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ISBN : 2809713197
Éditeur : Editions Philippe Picquier (01/02/2018)

Note moyenne : 4/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Bandi, qui signifie « Luciole », est le pseudonyme d’un écrivain qui vit en Corée du Nord. Après bien des péripéties, dissimulés dans des livres de propagande communiste, ses manuscrits ont franchi la frontière interdite pour être publiés en Corée du Sud. Mais pas leur auteur. Bandi a choisi de rester, lui qui se veut le porte-parole de ses concitoyens réduits au silence. Ses récits où s’expriment son émotion et sa révolte dévoilent le quotidien de gens ordinaires d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Under_The_Moon
  15 avril 2017
La Corée du Nord, l'une des dernières dictatures les plus dures de la planète dans le pays le plus fermé du monde.
Un leader aux déclarations folles et aux caprices qui font parfois sourire, oui mais voilà, on n'est pas dans le 1984 d'Orwell, ce n'est pas un complot des services secrets. C'est bien vrai. Et la réalité est si incroyable qu'on se demande si ce n'est pas une vaste pièce qui se joue.
Alors pourquoi ne pas passer par la fiction ?
Les nouvelles de ce recueil s'inspire de faits réels et permettent de suivre des tragédies quotidiennes dans ce régime. La fiction permet certes un filtre qu'on ne trouve pas dans un témoignage.
Ces récits sont bien inégaux d'un point de vue de la construction ou des procédés d'écriture utilisés. Mais toutes restent instructives et ont le mérite de sortir le lecteur occidental de son confort et de l'interpeller. On en apprend aussi sur la culture coréenne en dehors du régime qui semble pourtant tout régir au point de cantonner l'histoire, la culture et les aspirations de ce pays à lui.
Ni inintéressant ni fabuleux ou encore particulièrement marquant donc. Pas sûre que je conseillerai ce livre à quelqu'un qui voudrait faire une première approche littéraire sur la Corée du Nord.
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helhiv
  11 juin 2016
Ces nouvelles d'un auteur nord-coréen, anonyme pour sa propre sécurité, constituent un extraordinaire témoignage de la vie des trente dernières années en Corée du Nord. Dans les histoires, les personnages sont confrontés à l'absurdité, l'injustice et l'inégalité du régime totalitaire mis en place par Kim Il-Sung et perpétués par des descendants. Il y a, dans ces nouvelles, un sentiment d'impuissance contre une machine trop puissante aux méfaits irrémédiables. Les nord-coréens semblent être contraint à dépenser l'énergie nécessaire à renverser le système en place pour simplement ne pas en devenir les victimes. de par la distance culturelle, de par la distance politique, il est difficile de lire les textes de Bandi en se forçant à l'objectivité mais il faut y voir avant tout des témoignages. le fond est donc d'un grand intérêt car rare. La forme est plaisante mais certaines formes narratives notamment pour porter à la connaissance du lecteur des informations passées m'ont semblé maladroites.
Les sept nouvelles sont accompagnées d'une préface et d'une postface pas du tout indispensables car très orientées et n'ayant pas la finesse des textes de Bandi. Dans le but de donner à ces écrits une portée et une crédibilité, il est curieux d'avoir confié la postface au néoconservateur Pierre Rigoulot qui ne fait pas dans la nuance. Une bonne partie pourrait constituer une critique à poster sur Babelio, une autre, sous forme d'explication de texte est une insulte, à la littérature de Bandi qui se suffit à elle-même, la troisième la plus polémique compare la Corée du Nord à un enfer isolé du paradis environnant, avec un oubli opportuniste de l'histoire de la Corée du Sud. le livre de Bandi est suffisamment éloquent sur l'enfer des nord-coréens sans forcer le trait en béatifiant tous les régimes anti-communistes de la planète. Enfin, la comparaison à Soljenitsyne n'est pas flatteur pour l'auteur : rappelons que le dissident russe trouvait le bilan du tsarisme supérieur à celui de l'Union soviétique.
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cats26
