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ISBN : 2072736870
Éditeur : Joëlle Losfeld (01/01/2018)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 64 notes)
Résumé :
Chassé de son pays d'origine par la Grande Famine, Thomas McNulty, un jeune émigré irlandais, vient tenter sa chance en Amérique. Sa destinée se liera à celle de John Cole, l'ami et amour de sa vie. Dans le récit de Thomas, la violence de l'Histoire se fait profondément ressentir dans le corps humain, livré à la faim, au froid et parfois à une peur abjecte. Tour à tour Thomas et John combattent les Indiens des grandes plaines de l'Ouest, se travestissent en femmes p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  20 septembre 2018
" On était des pestiférés .
Des humains faits rats, la faim ça vous prend tout."
Voici une fresque grandiose où abondent les questions existentielles qui oscille entre récits de guerres effroyables et soirées animées où les protagonistes sont déguisés dans un saloon pour mineurs un peu avinés ...ils se travestissent en femmes pour des spectacles....
L'auteur imagine les mémoires de Thomas Mc Nulty, un orphelin irlandais fuyant son pays , traversant l'Atlantique afin d'échapper à la famine : "le Canada avait peur de nous, la faim ça vous prend tout, alors on était plus rien...."s'engageant du côté de l' Union dans la guerre de Sécession.
A travers la société de 1850 , au coeur du récit écrit à la premiére personne, Thomas décrit comment il vivait son quotidien : son corps livré à la faim, au froid parfois à une peur abjecte et insondable...sa quête d'identité sexuelle .
Sa rencontre avec John Cole, un "copeau d'humanité " comme lui, son amant, son amour : "John Cole était mon amour, tout mon amour ètait pour lui..."est pour lui une révélation , et les souffrances s'éloignent ....
L'auteur conte la violence de l'Histoire dans une Amérique parcourue de plaines immenses, de bisons et d'ardentes mêlées ou tour à tour John et Thomas combattent les Indiens des grandes plaines de l'ouest .
L'écriture simplifiée comme une épure ressemble à un tableau fort, coloré , puissant , on marche avec Thomas et John en quête d'un toit pour la nuit , dans un beau vacarme où les voilà obligés , malgré eux , à " aller tuer de l'Indien " .
Un ouvrage au côté épique et romanesque, de toute beauté , naturel, à la fois intime et universel qui se double d'une réflexion sur des destins contrariés des familles irlandaises, l'amour, l'arrachement à un pays et la capacité d'un peuple migrant prêt à résister à tout , en plus de l'attachement à ce qui vaut la peine d'être vécu dans une existence âpre et passionnée.
(Le visage du héros : l'arrière grand- père de l'auteur figure sur la couverture du livre .)
Traduit de l'anglais ( Irlande) par Laetitia-Devaux.
Encore un beau roman Irlandais !

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marina53
  12 juillet 2018
Thomas McNulty a traversé l'Atlantique pour fuir la famine et la misère de son Irlande natale. Jeune adolescent, sa route croise par hasard celle du beau John Cole. Quitte à errer, autant le faire à deux. À Daggsville, ils se font embaucher comme jeunes danseurs travestis en femmes devant des mineurs la plupart du temps avinés. Chaque soir, pendant deux ans, ils ont tourbillonné et virevolté sur la piste. Mais, leurs corps changeants, ils n'ont eu d'autre choix que de troquer leurs robes à froufrous contre une tunique bleue. Engagés volontaires, les deux adolescents prirent la direction des grandes plaines de l'ouest où l'ennemi commun aux Anglais, aux Irlandais ou encore aux Espagnols, l'Indien, tombera sous leurs balles. Mais bientôt d'autres combats les attendront tous avec la Guerre de Sécession...

Sebastian Barry s'est inspiré du destin d'un arrière-grand-oncle, dont la magnifique photo orne la couverture, pour nous raconter l'histoire de Thomas McNulty et de John Cole. Il nous livre un roman épique, au souffle romanesque où se côtoient la mort, les guerres, la violence, la misère, la famine mais aussi l'amour. L'amour que se porte Thomas et John, un lien indéfectible, à la fois puissant et pudique dans une Amérique puritaine. Thomas, le narrateur, décrit tout à la fois les combats sanguinaires, les massacres des Indiens, la rage et la haine qui peuvent habiter certains soldats, l'absurdité de la guerre mais aussi la bonté et la générosité de certains hommes, la splendeur d'un paysage ou d'un soleil couchant. le ton employé se révèle parfois détaché, candide ou encore innocent, ce qui n'empêche pas d'imaginer les pires horreurs. Un roman puissant, intimiste, à la fois grave et poétique. Une épopée lyrique habitée par d'inoubliables personnages.
