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EAN : 9782290339831
92 pages
Éditeur : J'ai Lu (18/08/2004)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 64 notes)
Résumé :
Le Bonheur dans le crime est l’une des plus célèbres des six nouvelles du sulfureux recueil Les Diaboliques – qui a valu à Barbey d’Aurevilly d’être accusé d’immoralisme et de sadisme.
Écrite vers 1870, cette histoire cynique et amorale (“c’est à croire que le Diable a dicté”) raconte la passion adultérine dévorante qui unit le comte Serlon de Savigny à la belle Hauteclaire Stassin, maîtresse d’armes avec qui il aime à croiser le fer. Mais le comte est marié... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  14 juin 2016
Le Jardin des Plantes, une panthère noire dans sa cage et, devant elle, de l'autre côté des barreaux, un couple d'amoureux un peu androgynes et diaboliquement assortis. Deux observateurs, de loin, regardent la scène...
La femme, toute en noir, svelte, souple - féline !- frappe de son gant le mufle de la bête fauve...qui réagit, furieuse, et le lui arrache. Échange de regards, duel de sauvageries. « Panthère contre panthère ».
Un des observateurs, médecin, raconte alors à l'autre l'histoire ce couple fascinant et hors norme, qu'il a reconnu et fréquenté. Ce sont deux assassins impunis, deux grands fauves solaires et noirs lâchés dans la ville. Deux amants soudés par la passion et le crime. Et insolemment heureux.
Le Bonheur dans le crime est un bijou, -oui, un vrai « diamant noir »- sans conteste la plus belle nouvelle des Diaboliques- qui installe son pouvoir de captation dès les premières lignes.
La langue est belle, ciselée, choisie, pleine de ces élégances un peu décadentes qui font la marque des dandys comme Barbey.
Les personnages sont magnifiques, amoraux, agis par la violence de leur passion, aimantés invinciblement l'un par l'autre, mus par un désir qu'aiguillonne d'abord le feu de la joute dans la salle d'escrime -Hauteclaire Stassin est fille d'un maître d'escrime et joue du fleuret comme un homme- et bientôt le plaisir même de la transgression, le goût de la provocation et du scandale.
Rien ne les arrête : ni la décence, ni la limite imposée par l'époque à leur sexe ou à leur état- elle est femme et roturière, lui est noble et marié- ni la morale, ni la religion , ni la maladie, ni la mort…Ni le regard des pauvres mortels insipides qu'ils toisent du haut de leur amour.
Ni celui, vert et or, de la panthère noire du Jardin des Plantes…
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Henri-l-oiseleur
  28 février 2016
Librio publie à part l'une des meilleures Diaboliques de Barbey. C'est l'histoire (tellement rare) d'un crime parfait, à la perfection duquel l'orgueil de la victime contribue : c'est dire que, dans une perspective catholique, tout le monde est fautif et damné ici. Mais la perspective catholique n'est qu'une des clés de lecture du texte : la foi de Barbey ressemble plus à une posture esthétique anti-moderne qu'à une réelle et profonde conversion, elle lui est un instrument de mesure et de satire des bêtises progressistes de son époque. Dans "Le Bonheur dans le crime", il les prend toutes à rebrousse-poil : le crime est impuni, le bonheur des héros est complet, ses héros féminins sont l'antithèse des rêveries morales de Michelet sur la Femme, et le bien ne triomphe pas du mal général et universel. En cela, Barbey fait en prose ce que Baudelaire, qu'il admirait, faisait en vers : montrer la beauté du mal, et tourner le dos avec mépris aux utopies du Bien, en quoi il demeure aussi choquant aujourd'hui.
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Sak71
  08 avril 2019
Je suis peu encline aux critiques dithyrambiques qui usent de beaucoup trop grands mots pour des textes interchangeables, cependant c'est avec un tel enthousiasme et une telle admiration que j'ai refermé ce livre que je m'empresse d'ecrire une critique aussi enthousiaste et admirative que possible.
Car quel talent pour l'écriture dans un vocabulaire ciselé comme une dentelle de Calais et un timing précis comme une horloge suisse, quelle science pour les portraits psychologiques, quelle connaissance intime des femmes et des hommes il faut pour écrire un bijou pareil, que vous lirez en un peu plus d'une heure et qui vous feront peut être considérer Jules Barbey d'Aurevilley comme un des plus grands écrivains classiques. Ensuite, courez dévorer « une vieille maîtresse », c'est beaucoup plus long mais tout aussi savoureux.
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Chasto
  28 mars 2020
Passion d'âmes et d'honneur se croisant et se ferrant jusqu'à l'ultime.
