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EAN : 9782268041018
237 pages
Éditeur : Les Editions du Rocher (27/11/2001)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 5 notes)
Résumé :
A la recherche d’une bouffée d’air pur ? Relire ce livre, plonger de nouveau dans l’histoire de ce 20ème siècle s’ouvrant sur la guerre civile européenne et s’achevant sur le fait terroriste du 11 septembre.

Dans notre siècle de certitudes immédiates, de scientifiques assurés de leurs vérités multiples, de technologies technologiques, quel bonheur d’aller à la rencontre des écrivains, des poètes, des philosophes accompagnés par Gustave Thibon. Parler ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
CDemassieux
  29 février 2020
Je crois que je ne pouvais rêver meilleure introduction à Gustave Thibon que ces entretiens avec un homme accroché à la terre comme les racines d'un arbre, penseur bien éloigné des sachants de salons.
Ami sincère de la philosophe d'origine juive Simone Weil – à ne pas confondre avec la femme politique Simone Veil ! –, dont il n'oubliera jamais le souvenir tendre, Gustave Thibon c'est un attachement à la tradition qui ne verse pas dans la fascination du totalitarisme – procès d'intention d'ailleurs souvent fait aux amoureux de la France charnelle.
Ces entretiens, donc, coulent de source ; une source ardéchoise de préférence, là où naquit et mourut Gustave Thibon. On voyage dans le temps et la pensée d'un homme qui aura fait de grandes rencontres, connu une vie de savoir, d'émerveillement, sous le manteau protecteur de la foi.
Il y a surtout une poésie douce, et non moins inquiète, dans ces échanges avec Philippe Barthelet, lequel, par son érudition, sait relancer avec brio Gustave Thibon qui, dans sa simplicité, produit d'aussi belles phrases : « En fait de poésie et de littérature en général, je me sens extrêmement hospitalier. C'est un domaine où je pratique un oecuménisme sans réserve. Je n'ai pas ces préférences massives et ces exclusions absolues qui sont assez fréquentes » Plus loin, on peut lire : « En effet, la poésie doit éveiller et garder éveillé. Mais éveillé à quoi ? À ce qu'il y a d'éternel dans l'homme, à la vie profonde, non mécanisée… »
Thibon avait un attachement particulier à la monarchie, reliée à Dieu évidemment : « Il y a dans l'institution monarchique une sorte de transparence au divin, une délégation de pouvoir de Dieu lui-même. » Ou encore : « Il y a un mystère royal, qui est la forme la plus parfaite du mystère de toute autorité. »
Au sujet de Dieu, Thibon fait crédit – du latin credere, qui donne « croire », explique-t-il. « Et c'est aussi la beauté du christianisme, qui exige ce saut dans l'inconnu. »
Et à ceux qui hurleraient au loup d'Ancien Régime, je rappellerai, de manière peut-être outrancière, que la démocratie, par les urnes, a donné Hitler en Allemagne… « Les tyrannies n'ont pas de meilleur terreau que la décomposition des démocraties », dit encore Gustave Thibon.
Loin de de ces spécialistes philosophes de notre époque, qui savent si bien tout sur tout qu'ils n'ont plus que le vide à remuer pour parler, Gustave Thibon avance humblement dans le savoir : « Un philosophe, encore une fois, ne doit pas prétendre avoir réponse à tout, mais il doit connaître l'art de situer les questions. »
Gustave Thibon constate que notre temps – c'est-à-dire les années 1980, mais la suite lui donne raison – se détache de son passé, ses traditions : « La perte de la mémoire [dangereusement déléguée aux machines selon lui] est à la fois oubli du passé et effacement de l'éternel. […] Aujourd'hui, on a abandonné le temps à lui-même : comme il n'est plus imprégné d'éternité, il tend vers la discontinuité pure. »
Gustave Thibon avait compris l'emprise du fameux entertainment (divertissement), qui sert des intérêts plus sombres : « Non seulement donner les choses en spectacle contribue à les dénaturer, mais par-dessus le marché on choisit parmi ces choses que l'on donne en spectacle. Ce qui permet aux pouvoirs, aux lobbies ou mafias divers d'orienter l'opinion dans le sens désiré. Les préférences massives, la partialité, l'intolérance, ne sont pas même déguisées… »
Et dans cette société où règne la machine, « il y a un danger énorme de robotisation de l'humanité, c'est-à-dire, à travers l'érosion de la mémoire dont nous parlions, de perte des sentiments profonds – d'érosion de l'intelligence, de l'âme et du coeur ».
