aller bien que vous n'ayez pas l'autorisation de voyage, vous vous faites arrêté si près du but, vous êtes envoyé dans un camp de travaux forcés. A votre retour, vous recevez un autre télégramme vous informant que votre mère n'est plus...
Ces sept nouvelles n'ont pas la même intensité et me laissent un sentiment mitigé : le style de l'auteur y est pour beaucoup.
C'est comme si je ressentais une certaine honte de n'avoir pas su aimer ces témoignages pour ce qu'ils sont.
Un documentaire sur YouTube à regarder sur la Corée du Nord :
https://youtu.be/DjUqB9CXPc4
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helhiv
  11 juin 2016
Ces nouvelles d'un auteur nord-coréen, anonyme pour sa propre sécurité, constituent un extraordinaire témoignage de la vie des trente dernières années en Corée du Nord. Dans les histoires, les personnages sont confrontés à l'absurdité, l'injustice et l'inégalité du régime totalitaire mis en place par Kim Il-Sung et perpétués par des descendants. Il y a, dans ces nouvelles, un sentiment d'impuissance contre une machine trop puissante aux méfaits irrémédiables. Les nord-coréens semblent être contraint à dépenser l'énergie nécessaire à renverser le système en place pour simplement ne pas en devenir les victimes. de par la distance culturelle, de par la distance politique, il est difficile de lire les textes de Bandi en se forçant à l'objectivité mais il faut y voir avant tout des témoignages. le fond est donc d'un grand intérêt car rare. La forme est plaisante mais certaines formes narratives notamment pour porter à la connaissance du lecteur des informations passées m'ont semblé maladroites.
Les sept nouvelles sont accompagnées d'une préface et d'une postface pas du tout indispensables car très orientées et n'ayant pas la finesse des textes de Bandi. Dans le but de donner à ces écrits une portée et une crédibilité, il est curieux d'avoir confié la postface au néoconservateur Pierre Rigoulot qui ne fait pas dans la nuance. Une bonne partie pourrait constituer une critique à poster sur Babelio, une autre, sous forme d'explication de texte est une insulte, à la littérature de Bandi qui se suffit à elle-même, la troisième la plus polémique compare la Corée du Nord à un enfer isolé du paradis environnant, avec un oubli opportuniste de l'histoire de la Corée du Sud. le livre de Bandi est suffisamment éloquent sur l'enfer des nord-coréens sans forcer le trait en béatifiant tous les régimes anti-communistes de la planète. Enfin, la comparaison à Soljenitsyne n'est pas flatteur pour l'auteur : rappelons que le dissident russe trouvait le bilan du tsarisme supérieur à celui de l'Union soviétique.
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critiques presse (1)
Actualitte   28 mars 2018
Ce recueil de nouvelles écrit dans les années 1990 est un véritable ovni, une lecture tellement improbable et en même temps si effarante qu’il serait dommage de passer à côté. Accessible en poche depuis quelques semaines, hâtez-vous de le découvrir. D’urgence.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
missmolko1missmolko1   28 mars 2016
Un éclair aussi effilé qu’une lame de rasoir fendit le ciel derrière les fenêtres, aussitôt suivi d’un coup de tonnerre ; on aurait dit qu ’un gros tambour dégringolait les escaliers de l’immeuble. A l’instant où le vent faisait claquer avec un bruit retentissant la porte d’entrée restée entrouverte, des gouttes se mirent à marteler violemment les vitres. La pluie faiblissait puis s’intensifiait de nouveau, par vagues, et cela dura ainsi jusque tard dans la nuit. Myeong-sik, dont le sommeil était léger, sursauta souvent et se réveilla plusieurs fois par heure. Pour le calmer et le rassurer, Kyeong-hui dut passer la nuit assise à son chevet. C’était veille de fête nationale, et tous les habitants de la ville devaient puiser toute l’énergie qu’il leur restait pour grimper la dernière crête de la montagne, la plus escarpée. Chaque fois que la pluie cessait, les lueurs clignotantes des lanternes électriques ornées d’inscriptions de fête formaient de magnifiques fleurs tricolores derrière les vitres, mais tout ça ne faisait
qu’alourdir et encombrer le cœur de Kyeong-hui. Ces célébrations n’avaient rien à voir avec les fêtes familiales du Nouvel An et des Moissons.
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   15 avril 2017
- (...) toi aussi, comme moi, tu es tombé dans le panneau, cette fameuse affiche arborant des slogans magnifiques tels que "Démocratie", "Égalité", "Le peuple est maître de l'Histoire", "Construisons le paradis sur terre", et qui, derrière son beau vernis, dissimule l'arme la plus redoutable de la dictature.
- C'est exact. Dans ce monde, plus les choses sont toxiques, plus elles sont belles et attirantes.
- Oui, comme les champignons vénéneux, n'est-ce pas ? (...)


(dans "Champignon rouge")
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   02 avril 2017
Quand une mère met un enfant au monde, tout ce qu'elle souhaite, c'est que cet enfant soit heureux. Il n'existe aucune mère sur terre qui veuille accoucher d'un être dont elle sait d'avance qu'il devra passer sa vie entière à se frayer un chemin dans des buissons de ronces. Si une telle femme existe, alors avant d'être une mère, c'est une criminelle, la plus cruelle d'entre tous.

(dans "La fuite")
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gonewiththegreengonewiththegreen   14 février 2019
Ce barbu européen
A affirmé que le capitalisme est un monde
d'obscurité
Tandis que le communisme est un monde
de lumière

Moi, Bandi, qui vis dans un monde de lumière,
Mon destin est de ne briller que dans l'obscurité
Et je dénonce haut et fort que
Si cette obscurité est une nuit sans lune
Le monde de lumière de ce barbu est un abîme
Où il fait un noir d'encre.
Commenter  J’apprécie          70
Under_the_MoonUnder_the_Moon   05 avril 2017
Une vie honnête ne peut se construire que dans un monde libre. Plus on étouffe les gens, plus on les opprime, et plus ils jouent la comédie.


(dans «La scène»)
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