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ISBN : 2081478390
Éditeur : Flammarion (21/08/2019)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 48 notes)
Résumé :
Un virus a fait disparaître la quasi-totalité des animaux de la surface de la Terre. Pour pallier la pénurie de viande, des scientifiques ont créé une nouvelle race, à partir de génomes humains, qui servira de bétail pour la consommation.
Ce roman est l'histoire d’un homme qui travaille dans un abattoir (…).

Le tour de force d’Agustina Bazterrica est de nous faire accepter ce postulat de départ sans difficulté. Elle y parvient en nous précipit... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
LePamplemousse
  16 août 2019
Un roman aussi magistral qu'atroce, voilà comment je résumerais cette histoire qui nous met une sacrée boule au ventre, du début à la fin.
Magistral parce que l'écriture est somptueuse, parfois froide, presque clinique, à l'image des techniques d'abattage pratiquées dans le roman.
Et parfois empreinte d'une touche de poésie et d'une immense humanité.
Atroce, parce que l'homme est capable du pire, surtout quand il croit que tout se justifie, quand il fait en sorte que les mots et la terminologie se mettent au service de la barbarie.
Je l'ai lu d'une traite, parce que le récit est fascinant et aussi pour en finir vite, car bien que profondément addictif, ce roman met aussi extrêmement mal à l'aise.
L'histoire est assez simple, un virus a anéanti tous les animaux et une nouvelle race de bétail est donc désormais élevée en vue de nourrir la population du monde entier. Mais ces animaux d'un genre particulier ne sont autre que des humains, des hommes, des femmes et des enfants qu'on a fait naître et qu'on a élevés pour être mangés voire pire.
Ce roman nous met face à nos comportements les pires, à ce que l'homme a été capable d'infliger à ses semblables au cours de l'histoire pour des raisons idéologiques et à ce qu'il serait tout à fait capable de refaire si les conditions étaient réunies pour qu'il se sente légitime à le refaire.
Un immense merci à Babelio et aux éditions Flammarion pour cet envoi.
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isabelleisapure
  16 août 2019
Peut-être que ce roman est génial. Un véritable choc littéraire… Peut-être !
Mais, pour moi, cette lecture a été une souffrance de la première à la dernière page.
Je ne l'ai terminé que par respect pour Babelio et les Editions Flammarion qui ont eu la gentillesse de me l'envoyer avant sa parution en librairie. Je les en remercie.
L'auteure nous entraîne dans un futur où la grande guerre biologique a contaminé les animaux avec un virus mortel les rendant impropres à la consommation, ils ont d'ailleurs tous été abattus.
Nous basculons alors dans une épouvantable histoire de cannibalisme où rien ne nous est épargné.
On tue des humains, des immigrés, des marginaux, des pauvres.
Dans les asiles « Les vieux que l'on n'appelle plus papy ou mamy sont vendus après leur mort, à bas prix, c'est de la viande sèche et malade, gavée de produits pharmaceutiques. »
La deuxième partie du roman m'a laissé espérer un peu d'humanité, mais non, on bascule à nouveau dans l'horreur absolue.
Ce roman nous envoie en pleine gueule la souffrance que nous faisons subir aux animaux dans trop d'abattoirs et cela m'est insupportable.
Je suis probablement chochotte et je l'assume.
Je vais terminer ainsi ma critique car parler de ce livre m'est aussi pénible que de le lire.
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Ziliz
  25 juillet 2019
Lire ce 'Cadavre exquis' revient à regarder jusqu'au bout une vidéo de L214, sans baisser les yeux. En transposant un tout petit peu : les animaux entassés, détenus en cage et abattus ici ne sont ni des porcs, ni des volailles, mais des hommes, des femmes, des enfants humains.
On les appelle des 'têtes' et on leur a coupé les cordes vocales, histoire de vaincre les résistances des consommateurs les plus sensibles :
« Certains mots dissimulent le monde. Il y a des mots convenables, hygiéniques. Légaux. »
Dans cette histoire de cannibalisme organisé, l'exploitation de l'homme par l'homme, poussée à son paroxysme, perturbe à plus d'un titre.
