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ISBN : 2072736870
Éditeur : Joëlle Losfeld (01/01/2018)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 30 notes)
Résumé :
Chassé de son pays d'origine par la Grande Famine, Thomas McNulty, un jeune émigré irlandais, vient tenter sa chance en Amérique. Sa destinée se liera à celle de John Cole, l'ami et amour de sa vie. Dans le récit de Thomas, la violence de l'Histoire se fait profondément ressentir dans le corps humain, livré à la faim, au froid et parfois à une peur abjecte. Tour à tour Thomas et John combattent les Indiens des grandes plaines de l'Ouest, se travestissent en femmes p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
tynn
  03 février 2018
Quitter le chaos d'une Irlande famélique, recommencer une vie dans la violence des États Unis en pleine expansion de conquêtes de territoires.
C'est le destin de Thomas, orphelin émigrant au milieu du 19e siècle, danseur travesti adolescent dans les bastringues, puis engagé volontaire dans les Tuniques Bleues pour une vie de soldat dans les conflits indiens et la guerre de Sécession.
La vie de Thomas se décline en violences répétées et en destructions, capable d'être cet homme-là, soldat professionnel non dénué d'états d'âme, en parfaite symbiose avec sa nature profonde, où la part de féminité lui fait construire au fil des années une drôle de famille, entre son attachement, amoureux pour John, et filial pour Winona la petite indienne recueillie.
Cette ambiguïté des personnages résonne fort dans un récit assez classique où les grands espaces américains ont la part belle, où un pays neuf et ambitieux se construit dans l'anarchie, les massacres, les viols, les personnes déplacées ou enlevées. Au milieu de ces atrocités, l'amour s'épanouit comme il le peut et rien n'est jamais acquis quand la justice peut être inconstante.
Sebastian Barry accroche à nouveau ses lecteurs avec un mélange original de western et drame intimiste d'une belle sensibilité. En déplaçant la focale sur l'émigration, il tente le parallèle entre deux peuples soumis à d'autres envahisseurs en liant le sort des nations indiennes et irlandaises.
Sa plume produit un récit oral, familier et direct, simple comme le langage de son jeune soldat peu éduqué mais capable d'émerveillement, de justice, de bonté et de loyauté.
Je conseille vivement...
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Franckync
  09 mai 2018
Titre : Des jours sans fin
Auteur : Sebastian Barry
Editeur : Joelle Losfeld Editions
Année : 2018
Résumé : Fuyant l'Irlande et la grande famine le jeune Thomas McNulty rejoint une Amérique en pleine expansion. Au détour d'une rencontre fortuite il noue son destin à celui qui sera à la fois son ami et son amoureux: le beau John Cole. Ensemble ils décimeront les nations indiennes, danseront dans des spectacles travestis puis seront enrôlés dans l'armée de l'union pour combattre les confédérés. de batailles en batailles, d'épreuves en épreuves les deux hommes tenteront de survivre dans une Amérique sauvage et déchirée.
Mon humble avis : Certaines chroniques sont plus faciles à écrire que d'autres et je sens que celle-ci va être non seulement aisée mais aussi enthousiaste comme rarement. Soyons concis et direct : des jours sans fin est un petit trésor, un livre rare, une ode à la vie et à la résilience comme il est rare d'en trouver dans la littérature d'aujourd'hui. Barry est un magicien, son écriture est poétique, inventive mais aussi précise et crue. Il décrit les grands paysages américains avec grâce puis quelques lignes plus tard nous plonge dans l'horreur de la guerre sans aucun artifice car la voix de Thomas est naïve, pleine de bon sens mais aussi lucide. Les yeux de nos deux héros sont gris d'avoir vu l'horreur et pourtant lorsque l'occasion leur est donné de faire le bien ils n'hésitent pas, c'est tout simplement bouleversant. Roman réaliste, roman qui se promène aux confins de l'âme humaine rien ne nous est épargné, le sublime côtoie l'abjection à chaque page et tout est maîtrisé à la perfection par Barry. Je vous avais averti, cette chronique sera dithyrambique mais ce bouquin le mérite croyez-moi. Comment parler de ce bouquin sans parler de l'histoire d'amour qui lie Thomas et John ? Une histoire simple, pudique entre un homme disert et beau comme un dieu et un autre plus féminin, qui n'hésite pas à se grimer et porter des robes mais sait se servir d'un revolver comme personne. Là encore l'auteur nous décrit une relation avec peu de mots, en quelques phrases simples le lecteur comprend l'attachement qui lie les deux garçons, c'est beau, encore une fois pudique et tout à fait saisissant. Des jours sans fin est donc, à mon humble avis, un bouquin rare, un livre pétri d'humanité, une leçon de courage et d'abnégation où des hommes tentent de survivre dans un monde de bruit et de fureur, où la nature grandiose et placide observe les agissements d'une poignées de tueurs livrés à eux-mêmes. Un grand livre vous dis-je ! Surement ma lecture la plus marquante depuis ce début d'année, un bouquin marquant, déchirant dont les personnages vous hante bien après avoir refermé la dernière page de l'ouvrage. C'est surement le propre des romans d'exception. Pour cela et pour mille autres raisons, je ne peux que m'incliner devant le talent de Sebastian Barry.