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tynn
  03 février 2018
Quitter le chaos d'une Irlande famélique, recommencer une vie dans la violence des États Unis en pleine expansion de conquêtes de territoires.
C'est le destin de Thomas, orphelin émigrant au milieu du 19e siècle, danseur travesti adolescent dans les bastringues, puis engagé volontaire dans les Tuniques Bleues pour une vie de soldat dans les conflits indiens et la guerre de Sécession.
La vie de Thomas se décline en violences répétées et en destructions, capable d'être cet homme-là, soldat professionnel non dénué d'états d'âme, en parfaite symbiose avec sa nature profonde, où la part de féminité lui fait construire au fil des années une drôle de famille, entre son attachement, amoureux pour John, et filial pour Winona la petite indienne recueillie.
Cette ambiguïté des personnages résonne fort dans un récit assez classique où les grands espaces américains ont la part belle, où un pays neuf et ambitieux se construit dans l'anarchie, les massacres, les viols, les personnes déplacées ou enlevées. Au milieu de ces atrocités, l'amour s'épanouit comme il le peut et rien n'est jamais acquis quand la justice peut être inconstante.
Sebastian Barry accroche à nouveau ses lecteurs avec un mélange original de western et drame intimiste d'une belle sensibilité. En déplaçant la focale sur l'émigration, il tente le parallèle entre deux peuples soumis à d'autres envahisseurs en liant le sort des nations indiennes et irlandaises.
Sa plume produit un récit oral, familier et direct, simple comme le langage de son jeune soldat peu éduqué mais capable d'émerveillement, de justice, de bonté et de loyauté.
Je conseille vivement...
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Bazart
  10 août 2018
Le Far-West comme si vous y étiez, les plaines de l'Ouest américain, les pionniers, les indiens, les bisons, les tuniques-bleues, mais aussi la guerre, le froid, la faim et surtout le bruit et la fureur des hommes.
Une époque sauvage dans un pays sauvage que même Dieu semble avoir abandonné.
Avec « Des jours sans fin », nous sommes très loin du roman national et familial. Sébastian Barry, qui a l'assurance des grands écrivains, nous raconte la vie de Thomas McNulty, jeune émigré irlandais et de John Cole un vagabond d'à peine seize ans venu de Nouvelle-Angleterre.
Pour eux ce sera à la vie, à la mort. Ils vont devenir danseuses de saloon pour des chercheur d'or esseulés, chasseurs de bisons, militaires contre les indiens, Tuniques bleues contre les confédérés, cultivateurs de tabacs dans les Tennessee. Mais surtout ces deux-là vont s'aimer tendrement et follement. Dans le chaos de cette deuxième moitié du XIXe siècle, deux hommes, deux coeurs simples cherchent à vivre tout simplement.
"La Bible a pas été écrite pour nous, ni aucun livre. On est peut-être même pas des humains, puisqu'on rompt pas le pain céleste. Pourtant, si Dieu essayait de nous trouver une excuse, il pourrait invoquer cet étrange amour parmi nous. C'est comme quand on cherche dans l'obscurité, qu'on allume une lampe et que la lumière vient à notre rescousse. On découvre des objets ainsi que le visage d'un homme qui est pour vous comme un trésor déterré. John Cole. Une sorte de nourriture."
Le texte est d'une beauté fracassante, l'écriture limpide nous emporte, nous sommes avec Thomas le narrateur et jamais nous ne le quitterons.
Un magnifique roman où il est aussi question de mariage gay, d'adoption et du droit à l'indifférence, si, si tout cela aux alentours de 1860 entre la Californie et le Mississipi.
Il y a de « Little big man » d' « Impitoyable » de « Soldat bleu » mais aussi du désir d'une petite maison dans la prairie repeinte aux couleurs arc en ciel.
Un roman à lire absolument , comme du reste, absolument tous les romans de Sebastian Barry.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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LucileMM
  12 juillet 2018
Thomas McNulty a fui l'Irlande, chassé sur les routes par la grande famine, il s'est exilé pour le Canada puis a atterri en Amérique. Dans son périple il a croisé la route de John Cole, petit-fils d'indien, grand, taiseux et tendre.
Entre ces deux-là se tisse un lien irrésistible et solide, un amour évident, de ceux qui ne s'altèrent pas.