  28 décembre 2016
C'est un recueil de nouvelles d'un écrivain nord coréen : rien que cet élément attise la curiosité, étant donné qu'on ne connaît rien de la vie culturelle en Corée du Nord. Et lorsqu'on apprend par la quatrième de couverture les conditions rocambolesques par lesquels ces écrits nous sont parvenus, on a d'autant plus envie de lire cette littérature qui engage pleinement celui qui écrit et qui représente son acte de résistance contre l'oppression de son régime politique.
Ces nouvelles permettent de nous plonger dans la vie de ces hommes et de ces femmes qui vivent sous la tyrannie démentielle de la famille Kim.
On découvre l'absurdité de ce système idéologique et politique qui enlève tout espoir à ceux-là même qui ont contribué à l'instaurer, comme ce vieux militant de la première nouvelle qui y a placé tous ses rêves et y a consacré sa vie.
De fait, la plupart des héros de ces récits ne sont pas des rebelles ou des réfractaires à la doctrine du Parti. Au contraire, ils suivent les règles prescrites, adhèrent aux exigences du régime mais les contradictions de ce système totalitaire les poussent finalement à déchanter et à désespérer.
Leur bonne foi se heurte à l'hypocrisie, aux faux-semblants. C'est sombre, cruel et cela se passe là, maintenant.
En effet, malgré les noms coréens et les quelques références culturelles, ces histoires contemporaines auraient pu avoir pour contexte l'Allemagne nazie ou la Russie communiste, tant la similitude des situations décrites frappe et à mon avis personnel, celle des personnages de Bandi est parfois si ubuesque qu'elle en devient anhistorique. La nouvelle où un père abandonne ses enfants pour devenir chef d'équipe agricole et celle où les pères du communisme deviennent les croque-mitaines d'un jeune enfant en sont de parfaites illustrations.
L'auteur utilise l'ironie et parfois la fausse candeur pour pointer du doigt le ridicule et le tragique de certains des faits relatés : on se surprend parfois à rire (jaune) tellement la situation décrite semble incroyable mais tellement crédible.
Heureusement, persistent dans la société nord-coréenne des poches d'humanité, de solidarité centrées notamment sur la famille ou l'amour conjugal.
En résumé, un livre salutaire à lire pour ne pas oublier ce qui se passe derrière les murs et les barbelés des frontières de la Corée du Nord.
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frandj
  21 septembre 2017
Pour les Occidentaux, la Corée du Nord se résume actuellement à son "Grand Leader", le dictateur le plus effronté du monde. On a tendance à oublier, que derrière cet homme dangereux, il y a tout un peuple qui subit une oppression continue depuis soixante-dix ans; et les leaders se succèdent de père et fils !
L'écrivain Bandi (c'est évidemment un pseudonyme) donne à voir - de l'intérieur - ce peuple en chair et en os. Les personnages sont pris dans des situations caractéristiques du régime nord-coréen. Tout y passe: les promesses des lendemains qui chantent pour faire passer la pilule d'une vie de m...; les manifestations monstres obligatoires orchestrés par les dirigeants; le permis de voyager obligatoire donné ou refusé par la police; la classification systématique en bons et mauvais citoyens; les transports complètement bloqués dans une région lors des voyages du Numéro Un (c'est le cas de le dire !); les petits fonctionnaires du Parti libidineux, etc... le peuple oscille entre désespoir, passivité, idolâtrie, souffrance... Et le pire, c'est que ça peut encore durer pendant des décennies, puisque le régime verrouille absolument tout dans le pays.
Je veux croire que ce témoignage - rare - est tout à fait authentique. C'est ce qui fait tout l'intérêt de ce livre, dont les qualités littéraires ne passeront pas à la postérité.
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Fuyating
  18 septembre 2018
Ce livre est très instructif, puisqu'il nous montre le quotidien des nord-coréens, l'un des plus grands mystères actuels. Je souhaite tout de même ajouter tout de suite un bémol, puisque certains disent que ce livre n'est pas écrit par un nord-coréen et n'est pas passé au sud sous le manteau, que quelqu'un du sud en est l'auteur. Est-ce vraiment alors le quotidien des habitants du nord ? Où est-ce de la fiction ?