J'achète ? : La question mérite-t-elle vraiment d'être posée après la lecture de cette chronique ? Assurément non, procure toi Des jours sans fin de toute urgence c'est un vrai conseil de lecteur passionné. Sombre et lumineux, doux et terriblement violent, ce roman est exceptionnel.
Lien : https://francksbooks.wordpre..
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Fleitour
  18 mars 2018
Un roman comme un roc, sorti des mines de Sligo, mal dégrossi, et qui voyage en fond de cale, là où à Long Island, ont trie les vivants et les morts, les états d'âme n'existent pas, on a quatre pattes valides, et c'est gagné, l'armée peut vous embaucher, et peu importe ce qu'il y a dans votre caboche.

Le style de Sébastien Barry, est à l'image de son livre, sec et sans fioritures, il faut faire simple pour rester sur ses gardes, pas la place de philosopher, des phrases courtes le temps de réarmer, on crache la suivante.
" Oui l'armée c'était la belle vie, déjà, on a un cheval, ensuite on a un uniforme, p 12". Et j'en pouvais plus d'avoir faim . Quand on a 17 ans et quelques dollars en poche on ne crève pas de faim.
L'irlandais Thomas Mc Nulty le narrateur et John Cole de la Nouvelle-Angleterre devenu son frère jumeau au bureau de recrutement, à prendre ou à laisser, nous accompagnent, tout au long de ce récit.

Leur duo, est la clé du roman, il commence devant le panneau d'un saloon « recherche garçons propres », nos deux gringalets déguisés en filles, finissent par danser de façon élégante et raffinée à vous faire pleurer. Sous la surveillance de Monsieur Noone, ils promettent mariage et concupiscence.

Nos deux vauriens, tirés de la poussière, dérident toutes les crapules, et les délaissés de l'Amérique, de quoi les blinder quand il faudra monter à l'assaut.
Servir l'armée, c'est un peu servir un aveugle qui regarde en arrière. Après le temps des flonflons, voilà notre duo au service des causes les plus obscures, tuer les Indiens, mais lesquels, ces salopards de peaux-rouges ou ces pauvres hères ?
C'est selon, l'opinion du major, la rumeur, la découverte d'un village où des soldats ont trouvé la mort et tout le pays s'enflamme.
Viendra le temps de la guerre de sécession, dans la confusion, et les massacres inutiles, on y sauve sa peau par chance et jamais par manque de courage. La découverte macabre des pendaisons de noirs, met au grand jour la violence de l'esclavage, le racisme sauvage des blancs du sud. Les Irlandais sont juste un peu au-dessus des noirs.

Toute la fin du roman et passionnante, on quitte l'armée, en partie du moins, pour s'intéresser à la petite indienne recueillie par notre couple de vauriens, la petite Winona, la fille du redoutable chef indien, celui-qui-domptait-les-chevaux. John et Thomas, deviennent mari et femme, et la petite Winona, leur enfant.
C'est dans le Tennessee que notre duo prendra racine. Isolés pourront-ils échapper à la mort, aux bandes de vautours organisés pour vous piller, et vous rincer jusqu'à la moelle ?