D'abord parce qu'elle pose la question de la hiérarchisation entre humains - qui existe déjà (cf. organisation du travail à l'échelle mondiale, prostitution, sort des plus précaires…).
Ensuite parce que toutes les pratiques relatées ici ne sont que la transposition du sort subi par les animaux, pour la recherche, les loisirs et évidemment la consommation de viande (le nec plus ultra étant la chair vivante ou celle de 'petit'). Cet aspect montre d'ailleurs à quel point la bouffe qu'on nous vend est malsaine et trafiquée - mais ça, ça serait presque un détail tant le reste du propos interpelle.
D'abord parasitée par les ressemblances entre cet ouvrage et 'Dîner secret' (Raphael Montes), j'ai de plus en plus admiré la plume de l'auteur, son talent pour nous plonger dans ce portrait immonde d'une société en dérive et nous rendre le personnage central terriblement touchant dans ses ambivalences.
« Après tout, depuis que le monde est monde, nous nous mangeons les uns les autres. Quand ce n'est pas symboliquement, nous nous dévorons littéralement. La Transition nous a offert l'opportunité d'être moins hypocrites. »
Merci Babelio, merci Flammarion pour cette découverte en avant-première !
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Shan_Ze
  31 août 2019
Dans un futur possible, un virus fait disparaitre presque tous les animaux de la Terre. Mais il reste à nourrir toute une planète et s'il ne reste plus de bêtes à abattre pour se nourrir, il y a toujours... l'Homme. Dans un monde, l'homme mange son semblable, on assiste à des scènes horribles. Lui, Marcos, il travaille dans un abattoir. Comment mieux comprendre ce monde que dans cet endroit...
Il m'a fallu un peu de temps pour rentrer dans l'histoire. Les scènes avec les têtes, le bétail humain, sont répugnantes à lire. J'avoue que j'ai eu plusieurs fois l'estomac retourné. Je pensais que ce serait juste une présentation de ce monde mais Agustina Bazterrica ne cesse de marteler le fonctionnement, les différents groupes sociaux qui se sont formés. Derrière ce nouvel ordre social, on découvre la vie de Marcos, pas très gai non plus, sa femme l'a quitté, sa soeur est un peu spécial... Il avance dans ce monde comme un robot. Jusqu'à ce qu'on lui offre une femme à consommer... La narration est assez spéciale, Marcos n'est nommé que lors des conversations, j'ai eu du mal à m'y retrouver au début. L'auteur choisir un postulat de départ assez fort, l'homme devenu cannibale par défaut. le tableau est dur mais nécessaire et très proche de l'actualité. le contrôle de la viande est aussi important et ce qu'on en fait aussi... Est-ce une façon de remettre en cause notre consommation actuelle...?
Merci à Masse Critique et aux éditions Flammarion pour cette lecture choc.
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andras
  22 août 2019
Si le mot "dystopie" désigne bien le récit qu'un auteur fait d'un monde qui serait l'inverse d'une utopie, un monde cauchemardesque, digne de la partie "Enfer" du Jardin des délices du peintre Jérôme Bosch, alors oui, sans conteste, Cadavre exquis est bien une dystopie. Sans préambule, nous sommes plongés dès les premières lignes dans le lieu où travaille Marcos, le « héros » de ce roman, cet « abattoir » où les têtes de bétail qu'on y abat sont en fait... des humains. En effet les animaux, contaminés par un virus, sont devenus impropres à la consommation et dangereux pour l'homme et ont été exterminés. Les Hommes ne pouvant se passer de manger de la viande (en cela ce roman marque bien la nationalité de l'auteure – argentine !), le gouvernement a créé tout un système extrêmement réglementé pour sélectionner, améliorer génétiquement, élever, abattre et commercialiser des humains pour leur viande. Des humains qu'il est interdit d'appeler ainsi, on les appelle donc des « têtes » comme pour l'ancien bétail. Marcos, lui, déprime depuis qu'il a perdu le bébé que lui et sa femme Cecilia venaient d'avoir et celle-ci a depuis quitté le foyer conjugal. Marcos, qui a pourtant d'importantes responsabilités dans l'abattoir où il officie, se sent de plus en plus mal dans son travail. Un événement mineur va bientôt le pousser dans une direction qu'il n'avait pas envisagée.