Que faire ?
« Il faut donc opérer une révolution en soi-même, se créer une conscience à l'épreuve des modes, des opinions, des pressions de la foule, pour se dégager des conformismes sociaux et s'y opposer. »
Mieux : « C'est de la qualité des êtres que dépend plus que jamais l'avenir de la civilisation. »
Gustave Thibon est mort en 2001 et n'a, de ce fait, pas vu la catastrophe du monde présent. Il n'en reste pas moins que ces entretiens sont une lumière, petite certes, mais toute lumière peut éclairer les consciences et les âmes…
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Pchabannes
  08 janvier 2009
A la recherche d'une bouffée d'air pur ? Relire ce livre, plonger de nouveau dans l'histoire de ce 20ème siècle s'ouvrant sur la guerre civile européenne et s'achevant sur le fait terroriste du 11 septembre.
Dans notre siècle de certitudes immédiates, de scientifiques assurés de leurs vérités multiples, de technologies technologiques, quel bonheur d'aller à la rencontre des écrivains, des poètes, des philosophes accompagnés par Gustave Thibon. Parler de la poésie, de la métaphysique, de la science, de la religion, de la télévision au lieu des chiens écrasés des médias abrutissant…

Ce livre d'entretien aurait pu ou du être titré ‘'entretiens avec mon grand-père'', tellement la voix est proche, familière, douce et bouleversante. Gustave Thibon avant de quitter le siècle, le regarde avec affection, familiarité et évite de justesse une pointe de désespoir sur la fin.
Céline, le prosateur magnifique pour Voyage ou Mort à crédit. Cette phrase inscrite en tête d'un cahier de Simone Weil. ‘'La vérité c'est une agonie qui n'en finit pas. La vérité est du coté de la mort. Il faut choisir, mourir ou mentir. Je n'ai jamais pu me tuer, moi.'' Quand la prose évoque avec la force de la poésie.
Passer au salon avec Victor Hugo et son fils Jean, Georges Bernanos, Charles Peguy, Marie Nöel, Montherlant, Paul Valéry, Mallarmé, Raoul Ponchon….
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   03 décembre 2010
L'homme a tellement dominé la nature qu'elle lui obéit passivement, comme une esclave --- mais elle ne lui confie plus ses secrets, comme ferait une amante. L'esclave muette. Comme le remarque Klages : "Les arbres murmurent, mais ils ne parlent qu'à ceux qui ont senti le mystère de la nature." Aux autres ils ne disent rien, au propre comme au figuré. Ni les arbres, ni les dieux. Ni, c'est à craindre, Dieu --- tout court.
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nadejdanadejda   03 décembre 2010
C'est la marque distinctive de la grande poésie, non seulement de nous émouvoir la première fois, mais de nous émouvoir toujours davantage à mesure qu'on la relit. L'habitude crée ici un nouvel étonnement. C'est le propre des très grandes oeuvres.
Simone Weil définissait ainsi les véritables chefs-d'oeuvre : "Un tableau tel qu'on puisse le mettre dans la cellule d'un condamné à l'isolement perpétuel, sans que ce soit une atrocité, au contraire..." Il en va de même pour la poésie. Chaque nouvelle lecture nous apporte un nouvel éclairage : de nouveaux événements, de nouvelles expériences font qu'en relisant on se parle vraiment à soi-même.
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nadejdanadejda   03 décembre 2010
Au fond, le génie n'est rien qu'un souffle, qui passe...
.....Si la poésie n'est pas cette évocation du monde qui demeure au-delà -- et au travers -- du monde qui passe, l'affleurement du monde réel dans le monde des apparences, elle ne mérite plus son nom : elle est alors badinage, travail de bon ouvrier, voire travail d'orfèvre, mais non poésie. Car la poésie vient de plus loin que l'homme : en cela le poète s'apparente au prophète.
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nadejdanadejda   03 décembre 2010
Or la poésie dans son essence est le contraire de l'abstraction : c'est le concret par excellence, l'échange direct, l'émotion -- et au-delà d'elle peut-être une certaine connaissance obscure -- immédiatement suscitées. "Le meilleur de l'homme, c'est ce qui fait tressaillir l'homme", disait Goethe. C'est le meilleur de l'art aussi...
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nadejdanadejda   03 décembre 2010
La vie est terriblement brève, hélas, et surtout terriblement désynchronisée : nous voudrions dire à certains êtres, bien après qu'ils ont disparu, à quel point nous les comprenons maintenant, beaucoup mieux que nous n'avons pu le faire de leur vivant.
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