Barry nous régale de magnifiques scènes de luttes armées, ou la ruse l'emporte toujours sur la brutalité, la morale est sauve enfin si on ne regarde pas les choses de trop près.
On retiendra la formidable ténacité de John et de Thomas, leur enthousiasme aveugle, leur amitié paranormale, évangélique, sobre, fraternelle.
Un vrai roman Irlandais comme on les aime.
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motspourmots
  16 avril 2018
Ce livre magnifique vous fait soudain mieux comprendre à quel point toutes les plumes ne sont pas égales. C'est ce qui m'est venu à l'esprit en le refermant. Je me suis dit que Sebastian Barry était un sacré écrivain, parce que ce qu'il parvient à rendre (et n'oublions pas le sublime travail de la traductrice, Lætitia Devaux), cette émotion à l'état pur, qui vous serre la gorge de bonheur est tout simplement exceptionnel. Avec une langue apparemment simple, celle d'un jeune homme peu instruit, il tisse une toile qui parvient à exprimer toute la complexité des sentiments, celle qui fait une vie. Et nous offre la figure d'un héros touchant et difficile à oublier.
Cette figure c'est celle de Thomas McNulty, jeune émigré irlandais, chassé comme beaucoup de ses compatriotes par la famine qui a décimé sa famille et arrivé en Amérique avec juste l'espoir de survivre. Sans rien, même pas un habit correct pour se vêtir. Il fait un jour la connaissance de John Cole, aussi pauvre que lui, à peine un peu plus âgé et les deux adolescents sont miraculeusement embauchés par M. Noone, un tenancier de saloon qui divertit ses clients grâce à un spectacle de gamins travestis en femmes. Jusqu'à ce que leur apparence physique change au point de ne plus être adaptée à leur emploi. Ils s'engagent dans l'armée et participent aux batailles contre les Indiens de l'Ouest ; plus tard, ce sera l'armée de l'Union et les horreurs de la Guerre de Sécession. Toujours ensemble. Amis et amoureux. Un embryon de famille bientôt enrichi de figures bienveillantes rencontrées au fil de leur parcours et même d'une fille adoptive, Winona, une jeune indienne dont la tribu a été massacrée. Et une vie qui se construit, sans rien ou avec peu, mais riche de tous ces liens qui leur donnent à chacun des raisons d'exister.
Ce qui est fascinant c'est cette dualité qui affleure tout au long du récit de la vie de Thomas et John, alternance des pires violences (scènes de guerre, terribles conditions de survie dans le froid et l'immensité des plaines de l'Ouest, massacres des indiens, guerre fratricide ensuite...) et de la douceur à peine esquissée mais bien présente entre les deux hommes puis vis à vis de leur fille. Une dualité portée par le personnage de Thomas qui agit comme un homme mais se sent si féminin, plus à l'aise en robe qu'en tenue de guerrier. La mort rôde à chaque seconde autour d'eux et pourtant, chacun de leur pas en avant est une ode à la vie. A ces petites choses que l'on partage avec ceux que l'on aime, juste parce qu'on a envie d'être avec eux.
Thomas McNulty est un homme simple, hanté par les images des morts de faim de son enfance, capable de s'émerveiller des couleurs d'un paysage, obligé de tuer sous les ordres de ses supérieurs afin de simplement assurer sa subsistance. Un homme qui apprend chaque jour à savourer les minuscules instants de beauté ou de bonheur offerts même dans les circonstances les plus rudes. On ne peut qu'être conquis par cet homme qui assume sa part de féminité dans un contexte où la virilité est de rigueur. Et par la beauté de la langue de Sebastian Barry qui trouve à chaque fois les mots pour exprimer cette dualité. Je ne m'attendais pas à prendre un tel plaisir en me replongeant dans le far west et la guerre de Sécession... Pourtant, ce livre m'a cueillie d'entrée et m'a déposée tout émue à la dernière ligne, le coeur gonflé de l'envie de continuer à apprécier la moindre parcelle de beauté.
Je n'ai plus qu'une chose à vous dire : lisez-le !