A découvrir dans son romantisme et aventure d'un siècle de sentiments et de révolutions.
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Hauchama
  09 février 2020
Quelques surprises ont fait de ce livre un "lu aussi". L'origine du titre est finalement bien trouvée. Mais l'histoire met du temps à démarrer et m'a vraiment gênée.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred   14 juin 2016
(...) la femme, l'inconnue, était comme une panthère humaine, dressée devant la panthère animale qu'elle éclipsait ; et la bête venait de le sentir, sans doute, car elle avait fermé les yeux. Mais la femme — si c'en était un — ne se contenta pas de ce triomphe. Elle manqua de générosité. Elle voulut que sa rivale la vît qui l'humiliait, et rouvrît les yeux pour la voir. Aussi, défaisant sans mot dire les douze boutons du gant violet qui moulait son magnifique avant-bras, elle ôta ce gant, et, passant audacieusement sa main entre les barreaux de la cage, elle en fouetta le museau court de la panthère, qui ne fit qu'un mouvement... mais quel mouvement !... et d'un coup de dents, rapide comme l'éclair !... Un cri partit du groupe où nous étions. Nous avions cru le poignet emporté : ce n'était que le gant. La panthère l'avait englouti. La formidable bête outragée avait rouvert des yeux affreusement dilatés, et ses naseaux froncés vibraient encore...

« Folle ! » dit l'homme, en saisissant ce beau poignet, qui venait d'échapper à la plus coupante des morsures. Vous savez comme parfois on dit : « Folle !... » Il le dit ainsi ; et il le baisa, ce poignet, avec emportement.
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michfredmichfred   14 juin 2016
Cette femme prenait encore plus le regard que l'homme qui l'accompagnait, et elle le captivait plus longtemps. Elle était grande comme lui. Sa tête atteignait presque à la sienne. Et, comme elle était aussi tout en noir, elle faisait penser à la grande Isis noire du Musée Egyptien, par l'ampleur de ses formes, la fierté mystérieuse et la force. Chose étrange ! Dans le rapprochement de ce beau couple, c'était la femme qui avait les muscles, et l'homme qui avait les nerfs... Je ne la voyais alors que de profil ; mais, le profil, c'est l'écueil de la beauté ou son attestation la plus éclatante. Jamais, je crois, je n'en avais vu de plus pur et de plus altier. Quant à ses yeux, je n'en pouvais juger, fixés qu'ils étaient sur la panthère, laquelle, sans doute, en recevait une impression magnétique et désagréable, car, immobile déjà, elle sembla s'enfoncer de plus en plus dans cette immobilité rigide, à mesure que la femme, venue pour la voir, la regardait ; et — comme les chats à la lumière qui les éblouit — sans, que sa tête bougeât d'une ligne, sans que la fine extrémité de sa moustache, seulement, frémît, la panthère, après avoir clignoté quel­que temps, et comme n'en pouvant pas supporter davantage, rentra lentement, sous les coulisses tirées de ses paupières, les deux étoiles vertes de ses regards. Elle se claquemurait.

« Eh ! eh ! Panthère contre panthère ! fit le docteur à mon oreille ; mais le satin est plus fort que le velours. »
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Ebmai57Ebmai57   14 avril 2017
Et je vis ses yeux, à elle... ces yeux qui fascinaient des tigres, et qui étaient à présent fascinés par un homme ; ses yeux, deux larges diamants noirs, taillés pour toutes les fiertés de la vie, et qui n'exprimaient plus en le regardant que toutes les adorations de l'amour !
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StefEleaneStefEleane   26 mai 2013
Hauteclaire Stassin, noire et souple, comme une panthère, empoisonne la femme de son amant sans une once de remords. Ce crime commis de sang-froid viendra-t-il corrompre leur idylle passionnée ? Le bonheur peut-il réellement s'épanouir dans le crime ?
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ChastoChasto   28 mars 2020
Par un cynisme qui descend toutes choses et tutoierait des duchesses et des dames d'honneur d'impératrice et les appellerait "mes petites mères", ni plus ni moins que des marchandes de poisson.
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Evidemment, je ne m'amuse pas ici à vous faire un commentaire, une dissertation ou une analyse détaillée des livres mais vous donne mon avis de simple lectrice, à savoir si j'ai aimé ou pas et ce que j'ai ressenti durant ces lectures.
Livres cités : - L'Homme-au-Bâton, Ernest Pépin. - Les Diaboliques, Barbey d'Aurevilly. - Belle du Seigneur, Albert Cohen.
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