« Des jours sans fin » est un roman qui ne ressemble à aucun de ceux que j'ai lus jusqu'ici, extrêmement dur et à la fois, étonnement pur et lumineux.
Il raconte, par la voix de Thomas, une vie de pionniers, puis de militaires. Il décrit les conflits terribles avec les indiens, cette violence inhumaine qui saisi les uns et les autres, qui fait des victimes d'un soir les bourreaux du lendemain, il nous fait vivre la guerre de sécession, l'absurde horreur des batailles.
Mais il raconte aussi et surtout, le lien qui l'unit à John Cole, l'amour qu'ils portent tous deux à Winona, l'orpheline sioux qu'ils élèvent comme leur fille, leur souhait d'une vie simple et douce.
La langue humble, parfois presque rustre, du narrateur est une des forces du récit, des mots simples qui retranscrivent avec limpidité la violence et la grâce, l'espoir malgré tout et la force d'un amour sincère.
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critiques presse (6)
Actualitte   25 octobre 2018
La prose de Sebastian Barry, remarquablement traduite par Lætitia Devaux, est une merveille pour faire sentir et ressentir le goût et l’odeur du sang, le rythme d’un galop, l’éclat d’un rire, le froissement d’une étoffe, Ou la détonation d’un canon.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LeFigaro   26 janvier 2018
Le romancier poursuit sa saga des McNulty en imaginant une histoire d'amour entre deux jeunes soldats durant la guerre de Sécession.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LaCroix   26 janvier 2018
L’Irlandais Sebastian Barry retrace l’épopée américaine de deux jeunes orphelins qui partageront uniforme et amour dans une fresque où se conjugue histoire, effroi et bonheur.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Lexpress   22 janvier 2018
Une fresque sans concession des guerres américaines du XIXe siècle sous la plume enfiévrée d'un auteur irlandais.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeMonde   17 janvier 2018
Un jeune homosexuel se construit dans la sauvagerie américaine des années 1860. « Des jours sans fin », célébration joyeuse et optimiste – malgré tout.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Liberation   17 janvier 2018
L’Irlandais raconte une histoire d’amour inspirée de l’homosexualité de son fils.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
BazartBazart   10 août 2018
John Cole et moi, on s’est présenté au bureau de recrutement ensemble, bien sûr. C’était les deux ou rien, à prendre ou à laisser. L’un comme l’autre, on devait vraiment avoir l’air sans le sou. Des jumeaux. On avait pas quitté le saloon avec nos robes, alors on devait avoir l’air de vagabonds. Il venait de Nouvelle-Angleterre, où la terre de son père avait fini par s’épuiser. John Cole avait douze ans quand il est parti sur les routes. Dès que je l’ai vu, je me suis dit, un camarade. Et quel camarade. Je trouvais ce garçon assez élégant, même avec son visage pincé par la faim. J’ai fait sa connaissance sous une haie dans ce maudit Missouri.
+ Lire la suite
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marina53marina53   12 juillet 2018
Il y a beaucoup de monde sur terre, alors quand il s'agit de massacres ou de famine, de vivre ou de mourir, on compte pas vraiment. Il y a trop de monde. On pouvait bien mourir de faim dans les marais, dans ce désert qui en était pas un, dans ce voyage qui était moins un voyage qu'une fuite vers l'Est. Les gens meurent sans cesse, par milliers, partout. La terre s'en moque, ça lui est égal.
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marina53marina53   14 juillet 2018
Parfois, on sait qu'on est pas très intelligent. Pourtant, parfois le brouillard de vos pensées se lève, et on comprend tout, comme si le paysage venait de se dégager. On se trompe en appelant ça sagesse, c'en est pas. Il parait qu'on est des chrétiens, des choses comme ça, mais c'est pas vrai. On nous raconte qu'on est des créatures de Dieu supérieures aux animaux, mais tout homme qui a vécu sait que c'est des conneries.
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marina53marina53   14 juillet 2018
La mémoire d'un homme contient une centaine de jours, alors qu'il en a vécu des milliers. C'est ainsi. On dispose d'un stock de jours, qu'on dépense comme des ivrognes sans cervelle. C'est pas une critique, juste une constatation.
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fanfanouche24fanfanouche24   30 janvier 2018
Peut- être que pour eux, on représentait le souvenir d'un ailleurs. Peut-être qu'on incarnai les filles de leur jeunesse, ou bien la première fille dont ils étaient tombés amoureux. On était si propres et si gentilles que j'aurais aimé faire moi-même ma connaissance. (p. 21)
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