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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traversay
  10 février 2018
Avec des jours sans fin de Sebastian Barry, le lecteur plonge d'emblée dans l'Amérique de 1850, avec son narrateur, Thomas McNulty, et sa langue si particulière. Cet irlandais a fui la famine et le malheur de son île natale et va se retrouver au coeur d'un pays ravagé par les guerres. le livre est un drôle de western aussi féroce et cruel qu'un film de Sam Peckinpah bien que tempéré par l'amour entre Thomas et son camarade d'aventures, John, et pour leur fille adoptive sioux, Winona. La chasse aux bisons, les spectacles des deux garçons déguisés en femmes, la splendeur des paysages panoramiques : on s'y croirait mais la majeure partie de l'action concerne les guerres contre les indiens puis celle de Sécession. Et ils sont sauvages ces conflits et ô combien réalistes, au point qu'on n'est pas loin de crier grâce. Sauf qu'il y a un incroyable talent d'écriture dans ce roman, conté par un personnage candide mais bien lucide qui s'exprime de façon triviale, soit, mais dans un style qui côtoie le lyrique. le rythme est échevelé, les phrases courtes et une forme d'humour vient contrebalancer l'horreur de certaines situations. Sans oublier une empathie de Thomas pour ses compagnons de virées sanglantes permettant une réflexion sur les raisons qui poussent les hommes les plus modérés, au repos, à faire preuve d'autant de bestialité dans la bataille. Des jours sans fin est à la fois un roman sur l'exil, la nature des hommes et l'identité sexuelle, celle-ci incarnée par un Thomas qui se sent aussi féminin que masculin. L'attachement à son amoureux, qui est l'affaire de sa vie, donne lieu aux passages les plus pudiques de l'ouvrage. C'est un livre qui a de l'estomac mais aussi beaucoup de coeur.
Lien : https://cin-phile-m-----tait..
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critiques presse (5)
LeFigaro   26 janvier 2018
Le romancier poursuit sa saga des McNulty en imaginant une histoire d'amour entre deux jeunes soldats durant la guerre de Sécession.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LaCroix   26 janvier 2018
L’Irlandais Sebastian Barry retrace l’épopée américaine de deux jeunes orphelins qui partageront uniforme et amour dans une fresque où se conjugue histoire, effroi et bonheur.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Lexpress   22 janvier 2018
Une fresque sans concession des guerres américaines du XIXe siècle sous la plume enfiévrée d'un auteur irlandais.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeMonde   17 janvier 2018
Un jeune homosexuel se construit dans la sauvagerie américaine des années 1860. « Des jours sans fin », célébration joyeuse et optimiste – malgré tout.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Liberation   17 janvier 2018
L’Irlandais raconte une histoire d’amour inspirée de l’homosexualité de son fils.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
LucileMMLucileMM   21 juin 2018
Quand je me retourne sur ma cinquantaine d'années, je me demande comment elles ont passé. Comme ça, j'imagine, sans que j'y prête vraiment attention. La mémoire d'un homme contient une centaine de jours, alors qu'il en a vécu des milliers.C'est ainsi. On dispose d'un stock de jours qu'on dépense comme des ivrognes sans cervelle.
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fanfanouche24fanfanouche24   30 janvier 2018
Peut- être que pour eux, on représentait le souvenir d'un ailleurs. Peut-être qu'on incarnai les filles de leur jeunesse, ou bien la première fille dont ils étaient tombés amoureux. On était si propres et si gentilles que j'aurais aimé faire moi-même ma connaissance. (p. 21)
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JeanfrancoislemoineJeanfrancoislemoine   23 février 2018
Quand je me retourne sur ma cinquantaine d'années, je me demande comment elles ont passé. Comme ça, j'imagine,sans que j'y prête vraiment attention.La mémoire d'un homme contient une centaine de jours,alors qu,il en a vécu des milliers.C'est ainsi.On dispose d'un stock de jours,qu'on dépense comme des ivrognes sans cervelle.C'est pas une critique,juste une constatation.
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fanfanouche24fanfanouche24   29 janvier 2018
Vivre, c'est pas juste prendre et agir, c'est aussi réfléchir. Mais mon cerveau est fait pour englober le monde. (p. 216)
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FleitourFleitour   18 mars 2018
Le visage de John Cole et si maigre qu'on voit à quoi il ressemblera dans sa tombe.
On est des morts qui tentent de revenir à la vie.
p 175
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