Quoiqu'il en soit, j'ai beaucoup aimé ce recueil de nouvelles, qui nous emplit parfois de peur, parfois de tristesse face à des situations que nous trouvons injustes ou insensées.
J'ai lu ce livre juste après avoir lu "Le rire de dix-sept personnes" qui est à l'opposé, recueil de nouvelles sorti officiellement dans le pays et encensant le parti, magnifiant le leader et la vie au Nord. Voici donc deux extrêmes, et même si "La dénonciation" n'a pas été réellement écrite par un nord-coréen, il doit bien y avoir du vrai dans ses dires, nous devrions donc essayer de trouver un équilibre entre les deux recueils pour se faire une idée de la réalité nord-coréenne.
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critiques presse (1)
Actualitte   28 mars 2018
Ce recueil de nouvelles écrit dans les années 1990 est un véritable ovni, une lecture tellement improbable et en même temps si effarante qu’il serait dommage de passer à côté. Accessible en poche depuis quelques semaines, hâtez-vous de le découvrir. D’urgence.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
missmolko1missmolko1   28 mars 2016
Un éclair aussi effilé qu’une lame de rasoir fendit le ciel derrière les fenêtres, aussitôt suivi d’un coup de tonnerre ; on aurait dit qu ’un gros tambour dégringolait les escaliers de l’immeuble. A l’instant où le vent faisait claquer avec un bruit retentissant la porte d’entrée restée entrouverte, des gouttes se mirent à marteler violemment les vitres. La pluie faiblissait puis s’intensifiait de nouveau, par vagues, et cela dura ainsi jusque tard dans la nuit. Myeong-sik, dont le sommeil était léger, sursauta souvent et se réveilla plusieurs fois par heure. Pour le calmer et le rassurer, Kyeong-hui dut passer la nuit assise à son chevet. C’était veille de fête nationale, et tous les habitants de la ville devaient puiser toute l’énergie qu’il leur restait pour grimper la dernière crête de la montagne, la plus escarpée. Chaque fois que la pluie cessait, les lueurs clignotantes des lanternes électriques ornées d’inscriptions de fête formaient de magnifiques fleurs tricolores derrière les vitres, mais tout ça ne faisait
qu’alourdir et encombrer le cœur de Kyeong-hui. Ces célébrations n’avaient rien à voir avec les fêtes familiales du Nouvel An et des Moissons.
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Under_The_MoonUnder_The_Moon   15 avril 2017
- (...) toi aussi, comme moi, tu es tombé dans le panneau, cette fameuse affiche arborant des slogans magnifiques tels que "Démocratie", "Égalité", "Le peuple est maître de l'Histoire", "Construisons le paradis sur terre", et qui, derrière son beau vernis, dissimule l'arme la plus redoutable de la dictature.
- C'est exact. Dans ce monde, plus les choses sont toxiques, plus elles sont belles et attirantes.
- Oui, comme les champignons vénéneux, n'est-ce pas ? (...)


(dans "Champignon rouge")
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Under_The_MoonUnder_The_Moon   02 avril 2017
Quand une mère met un enfant au monde, tout ce qu'elle souhaite, c'est que cet enfant soit heureux. Il n'existe aucune mère sur terre qui veuille accoucher d'un être dont elle sait d'avance qu'il devra passer sa vie entière à se frayer un chemin dans des buissons de ronces. Si une telle femme existe, alors avant d'être une mère, c'est une criminelle, la plus cruelle d'entre tous.

(dans "La fuite")
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Under_The_MoonUnder_The_Moon   05 avril 2017
Une vie honnête ne peut se construire que dans un monde libre. Plus on étouffe les gens, plus on les opprime, et plus ils jouent la comédie.


(dans «La scène»)
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Under_The_MoonUnder_The_Moon   01 mars 2017
[...] il faut toujours taper du pied sur un pont pour en vérifier la solidité avant de traverser. Voilà quelles sont les règles pour vivre ici, à Pyongyang.

( dans « La ville des spectres»)
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