Le monde que nous décrit l'auteure est d'un réalisme implacable et parfois presque insoutenable. Les mécanismes du pouvoir totalitaire en place ne sont pas décrits et nous n'en voyons que les effets à la base, quelques administratifs de terrain ainsi que quelques profiteurs du régime. Mais nous savons que le moindre faux-pas (comme de parler d'« assassinat d'humains » au lieu d'user de la terminologie officielle qui est « transformation de têtes ») peut conduire illico son auteur à l'abattoir. Nous sommes dans un univers qui m'a fait penser à la fois au Procès de Kafka, à 1984 d'Orwell et à l'Arrache-coeur de Boris Vian. le style très sec, aux phrases courtes et incisives, renforce encore cet aspect glaçant du livre.

Pourtant quelque chose n'a pas vraiment fonctionné pour moi avec ce livre. Il y a d'abord l'effet "musée des horreurs". On est promené de salle en salle et chaque salle ajoute un niveau d'horreur à la précédente. On a parfois envie de demander grâce.

Il y a aussi le fait que tout est raconté du point de vue de Marcos et que les personnages secondaires le sont un peu trop, secondaires. de ce fait la dénonciation que porte en filigrane ce roman (notre monde n'est que l'antichambre de ce monde à venir où les gens se boufferont entre eux, avec la bénédiction des autorités en place) me semble un peu trop caricaturale.

Et puis il y a la chute. Elle est surprenante et c'est une qualité. Mais, à mon avis, elle surprend surtout par son incohérence avec le récit qui la précède. Et du coup, ça ressemble à une pirouette de charlatan et je me suis senti floué.

Malgré ces critiques, Cadavre exquis est un livre audacieux, au style maîtrisé, qui nous interroge sur notre condition d'humain. A chacun de se faire son propre avis.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
LenocherdeslivresLenocherdeslivres   11 septembre 2019
Son père ne parle presque plus. Il émet des sons. Des plaintes.
Les mots sont là, mais sous cloche. Ils pourrissent sous la folie. (p.80)
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LenocherdeslivresLenocherdeslivres   11 septembre 2019
Quand je mourrai, je sais que quelqu’un vendra ma viande sur le marché noir ; sûrement l’un de mes horribles parents éloignés. (p.62)
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LenocherdeslivresLenocherdeslivres   11 septembre 2019
Lui, il ne peut s’empêcher de penser à l’ironie de cette phrase. La viande qui mange de la viande. (p.34)
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ZilizZiliz   24 juillet 2019
En direction de la sortie, ils traversent le hangar des gestantes. Certaines sont dans des cages, d'autres sont allongées sur des établis, sans bras ni jambes.
Il détourne le regard. Il sait que dans beaucoup d'élevages, on mutile celles qui tuent leur fœtus en se cognant le ventre contre les barreaux ou en refusant de s'alimenter, bref en faisant ce qu'il faut pour que leur petit ne naisse pas et ne meure pas dans un abattoir.
(p. 39)
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ZilizZiliz   23 juillet 2019
Pour faire référence à ces humains qui ne seront jamais des personnes, mais toujours des produits, il utilise les termes techniques. Il parle de quantité de têtes à transformer, de lot en attente dans la bouverie, de ligne d'abattage censée respecter un rythme constant et rigoureux, d'excréments à revendre pour fabriquer de l'engrais, d'ateliers de découpe. Personne ne doit plus les appeler 'humains' car cela reviendrait à leur donner une entité ; on les nomme donc 'produit', ou 'viande', ou 'aliment'. Sauf lui, qui voudrait n'avoir à les appeler par aucun nom.
(p. 21)
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Video de Agustina Bazterrica (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Agustina Bazterrica
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